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CARTULAIRE

DE

L'ABBAYE DE VIGEOIS

EN LIMOUSIN

(954-1167)

 

 

Dans le cartulaire de l’abbaye de Vigeois, on trouve quelques références au Périgord.

 

Dans l’introduction (p. XXI) est présenté le testament de saint Yrieix (rédigé en 572-573). Aredius (saint Yrieix) y mentionne les différents oratoires qu’il avait fondés et leurs dépendances. Parmi les noms de lieux donnés dans ce testament, l’auteur, H. de Montegut, et Bosvieux, y identifie plusieurs lieux proches de Saint-Yrieix et de Vigeois, dont certains se trouvent en Périgord.

 

Rofiacum

Rouffiac, commune d’Angoisse

Genuliacum

Jumillac

Negiacum

Nazac, hameau de la commune de Nanthiat

Gaudomaro

Gandumas

Cella Sancti-Medardi

Exideuil

 

Dans le cartulaire proprement dit, on trouve un certains nombre de chartes où sont mentionnés des lieux en bordure du département actuel de la Dordogne. Intéressant également le Périgord, notons les nombreux dons effectués par la famille de Terrasson.

Les chartes concernant ces lieux et ces dons sont résumés ci-dessous.

 

 

 

Arcaniacensi (vicaria), Archignac, chef-lieu de commune (Dordogne), ch. IX, p. 8.

Archenac (ecclesia de), Archignac, chef-lieu de commune (Dordogne), ch. CCCXXXVI, p. 224.

Brantosmensis (Gauzfredus Ademarus monacus monasterii), ch. LXIII, p. 38. Abbaye de Brantôme (Dordogne).

Garriga (La), act. Garrigue, comm. de Chavagnac (Dordogne) (In vicaria de Cavaniaco).

Garriga (La), (III mansos al la Garriga), ch. XXIII, p. 16; ch. CXXXIII, p. 75 (in tribus mansis a la Garriga).

GERALDUS, Sancti Sori abbas, ch. XXIII, p. 16. (Saint-Sour de Terrasson, Dordogne).

Gresas (ecclesia de), act. Grèzes, chef-lieu de comm, canton de Terrasson (Dordogne) (in pago Petrogoricensi, in vicaria de Cavaniaco), ch. VIII, p. 8.

Ladorniac, chef-lieu de comm. (Dordogne), ch. IX, p. 8. V. Lodorniac,

Lodorniac, act. Ladorniac, chef-lieu de comm. (Dordogne), ch. IX, p. 8.

Montmeano (mansus de), act. Puymège, comm. de Brive, (ou plutôt Montmège, comm. de Terrasson (Dordogne), ch. CCXIII, p. 156; ch. CCXIV, p. 157.

Salaniac (apud castrum de), act. Salignac, chef-lieu de canton (Dordogne), ch. CLXXXII, p. 141. V. note 1, même page.

Sancti Sori (abbas), abbaye de Saint-Sour-de-Terrasson, act. Terrasson, chef-lieu de canton (Dordogne), ch. XXIII, p. 16.

TERRASSON, sive TERRACO, sive TERRAZON, sive TERRAZUN.

― (Bernardus de), D. ch. IV, p. 3 (donne les Poi de Paerlac et de Bracchar), T. ch. LX, p. 37; D. ch. LXVII, p. 40. (Petronilla de la Riberia uxor ejus), T. ch. LX, p. 37; T. ch. LXVIII, p. 41; D. ch. XCVII, p. 57. (Confirme les donations de ses aïeux et fuit homo ejus propriis manibus et fecit ejus fiducias), D. ch. XCVIII, p. 57 et 58; D. ch. CLXV, p. 125.

― (Capdahz de), D. ch. CLXXXVII, p. 144.

― (Ebolus de) filius Bernardi et Petronille de La Riberia. ― Confirme la donation de son père et de sa mère; D. ch. XCVIII, p. 57.

― (Ebulus de), frater Stephani, D. ch. XI, p. 10; D. ch. XXXVIII, p. 25.

― (Froterius de), T. ch. VIII, p. 8; T. ch. IX, même page.

― (vicarius), D. ch. X, p. 9 et 10, P. ch. LXVI, p. 39. (Répétition de la charte X).

― (Geraldus de), D. ch. IV, p. 3; D. ch. LVII, p. 35 (1082-1086), relinquo omnes consuetudines malas et omnes malos usus, D. ch. LXI, p. 37; D ch. LXVII, p. 40; D. ch. CLXIV, p. 125. D. ch. CLXXIX, p. 140; D. ch. CLXXX, p. 141; D. ch. CLXXXI, même page.

― (Petrus de), frater Bernardi et Geraldi, D. ch. IV, p. 3; D. ch. LVI, p. 34 (partem meam de fevo presbiterii de ecclesia de Camboliva) (1098-1100), D. ch. LXI, p. 37. Confirme la donation des Poi de Paerlac et de Bracchar, T. ch. LX, même page; D. ch. CLXIV, p. 125.

TERRASSON (Stephanus de), frater Ebuli, filius Ebuli et Rafais, D. ch. XI, p. 10.

― (Stephanus de) [II] frater Widonis, Guillelmi, Helie et Mainardi de Aien, D. ch. CCCIX, p. 208. V. au mot Aien,

Terrazo (castrum de), hoc factum subtus castrum de Terrazo, ch. CCCX, p. 209, act. Terrasson, chef-lieu de cant. (Dordogne).

― (burgus de), ch. LVI, p. 35. Hoc factum est in burgo de Terrazo, même identification.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CARTULAIRE

DE

L'ABBAYE DE VIGEOIS

EN LIMOUSIN

(954-1167)

 

Publié pour la première fois d'après le manuscrit original

des Archives de la maison de Noailles

 

H. de MONTEGUT

Correspondant honoraire du Ministère pour les Travaux historiques.

 

LIMOGES

 

DUCOURTIEUX & GOUT, Imprimeurs-Libraires

7, Rue des Arènes, 7

 

― V ―

AVANT -PROPOS

 

Indications des sources

 

Notre grand dépôt d'archives de la rue Richelieu, à Paris, renferme sous les nos 5453 et 17119, fonds latin, deux copies restées jusqu'à ce jour inédites, du cartulaire de Saint-Pierre de Vigeois en Limousin. La première, provenant du fond de Gaignières, a été faite dans le cours du XVIIe siècle. C'est un petit in-folio contenant 143 pages, précédé d'une table de noms d'hommes et de lieux qui paraît assez complète. Le copiste a pris le soin d'écrire en plus gros caractères les noms propres; malheureusement, comme pour presque toutes les copies faites à cette époque, elle renferme un assez grand nombre de fautes de lecture.

Le second manuscrit, n° 17119, provient d'Antoine Lancelot, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, commissaire au trésor des chartes, qui légua sa riche collection de manuscrits à la Bibliothèque Royale. C'est également un petit in-folio de 232 pages, qui n'est accompagné d'aucune table; cette copie paraît avoir été faite au commencement du XVIIIe siècle.

Elle renferme, elle aussi, d'assez nombreuses fautes de lecture. Ainsi la vicairie d'Archignac, Arcania-censi, a été lue Aniacensi, etc., etc. Cependant, c'était à la transription de ce second manuscrit que nous nous étions arrêté, car nous n'avions pas encore découvert le manuscrit original.

Deux autres manuscrits, Baluze n° 85, fonds latin, et Dom Col n° 9193, concernent encore le monastère de Vigeois, mais ce sont de simples extraits du cartulaire. Baluze, dans un de ses voyages au pays natal, copia de sa propre main, à Vigeois, les chartes les plus importantes.

 

―VI ―

C'est un petit in-4° renfermant 128 pages et donnant un peu plus d'une centaine de chartes.

Le savant Limousin, avec l'intuition profonde qui le caractérisait, accompagne plusieurs de ces chartes de notes très instructives. Il constate, de plus, la disparition des quinze premiers folios, des ratures nombreuses, faites à l'aide d'un couteau, cum cultello. Enfin, il souligne nombre de mots qui devaient plus tard fournir à du Cange, pour son Glossaire, de très utiles indications. On sait en effet la tendre amitié qui unissait ces deux savants; or, en nous reportant au Glossaire, on lit ces mots: Blesta, Chellam de seda, manu attrectatio, Puentchage Ripaticum, etc.

Nous trouvons textuellement transcrites les chartes de Vigeois qui se rapportent à ces mots.

Nous devons naturellement en conclure que du Cange devait à Baluze la connaissance des dites chartes.

Nous nous étendrons peu sur les extraits pris par le bénédictin Dom Col. Ils comprennent environ 102 chartes, transcrites de la page 529 à la page 562 du manuscrit 9193.

Nous n'en retiendrons qu'un détail; Dom Col, en marge de ses extraits, a pris soin de mettre l'annotation suivante:

« Archives de M. le Maréchal de Noailles, dans son Hôtel à Paris. »

C'est vers 1769 que Dom Col résidait à Paris; donc avant cette date le cartulaire original de Vigeois existait dans les archives de la maison de Noailles. Nous verrons plus tard, en suivant ses diverses pérégrinations, combien est précieuse cette indication.

Les autres renseignements fournis par les inventaires dressés à la Bibliothèque nationale et concernant Vigeois n'offrent aucun intérêt. Nous ignorions, et M. Léopold Delisle lui-même, le savant administrateur de notre grande Bibliothèque, ignorait ce qu'était devenu le cartulaire ori-

 

― VII ―

ginal, quand une note de l'archiviste Bosvieux, placée dans un manuscrit resté jusqu’à ce jour inédit sur la géographie du testament de Saint-Yrieix, est venue jeter un nouveau jour sur nos recherches. Dans ce travail, qui identifie d'une façon à peu près certaine dix noms de lieux existant au VIe siècle et restés inconnus jusqu'à ce jour, Bosvieux, au paragraphe concernant l'oratoire de Sissiacum, ajoute; « S'il restait quelques incertitudes, elles seraient probablement levées par la lecture du manuscrit original du cartulaire de Vigeois, actuellement dans les archives de M. le duc de Mouchy-Noailles, au château de Mouchy (Oise),

Il ne nous restait donc plus qu'à collationner notre copie faite sur le manuscrit 17119 de la Bibliothèque nationale avec le document authentique des archives de la maison de Noailles.

Toujours avec la plus extrême obligeance, M. Léopold Delisle voulut bien faire une démarche personnelle près de M. le duc de Mouchy, et, grâce à cette puissante intervention, nous avons enfin, après plusieurs années de travail, obtenu un résultat complet.

Pendant plus d'une année ayant à notre disposition ce précieux document, nous en avons profité pour ajouter à notre transcription l'héliogravure d'une page complète du cartulaire et réunir ainsi les éléments d'une étude qui pourra rendre quelques services à l'histoire. On n'ignore pas, en effet, l'importance de la chronique de Geoffroy de Breuil ou de Brol, prieur de Vigeois, cet élément principal de notre histoire pour la période si tourmentée et si peu connue qui s'étend du règne de Hugues Capet à celui de Philippe-Auguste.

Geoffroy de Breuil devait connaitre le cartulaire, dont les dernières chartes ont été rédigées presque sous ses yeux. Il a dû y puiser plus d'une fois des documents pour sa chronique. Certains rapprochements que le lecteur pourra faire lui-même le démontreront surabondamment.

 

― VIII ―

En 1872, la magnifique bibliothèque du château de Mouchy, comprenant 20000 volumes et 194 manuscrits, fut inventoriée par le bibliophile et libraire bien connu Techener.

Le catalogue, imprimé le 22 mai de la même année à la suite de cet inventaire, forme un bel in-quarto de 486 pages avec table alphabétique des noms d'auteurs.

Nous allons rapidement résumer la description faite par lui du manuscrit en question.

A la page 426, on lit:

« CARTULAIRE DE L'ABBAYE DE SAINT-PIERRE DU VIGEOIS EN LIMOUSIN, manuscrit des XIe et XIIe siècles sur parchemin; petit in-folio allongé de 81 ff.; vel. blanc.

Manuscrit précieux remontant à 800 ans. Une partie a été écrite vers la fin du XIe siècle et l'autre au XIIe. La forme et les caractères en attestent l'antiquité.

L'abbaye du Vigeois, sous l'invocation de saint Pierre et de l'ordre de saint Benoît, était située près d'Uzerche, sur les bords de la Corrèze. Elle fut fondée dans le VIe siècle.

Ce cartulaire contient la copie d'environ 500 actes de donations faites par des seigneurs du pays à l'abbaye du Vigeois, de 572 à 1146. Les trois derniers actes ont été ajoutés plus tard sous l'abbatiat d'Amelius, vers 1166.

Ces donations consistent en villages, borderies, terres, bois, cens et rentes, serfs, etc.

Neuf chartes sont datées avec précision de 572, 1092, 1102, 1111, 1118, 1137, 1144, 1146; les autres chartes ne sont que vaguement datées. « Ex temporibus Klotarii regis, ou regnante Aenrico rege, ou Ludovico rege, Lucio papa, Ademaro abbate, etc. » Quelques actes n'ont aucune note chronologique. Une des plus curieuses dates est celle-ci: « 7 kal. Aprilis. Regnante Ludovico rege Francorum et Eustorgio Lemovicensi episcopo, anno quo Guillelmus, comes Pictaviensis apud beatum Jacobum peregrinus obiit (26 mars 1137). »

 

― IX ―

Rois de France cités dans le cartulaire: Sigebert, en 572; Lothaire, en 957; Robert (996-1031); Henri Ier (1031-1060); Philippe Ier (1060-1108); Louis VI (1108-1137); Louis VII, en 1144 et 1146. Les abbés du Vigeois, Gérard, Pierre, Raynald, Adémar et Amélius, de 1082 à 1166.

Ce manuscrit renferme de précieux renseignements sur les anciennes familles nobles du Limousin, sur les vicomtes de Limoges, sur les premiers abbés du Vigeois et sur la topographie du pays.

On y trouve l'indication des châteaux de Noailles, d'Ayen, de Ségur, de Comorn, de Rouffignac.

Pierre de Noailles, avant de partir pour la croisade, avait donné plusieurs terres à l'abbaye du Vigeois entre les mains de l'abbé Raynald, son oncle.

Cet abbé avait aussi pour neveux Raynald et Hugues de Rofignac. Présents à l'acte de donation: Gérald, moine, frère de Pierre de Noailles; Etienne, archiprêtre de Noailles (1111-1124).

Plusieurs donations sont faites par des croisés.

Ainsi, au mois de juin 1146, Pierre de Bré et son frère Guillaume-Otto, avant de partir pour la croisade avec le roi Louis VII, donnent à l'abbaye du Vigeois plusieurs domaines et tous les hommes et toutes les femmes habitant sur la terre de Saint-Pierre, avec leurs enfants nés ou à naître.

Assistèrent à cet acte: Almodis, femme de Pierre de Bré; Fruimus, frère des donateurs; les moines de l'abbaye, cinq chevaliers et trois écuyers.

Un fait curieux et qu'il est difficile d'expliquer nous est révélé par un de ces actes: c'est l'existence vers 1090 de religieuses dans l'abbaye du Vigeois.

Bernardus vicarius de Aienc, dedit Deo et sancto Petro Vosiensi pro matre sua quam monacham fieri fecit, in monasterio Vosiensi bordariam de Solec. »

Suit la transcription par Techener d'une longue charte

 

― X ―

(CCCXXXVIII, page 225) que nous ne répéterons pas ici, nous contentant d'y renvoyer le lecteur. L'auteur de l'inventaire remarque avec raison que cet acte est des plus curieux et pour le fond et pour la forme, ainsi que par le luxe de garanties qui y sont insérées. Mais il aurait pu aussi transcrire des chartes bien autrement curieuses, celle, par exemple, concernant une prise d'habit dans le monastère de Vigeois, où l'on voit une mèche de cheveux (blestam) coupée sur la tête du futur moine, ou encore l'acquisition par les moines d'un domaine important en échange d'un écheveau de soie (chellam de seda), offert généreusement à une bienfaitrice du monastère (charte XXV, page 18).

Si la description faite par Techener du manuscrit original de Vigeois est à peu près exacte dans l'ensemble, il n'en est pas de même dans les détails. De nombreuses erreurs de faits s'y sont glissées; il nous suffira de citer les suivantes:

Quant au nom même de la localité, il n'a jamais été orthographié le Vigeois. La chose est peu grave et jusqu'à un certain point excusable, puisqu'un grand nombre de cartes et même le Dictionnaire historique de Lalanne donnent cette orthographe erronée à l'antique monastère; mais où Techener devient inexcusable, c'est quand il place l'abbaye sur les bords de la Corrèze, au lieu de la Vézère.

D'après Techener, le cartulaire renfermerait 500 chartes; il n'en compte en réalité que 341.

Huit chartes sont datées avec la dernière précision, en y comprenant le testament de saint Yrieix.

Le nom du roi Lothaire a été lu Klothaire dans la charte VIII; il suffisait, pour rectifier, de voir qu'il s'agissait évidemment du même prince à la charte suivante. Et il se trompe quand il date son règne de l'année 957, au lieu de 954. Il en est de même pour Louis VII, dont il place le règne aux années 1144-1146, au lieu de 1137-1180.

Techener a lu aux chartes CCCV et CCCVI, pages 204

 

― XI ―

et 205, comes Pictaviensis, au lieu de Pictavensis, et Gerardus au lieu de Geraldus, abbé de 1082 à 1091.

Il indique les châteaux de Noailles et de Roffignac comme figurant au cartulaire. Il n'en est rien, non pas que ces châteaux, au sens moderne du mot, ne pussent déjà exister aux XIe et XIIe siècles, mais pas dans le sens du castrum de ces époques reculées, c'est-à-dire véritable oppidum fortifié renfermant dans son enceinte un assez grand nombre d'habitations ou fiefs.

COMBORN, le castrum le plus important de la province, d'où sont sortis les vicomtes de Turenne, de Ventadour, de Limoges, a été lu Comorn.

La célèbre croisade de Louis le Jeune de 1147 est, par suite d'une erreur facile à rectifier, indiquée comme ayant eu lieu en 1146. La charte CCCXVI, cependant, par ses indications si précises, permet de modifier cette date erronée. (Voir notre note de la page 213, où la date réelle est rétablie.)

Techener trouve extraordinaire la présence d'hommes et de femmes dans le même monastère; on sait cependant d'une façon certaine que ce n'est pas là un fait isolé au moyen âge.

En Limousin, la preuve existe dans le cartulaire d'Uzerche, où l'on voit Aïna de Barmont se retirer dans ce monastère d'hommes, et plus tard Ermengarde, vicomtesse de Comborn, sa fille, après l'outrage dont elle avait été l'objet de la part de son neveu Ebles, venir l'y rejoindre.

Ce ne fut que beaucoup plus tard que l'on reconnut les inconvénients de cette cohabitation; on construisit alors des monastères séparés d'hommes et de femmes, témoins Aubazine et Coiroux.

Après avoir relevé ces quelques inexactitudes, qui modifient peu le fond même de la description du manuscrit original du cartulaire de Vigeois, il ne nous reste plus qu'à rechercher comment il est entré dans les archives de la maison de Noailles, ce que Techener ne nous dit pas.

 

― XII ―

C'est gràce à cet abri tutélaire qu'il dut d'échapper aux tempêtes de la Révolution et de ne pas périr comme tant d'autres documents qui pouvaient jeter sur notre histoire générale et locale une lumière si utile, « comme ceux de Saint-Yrieix et d'Uzerche »; il aurait très certainement été livré aux flammes en 1793.

En 1745, l'abbaye de Vigeois était depuis longtemps déchue de son ancienne splendeur. Comme un grand nombre de nos établissements religieux, elle était tombée en commande. Le revenu de 3000 livres, spécialement attribué à l'abbé commandataire, suffisait à peine à subvenir à l'entretien de quelque abbé de cour.

Les autres religieux, réduits à la portion congrue, vivaient dans un véritable dénuement.

L'oeuvre des séminaires, si utilement créée par M. Olier, le célèbre fondateur de Saint-Sulpice, avait été lente à s'introduire dans le Limousin.

En 1647, le créateur des Sulpiciens venant prier sur le tombeau de saint Martial, fut frappé de la situation du diocèse, l'un des plus grands du royaume et aussi l'un des plus pauvres. L'état dans lequel il le trouva, nous raconte la biographie de M. Olier, le pénétra de douleur.

« C'était alors un champ sans culture, tout couvert de ronces et d'épines; toutes les âmes y étaient négligées. Des gentilhommes y possédaient des cures en propriété, et par l'abus le plus sacrilège les affermaient à des vicaires amovibles et en donnaient le revenu pour dot à leurs enfants. L'ignorance du clergé et l'oubli des devoirs les plus essentiels y étaient portés à un tel point qu'un ecclésiastique écrivait à M. Bourdoise: Ceux-là sont estimés par le commun bons ecclésiastiques qui lisent bien et ne sont pas sujets à des crimes énormes.

Un autre lui écrivait: Certes, si vous saviez la centième partie de ce qui se passe dans les églises de la campagne, vous pleureriez des larmes de sang. »

 

― XIII ―

Il serait difficile de se représenter la désolation de M. Olier. ― « L'état de ce diocèse l'affligea si vivement, qu'après avoir dit la sainte messe au tombeau de saint Martial il y demeura l'espace de cinq heures en oraisons, baigné de larmes, suppliant avec toutes les instances de la plus ardente charité le Père des miséricordes d'avoir pitié du pauvre peuple, qu'il voyait dans un si affreux délaissement.

L'un de ceux qui l'accompagnaient, entendant ses gémissements et ses sanglots et le voyant tout en pleurs, s'approcha pour lui en demander la cause: « Hélas, lui répondit-il, ne savez-vous pas que ce diocèse est dans l'abandon. Il faut prier Notre-Seigneur de le secourir en suscitant quelques bonnes âmes qui y travaillent pour sa gloire. »

Cinq ans après la mort de M. Olier, ses voeux les plus ardents furent exaucés. M. Bourdon, l'un de ses disciples, fut envoyé pour gouverner ou plutôt pour établir le Séminaire de Limoges, et Mgr de Lascaris d'Urfé, formé aussi à Saint-Sulpice et singulièrement affectionné à la mémoire de M. Olier, devint évêque du diocèse, où l'un et l'autre travaillèrent avec tant de sollicitude qu'ils le renouvelèrent entièrement.

Retenons de ce long récit ce fait certain. Cinq ans après la mort de M. Olier, qui eut lieu en 1656, c'est-à-dire en 1661, le Séminaire était fondé à Limoges. Une longue annotation manuscrite de M. Nadaud, restée inédite jusqu'à ce jour, mise par lui dans le Pouillé du diocèse, à l'article concernant Vigeois, va nous apprendre ce qu'était devenue avec le temps l'oeuvre de M. Olier.

« Le supérieur du Séminaire des Ordinands de Limoges représente que, quoique cette maison eut été érigée par les soins de Mgr François de La Fayette, évêque de Limoges, pour l'éducation et l'entretien de la jeunesse dans la science de la théologie, surtout pour la réception des saints ordres ecclésiastiques ceux qui en seront jugés capables (sic). Quoi-

 

― XIV ―

que Mgr Louis de Lascaris d'Urfé, son successeur, l'eut considérablement augmentée, cependant elle était encore bien éloignée de l'état de perfection où ces deux prélats avaient résolu de la porter.

Obligés de se borner d'abord à former les ordinands dans la connaissance de la théologie dogmatique et morale et dans la pratique des fonctions du sacré ministère, pendant l'espace de deux ans qu'on les y retint, ces évêques avaient laissé à leurs succeseurs le soin de procurer aux jeunes ecclésiastiques une instruction plus étendue de la philosophie et de la théologie. Les vastes bâtiments d'une maison propre à loger près de cent ordinands et l'église ayant coûté de très grandes sommes, quelqu'ardeur eussent ces zélés prélats pour la consommation d'un si grand et si utile ouvrage, ils n'auraient pu comme ils l'auraient souhaité fonder des places pour y recevoir des sujets souvent excellents par leur qualité, mais d'ailleurs trop pauvres pour fournir une pension considérable. Leurs successeurs, infiniment touchés des avantages que l'établissement de ce séminaire avait procuré au diocèse en y opérant en peu de temps un heureux changement dans le clergé, auraient bien voulu poursuivre l'oeuvre de leurs prédécesseurs. Animés du même zèle, mais arrêtés soit par la dureté du temps, qui les obligeait souvent de sacrifier une partie de leurs revenus aux besoins courants d'un vaste et pauvre diocèse, soit par le peu de durée de leur épiscopat, ils n'ont pu finir un ouvrage si bien commencé qui exige des secours extraordinaires qu'on ne peut se procurer ou recueillir que peu à peu et comme insensiblement, surtout par des unions de bénéfice, ainsi que l'avait permis le roi Louis XIV par ses lettres patentes. Cependant, jusqu'ici nul bénéfice n'avait été uni au Séminaire. Il n'avait de revenu qu'une pension de 2035 livres sur le clergé du diocèse et 600 livres d'un autre côté, ce qui était très insuffisant pour la nourriture et l'entretien de sept directeurs, gages de dix domestiques,

 

― XV ―

réparations et entretien d'un vaste bàtiment et d'une église.

Le roi, par brevet du 7 mars 1745, permit d'unir à ce Séminaire les revenus de la mense conventuelle et les offices claustraux de l'abbaye de Vigeois, pour estre employés à l'instruction et éducation des jeunes étudiants en théologie et philosophie. Cette union était pour le diocèse d'une grande utilité qu'on ne saurait exprimer et même d'une nécessité qui prévaut infiniment à celle d'une mense conventuelle telle que celle de Vigeois, devenue désormais assez inutile à l'église.

Il y avait à Vigeois huit prébendes monacales, à cinq desquelles étaient unis les offices claustraux de l'infirmerie, sacristie, chantrerie; tous les revenus des dits offices ou places montaient, déduction faite des charges, à quatre mille livres (4000). Il n'y avait aucuns lieux réguliers; les moines étaient obligés de demeurer dans des maisons particulières ouvertes à tout le monde. Il n'y restait plus aucune trace de régularité: la cessation de la vie commune y avait introduit de la division et des procès, n'ayant presque plus d'union entre les moines indépendants des supérieurs. »

L'office divin ne se faisait plus avec l'assiduité et la décence convenable; il n'y restait aucun vestige de cloître ni d'endroit propre pour assembler les moines, mais seulement huit petites maisons en mauvais état servant d'habitation aux moines quand ils résident, lesquelles n'ont aucune enceinte régulière.

Par décret donné le 21 juillet 1746, sur le consentement de l'abbé et des moines, sont éteints et supprimés à perpétuité, les titres des places monacales, offices claustraux, prevosté et bénéfices y annexés de l'abbaye de Vigeois, congrégation des Exempts, les revenus et prérogatives unis à perpétuité au Séminaire des Ordinands de Limoges en ce que:

 

― XVI ―

1° Lorsque le Séminaire jouira des dits revenus, il en acquittera les charges;

2° Pour procurer à la paroisse de Vigeois un secours spirituel plus abondant et afin que les fondations à la charge des moines soient acquittées avec plus de décence et d'exactitude, il sera distrait des revenus 150 livres par an pour honoraire d'un second vicaire auxiliaire, et le pré et terre y contigus, dépendant de la mense conventuelle de Vigeois, demeurant pour toujours incorporés et unis au patrimoine de la cure de Vigeois;

3° Pour procurer à la jeunesse de la dite paroisse et des environs le moyen d'être instruit dans les principes de la religion et des lettres humaines, il sera pris sur les revenus unis la somme de 150 livres par an pour l'entretien d'un maître d'école qui sera nommé et approuvé par l'évêque et qui résidera dans le bourg de Vigeois. A cet effet, parmi les maisons monacales, il en sera choisi une commode et propre à l'habitation du dit maître d'école, à condition que le Séminaire ne sera tenu à aucune réparation ni meuble de la dite maison, mais que le tout sera à la charge des habitants;

4° L'abbé de Vigeois pourra nommer et présenter à l'évêque deux pauvres écoliers natifs de la paroisse et terre de Vigeois, pour être nourris gratuitement dans le Séminaire s'ils sont trouvés par l'évêque dignes et capables d'être reçus;

5° Pour le soulagement des pauvres de la dite paroisse, il sera annuellement remis entre les mains du curé de Vigeois la quantité de cinquante setiers de seigle, mesure du lieu, pour être par lui-même distribuée aux pauvres honteux de la paroisse, à la charge par le dit sieur curé de rendre compte de l'emploi et distribution de ce blé soit à l'évêque, soit à celui qui sera par lui commis à cet effet. »

Après cette suppression, que devinrent les archives du monastère?

Elles durent être dispersées un peu partout et disparaître

 

― XVII ―

pour la plus grande partie, car malgré toutes nos recherches aux archives départementales de la Corrèze, de la Haute-Vienne, du Grand Séminaire de Limoges, il nous a été impossible d'en retrouver la moindre trace.

Elles paraissent cependant avoir été inventoriées avec soin, si nous nous en rapportons à une annotation de l'un des plats de la reliure en parchemin du cartulaire original déposé au château de Mouchy.

Dans tous les cas et heureusement, la pièce la plus curieuse des archives fut sauvée par la raison qui va suivre.

A diverses reprises, les généalogistes attitrés des grandes familles du royaume avaient eu l'occasion de consulter le cartulaire de Vigeois. Baluze y avait eu recours dans sa grande histoire de la maison d'Auvergne. Il en connaissait toute l'importance au point de vue nobiliaire pour la maison de Noailles, alors arrivée à son apogée.

En 1746, date de la suppression du monastère, cette illustre famille avait déjà fourni deux maréchaux de France (elle en fournit deux autres quelques années plus tard). Elle était représentée par le plus célèbre d'entre eux Adrien-Maurice duc de Noailles, neveu par son mariage avec Mlle d'Aubigné, de la femme qui pendant près d'un demi-siècle avait été la souveraine de la France.

Quoi de plus naturel qu'à ce moment le cartulaire de Vigeois lui ait été offert comme la preuve la plus manifeste de la présence de ses ancêtres aux croisades.

Ce qu'il y a d'absolument certain, c'est qu'en 1769, il faisait déjà partie intégrante des archives de la maison de Noailles, et se trouvait à Paris, dans l'hôtel de ce nom, où il fut consulté par le bénédictin Dom Col, qui y fit de nombreux emprunts (Bibl. nat. fonds latins, n° 9193). Il y était encore en 1793 quand l'hôtel de Noailles fut livré au pillage. Ces archives étaient tellement considérables que les fureurs populaires ne purent parvenir à les détruire toutes. Ce qui par extraordinaire s'en sauva formait encore une telle

 

― XVIII ―

masse de documents que l'on fut obligé d'en faire trois lots répartis à la Bibliothèque nationale, à celle des Invalides et au Louvre.

Le Cartulaire de Vigeois se trouva heureusement parmi les livres échappés au désastre. Les volumes portés à la Bibliothèque nationale y sont encore et composent ce qui est connu sous le nom de fonds de Noailles. Ceux de la bibliothèque du Louvre et qui formaient le plus grand nombre ont été brûlés dans l'incendie allumé par la Commune en 1871.

La partie déposée aux Invalides est celle qui est aujourd'hui à Mouchy. En effet, chacun des volumes provenant de la bibliothèque de l'hôtel royal des Invalides en portent encore le timbre. Ils furent restitués à M. le prince de Poix, Noailles de son nom, de la branche des ducs de Mouchy, au retour de l'émigration et ne sont plus sortis de la famille.

Là, dans la tour principale, énorme donjon de 90 pieds de diamètre, ont pris place d'admirables trésors manuscrits émanant le plus souvent de la propre main de nos rois et restés inédits jusqu'à ce jour. Techener, dans son catalogue de la bibliothèque du château de Mouchy (page 449) en constatant la remise le 10 octobre 1747, à la Bibliothèque Royale, par le maréchal duc de Noailles, de trois volumes in-folios contenant les originaux de différents écrits de Louis XIV, s'exprime en ces termes:

« Ces nombreuses notes écrites de la main de Louis XIV sur les principaux événements et sur les choses qui semblaient le plus mériter son attention sont en quelque sorte le sommaire de ses pensées et de ses actions. En faire le commentaire ce serait rédiger les mémoires les plus curieux du siècle. »

Leur propriétaire cependant, donnant un rare exemple de désintéressement et de patriotisme, n'hésitait pas à se séparer de ces archives précieuses à tant de titres.

Il se faisait délivrer en en faisant la remise, une copie

 

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conforme certifiée par les gardes de la Bibliothèque du roi, MM. Mellot et Sellier, c'est cette copie qui se voit encore à Mouchy.

On eut dit que le maréchal avait un pressentiment de l'avenir en assurant ainsi une chance de plus de durée et de salut à ces archives uniques. Celui qui savait ainsi accomplir son devoir était bien digne de recevoir en retour le cartulaire original de Vigeois qui attestait la présence de ses ancêtres aux croisades.

Le donjon de Mouchy-le-Châtel remonte à la plus haute antiquité, l'histoire du Beauvoisis constate qu'il a subi plusieurs sièges et qu'en 1101 le roi de France Louis-le-Gros s'en empara et le livra aux flammes.

Il a encore malgré tous ces désastres gardé sa physionomie des anciens jours.

Pendant la première Révolution, le conseil municipal de la commune de Mouchy en demanda la démolition. Sa délibération, en date de sextidi, 2e mois de l'an II de la République, en donnait pour principal motif « que son seul aspect faisait frémir tout vrai républicain ». Heureusement, il n'en fut rien. Les bienfaits incessants dont les Noailles avaient comblé le pays firent écarter cette ridicule délibération.

Mouchy-le-Châtel, indépendamment de sa magnifique bibliothèque contenant 20000 imprimés et un grand nombre de manuscrits, renferme encore une incomparable collection d'objets d'art accumulés par plusieurs générations de grands seigneurs, artistes et guerriers tout à la fois.

On y voit la statue en marbre et en pied de la duchesse de Mouchy, née La Borde de Merville, par le célèbre Pajou; l'épreuve originale en terre cuite du buste de Voltaire par Houdon, offerte au maréchal de Beauveau par Voltaire lui-même; une galerie de portraits de famille et de leurs alliés; enfin, un coffret en cristal de roche, où ont été enfermés les langes du roi Henri IV.

Heureuse famille où la gloire des armes est encore

 

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rehaussée par la gloire des lettres; où l'on voit les descendants des compagnons du roi-chevalier, du roi Henri IV se consacrer, après la guerre, au bonheur du peuple. Aussi, la juste reconnaissance des populations a voulu en quelque sorte en perpétuer le souvenir. Une simple ferme du plus modeste aspect, mais dépendant du château de Mouchy, est devenue depuis 1750 une agglomération d'une telle importance qu'elle forme, sous le nom de Noailles, une véritable ville, aujourd'hui chef-lieu de canton.

Ce nom glorieux, illustré par quatre maréchaux de France, s'est encore maintenu jusqu'à nos jours, malgré toutes nos révolutions. Nous sommes de nouveau en République; la célèbre délibération de sextidi n'a pas été rééditée, et non seulement tout coeur vraiment républicain ne frémit plus en contemplant les hautes tours de Mouchy, mais, au contraire, bénit le nom de leurs bienfaisants propriétaires.

 

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INTRODUCTION

 

Les monastères de Saint-Yrieix, Attanum, et de Vigeois, Sisciacum, sont incontestablement les plus anciens du Limousin. Leur existence nous est attestée dès les premières années du VIe siècle par le testament d'Arédius, leur fondateur. En effet, dans cet acte de ses dernières volontés, Arédius, autrement dit saint Yrieix, cite textuellement les deux oratoires, oratorium, d'Attanum et de Sisciacum comme fondés par lui. Il s'étend longuement sur tous les domaines spécialement affectés à l'oratoire d'Attanum; il décrit tous les objets destinés au culte, non seulement pour cet oratoire mais encore pour celui de Sisciacum, Ce testament est signé d'Arédius, de sa mère, Pélagie, et des témoins exigés par la loi romaine pour sa validité.

Enfin ce testament est daté de la onzième année du règne du roi Sigebert, c'est-à-dire 572-573. On sait en effet que ce prince monta sur le trône en 561. Ses états s'étendaient depuis le nord de la Germanie, dont Trêves était une des capitales (vulgairement appelée

 

 


Testamentum Aredii, abbatis Attanensis, et Pelagiae matris ejus

 

In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, sub die pridie kal. Novembre anno undecimo regni domini nostri Sigiberti regis. Ego Aredius presbyter, et Pelagia, sana mente, integroque consilio judices et arbitros rerum nostrarum, metuentes casus fragilitatis humanae, ne nos subito repentina mortis praeveniret occasio, residentes testamentum nostrum condidimus, quem ego ipse Aredius manu propria scripsi, et testibus numero competenti tradidimus subscridendum. Quod testamentum nostrum, si casu, jure civili aut praetorio aut cujuslibet legis novellae conscriptione vel veteris, valere non potuerit, ad vicem codicillorum

 

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la Rome du Nord) jusqu'au pied des Pyrénées, avec Toulouse, l'ancienne principale ville des rois wisigoths.

Cette date, la onzième année du règne du roi Sigebert, a donné lieu à plusieurs erreurs bien faciles à comprendre. Dans un procès soutenu par le chapitre de Saint-Yrieix au XVIIIe siècle devant le Parlement de Bordeaux, une copie du testament avait été produite portant le chiffre erroné de dix-sept au lieu de onze. Or, Sigebert ayant été assassiné la quatorzième année de son règne, il s'ensuivit naturellement, pour les magistrats du Parlement de Bordeaux, la conviction que l'acte produit devant eux était faux. Mais l'on ne saurait attacher aucune importance à l'erreur commise par un copiste inexpérimenté qui avait mal lu l'acte original et traduit le chiffre onze par dix-sept. Pardessus, dans ses Codes et diplômes, édités en 1843 par l'Imprimerie royale, a inséré dans le tome 1er, page 136, intégralement le testament de saint Yrieix. Il accompagne cette insertion de judicieux commentaires, prouvant d'une façon irréfutable l'authenticité de cet acte.

Un remarquable travail de l'archiviste et historien Bosvieux, intitulé: Géographie du testament de Saint-Yrieix, nous apporterait une nouvelle preuve si cela était nécessaire. Bosvieux en effet était natif de la ville de Saint-Yrieix; il avait étudié à fond les origines de son pays. Il en connaissait les moindres détails, aussi avons nous pris le parti de publier son travail, resté inédit jusqu'à ce jour, en l'accompagnant comme pièce à l'appui du testament même de Saint-Yrieix, mis au bas de ces pages.

Ce qui a facilité beaucoup ses recherches, c'est qu'il avait eu sous les yeux plusieurs registres, constatant les revenus du chapitre de Saint-Yrieix, remontant aux XVe, XVIe et XVIIe siècles. Ces documents faisaient connaitre dans leurs moindres détails tous les

 

 

 


et omnium scripturarum quae firmitati (al. firmiter) consistunt, valere jubentur (al. jubemus), ut id fiat, detur praestetur, illibatum in omnibus teneatur, secundum tenorem infra scriptum, quem, Christo Domino adjuvante, constituimus.

Itaque te sancte Martine Turonensis, judicantes constituimus (al. indicantes heredem instituimus), ita ut per praepositum sanctae ordinationis tuae basilicae... quod vero tibi vel quidquid unicuique donavimus, aut quod fieri rogavimus, haec omnia potestate et sancta dominatione tua, post obitum nostrum ut fiat et permaneat supplicamus. Ideoque donamus tibi, sancte Martine, per hujus testamenti paginam, medietatem Griciensis; aliam vero medietatem cum aedificiis, vel cum omni jure suo, ut Attano (al. Griciensis cum omni jure suo, aliam in

 

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revenus dus par un certain nombre de localités au monastère de Saint-Yrieix.

Or, ces localités étant pour la plupart mentionnées dans le testament d'Aredius, aucun doute ne pouvait plus subsister. C'est ainsi que douze noms de lieux mérovingiens, Gresium, Sisciacum, Nonniacum, Luciacum, Marcomonte, Rofiacum, Juliacum, Genuliacum, Negiacum, Gaudomaro, Cella Sancti-Medardi et Issandone ont pu être identifiés.

Bosvieux a éprouvé quelque hésitation, il est vrai, pour deux de ces noms: LUCIACO, MARCOMONTE.

Dans le travail additionnel publié à la suite du manuscrit de Bosvieux, nous tenterons de le compléter sur ce point.

 

Géographie du testament de Saint-Yrieix, 572-573

 

I

GRISIENSIS

 

Donamus tibi, Sancte Martine, per hujus testamenti paginam medietatem GRISIENSIS; aliam vero medietatem cum aedificiis, vel cum omni jure suo aliam, Attano consistantes monachi nostri in perpetuum te, Sancte Martine, defensante possideant.

 

Bost-la-Gresse (commune de Saint-Yrieix)

L'adjectif Greciensis est évidemment formé non par un nom terminé en acum comme cela devrait être s'il dérivait de la forme latine de Grassac, mais sur une terminaison en ium ou en ia qui donnerait pour le radical Grecium, Grecia, ou plutôt Grecium-ia

 

 


Attano) consistentes monachi nostri, in perpetuum te, sancte Martine, deffensante possideant; ea videlicet ratione, ut ad monasterium quem Domino inspirante et adjuvante nos fecimus, et monachos quos ibi Deus per nos peccatores, esse ordinavit, aut inantea Deus ordinare jusserit, id est, tam de ingenuis quam de servis nostris, tibi, domne Martine, fecimus, ordinandos commendamus: ita ut si exinde, quod absit, quisquam abstrahere de potestate vestra voluerit quae tibi, sancti Martini, had loca sancta, amore Christi, et in tuo honore vel sanctorum aedificata sunt, aliquo malo atque iniquo ingenio, quod Deus avertat, quem regendum gubernandumque dignus haberetur, absque procuratione sanctae vestrae basilicae ordinare aut subdere neglexerit, sit per vertitutes tuas anathema.

 

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si l'on tient compte de l'habitude mérovingienne de remplacer les e par les i et réciproquement.

De là à la Gressa, le rapprochement serait facile. Or, ce nom de la Gressa qu'on trouve dans une charte de 1247 (arch. dép. B. syrr) est celui d'un village de la commune de Saint-Yrieix appelé aujourd'hui Bost-la-Gresse, sur lequel le chapitre de Saint-Yrieix n'a cessé de percevoir des rentes importantes jusqu'en 1789 et qui figure toujours sur les livres de recettes à titre des redevances dues par les tenanciers ruraux,

Tenanciers de Bosc-la-Gresse 1515-1516,

Les tenanciers de Bosc-la-Gresse 1516.

(Grecium, silex, coteau pierreux, du Gange.)

 

II

SISCIACUM

 

Portionem nostram de agro Sisciacensi, hoc est domus et oratorium cum reliquiis aedificiis, tua sancta basilica, domne Martine, sed et commendati monachi Attanenses, quos sub tuo patrocinio vivere sancimus et qualiter Deum propitium habeatis et mancipiola vobis in ipso fundo SISCIACUM tibi, domne Martine, atque tuis monachis condonavimus quod est ad partem basilicae tuae.... ea vero conditione ut quaternos aripennos vineae colant.... simul et de Sisciaco oratorio... tectos sanctorum reparari, cum necesse fuerit jubeatis, hoc est Attano et Sisciaco.

Attanenses, si nobis vivis monachis Vosidentibus solatia, sicut placuerit, praebuerint, FEXITOIALO portionem nostram et centum arpennos terrae in Sisciaco prona volunlatae donamus. Six vero

 

 


Portionem nostram de agro Sisciacensi (al. Fisciacensi), hoc est, domus et oratorium reliquis aedificiis, agris, silvis, pratis, pascuis et accolis (al. areolis), cum omni jure suo, sicut a nobis praesenti tempore possidetur, tua sancta basilica, domne Martine, sed et commendati monachi Attanenses, quos sub tuo patrocinio vivere sancimus, et qualiter Deum propitium habeatis, et mancipiola vobis ex ipso fundo Sisciacum (al. Fisciacum) tibi, domne Martine, atque tuis monachis condonavimus, quod est ad partem basilicae tuae, aratores iij Parnimium, Talasium et Claudium, seu et reliqua mancipia nostra, vel quaecumque nobis debita servitute debentur, exceptis illis qui jam liberi sunt, Clara scilicet et Marcia; Ursacium cum uxore et filiis simiter tibi ad servitutem donamus, ea vero conditione, ut quaternos aripennos vineae colant.

 

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renuerint solatia proebere, quod eis a nobis datum est, basilicae tuae, Sancte Martine, et monachi Attanenses tibi commendata omnia revoces in perpetuum possidendnm.

Du texte du testament il résulte que dans la localité de Sisciac il y avait un oratoire ou une chapelle dédié à Saint-Martin (ex fundo Sisciacum, domne Martine, condonavimus quod est ad partem basilicae tuae) et que dans ce territoire la vigne était cultivée. Il faudrait donc trouver le milieu actuel qui remplit ces diverses conditions, qui se rapprochât par son nom du latin Sisciacum, qui ait possédé une chapelle dédiée à Saint-Martin et qui enfin fut située dans un pays de vignobles.

Tout près de Vigeois, dans cette commune même, il y a un hameau Siaussac dont le nom pourrait être l'équivalent du Siciacum latin et on y trouvait en 1154, d'après une bulle privilégiée du pape Adrien IV, une chapelle dépendant du monastère d'Uzerche placée sous le patronage de saint Martin (Baluze, Hist. Tutel, col. 485 append.). Capella de Sauciaco, Nadaud (Pouillé mss v° de Lonzac) place à tort cette chapelle dans la paroisse de Lonzac, où il ne se trouve aucune localité dont le nom réponde au vocable latin Sauciaco. Enfin une charte du mois de mai 885 (Deloche, Cart. de Beaulieu, numéro LX), place dans la vicairie de Bar un lieu de Sauciago qui n'est autre que Saurissac. Ajoutons que les vignobles commencent non loin de Vigeois et qu'il est très probable que la vigne a été autrefois cultivée sur ce point comme elle l'était à la même époque et plus tard même à Ahun (Creuse) et à Saint-Yrieix, localité aujourd'hui bien plus éloignées que Vigeois du pays vinicole. (Le cartulaire de Vigeois nous donnerait sans doute de précieux renseignements sur ce point; mais nous n'avons pas actuellement le moyen de consulter ce document qui se trouve aujourd'hui dans la bibliothèque du duc de Mouchy).

 

 


Cellam quoque nostram in honore sancti Medardi dedicatam, quae sub Gaudomaro (al. Gundomoro), sita esse videtur, et vulgo Excidolium appellatur, cum omnibus suis pertinentiis monachi Attanenses, te, domne Martine, defensante possideant. Nonniacum (al. Homacum, al. Memacum) domum nostram cum aedificiis, vineis, silvis, pratis et pascuis, vel cum omni jure suo, similiter et Luciaco, Marcomonte, cum vineis, vel omni jure suo, secundum quod a nobis est, propitio Deo possessum, monachi nostri Attanenses, ut per te, sancte Martine, habeant volumus, et te defensante, ut possideant rogamus, cum mancipiis, his nominibus, Parininio cum uxore et filiis, Leomere cum uxore et filiis, Armedio cum uxore et filiis, Rustico cum uxore et filiis, Claudio, Sivio cum uxore et filiis. Hi enim similiter quaternos aripennos

 

― XXVI ―

Hors de Siaussac nous ne trouvons rien qui corresponde dans la région où on disait se trouver Sisciacum du vocable latin et quant à Fexiticalo, Fexitolato ou Fexitoialo, il nous a été impossible d'en déterminer l'ancien emplacement.

 

III

CELLA SANCTI MEDARDI

 

Cellam quoque nostram in honore Sancti Medardi dedicatam quae sub Gaudomaro sita esse videtur et vulgo Exidolium appellatur cum omnibus suis pertinentiis monachi Attanenses, te, domne Martine, defensante possideant.

Ici aucun doute sur l'attribution moderne des localités désignées dans ce paragraphe. La Celle de Saint-Médard vulgairement appelée Exideuil est l'église de Saint-Médard qui existe encore aujourd'hui à 1 kilomètre à peu près de la ville actuelle d'Exideuil, bâtie plus tard sur le territoire appelé au VIe siècle Exidolium dont elle conserva le nom.

Quand à Gaudomaro ou Gaudomoro, c'est Gandumas siège autrefois d'un couvent de femmes dépendant de l'abbaye de Ligueux, canton de Savignac-les-Eglises (Dordogne), aujourd'hui paroisse du canton d'Exideuil au nord et à 2 ou 3 kilomètres de Saint-Médard, celui de Saint-Yrieix et Saint-Médard qui se trouvait ainsi au dessous de Gandumas par rapport au testateur habitant le lieu d'Attanum ou de Saint-Yrieix.

Ajoutons que la prévôté de Saint-Thomas d'Exideuil a payé jusqu'à la Révolution une redevance, pension de 7 s. 6 deniers, au chapitre de Saint-Yrieix (Livre des recettes de 1516).

 

 


vineae monachis colant, uxores vero eorum decenos argentos singulis annis monachis suprascriptis nostris Attanensibus desolvant, et nihil amplius ab eis ullus ullo tempore exigere praesumat. Peculiaria vero eorum, campellos et vineollas, nullo inquietante, possideant, ea vero conditione ut nec vendere nec alienare praesumant. Scauriniacum (al. Cauriniacum, al. Sanctum Caunisiacum) vero domum nostram, quae portio nostra dicitur (al. debetur) praeter id quod dedimus, vel id quod vendidimus, cum vineis, pratis, silvis et pascuis, medietatem basilica tua, domne Martine, heres instituta recolat, et medietatem monachi nostri Attanenses per te ut habeant humili supplicatione deposcimus. Enfrasium et Meroalidum vinitores vineae (al. basilicae) tuae deputavimus, domne Martine, ea, vero conditione ut quaternos arpennos vineae colant et deligant (al. dirigant, al. diligant).

 

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IV

NONNIACUM

 

Nonniacum, domum nostram, cum aedificiis, vineis, silvis, pratis et pascuis vel cum omni jure suo, similiter et Luciaco Marcomonte, cum vineis vel cum omni jure suo secundum quod a nobis est Deo propitio possessum monachi nostri Attanenses, ut per te, Sancte Martine, habeant volumus te defensante ut possideant rogamus.

Encore une détermination certaine:

Nonniacum est aujourd'hui Louignac, chef-lieu d'une commune du canton d'Ayen, Corrèze. Cette localité figurait encore dans un pouillé du XIVe siècle sous le nom de Nouhac parmi les bénéfices de l'archiprêtré de Lubersac, entre les communes d'Ayen et de Coubjours; dans un autre pouillé du XVIe siècle (bib. de Poitiers) on retrouve ce nom écrit Nonnac.

Mais dans le livre des recettes du chapitre de Saint-Yrieix pour l'année 1515-1516, il est devenu Lonhac « ecclesia Lounhaco », dans le livre des recettes de 1616, c'est l'église de Loignat. Cette église payait une pension annuelle de 2 sous au chapitre de Saint-Yrieix, qui prétendait sur ce bénéfice un droit de patronage exercé depuis 1563 concuremment avec l'évêque de Limoges. Enfin elle était placée sous le vocable de saint Julien-de-Brioude, saint auquel Arédius dédiait le plus habituellement les oratoires qu'il fondait.

 

V

LUCIACO, MARCOMONTE

 

Quant à Luciaco et Marcomonte nous en sommes réduits à des conjectures au sujet de leur emplacement. Le nombre des localités

 

 


Valentinianum pariter monachis subrascriptis deputamus, ut et ipse quatuor arpennos vineae colat monachis, et nihil amplius. Uxor sua Subfronia et filios, si habuerint, in libertate permaneant. Basilicae sancti domini Martini dedimus portionem nostram, ex fundo Rofiaco (al. Rosiaco), domum nomine Juliaco (al. Viliaco) cum omni jure suo. Similiter et dono Genuliacum (al. Gemiliacum) cum aedificiis, pratis, silvis et pascuis, vel omni jure suo, sancto Martiali volumus esse donatum; et de Scauriniaco, vineae cultae arpennos quinque, quos Provincianus vinitor colit; et in Negiaco vineae cultae arpennos quos pro oblata nostra donanus, ut servientes sancto Martiali vel matriculae suae per sanctum heredem nostrum accipiant. Area cum domo nostra intramuranea Lemovicinae civitatis, cum ingressu et regressu ejus ba-

 

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actuelles dont le nom pourrait se traduire par Luciacum, sans doute assez considérable dans les deux anciens diocèses ou doivent se circonscrire nos recherches, ceux de Limoges et de Périgueux, mais aucuns de ces Lussac ne se rencontrent dans les environs du territoire fort étendu déjà qui formait le domaine du testateur, aucun non plus ne figure parmi les localités sur lesquelles étaient assis les revenus du chapitre de Saint-Yrieix.

L'attribution de Marcomonte est encore plus difficile à déterminer, car bien peu de noms modernes, dans le Limousin ou le Périgord, correspondent à ce vocable latin. Je ne connais que le Puy de Marmont, domaine dépendant du haras de Pompadour et situé à la porte du Quercy qui puisse représenter avec traduction complète le latin Marcomonte, mais ce hameau dépend d'une paroisse, celle d'Arnac, dans laquelle le chapitre de Saint-Yrieix ne prenait aucune redevance et dans le voisinage, il n'y a aucune localité qui rappelle par son nom le Luciaco que nous cherchons.

La charte du cartulaire de Beaulieu numéro 172 du mois de mai 861 mentionne dans la vicairie d'Espagnac un lieu qui « dicitur Marco sur in alto monte » et une autre localité « in Ciciago, représentée aujourd'hui par Marc-la-Tour, commune du canton de La Roche-Canillac, et par Cissac, hameau de la commune de Saint-Silvain, canton d'Argentat. Mais malgré l'identité presque complète que présentent les noms de ces deux localités avec le Marcomonte et le Siciago du testament de Saint-Yrieix, je ne puis cependant me laisser entrainer par cette similitude de noms. D'abord parce que le chapitre de Saint-Yrieix n'a jamais eu aucune propriété dans ces parages, ensuite parce que ces deux localités sont trop éloignées de toutes celles qui figurent dans le testament de Saint-Yrieix, séparées qu'elles sont d'Yssandon,

 

 


silica tua, sancte Martine, et monachi nostri Attanenses aequali successione possideant. Similiter in Issandone Castro, aream, intramuraneam, cum domo nostra simili aequitate possideant (al. possidete).

Eustriaco portionem nostram Florentiae et filiis suis volumus esse donatam: ut liberi nostri, quorum nomina sunt inferius comprehensa, sub defensione tua, sancte domne Martine, consistant: id est Castorio cum uxore sua Limphasia, Octardo cum uxore sua Exsuperia, Aquilino et Pascentio cum uxoribus eorum et filiis, Malloste cum uxore sua, Antedia cum filio suo, Teotchardo cum uxore sua Gaudiosa, Gariabaudo cum uxore sua, Faustino cum uxore sua Ermentaria, Johanne cum uxore sua et filiis; Marometo cum uxore sua Sanctonidia, Frontuino cum uxore sua et filiis Antonia (al. Antoniae), Nimasio cum uxore sua Maria, Majoriano cum uxore sua Gerontia, Leoneto cum uxore sua Bajala, Basulo cum

 

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le point le plus rapproché, par une distance de plus de 45 kilomètres.

Il faut donc suppléer par des conjectures aux certitudes qui nous manquent et peut-être trouverons-nous ainsi une solution qui présentera des caractères suffisants de probabilité. Le chapitre de Saint-Yrieix nommait en 1605 à la vicairie perpétuelle de Saint-Bonnet-de-Miremont (sancti Bonite de Miramonti) au diocèse de Périgueux (Journal d'Antoine Jarrige), ce Miremont ne pourrait-il pas représenter le Marcomonte du texte latin?

Nous inclinerions d'autant plus vers cette explication que le Miremont que nous avons en vue, hameau de la commune de La Nouaille, département de la Dordogne, se trouve au centre des possessions du chapitre de Saint-Yrieix, près d'un chef lieu de commune dont le nom moderne est Dussac, semble être une altération du latin Luciaco et enfin que ces deux localités placées à la limite du pays vignoble, ont dû vraisemblablement être propre à la culture de la vigne au VIe siècle, à une époque où comme on le sait, la culture de la vigne était presque générale en Limousin et en Périgord.

 

VI

SCAURINIACUM

 

Scauriniacum vero domum nostram quae portio nostra dicitur praeter id quod dedimus, vel id quod vendidimus cum vineis, pratis, silvis et pascuis, medietatem basilica tua, domne Martine, heres instituta recolat, et medietatem monachi nostri Attanenses per te ut habeant humili supplicatione deposcimus.

Scauriniacun est aujourd'hui Chabrignac, chef lieu de commune du canton de Juillac.

 

 


cum uxore sua Avencia, Mauricio cum uxore sua Margaridia, Sanieldo cum uxore sua Marcella, Leontio cum uxore sua Euminia, Urretia, Eulia quam redemimus captivam; Romana cum filiis, filios Burgoneri, Frontasio cum filiis. Hildemodum cum uxore et filiis liberos esse jubemus, cum campellis et vineolis eorum, vel quantumcumque peculiaria habent aut habere potuerint inantea volumus esse concessum, ea tamen conditione ut de campellis vel vineis vendere nec donare habeant potestatem. Proculam et Macedoniam similiter ibidem deservire jubemus, nec non et mancipiola haec et agnitio eorum inferius comprehensa, decernere servi nostri jubemus, Solemio cum uxore sua et filiis, Maurenciano cum uxore sua Valeriana, Aligilio cum uxore sua Basilia, Aliasonio cum uxore sua Florentina, Specio cum uxore sua Eugeria

 

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Jusqu'à la Révolution cette église a été un patronage du chapitre de Saint-Yrieix qui en nomma le curé en 1515, 1530, 1532, 1576, 1693 (Pouillé de Nadaud) et qui percevait des rentes sur les villages de Puysseigeat et la Devigne (podium Sugat et la Davinii dans cette paroisse). Le curé de Chabrignac devait au doyen de Saint-Yrieix, une pension ou redevance annuelle de 60 l. 1 s. d'huile qui fut reconnue au profit du doyen « de Prato retundo, capellanus suae rector ecclesiae parrochialis de Chabriniaco prope Julliacum diocesis Lemovicensis » le 6 mai 1495.

Cart. du doyenné de Saint-Yrieix.

 

VII

ROFIACUM

 

Basllicae sancti domini Martini dedimus portionem nostram ex fundo Rofiaco, domum Domine JULIACO cum omni jure suo.

Des deux localités mentionnées dans cette clause du testament, la première Rofiacum est connue d'une manière précise c'est Rouffiac, commune d'Angoisse (Dordogne), prieuré qui payait une pension ou redevance annuelle de une livre de cire au chapitre de Saint-Yrieix, collateur de ce bénéfice.

Le Pouillé du diocèse de Limoges par l'abbé Nadaud cite parmi les bénéfices dépendant du chapitre de Saint-Yrieix en 1307 Rouffiac et la chapelle de Nantiac et il indique encore ces deux prieurés de Roufiac et Nantiac comme étant à la nomination du même chapitre en 1758. Quant aux livres de recettes du chapitre en 1515, 1516, 1616, ils constatent en ces termes la pension due par l'église de Roufiac:

« Ecclesia de Roffiaco unam libram ceree (registre de 1515, 1516).

 

 


(al. Eugoria), Lupicino cum uxore sua Hoctorecia cum filiis, Francardo cum uxore sua Orogia cum filiis, Amareto cum uxore sua Savina, Frangomere cum uxore sua Leobauda, Partenio cum uxore sua Mariosa, Sonulfo (al. Ranulfum) cum uxore sua Animia et filiis; agnitionem eorum diximus, sed at alignos ex ipsis liberos fecimus; hi vero cum campellis eorum et vineolis, vel quidquid habere videntur aut adhuc venire potuerint, habere decernimus, ita ut singulis annis terna pondo carrae inferant nostro, et singulis mensibus eulogias vicissim ad missas nostras revocent, et inferant in altario quinos argenteos, et donent exenio secundum quod paupertas eorum parare potuerit: nihil amplius ab eis, aut a basilica Sancti Martini, aut a monachis nostris requiratur, quam quod scriptum est implere debeant.

 

― XXXI ―

« Eglise de Rouffiac, 1 livre de cire » (registre des recettes de 1515-1516).

La détermination de la seconde localité, Juliaco, serait plus difficile à établir, si l'on considérait le membre de phrase ou ce nom se trouve comme un complément de la clause principale, en d'autres termes si l'on traduisait: « Nous donnons à la basilique de Saint-Martin notre portion en fonds de Rouffiac, consistant en la maison qui s'appelle Juliaco. »

Dans ce cas il serait impossible de retrouver, comme cela devrait être aux environs de Rouffiac, un lieu dont le nom corresponde au mot latin. Mais nous croyons qu'on doit considérer la seconde partie de la phrase comme indépendante de la première et traduire en conséquence de la manière suivante:

« Nous donnons à la basilique de Saint-Martin notre portion de fonds de Rouffiac [et] la maison qui s'appelle Juliaco. »

Cette interprétation aurait l'avantage de ne pas donner aux fonds de Rouffiac une étendue territoriale par trop considérable.

Mais dans tous les cas, on ne saurait contester que le Julliaco du testament ne soit le Julliac actuel, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Brive.

En effet le chapitre de Saint-Yrieix n'a cessé de percevoir jusqu'à la Révolution des rentes importantes dans cette paroisse de Juillac, sur les villages des Bischières, de Granouiller, de Montcheyrol, de Lescure, de Las Rivalhas et de Bujadas, comme le constate le livre des recettes de 1616. De plus des lettres patentes du régent de France, Philippe, en date du 16 août 1316, constatent que le lieu « dictum vulgariter de Bischieras » était dans le ressort de la juridiction du chapitre. Enfin, le Pouillé de Nadaud nous apprend que le hameau de Bujadas possédait une cure à laquelle le chapitre de Saint-Yrieix avait nommé en 1440 et que ce bénéfice transformé

 

 


Et istos liberos nostros et liberas nostras, quos nobis bonae memoriae genitor noster Jocundus per testamentum suum commendavit, similiter et illos quos pro remedio animae bonae memoriae fratris (al. filii) nostri Eustadii liberos fecimus, tibi, sancte Martine, defensandos commendamus. Et si quis eis amplius, praeter hoc quod eis injunctum est, in quolibet inquietare aut dominare voluerit, tu, sancte Martine, defendas. Nam et mulieres istas, quas inferius adscripsimus, id est Bandonidia (al. Lindonidia) cum filiis suis, Habenda (al. Abenda), Allovera, Fraterna, Amasonia, Artemia, Susanna, Proba, Probatia, Protania ut singulis annis singulos trientes monachis nostris dissolvant, et nullus, eis magis requirere praesumat, ne incurrat quod supra comprehensum est. Caballos et jumenticula nostra, seu vaccas, oves et

 

― XXXII ―

en prieuré ou simple chapelle était encore en 1758 du patronage de notre chapitre. Cette possession séculaire de droits seigneuriaux pris sur les villages qui rayonnent autour de Juillac, la situation de cette localité dans le voisinage des principales propriétés laissées par Saint-Yrieix à son monastère, telle que Louignac, Chabrignac, Yssandon sont des arguments d'une haute portée en faveur de l'attribution que nous proposons.

 

VIII

GENULIACUM

 

Simililer et dono Genuliacum, cum aedifciis, pratis, sylvis et pascuis, vel omni jure suo, Sancti Martiali volumus esse donatum.

Le Pouillé, du diocèse de Limoges indique bien un Genouillac dans l'archiprêtré de Saint-Junien, dont l'église paroissiale était dédiée à saint Martial, et un autre Genouillac dans l'archiprêtré d'Anzème qui possédait une chapelle sous le vocable de saint Martial. Mais aucun de ces bénéfices n'était à la nomination de l'abbé de Saint-Martial et l'un et l'autre sont situés à la limite du diocèse de Limoges, sur des points extrêmement éloignés du domaine de Saint-Yrieix.

Le premier qui était à la nomination du prieur des Salles est aujourd'hui chef-lieu d'une commune de l'arrondissement de Confolens; l'autre qui dépendait de l'abbaye de Déols en Berry est chef-lieu de commune du canton de Chatelus, arrondissement de Boussac (Creuse). Ce n'est donc pas là qu'il faut chercher le Genuliacum du testament.

La localité que nous proposons comme l'équivalent du Genuliacum a le double avantage d'être située dans le voisinage immédiat

 

 


boves, et porcos, lecturia, utensilia per domos, vel quidquid per cellaria aut areas nostras post obitum nostrum invenerit ordinator sancti Martini, medietatem pauperibus eroget, et aliam medietatem monachi nostri supradicti percipiant.

Addimus etiam mancipia quae colonaria appellantur, et, nobis tributaria esse perhibentur (al. debentur); medietas ad basilicam tuam, domne Martine, et alia medietas monachis nostris proficiat, et reddant omnes singulis annis trientes, hoc est: Eulodio cum filiis qui nobis esse debentur, Renchardo cum filiis, Friardo cum filiis, Amandu cum filiis, Gundemero sine (al. cum) filiis, Dominica cum filia; idcirco praefata mancipia his sanctis locis donavimus, ut ipsorum merces nos peccatores (liberet).

 

― XXXIII ―

des possessions les plus nombreuses du chapitre de Saint-Yrieix

et d'être le chef-lieu d'une paroisse dont presque tous les villages étaient tributaires de notre chapitre. Une seule difficulté pourrait nous arrêter, c'est que le nom moderne Jumillac ne correspond pas exactement au Genuliacum latin, mais cette discordance est plutôt apparente que réelle et lorsqu'on sait combien dans les anciens diplômes il est facile de confondre les lettres qui, telles que l'I, l'U, l'M, l'N se composant de jambages uniformes, on doit admettre qu'il est permis de lire Gemiliacum au lieu de Genuliacum. Avec cette légère modification les recherches deviennent faciles.

En effet, la paroisse de Jumillac, dont le chef-lieu n'est qu'à trois lieues de Saint-Yrieix est entourée de toutes parts par d'autres paroisses où le chapitre de Saint-Yrieix percevait de nombreuses redevances comme Saint-Priest-les-Fougères, Chalusset, Saint-Paul-Laroche, Sarrazac, Sarlande et Saint-Yrieix même.

De plus 15 villages de cette paroisse dépendaient de la juridiction du chapitre:

Villanges, Les Vinhas, le Bosc, La Perdicie, Sabloneyras, La Chambareille, Le Puy-les-Fougeras, Lestrade, La Chauselande, La Salesse, Artix, Combas, le Breuil, Costebouille, Fayemendie (livre des recettes 1515-1516).

 

IX

NEGIACUM

 

Et de Scauriniaco, vineae cultae arpennos quinque, quos provinciamus vinitor colit et in Negiaco vineae cultae arpennos quos pro oblata nostra donamus ut servientes sancti Martiali vel matriculae suae per sanctum heredem nostrum accipiant.

Si le rapprochement de ces deux noms Scauriniaco et Negiaco

 

 


Quod unusquisque locus sanctus constitutis ibi habeat ministerium declaratum, rectum duximus inserendum; id est, turres iiij, cooperturiolos olosyricos iij, calices argenteos iiij, duo sunt ansati, comparati solidos xxx, nam ille medianus prae auro fabricatus valet solidos xxx, et ille quartus valet solidos xiij. Patena argentea valens solidos lxxij, coopertoria olosyrica quatuor, unus valet solidos xxx, alius solidus xvj, tertius solidis xv, quartus solidis xlv; duo ex ipsis auro sunt fabricati. Item coopertorium lineum ornatum valentem solidis iiij, pallas corporales iiij, coopertorios olosericos iij, minores v et pallas, tribunalia (al. tribunae) in basilica valentia solidis xij, et alia cotidiana valentia solidis vj, et alia cotidiana quae sunt ante altare valentia solidis v, vela ornata de ostio majore, valentem solidos iij,

 

― XXXIV ―

était une preuve du voisinage de ces deux localités, il faudrait trouver Negiacum aux environs de Chabrignac. Mais nous avons dit à propos de Rofiaco el Juliaco que le testateur ne s'est pas occupé de grouper ensemble les immeubles d'un seul tenant et nous pouvons penser que dans cette clause du testament il en a été de même que dans la précédente, d'autant plus qu'aux environs de Chabrignac il n'y a aucun lieu dont le nom rappelle même de fort loin le vocable latin: Negiaco.

Nous croyons donc possible d'identifier Negiaco en Nazac, hameau de la paroisse de Nantiat (Dordogne), parce que cette paroisse était une de celles ou le chapitre de Saint-Yrieix possédait des rentes (livre des recettes 1616), qu'elle se trouve dans le voisinage de Dussac et de Miremont, enfin qu'elle est située à la frontière du pays vignoble.

Area cum domo nostra intramuranea Lemovicinae civitatis, cum ingressu et regressu ejus, basilica tua, Sante Martine, et monachi nostri Attanenses aequali successione possideant.

Cette maison dut faire partie plus tard de la fondation de l'église de Saint-Michel-de-Pistorie à Limoges, église qui était à la nomination du chapitre de Saint-Yrieix et lui payait une redevance annuelle de 3 l. en argent et 4 l. de cire.

 

 


alio velo de ipso ostio valentem solidos iij. Item velo ad ostium minore valentem solidos ij. Item velo picto valentem solidos v. Similiter in oratorio sancti Hilarii corona cum cruce argentea deaurata cum gemmis pretiosis, plena reliquiis sanctorum domnorum, et suo ornatu, valentem ad aestimationem solidos c, habens corona illa in se pendentes folia ex auro et gemmis facta numero viij, et in illa cruce similes factae duae, et mirmitatae gemma grande circumcirca auro, et subtus crucicula ex auro, et gemmulenas viij, palla, oloserica cum suo ornatu valente solidos xij. Item palla super altariolo sancti Hilarii limita auro, et margaritis fabricata; valente solidos xxx; velola per ipsius oratorii parietes tria, oloserico ornata, valente solidos viij. Item palla super altario domno Hilario cotidiana valente solidos ij. Item velum in domo Hilarii dramiosyrico, valente solidos xl. Item in domno Maximino velola iij; ante altario unus vermiculus valentes solidos ij; et illa alia duo valente solidos iij. Et item palla vermicula in domino Juliano, valente solidum j; palla cotidiana in domno Maximino, oloserico ornata; pallas corporales in domno Hilario, vel velola ad ostia cotidiana. Item ad pallas super sepulcro sancto (al. nostro) oloserica duo, valentes solidos lx. Item pallas super sepulcra quinque Achaïca exornatas, valente solidos xv. Item palla profedala valente solidos ij. Item alia profedata (al. proserica), valente solidum j. Vela ante ipsa sepulcra duo valente solidos v. Haec omnia et ornata sanctorum, vel

 

― XXXV ―

a Ecclesia Sancti-Michaelis de Pistoria, III l. t. et quatuor libras cerae » (livre de recettes, 1515-1516).

Quoique cette église eut été soumise à l'abbaye de Vigeois, c'était le chapitre de Saint-Yrieix qui en avait le patronage. Le 3 novembre 1600, il nommait à cette cure Pierre Baud, prêtre (Reg. de Jarrige).

 

X

ISSANDONE

 

Similiter in Issandone castro aream intramuraneam cum domo nostra simili aequitale possideant.

Ni les pouillés du diocèse de Limoges, ni les livres de recettes du chapitre de Saint-Yrieix ne constatent que le monastère de Saint-Yrieix ait eu depuis le XIVe siècle au moins aucun droit utile ou honorifique sur la paroisse d'Yssandon. Mais cette localité est trop connue; elle figure trop souvent dans les annales du Limousin au moyen-âge, du VIIe au XIIe siècle principalement pour que l'équivoque soit possible. Le château Yssandon du testament est bien Yssandon, chef-lieu de commune du canton d'Ayen. Ce point est la limite extrême du côté du Midi des domaines de l'abbé Yrieix.

 

 


quidquid super sepulchra nostra martyrii Attanensis sanctorum, id est Scipionem diaconem et Aventiolum, quos instituimus ipsis custodiendum et studendum ante sanctos, et domno nobis Nicetio diacono sancti Martini consignavimus simul et de SISCIACO ORATORIO tribunalia duo valentia solides iv, vela ad ostia iij valentia solidos vj, turres, calices, pallas et coopertoria praedictis martyrariis ad custodiendum tradidimus.

Nam et adhuc adjuramus praepositum Sancti Martini et monachos

nostros Attanenses, per corpus et sanguinem Domini nostri Jesu Christi et merita omnium sanctorum, ut in oratorio Sancti Hilarii, in cella mea, quinta feria, omni tempore maturius, matutina et missa sanctorum domnorum a monachis ibidem revocetur. Et lectos (1) sanctorum reparari, cum necesse fuerit jubeatis, hoc est Attano et Sisciaco; admonentes et monachos et liberos et servos et accolas nostros, ut ipsas loca sancta omni tempore sint munita, sicut mos est, hoc videlicet compositum sicut relinquerimus, sic etiam conservetur ut oportet in Domino Jesu Christo: illi vero qui nobis vel monasterio atque congrégationi nostrae deservire noluerint, a rebus omnibus nostris, tam nobis superstitibus, quam post obitum nostrum habeantur extranei.

Attanenses, si, nobis, vivis, monachis nostris Vosidentibus solatis, sicut

 

(1) Nous pensons qu'il faut lire: tectos.

 

― XXXVI ―

XI

EUSTRIACUM

 

Eustriaco portionem nostram Florentiae et filiis suis volumus

esse donatum: ut liberi nostri quorum nomina sunt inferius comprehensa sub defensione tua, sancte domne Martine, consistant.

Rien dans les pouillés du diocèse, dans les livres de recettes du chapitre de Saint-Yrieix, ne vient nous mettre sur la trace de cette localité, dont le nom ne correspond à aucun de ceux qui figurent aujourd'hui dans l'étendue de pays qui renfermait autrefois le domaine de Saint-Yrieix.

Aussi nous avons mieux aimé ne proposer aucune attribution pour ce vocable que d'en présenter une purement hypothétique.

A cette liste de noms de lieux, on peut ajouter quelques articles de plus si l'on regarde comme un codicille authentique de Saint- Yrieix, le legs qui concerne l'abbaye du Vigeois. Mais dans tous les cas lors même que cette partie du testament ne serait qu'une interpolation postérieure, comme ce document n'en remonterait pas moins à une époque très ancienne, nous avons pensé que nous pouvions faire figurer dans notre travail les noms géographiques qui se trouvent dans cette addition d'autant plus que tous peuvent recevoir une attribution certaine.

Dedimus et condonamus Deo et S. Petro apostolo ad monasterio Vosidense apud Lemovices monasterium Sti Michaelis

Eglise Saint-Michel de Pistorie à Limoges.

 

 


placuerit, praebuerint, Fexitoialo portionem nostram et centum arpennos terrae in Sisciaco prona voluntate donamus; six vero renuerint solatia, praebere, quod eis a nobis donatum est, basilicae tuae, Sancte Martine, et monachi Attanenses tibi commendata omnia revoces in perpetuum possidendum.

Quidquid vero in hoc testamento nostro fortasse non comprehensum est, aut ut poni debuit, excessit, si tercula, aut aliqua res mobilis inventa fuerit, ab herede nostro domno Martino omnia sibi vindicanda revocet. Si mancipiola remanserint et inventa fuerint foris testamentum, tam qui chartulas libertatis extenderint, quam qui non habuerint, defensante sancto Martino, in libertate permaneant; et quicumque per chartulas manus nostrae subscriptione firmatas dedimus, omnino valere praecepimus. Si quis autem contra hoc testamentum nostrum venire voluerit, aut aliud quam quod deliberatione nostra ista geritur, ire tentaverit, et hic et in aeternum per virtutes sancti et beati domni Martini sit excom-

 

― XXXVII ―

Ecclesiam Sti Petri de Naves.

                Naves, chef-lieu de commune, canton de Tulle. L'église est placée sous le vocable de saint Pierre.

Et ecclesiam Sti Martini Spartiniaco.

                Espartignac, chef-lieu de commune, canton d'Uzerche. L'église est dédiée à saint Martin.

Et ecclesiam Galli.

                Saint-Gal, chef-lieu de commune, canton de Seilhac.

Et ecclesiam Baissiaco.

                Beyssac, chef-lieu de commune, canton de Lubersac.

Et ecclesiam de Comboliva,

                Chamboulive, chef-lieu de commune, canton de Seilhac.

Si autem monachi Vosidenses monasterii nobis salutia probuerint damus Fexitolato portionem nostram et centum aripentos vinearum et curtim de Sisciaco.

Et mansum de Columbes de Vultuziaco.

                Colombeix, hameau de Voutezac.

Et mansum de Fraorgiis de Alaciaco.

                Lafaurie, hameau de la commune d'Allassac, canton de Donzenac.

 

 


municatus et anathematizatus, et veniat ei illa maledictio quam psalmus continet in Judam Scariotis centesimus octavus. Si quae litteraturae aut caraxaturae inventae fuerint, nos eas fecimus, dum testamentum nostrum saepius relegimus, idque emendare decrevimus.

Aredius in Christi nomine peccator, presbyter, testamentum nostrum scripsi, relegi et subnotavi, die et anno quo supra. Pelagia testamentum nostrum relegi et subscripsi die et anno quo supra. Alstidius rogante domno meo Aredio et Pelagia, testamentum nostrum ab ipsis factum subscripsi. Calpurnius, rogante domno meo Aredio et Pelagia, testamentum hoc subscripsi, die et anno quo supra. Leo, rogatus a domno Aredio et Pelagia, testamentum hoc confirmavi, die et anno quo supra. Nectarius hoc testamentum confirmavi rogante domno Aredio et Pelagia.

 

Sign. † Adelfii subdiacono.

Sign. † Nectarii testis.

 

― XIL ―

Additions à la Géographie du testament de Saint-Yrieix

D'Auguste BOSVIEUX

 

SISCIACUM

 

Nous avons à deux reprises successives parcouru le plateau de Siociac, très élevé et dominant Vigeois. Il a une étendue qui peut être évaluée à environ cent hectares; plusisurs chemins creusés profondément par les siècles, conduisent à une vaste maison nommée Reyrol, autrefois Roairolas. La dite maison couverte d'un lierre plusieurs fois séculaire n'ayant aucune trace d'ancienne cheminée; sous cette maison existe encore un souterrain refuge appelé vulgairement cluzeau dont l'ouverture touche presque l'habitation. Ses habitants depuis plusieurs générations m'ont affirmé qu'avant 1789, tous les dimanches et jour de fêtes, un religieux de l'abbaye de Vigeois venait y célébrer la messe.

On ne cultive que le froment sur tout le plateau de Siociac à l'exception du seigle qui, dans cette partie de la Corrèze, constitue la principale culture des habitants; ce qui confirme d'autant plus l'identification de Bosvieux du Sisciacum du testament d'Aredius.

 

NONNIACUM

 

En 1886, il a été publié par M. Leroux, archiviste de la Haute-Vienne, un recueil de chroniques et mémoires pour servir à l'histoire de la Marche et du Limousin; à la page 47, il se trouve un acte par lequel l'évêque de Limoges ordonne à l'archiprêtre de Lubersac de suspendre l'office divin dans les églises d'Ayen, de Noniac et d'Yssandon (vers 1147).

 

― XL ―

Dans ce mandement en latin, l'évêque de Limoges cite la paroisse de Noniac, évidemment le Nonniacam du testament d'Aredius et actuellement Loignac, placé dans le voisinage d'Ayen et d'Yssandon: ce qui donne une preuve de plus aux arguments de Bosvieux.

Dans le volume précité, aucune note additionnelle ne donne à Nonniacum l'identification avec Louignac.

 

LUCIACO, MARCOMONTE

 

Bosvieux éprouvait des doutes sur l'identification qu'il proposait de Luciacum avec Dussac. Remarquons, en effet, que le Luciaco-Marcomonte du testament, n'a qu'une seule indication de revenus: vineis, c'est-à-dire vignoble. Or, Dussac, canton de La Nouaille est situé en plein terrain granitique, c'est-à-dire tout à fait impropre à la culture de la vigne. Au contraire, la commune de Lissac, canton de Larche, que nous proposons, est dominée par un très haut plateau, couvert d'un important vignoble.

On y voyait encore avant le phyloxéra des ceps de vigne énormes et plus que séculaires. Ce plateau porte le nom de Puy de Mirmont. Dans les périodes mérovingienne et carolingienne, l'on constate souvent la permutation de l'U en I et réciproquement. Dans le cartulaire de Brioude, publié par M. Chasseing, juge au tribunal du Puy, on en trouve la preuve. Ainsi la commune de Lisseuil, arrondissement de Brioude, dans une charte de 1136, est mentionnée: Luciole. De même celle de Lussat, arrondissement de Clermont-Ferrand, est nommée dans le même cartulaire: Lipsac ou Lipssac.

Ajoutons une donation faite par Etienne et Ildéadis au monastère de Saint-Martin-de-Tulle, de trois mas dans la paroisse de Lissac, vicairie de Cousages, parochia Liciaco, vicaria Cosatico,

 

SCAURINIACUM

 

Actuellement Chabrignac, commune de l'arrondissement de Brive, aucun doute ne saurait subsister à cet effet, d'après les titres cités par Bosvieux. Nous n'ajoutons qu'une seule chose, c'est que la vigne paraît y avoir été la culture dominante comme à Luciaco et Marcomonte qui précèdent.

 

― XLI ―

NEGIACUM

 

En effet, le village de Negiacum actuellement Nazac, répond bien aux énonciations du testament. Nous avons visité en personne ce village placé sur un très haut plateau dominant le bourg de Nanthiat, le sol est d'un calcaire argileux très propre à la culture de la vigne. Au moment de notre visite (il y a de cela plus de dix ans), le terrain était couvert presque exclusivement d'un magnifique vignoble. D'après ce que nous ont dit les habitants du pays, la culture de la vigne remontait à la plus haute antiquité et y avait toujours été connue; ils ajoutèrent qu'à côté du village se trouvait une très ancienne chapelle où, avant 1789, on disait la messe tous les dimanches et jours de fêtes.

 

ISSANDONE CASTRO

 

Le pays d'Yssandon (1) avait autrefois une grande renommée pour la qualité de ses vins. On y décrouvre encore des ruines très importantes appelées par les habitants de la contrée: « les Tours d'Yssandon. »

Placé sur un terrain très élevé et dominant tout le voisinage, l'espace couvert par les ruines a une forme très allongée dont une des pointes, tournée vers le Sud, porte le nom significatif de: CHALARD, c'est-à-dire château, où se voit encore de nombreux débris de bâtiments, tombes en pierre, etc., etc. On découvre aux environs d'Yssandon des silos, des traces d'antiques murailles, etc.

Quand Clovis acheva la conquête de la Gaule en 507, les armées Franques et Bourguignonnes se rencontrèrent au pied des remparts d'une ville importante nommée par les historiens du temps: Idunum. M. Kurth, le récent historien de Clovis, n'a pu donner aucune idenfication de ce nom, nous pensons qu'il faut lire Yssandunum. Selon une habitude ancienne des vieux feudistes, le nom a été écrit avec une abréviation.

Du reste le Castrum d'Yssandon eut à subir au moyen âge de nouveaux sièges; il fut, avec Uxellodunum, l'un des derniers foyers, l'un des derniers remparts de l'indépendance gauloise.

 

(1) In pago Exandoniense (Voir charte XLI, page 27.)

 

― XLII ―

En 767, Pépin revenant d'Italie en fit le siège. Aujourd'hui toute trace de ville y a disparu; c'est à peine si l'on y trouve quelques ruines et une église dédiée à Saint-Hippolyte.

 

EUSTRIACUM

 

Eustriacum peut-être Estresses, comme nous l'avons dit plus haut, où l'on aperçoit les ruines considérables d'un Castrum du moyen âge. Dans une charte d'Adémar, vicomte de Limoges, 1092-1110 (charte CI, page 59), un village nommé Estrechers est donné à l'abbaye de Vigeois. Peut-être pourrait-on y trouver l'Eustriacum du testament de Saint-Yrieix?

 

― XLIII ―

SECOND TESTAMENT DE SAINT YRIEIX

 

Intercalé au verso du f° 72, entre les Chartes datées de 1093 et 1124 pages 95 et suiv. du présent ouvrage

 

Ce second testament de saint Yrieix, que par opposition au premier, le seul authentique, nous pourrions appeler le petit testament, est évidemment l'oeuvre d'un faussaire, autrement dit une interpolation. Nous allons le prouver par différentes observations. S'en suit-il qu'il ne contienne aucune trace de vérité? A la fin de nos recherches, nous constaterons avec Pardessus que d'une oeuvre fausse peut bien jaillir une étincelle de vérité.

Notre première observation est celle-ci: comment se fait-il que l'acte lui-même porte cette date précise: 572, la onzième année du règne du roi Sigebert? Evidemment, un tel acte ainsi daté et de cette importance devait figurer en tête du cartulaire de Vigeois, dont les actes les plus anciens sont du règne du roi Lothaire (954-986), et non pas être placé au milieu du cartulaire, à la suite de chartes datant approximativement de 1092 et 1124.

La seconde est celle-ci: au VIe siècle, les églises destinées au service du culte, à de très rares exceptions près, ne portaient que des noms à désinences latines. Nous en avons un exemple dans le grand testament de saint Yrieix; les deux oratoires fondés par lui se nomment Attanum et Sisciacum. Ce ne fut que quelques siècles plus tard, aux XIe et XIIe siècles, que les églises commencèrent à être baptisées du nom des saints dont elles possédaient des reliques.

Comme on peut le remarquer dans la transcription du second testament, que nous ne ferons pas ici, renvoyant aux pages 95 et suivantes du présent ouvrage, presque tous les lieux prétendument donnés par saint Yrieix portent les noms des saints auxquels ils étaient dédiés: Saint-Martin-d'Espartignac, Saint-Pierre-de- Naves, Saint-Gall, etc., etc.

La troisième observation porte sur des faits plus graves encore que les deux précédentes. Le folio 72 du cartulaire original a sa partie supérieure très régulièrement coupée par un instrument

 

― XLIV ―

tranchant. Cette coupure est placée directement au-dessus de la première ligne, où commence la transcription du testament.

Chose digne de remarque, les mots mêmes d'Aredius et de Genitrix ont été en partie effacés, ne laissant subsister du nom d'Aredius que les trois dernières lettres ius, et de Genitrix, qui s'applique évidemment à Pélagie, sa mère, les lettres Gé, les six dernières, nitrix, étant effacées.

Ces diverses circonstances ne font-elles pas supposer qu'en tête de l'acte en question devait figurer un passage racontant les conditions qui avaient amené les religieux de Vigeois à placer dans leur carlulaire à une date aussi erronée le titre de leur fondation. Plus tard, reconnaissant probablement la fraude commise, ils voulurent en faire disparaître les traces, d'où la coupure signalée plus haut. Elle remontait probablement à une époque reculée; car aucune des copies du cartulaire antérieures à 1789, qui sont à la Bibliothèque nationale, et citées dans notre avant-propos, ne nous donnent connaissance du texte primitif ainsi mutilé.

Nous allons essayer de découvrir les origines de cette interpolation.

Vers 1082, nous raconte le prieur de Vigeois, le monastère devint la proie d'un incendie considérable. Rien ne put échapper; tout fut brûlé: les ornements du culte, les livres et les privilèges, comme le constate expressément le chroniqueur.

Pendant trente ans, de 1096 à 1124, trois chartes de notre cartulaire établissent des donations importantes faites à Vigeois pour la reconstruction de l'abbaye, ad opus monasterii.

Cette reconstruction avait été dirigée par Gérald de Lestrade et Rainald de Roffignac, qui l'avait terminée. Ce dernier mourut le 3 avril 1124 et fut remplacé par Adémar, appartenant à la grande famille de Bré, selon certains auteurs. Son abbatiat dura quarante ans (1124-1164), et l'on peut dire qu'il fut rempli de bonnes oeuvres. Nous pouvons lui attribuer la reconstitution du cartulaire de Vigeois, dont les principales chartes avaient du disparaître dans le grand incendie de 1082, comme le dit la chronique du prieur Geoffroy de Brolh.

A ce moment, l'on dut chercher à établir les origines du monastère et les preuves de sa fondation par saint Yrieix.

Trois grandes autorités viennent à l'appui de cette tradition.

La première est celle de l'unique historien de ces temps reculés, Geoffroy, prieur de Vigeois, qui, en constatant l'incendie de 1082, atteste que le monastère avait été édifié par saint Yrieix.

La seconde émane du plus puissant seigneur du pays, Bernard, vicomte de Comborn, qui, dans une charte datée de circa 1096

 

― XLV ―

(charte 169, p. 127), confirme la donation du village de Comlumbesse que saint Yrieix avait faite au monastère.

La troisième, c'est Eustorgius, évêque de Limoges, qui, accompagné de ses archidiacres, de l'avis et du consentement de trois des plus importants abbés du Limousin: Saint-Augustin, Saint-Yrieix et Le Dorat, confirme à Vigeois la donation de Saint-Martin d'Espartignac, que sanctissimus Aredius condam donaverat sancto Petro Vosiensi.

Ces traditions avaient certainement leur origine basée sur le grand testament d'Arédius mentionnant les oratoires d'Attanum et et de Sisciacum fondés par lui, affectant un certain nombre d'objets religieux destinés au service du culte dans ces deux églises; et, chose importante à noter, tandis qu'Arédius partage ses bienfaits entre le monastère de Saint-Martin de Tours et le futur monastère d'Attanum, il donne l'oratoire de Sisciacum à Saint-Martin seulement, ne le soumettant nullement à Attanum, lui donnant ainsi une vie propre et indépendante.

Comment Adémar n'aurait-il pas tenté de donner un corps solide à toutes ces traditions? L'on peut facilement supposer qu'un de ses religieux, et peut-être lui-même, se rendit à Saint-Martin de Tours, visita ses archives, y retrouva un dernier testament d'Arédius qu'il avait dû faire après la rédaction du premier, c'est-à-dire peu de temps avant sa mort, survenue le 24 août 591, comme l'atteste Grégoire de Tours. L'on sait combien les anciennes abbayes étaient jalouses de leurs privilèges, surtout quand il s'agissait de l'origine de leurs propriétés. Dans ces circonstances, le religieux de Vigeois ne put qu'à grand peine obtenir quelques renseignements à ce sujet. On lui laissa probablement lire le grand testament d'Arédius, publié plus tard par Ruinart, Mabillon et Labbe, mais on ne lui en laissa pas prendre copie. Il vit peut-être aussi le codicille qu'avait dû faire saint Yrieix peu de temps avant sa mort, afin d'assurer les moyens d'existence des religieux de l'oratoire de Sisciacum, comme près de vingt ans auparavant il avait fait pour Attanum.

De retour dans son monastère, tous ces faits furent constatés au folio 72 du cartulaire de Vigeois; certaines mentions devaient précéder l'acte principal, quelque temps après on dut les faire disparaître. C'est ce qui nous explique la coupure intentionnellement faite à la partie supérieure de ce folio.

Après avoir ainsi résumé les arguments pouvant s'élever pour et contre l'authenticité du second testament d'Arédius, il ne nous reste plus qu'à tirer la conclusion que Pardessus lui-même nous donne sur des actes de ce genre:

 

― XLVI ―

« Divers motifs ont porté à fabriquer des chartes fausses.

Il y en a un que la simplicité des anciens temps doit faire pardonner peut-être: c'est le besoin de renouveler les originaux en partie détruits par l'injure des temps ou par quelque accident particulier. On s'est cru alors permis de transcrire, avec autant de fidélité qu'il était possible, ce qui en subsistait, et de suppléer le reste en employant les formules d'usage. Ces pièces, ainsi restaurées d'autorité privée, sont fausses sans contredit, quand elles n'auraient d'autre vice que d'être annoncées pour originales; et les tribunaux doivent les rejeter. Mais l'historien peut y chercher le vrai si, malgré quelques caractères intrinsèques qui décèlent la restauration, elles paraissent avoir été, en grande partie, copiées d'après les originaux mutilés, et si, d'ailleurs, rien n'y contredit les faits connus et constants.

Un autre motif de faire de faux actes a été de réparer la perte de ceux qui avaient été détruits par les guerres, les incendies ou d'autres malheurs. On les fabriquait alors d'après les traditions conservées dans la mémoire ou consignées dans les anciennes chroniques. Ce n'était point pour envahir le bien d'autrui ou pour conserver des possessions injustes, mais pour défendre ou recouvrer des droits légitimes. On ne peut se dispenser de les mettre au nombre des pièces fausses; mais, au moins, on y trouve les secours que fournissent, pour la recherche de la vérité, d'anciennes traditions recueillies de bonne foi (1). »

On dirait ces paroles écrites pour l'objet qui nous occupe. Nous n'avons pas ici seulement la tradition attestée par deux importantes chartes émanant des deux plus grandes autorités du pays, l'évêque de Limoges et le vicomte de Comborn; mais aussi le témoignage d'un historien, Geoffroy de Brolh, prieur de Vigeois. Cette tradition devait remonter à la plus haute antiquité et avait pour base certaine le grand testament de 572, où Arédius constatait l'existence des deux oratoires d'Attanum et de Sisciacum, fondés par lui.

Depuis le VIe siècle, combien d'événements étaient survenus!

Destruction probable de Sisciacum par les Normands au IXe siècle, comme l'avait été Solignac et tant d'autres monastères du Limousin; le nouvel établissement des religieux, à Vigeois, probablement avant le Xe siècle; enfin l'incendie de 1082, qui avait détruit le monastère et n'avait rien épargné, ni bâtiments, ni ornements, ni livres, ni privilèges.

 

(1) Diplomata, Chartae, Epistolae, Leges ad res Gallo-Francicas, etc, etc., par MM. de Bréquigny et la Porte du Theil, éditées par J.-M. Pardessus. ― Paris, Imprimerie royale, 1843, t. Ier, Introduction Pardessus.

 

― XLVII ―

Dans le grand testament de saint Yrieix, le seul authentiquement reconnu par les Bénédictins Labbe, Mabillon, Ruinart, et enfin Pardessus, l'on remarque, placée tout à fait à la fln de cet acte, une clause qui paraît absolument copiée sur le testament du cartulaire de Vigeois dont nous venons de démontrer la fausseté:

(F.B. dans le document dgitalisés, deux lignes et demie sont barrées et remplacées par une note manuscrite)

Attanenses, si nobis vivis monachis nostris Vosidentibus solatia, sicut placuerit praebuerint Fexitoialo portionem nostram et centum arpennos terrae in Sisciaco.

Rapprochons les termes de cette clause, mise ainsi à une place

inaccoutumée, avec le commencement du testament d'Arédius donnant à Saint-Martin: portionem nostram de agro Sisciacenci silicet domus et oratorium. Ne voit-on pas là une véritable redite?

Arédius aurait donc donné deux fois la même chose, la première fois tout ce qu'il possédait à Sisciacum: les champs, les édifices, enfin l'oratoire, et il répète en quelque sorte, dans les mêmes termes, une seconde donation à Vigeois: Portionnem nostram et centum aripennos vinearum et curtim de Sisciaco. Comment se fait-il que le cartulaire (testament), évidemment l'oeuvre d'un faussaire, comme nous l'avons établi plus haut, soit pour ainsi dire copié textuellement par le grand testament, bien authentique celui-là, dans sa partie principale: Si autem monachii Vosidiensis monasterii nobis solatia praebuerint.

Evidemment, cette clause provenant du faux testament du cartulaire a été ajoutée subrepticement à une date postérieure au XIIe siècle sur un manuscrit ancien faisant partie des archives de Saint- Martin-de-Tours. Ce manuscrit devait contenir une ancienne copie du testament original d'Arédius. Très souvent il s'était élevé des difficultés pour l'interprétation des clauses de ce testament, ces difficultés avaient amené de nombreux procès entre le chapitre de Saint-Yrieix et d'autres monastères qui prétendaient avoir les mêmes droits. Nous avons dit précédemment qu'à la fin du XVIIIe siècle, le parlement de Bordeaux avait déclaré faux le testament de Saint-Yrieix produit devant lui, à cause d'une simple erreur de date.

On le voit, le même faussaire qui avait créé de toute pièce le testament du cartulaire (pages 95 et suivantes) et cela au commencement du XIIe siècle, a pu avec la même habileté introduire dans le grand testament la clause en question qui constitue une véritable interpolation. Résumons nous: la fameuse clause: solatia praebuerint est absolument controuvée dans les deux testaments; le grand et le petit; il ne reste plus qu'à rechercher si les conditions exigées par Pardessus peuvent s'appliquer au cas actuel. Si, en un

 

― XLVIII ―

mot, tout en considérant comme faux le petit testament du cartulaire, on ne peut y trouver des traces de vérité.

Entre 572 et 591, date de la mort de Saint-Yrieix par Grégoire de Tours, dix-neuf années s'étaient écoulées. Dans ce long espace de temps, Arédius qui avait pris toutes les précautions nécessaires pour assurer l'existence d'Attanum, dut en agir de même pour Sisciacum. Ce second testament a dû disparaître et Vosias, qui avait remplacé Sisciacum, se crut autorisé à suppléer à la disparition de ce document par tous les moyens en son pouvoir.

Au XIIe siècle c'était assez l'usage dans un certain nombre de monastères.

Ne voyons nous pas Uzerche placer en tête de son cartulaire les fables les plus mensongères, le transport à Uzerche de l'évêché de Limoges, le siège de cette ville par les Sarrasins, siège qui, comme celui de Troie, avait duré dix ans. Concluons donc, avec Pardessus et adoptant ses raisons, que l'on peut tirer d'un acte faux en lui-même des marques de vérité; qu'il a dû exister un second testament d'Arédius, assurant à l'oratoire de Sisciacum des moyens d'existence, testament qui par suite de l'âge reculé des temps, des guerres survenues, des pillages des Normands, des incendies si fréquents à ces époques, avait dû disparaître.

Grégoire de Tours avait connu intimement Arédius, il l'avait vu fréquemment venir en pélerinage à Saint-Martin-de-Tours; il a raconté de fréquents épisodes de sa vie et en annonçant sa mort qui eut lieu, le 24 août 591, ― il dit expressément qu'avant de mourir, il avait pris ses dernières dispositions: Testamentum conditum.

Grégoire de Tours pouvait-il faire allusion par ces mots à un premier testament d'Arédius, fait dix-neuf ans auparavant, en 572?

Evidemment, il faisait allusion à un second testament fait peu de temps avant sa mort.

Ce second testament a disparu. Il devait renfermer des dons de propriétés en faveur de Sisciacum.

Tout cela nous fait comprendre la tradition constante de plusieurs siècles attribuant au monastère de Vosias, qui avait dû remplacer l'oratoire de Sisciac comme disparu, les nombreux domaines que nous avons vus mentionnés dans le faux testament du cartulaire de Vigeois.

 

― XLIX ―

LE TESTAMENT DE ST-YRIEIX

d'après la traduction de M. l'abbé Arbellot

 

En 1875 parut dans le Bulletin de la Société archéologique du Limousin, t. XXIII, pp. 174 à 193, une traduction du testament de saint Yrieix par M. l'abbé Arbellot. Ce travail offrait d'assez grandes difficultés, par suite des recherches nécessaires pour l'identification d'un certain nombre de localités à désinences latines et remontant à l'époque mérovingienne, soit à cause de locutions de très basse latinité.

Quant aux identifications, elles sont à peu près toutes erronées. On doit s'étonner de voir le savant auteur, dans un travail imprimé en 1875, ignorer complètement le remarquable travail d'Auguste Bosvieux, sur le même sujet, faisant partie des archives départementales de la Haute-Vienne, et qui leur a été donné en 1871, après sa mort.

Au commencement de cette introduction (p. XXIII à XXXVI), nous avons reproduit textuellement le travail de Bosvieux. Nous n'y reviendrons pas. Qu'il nous suffise de signaler les graves erreurs d'identification suivantes:

GRISIENSIS est désigné par l'abbé Arbellot comme étant le village de Gris, actuellement commune de Saint-Paul-d'Eyjeaux, canton de Pierrebuffière, arrondissement de Limoges;

SISCIACUM, toujours d'après le même auteur, serait Quinsac, village de la commune de Saint-Yrieix(?);

GENULIACUM, pour Genouillac, canton de Châtelus, arrondissement de Boussac (Creuse);

LUCIACO-MARCOMONTE, deux localités évidemment très proches, ont été prises pour Lussas, chef-lieu de commune de l'arrondissement de Nontron (Dordogne), et Marthon, canton de Montbron, arrondissement d'Angoulême (Charente), c'est-à-dire deux lieux éloignés de plus de 40 kilomètres l'un de l'autre;

ROFIACUM a été pris pour Rosier dans le canton de Juillac (Corrèze);

 

― L ―

NONIACUM, pour Saint Julien-le-Vendômois, canton de Lubersac (Corrèze).

Nous terminerons par la Cellam Sancti Medardi (quas sub Gaudomaro sita esse videtur), que M. l'abbé Arbellot traduit ainsi: Notre monastère dédié en l'honneur de saint Médard, qui est placé sous la direction de Gaudomar.

Dans une note au bas de la traduction, l'abbé Arbellot semble critiquer l'ouvrage de M. Deloche: Géographie du Limousin au IXe siècle, où cet auteur a pris ce Gaudomar pour un nom de lieu!...

Nous n'insisterons pas. Bosvieux, enfant de Saint-Yrieix, qui connaissait admirablement les environs de sa ville natale, ne devait pas se tromper sur la véritable situation de Gandumas, lieu fort ancien placé au dessus de la vallée où se trouve Saint-Médard. Nous pouvons ajouter ce dernier renseignement: « Il y a quelques années, on a trouvé dans cette commune des restes de murailles vitrifiées absolument semblables à celles du Puy-de-Gaudy près Guéret (Creuse). » (Bull. de la Soc. arch. du Périgord).

Voici les identifications de M. Arbellot terminées. Examinons maintenant sa traduction.

La donation de la maison paternelle d'Arédius, située dans la Cité de Limoges, est formulée en ces termes: « Area cum domo nostra intramuranea Lemovicinae civitatis, cum ingressu et regressu ejus. »

L'abbé Arbellot traduit: « Notre enclos et notre maison qui sont dans les murs de la Cité de Limoges, avec le vestibule et l'arrière-cour. »

Nous ne pouvons admettre cette traduction des mots ingressu et regressu par ceux du vestibule et d'arrière-cour. Nous pensons qu'ils signifient plutôt l'entrée et la sortie.

Un peu plus loin, à la donation faite à saint Martial de Genuliacum (Jumilliac-le-Grand), nous lisons: « Similiter et dono Genuliacum cum aedificiis... sancto Martiali volumus esse donatum.... ut SERVIENTES sancto Martiali vel matriculae suae per sanctum heredem nostrum accipiant. »

L'abbé Arbellot traduit ainsi: « Semblablement, nous voulons que Genouillac avec ses bâtiments soit donné à saint Martial... afin que les moines qui servent saint Martial ou son église-mère les reçoivent par notre saint héritier. »

Nous ne pensons pas que l'on puisse traduire les mots: servientes sancto Martiali par ceux ci: « les moines de saint Martial »; ni ceux: vel matriculae suae, par « son église-mère ».

 

― LI ―

Au VIe siècle, le tombeau de saint Martial était gardé par un certain nombre de serviteurs (servientes); suae matriculae ne peut être traduit par « son église-mère »; nous pensons plutôt que matriculae signifie ici l'association des religieux qui gardaient le tombeau de saint Martial. Arédius, dans toutes ses dispositions testamentaires, est toujours dominé par la pensée qu'il pourrait s'élever quelques difficultés sur l'exécution de ses dernières volontés, de là cette double désignation, et des servientes sancto Martiali, et, à leur défaut, de l'association religieuse qui les remplacerait.

Mais une traduction faite par l'abbé Arbellot, en ce qui concerne l'oratoire de Sisciacum, a une toute autre importance et mérite d'être signalée à part.

Voici, en effet, comment parle Arédius au commencement de son testament, à la suite de la donation de Grisiensis:

« Portionem nostram de agro Sisciaciensi, hoc est, domus et Oratorium reliquis aedificiis, agris, silvis, pratis, pascuis et areolis, cum omni jure suo, sicut a nobis praesenti tempore possidetur, tua sancta basilica, domne Martine, sed et commendati monachi Attanenses, quos sub tuo patrocinio vivere sancimus, et qualiter Deum propitium habeatis, et mancipiola vobis ex ipso fundo Sisciacum tibi, Domne Martine, atque tuis monachis condonavimus, quod est ad partem basilicae tuae, aratores iij, Parnimium, Talasium et Claudium. »

M. l'abbé Arbeilot traduit ainsi: « Quant à notre portion du champ de Sisciac, c'est-à-dire la maison et l'oratoire avec les autres bâtiment, champs, bois, prés, pacages, airages, en un mot avec tous ses droits, comme nous la possédons présentement, qu'elle soit possédée par votre sainte basilique, ô saint Martin, et par nos moines d'Attanum qui vivent, d'après notre règlement, sous votre patronage, de telle sorte que Dieu nous soit propice. Pour ce qui est des serfs de ce domaine de Sisciac, nous les avons donnés, ô saint Martin, à vous et à vos moines. Dans la part de votre basilique sont trois laboureurs: Parminius, Talaise et Claudius. »

Nous ne partageons pas l'opinion adoptée par M. l'abbé Arbellot dans sa traduction de cette partie très importante du testament d'Arédius. D'après lui, l'oratoire de Sisciacum aurait été donné et à saint Martin et aux moines d'Attanum. Ceci est en contradiction manifeste avec les autres parties du testament où il est question de Sisciacum. Nous voyons toujours ce dernier oratoire avoir son existence propre, avec description des objets mobiliers destinés au culte dans cette église. A la fin de son testament, Arédius fait une recommandation spéciale aux moines de saint Martin d'avoir à en-

 

― LII ―

tretenir et à réparer les toitures recouvrant les églises de Sisciacum et d'Attanum. « Et tectos sanctorum reparari, cum necesse fuerit jubentis hoc est Attano et Sisciaco. »

De plus, si l'oratoire de Sisciac avait été donné aux moines d'Attanum par Arédius, Bosvieux n'aurait pas manqué de trouver dans les registres des recettes du chapitre de Saint-Yrieix quelque chose à ce sujet, comme il l'a si heureusement établi pour Grisiensis, Noniacam, Genuliacum, Negiacum, etc. Or, il n'en est rien.

Nous pensons qu'il faut plutôt traduire ainsi cette partie du testament:

« Nous donnons à la basilique, ô saint Martin, notre portion du champ de Sisciacum, c'est-à-dire la maison et l'oratoire avec tous les édifices qui en dépendent, les champs, les bois, les prés, les pacages et les enclos, avec tous ses droits, comme nous les possédons nous-mêmes, afin que vous ayez pour recommander, (commendati) les moines d'Attanum que nous avons placés sous votre patronage. »

De plus, on doit remarquer, dans chacune des donations faites par Arédius qui précède celle de Sisciacum, ou celle de Scaurignacum, qui la suit, le testateur, a soin de stipuler qu'il donne medietatem, c'est-à-dire la moitié, à saint Martin, aliam vero medietatem à Attanum. Or, en ce qui concerne Sisciacum, rien de semblable.

Après avoir relevé les quelques erreurs de M. l'abbé Arbellot pour l'identificalion des noms de lieux et quelques fautes de traduction, qu'il nous soit permis de rendre hommage au travail d'ensemble accompli par cet auteur. Il y faut surtout remarquer avec quel soin il a traduit les noms d'un grand nombre d'objets religieux destinés au service du culte, soit dans l'oratoire d'Attanum, soit dans celui de Sisciacum. Parmi ces objets, décrits par Arédius avec le plus grand soin, et même estimés à leur juste valeur, l'on doit remarquer: « Corona cum cruce argentea deaurata cum gemmis pretiosis, plena reliquiis sanctorum domnorum, et suo ornatu, valentem ad [nostram] aestimationem solides C, habens corona illa in se pendentes folia ex auro et gemmis facta numero viij, et in illa cruce similes factae duae, et mirmitatae gemma grande circumcirca auro, et subtus crucicula ex auro, et gemmulenas viij. »

M. Arbellot traduit ainsi: « Une couronne avec une croix, faite d'argent doré, enrichie de pierres précieuses, pleine de reliques des saints, et son ornement valant, selon estimation, cent sous, cette couronne pendent des feuilles d'or semées de pierreries, au nombre de huit; et dans cette croic sont deux autres croix semblables, émaillées, et [au milieu] une grande pierre précieuse en-

 

― LIII ―

vironnée d'or, et au-dessous une petite croix ornée de huit pierreries. »

En lisant cette description, on ne peut s'empêcher de comparer cette couronne avec celles de Guarrazar, du Musée de Cluny, décrites en 1860 par M. de Lasteyrie (1). Ce dernier, décrit avec le plus grand soin la couronne du roi goth Reccesvinthus, décédé en 672.

Il est facile de constater la ressemblance entre la couronne d'argent doré du temps d'Arédius et celles de Guarrazar. Ce sont absolument les mêmes pierreries qui ornent les deux, couronnes; au bas de chacune d'elles se trouve suspendue une croix d'or enrichie elle-même de pierres précieuses.

Comment M. l'abbé Arbellot pouvait-il ignorer ces détails (car il n'en dit mot dans son travail), alors qu'il écrivait en 1875 et que le trésor est à Cluny depuis 1860? Si l'abbé Arbellot a ignoré l'existence des couronnes de Guarrazar, du Musée de Cluny, pourtant si connues, en revanche dans une note accompagnant sa traduction, page 187, il nous cite Anastase le bibliothécaire, biographe du pape Léon III et Martinelli, Primo Trofeo della santa croce.

D'autres parties du même testament nous offrent des documents précieux sur ce qu'était la vie agricole en Limousin au VIe siècle. Arédius y constate l'affranchissement d'un certain nombre de serfs par Jocundus, son père. Ces colons, appelés par le testateur colonaria, auxquels certaines terres avaient été remises sans pouvoir les vendre et moyennant une très faible redevance, nous paraissent avoir été les prédécesseurs des colliberts.

Nous nous y arrêterons davantage à l'article concernant ces derniers.

 

(1) Voici le titre exact du savant travail du comte de Lasteyrie: Description du tréor de Guarrazar, accompagnée de recherches sur toutes les questions archéologiques qui s'y rattachent. ― Paris, in-4° de 37 pages, accompagnées de cinq planches en couleurs et d'un grand nombre de dessins dans le texte.

 

― LIV ―

LE LIMOUSIN AUX CROISADES

d'après le Cartulaire

 

 

 

I. ― Croisés limousins ignorés jusqu'à ce jour dont la présence est constatée à la première Croisade (1096-1099):

 

Bernardus de Bré, unus ex Brennensium principibus

(Charte LXXXVI, p. 81).

Wido de Bré

(Charte CXIII, p. 67 et suivantes)

Petrus, princeps Petra Bufferia .

― ―

Petrus de Afriac.:

― ―

Ademarus de Gaeta

― ―

Jordanus de Brol

― ―

 

II. ― Croisés limousins à la seconde Croisade (1147-1149):

 

Petrus de Bré et Willelmus Hoto, son frère (Charte CCCXVI, p. 213).

Bernardus del Domno et Fulcherius, son fils (Charte CCLXXXIV, p. 191).

 

III. ― Croisés limousins entre la première et la seconde Croisade:

 

Petrus de Noaliis (Charte CCXI, p. 155).

Ademarus, Doitrannus, Arbertus et Wido de Charrieras vont combattre les Maures en Espagne (Charte CCIII, p. 151).

 

IV. ― Pèlerin limousin antérieur à la première Croisade:

 

Guillelmus de Sadran (Charte V, p. 4, 1031-1060).

 

Gesta Dei per Francos

(faits et gestes de Dieu par les Francs)

 

Jamais titre ne fut mieux justifié.

La Croisade à son début et à sa fin fut, on peut le dire, uniquement l'oeuvre des Francs.

 

― LV ―

La première prêchée par deux Francs, le pape Urbain II et Pierre l'Hermite, commandée par deux grands chefs Francs, Godefroy de Bouillon et Hugues Legrand, comte de Vermandois, frère du roi de France. Ce sont également des historiens tous Francs d'origine, qui ont raconté les exploits accomplis en Terre Sainte par l'armée des croisés pour conquérir Jérusalem et le tombeau du Sauveur.

La dernière fut également composée uniquement de Francs, commandée par notre grand et bon roi Saint-Louis, mort sous les murs de Carthage.

L'élan fut admirable dans toutes nos provinces et parliculièrement dans celles du nord et du centre de la France. Comment en aurait-il été autrement? Le pape Urbain II, en personne, à la suite du Concile de Clermont qu'il venait de présider (1095), suivi de sa Cour pontificale, traversa le Limousin dans toute sa longueur, bénissant et consacrant les églises, s'arrêtant à Uzerche et Limoges où il célébra les fêtes de Noël. Le prieur de Vigeois, dans sa chronique, et l'historien Bosvieux, dans la vie du bienheureux Geoffroy du Chalard, constatent avec quel enthousiasme les habitants de la province prirent les armes et se croisèrent en masse.

Plusieurs chartes de notre Cartulaire rendent compte de donations considérables faites au monastère de Vigeois par des croisés limousins au moment de leur départ pour la Terre Sainte. Citons notamment celle où Wido de Bré (unus ex Brennensium principibus) 1096 (Charte CXIII, p. 67) fait la longue énumération de toutes les terres qu'il donne, en disant expressément qu'elles sont faites in opere monasterii.

Quelques années auparavant (1082) l'abbaye avait été entièrement détruite par un incendie considérable qui n'avait rien épargné, ni les bàtiments, ni les ornements, ni les livres, ni les privilèges du monastère.

Cette charte très longue est une véritable page d'histoire. Wido de Bré a bien soin de stipuler la nullité de toutes ces donations dans le cas où sa fille, fiancée à Olivier de Las Tours, aurait des enfants. Il mourut à Laodicée (ubi defunctus Deo largiente requiescit) sans être parvenu au Saint-Sépulcre, et avant d'expirer il renouvelle ses dernières volontés en présence d'un certain nombre de croisés limousins: Pierre, prince de Pierrebuffière, Afriac, Gaeta et Brol.

Plusieurs autres chartes émanant de membres de la même famille existent à notre Cartulaire. Citons la dernière datée de l'année 1147 (voir au bas de la page 214 pour la date certaine de la charte).

 

― LVI ―

Petrus de Bré et Willelmus Hoto, son frère, au moment d'aller rejoindre l'armée de Louis-le-Jeune, font des donations importantes au monastère: pro emendatione maleficiorum qui huic monasterius fecimus; c'est-à-dire, pour racheter tout le mal qu'ils avaient fait au monastère de Vigeois.

Ce grand nom des seigneurs et princes de Bré a depuis longtemps disparu et notre cartulaire est le seul document historique qui les fasse revivre.

Turenne et Las Tours sont mentionnés par tous les historiens de la première Croisade comme ayant accompli de nombreux exploits devant Jérusalem. Longtemps, on avait ignoré la prolongation de leur existence après leur retour de la Terre Sainte. Trois chartes les concernant nous apprennent qu'ils vivaient encore après 1099.

La première charte concernant Turenne (CXC, p. 145, 1111, 1124) se terminant par ces mots:

« ...Hoc autem donum scitote per octum Philippo regnante rege Francorum et sanctissimo domini nostri Ihesu Christi sepulcro jam ab infidelium potestate erupto fidelium que Christianorum dominatione eo dominante. »

On ne peut s'empêcher d'éprouver une véritahle émotion en lisant ce touchant souvenir d'un des héros de la première Croisade.

Le même vicomte de Turenne vivait encore vingt ans plus tard comme nous le dit la seconde charte (CCLIII, p. 174), entre les années 1124-1137.

La troisième concerne Gouffier de Las Tours, Golferius a Turribus, qui le premier planta la croix sur les remparts de Marraches, comme Raimbaud Créton, sire d'Estourmel, devait le faire plus tard sur les murs de Jérusalem. On connaissait jusqu'à ce jour peu de chose sur ce croisé depuis son retour de Palestine; la charte CLIV, p. 98, constate son existence en 1110.

Dans l'intervalle qui s'écoula entre la première et la seconde Croisade (1099 et 1147), c'est-à-dire près d'un demi-siècle, le Limousin ne resta point étranger aux pélerinages. La charte CCXI, p. 155, que Techener, dans son Catalogue de la bibliothèque du château de Mouchy, place entre les années 1111 et 1124, nous fait connaitre Petrus de Noaliis, « Pierre de Noaile », partant pour Jérusalem. Nous avons déjà dit dans notre Avant-Propos que ce fut grâce à ce nom que notre cartulaire fut sauvé.

La charte CCXX, p. 159, cite quatre chevaliers du château de Comborn, milites Combornenses, Ademarus, Doitrannus, Arbertus et Wido de Charreiras, se rendant en Espagne vers l'année 1111, afin d'y combattre les Maures. Ces sortes de croisades étaient assez

 

― LVII ―

fréquentes au XIIe siècle, le voyage en Espagne étant moins coûteux et moins périlleux que celui de la Palestine.

Les chevaliers limousins, au retour de leurs expéditions en Orient, rapportèrent de nombreux objets de piété, débris de la vraie Croix, etc, que les orfèvres de Limoges renfermèrent dans des reliquaires splendides. Nous ne citerons pas ici les noms de toutes les églises de cette province enrichies de ces merveilles en émaux champlevés et cloisonnés qui ont fait connaitre dans le monde entier à quel degré de perfection était parvenu l'art limousin.

Lors de l'inauguration des salles du Musée de Versailles consacrées aux Croisades, une singulière discussion s'éleva entre les écrivains s'étant occupés de nos expéditions en Orient. Une curieuse découverte venait d'être faite: il surgissait tout à coup un grand nombre d'obligations contractées par des croisés à des banquiers génois au moment de leur départ pour la Terre Sainte. Ces pièces, au nombre de plusieurs mille, étaient pour la plupart revêtues de leurs sceaux.

On a donné à ces titres le nom de « Collection Courtois ». Ces documents faisaient connaitre des noms restés jusqu'à ce jour inconnus de tous les historiens de nos diverses croisades. Quelle foi pouvait-on y ajouter? Ce qui pouvait rendre leur origine suspecte, c'est que plusieurs de ces titres portaient réunis dans le même texte les noms et les blasons de familles françaises encore existantes (1).

Or, M. Lainé, généalogiste bien connu, très autorisé en ces matières, soutint qu'il était impossible d'admettre un tel état de choses.

Il citait à l'appui de sa thèse plusieurs cartulaires de nos anciennes provinces, où des noms de familles de chevalerie étaient mentionnés. D'après Lainé, tous ces noms étaient éteints à de très rares exceptions près, Le cartulaire de Vigeois vient donner à cette théorie le plus complet démenti.

En effet, nombre de familles dont les noms figurent à notre Cartulaire sont encore existantes. Il nous suffira de nommer: Corbier, Cosnac, Lubersac, Noailles, Pérusse, Robert de Saint-Jal, Roffignac, Saint-Exupéry, Salignac et Vascignac; nous n'ajouterons rien à ces preuves.

En terminant, nous ne pouvons résister à l'envie de citer l'opinion d'un écrivain étranger sur la part prépondérante prise par la race franque dans les diverses Croisades.

 

(1) Notices sur quelques anciens titres, suivies de considérations sur la salle des Croisades, au Musée de Vertailles, par le comte de Delley de Blancmesnil. ― Paris, 1866, in-4°.

 

― LVIII ―

M. Godefroid Kurth, professeur à l'Université de Liège, dans son histoire de Clovis (1) s'exprime ainsi:

« La Croisade fut par excellence l'oeuvre des Francs, et l'histoire leur a rendu justice en plaçant deux de leurs princes sur les trônes de l'Orient: Godefroy de Bouillon à Jérusalem et Baudoin de Flandre à Constantinople (2).

« Grand par l'épée, le génie franc a été grand aussi par la pensée. Il a créé la scolastique, cette vigoureuse méthode d'éducation de l'esprit moderne; l'art ogival, qui a semé de chefs-d'oeuvre le sol de l'Occident; l'épopée carolingienne, plus haute dans son inspiration et plus parfaite dans sa forme que le chef d'oeuvre d'Homére.

Après quatorze siècles d'une vitalité incomparable, il n'y a point encore défailli: il brûle sous la cendre des révolutions, il reste plein de chaleur et de vie, et quand on y porte la main, on sent palpiter l'âme du monde! »

Nous n'ajouterons rien à ces lignes écrites par un étranger, qui sont le plus bel hommage rendu à la race franque et au rôle accompli par elle dans le monde entier.

 

V. ― Liste alphabétique des Croisés limousins, dont les blasons figurent dans les salles du Musée de Versailles

 

Authier (Guillaume du)... 1248

Authier (Raoul du)... 1248

Boisse (André de)... 1248

Bonneval (Guillaume de)... 1248

Boysseulh (Géraud de)... 1190

Carbonnières (Hugues de)... 1248

Corn (Sanchon de)... 1248

Cosnac (Elie de)... 1190

Coustin (Robert de)... 1248

David (Bernard de)... 1248

Gain (Adémar de)... 1248

Gimel (Pierre de)... 1252

Goulfier de las Tours... 1248

Lasieyrie (Pierre de)... 1248

Lubersac (Geoffroy seigr de)... 1202

Lur (Jean de)... 1191

Monstiers (François des)... 1249

Noailles (Pierre de)... 1111-1124

Pérusse (Arduin) ... 1248

Roffignac (Robert de)... 1119

Turenne (Raymond, vte de)... 1096

Vascinac (Raymond de)... 1191

 

(Cette liste est extraite du livre de Delley de Blancmesnil, déjà cité).

 

(1) Clovis, par Godefroy Kurth. ― Tours. 1896.

(2) Le savant professeur belge aurait pu ajouter à ces deux noms ceux de Lusignan, roi de Chypre; Villeharduin, maréchal de Romanie; les comtes d'Edesse, Brienne, Courtenay, issus de la maison de France et empereurs de Constantinople, etc.

 

― LIX ―

Eglise abbatiale de Vigeois

Actuellement paroissiale

 

L'incendie du monastère en 1082; sa reconstruction entre les années 1096-1124, sont constatés par trois chartes du cartulaire; donations faites à ce sujet, in opere monasterii, par Wido de Bré, unus ex Brennensium principibus, Agnès de Comborn, femme de Pierre de Bré, et Ugo Ladens, chevalier du château de Comborn (Chart. XXIII, p. 67 et suiv.; chart. XXXIX, p. 85).

Comme tous les monastères remontant à une origine très reculée l'église de Vigeois a subi divers remaniements. Ce que l'on voit encore permet de deviner ce qu'elle a dû être. Comme presque toutes les églises de cette partie méridionale du Limousin, son style est de pur roman. Elle avait autrefois une nef principale avec deux bas côtés.

Nous empruntons au Bulletin monumental, publié sous les auspices de la Société d'archéologie (Paris, 1890), la description suivante (1):

« L'église de Vigeois présente à l'intérieur un aspect plus clair et moins sévère que les autres églises de la contrée. Sa large nef couverte maintenant d'une voûte en berceau, remplace les trois nefs primitives. Sur une longue nef transversale s'ouvre le choeur en hémicycle, large de 13 mètres comme la nef; magnifiquement éclairé par trois chapelles en absides, séparées par des fenêtres percées à la base d'un rang de très petites fenêtres.

Le plan actuel a été obtenu, comme à Saint-Angel, par la suppression d'un rond-point de colonnes et des quatre piliers qui soutenaient la coupole centrale. Les trois absides et les fenêtres entre elles s'ouvraient sur un déambulatoire tournant autour d'un rond-point de colonnes. On s'en rend compte surtout à l'extérieur en voyant que les petites fenêtres, à la base de la voûte en calotte, sont percées dans un surhaussement du mur du choeur, et que ce

 

(1) M. de Dion, archéologue bien connu, est le signataire de cet article.

 

― LX ―

mur dépasse le niveau de celui de la nef transversale, ce qui n'existait certainement pas à l'origine ».

Et un peu plus loin: « Le choeur de l'église, réuni tout entier sous une seule voûte, présente un air de grandeur, malgré ses dimensions restreintes ».

Nons pouvons ajouter qu'à la principale porte d'entrée se trouvent placées deux statues, très mutilées, représentant saint Pierre et saint Paul.

Il y a quelques années, des travaux de déblaiements faits à l'extérieur de l'église, à côté d'un if monumuntal et séculaire, firent découvrir les tombes de plusieurs religieux du monastère. Parmi elles, il s'en trouvait une ayant encore les débris en cuivre émaillé d'un bâton pastoral. Les inventeurs nous ont affirmé qu'il était autrefois surmonté d'un oiseau en guise de poignée. Malgré toutes nos recherches, nous n'avons pu retrouver aucune trace de cet objet. Mais ce que nous pouvons affirmer, parce que nous l'avons eu pendant quelque temps entre nos mains, c'est un objet arrondi en cuivre, autour duquel sont gravés ces mots: Onus Honoris.

Et sur un autre objet, également en cuivre émaillé bleu qui parait avoir été le support d'une crosse abbatiale, était cette inscription en caractères du XIIe siècle:

 

Studeat Abbas plus amari quant timeri

 

Nous pensons qu'on peut appeler cet objet, soit crosse abbatiale, soit Thau, ayant autrefois appartenu à un abbé du monastère de Vigeois, vivant au XIIe siècle. On pourrait l'attribuer, peut-être, à Adémar, abbé de Vigeois pendant quarante ans (1134-1164). Ce fut certainement lui qui prescrivit la reconstitution du cartulaire tel que nous le possédons aujourd'hui. D'après l'opinion de M. Léopold Delisle, administrateur de la Bibliothèque nationale, ce manuscrit serait tout entier du XIIe siècle. Les e cédillés que l'on y rencontre fréquemment et que nous avons eu soin de faire reproduire par l'imprimeur, en seraient la preuve la plus manifeste.

Trois chartes du carlulaire nous autorisent à fixer la date de la reconstruction de l'église actuelle. En 1082, écrit le prieur de Vigeois, le monasière fut totalement détruit par un incendie. Rien ne put être sauvé, ni les ornements, ni les livres, pas même les privilèges du monastère.

En 1096, Wido de Bré, au moment de partir pour la Croisade (ch. CXIII, p. 67 et suiv.), fait de nombreuses donations a Vigeois; il a bien soin de libérer les conlibertos et conlibertas qui habi-

 

― LXI ―

taient ses domaines. Il termine enfin en stipulant expressément que toutes ces donations sont faites pour la reconstruction du monastère, ad opus monasterii.

A peu près vers la même époque, Agnès de Comborn, soeur du vicomte Archambaud, et femme de Pierre de Bré, dans la charte CXIII, p. 67 et suiv., fait également, dans le même but, d'importantes donations.

Enfin, Hugo Ladens, chevalier du château de Comborn, dans une charte que l'on peut dater 1111 à 1124, est le bienfaiteur de l'abbaye, toujours dans le même but, in opere monasterii.

On le voit par les dates de ces trois chartes, la reconstruction de l'abbaye de Vigeois dura environ trente ans.

 

― LXII ―

Fondation de l'Eglise et du bourg de Corbier (1096),

des églises de Haute-Faye, de Bracchar et de Burc.

Eglises converties en fiefs: Espartignac et Chamboulive.

 

A la fin du XIe siècle, les seigneurs s'efforcèrent d'attirer des habitants dans leurs terres presque désertes. Ils construisirent des églises, fournirent le terrain, donnèrent gratuitement des emplacements assez considérables aux futurs habitants pour y bâtir leurs maisons. C'est ainsi que nous voyons, entre les années 1073-1080, Guy de Corbier donner au monastère de Vigeois l'églige et le bourg de Corbier, encore à l'état de projet. Quelque temps plus tard, jour de la bénédiction de cette église, le même Guy de Corbier (in die benedictionis) donne cinq deniers pro filiatione.

A peu près vers la même époque, Pierre de Pierrebuffière, l'un des plus hauts barons du pays, dont les descendants s'intitulèrent les premiers barons chrétiens du Limousin, disputant ce titre aux Lastours, donne à Vigeois son domaine d'Haute Faye, ubi ecclesia edificanda erat. Cette église devint plus tard une des prévôtés du monastère; elle subsista jusqu'en 1789; toute trace en a disparu aujourd'hui.

Bracchar, actuellement Saint-Nicolas de Braccha (1), fut également construite dans le même temps par une dame dont nous ignorons le nom, mais qui était seigneuresse d'Allassac. Cette église existe encore à l'état d'annexe de la paroisse d'Allassac.

Enfin, l'église de Burc, aujourd'hui disparue, fut fondée dans les mêmes conditions.

Ces quatre églises, données à Vigeois par les seigneurs aussitôt après leur fondation et même quelquefois avant leur édification (ubi ecclesia edificanda erat), indiquent bien la pensée de leurs créateurs: attirer dans des contrées à peu près désertes des habitants, y assurer le service divin en les confiant à un ordre religieux qui était proche. (V. charte VI, p. 6.)

Il faut remarquer dans la troisième donation, faite, croit-on, par Agnès de Bré, soeur du vicomte de Comborn, les mots: fiscum sacerdocii, que nous pouvons considérer comme absolument synonymes de ceux de fevum presbiterii que nous rencontrerons plus loin aux chartes concernant Espartignac, donné par saint Yrieix à Vigeois en 572.

Il est curieux de constater les progrès sans cesse grandissants de la féodalité au XIe siècle, convertissant en fiefs même les choses les plus sacrées: les revenus d'une église, enterrements, baptê-

 

(1) Comme on le voit ici, aux XIe et XIIe siècles, les églises n'étaient pas encore connues sous les noms des saints auxquelles elles étaient dédiées. Ce ne fut que beaucoup plus tard que cette chapelle ou église fut dédiée à saint Nicolas.

 

― LXIII ―

mes, mariages et même, manu attrectatio, c'est-à-dire l'attouchement des reliques par la main des fidèles.

Trois Chartes concernant l'église de Saint-Martin d'Espartignac, près d'Uzerche, portent textuellement ces mots: fevum presbiterii. Cette préoccupation des moines de Vigeois pour affirmer leur droit de propriété sur l'église de Saint-Martin-d'Espartignac nous est encore confirmée par la charte CXLVII, page 93 du Cartulaire. Nous y voyons Helias d'Ayen donner à Vigeois, en présence de Bernard, vicomte de Comborn: totum quod habeo in fevo presbiterii ecclesie Spartiniaco et quod habeo in mansum appellatum Diaconi et in stagnum aque qui est juxta ipsum mansum (Diaconi).

Il résulte encore des termes de cette charte, datée entre les années 1111, 1118, qu'Helie d'Ayen avait donné en fief des terres dépendant du fief presbytéral d'Espartignac. « Si fevales mei qui in fevo istius ecclesie aut in isto manso (Diaconi) aliquid, de me fevaliter habent, si sancto Petro aliquid dare voluerint, aut monachi ullo modo adquirere potuerint donum et placitum que ipsi fecerint, ego concedo permanendum. »

Nous avons cité textuellement les termes de cet acte qui nous font bien connaitre les débuts du régime féodal en Limousin.

L'église d'Espartignac, qu'Arédius (1) avait donnée à Vigeois en 572, donation confirmée en 1111 par Eustorge, évêque de Limoges, avait dû subir entre ces deux époques bien des changements. L'église était restée probablement sans pasteur et avait été convertie en un véritable fief par les ancêtres d'Helias d'Ayen, sinon par Helias d'Ayen lui-même. Le mas du diacre, c'est-à-dire le domaine destiné à subvenir aux besoins du prêtre, avait été érigé en fief à son tour; Helias d'Ayen ou ses prédécesseurs avaient inféodé ces deux fiefs à des habitants du pays.

A peu près vers la même époque, nous voyons une des églises les plus importantes du diocèse de Limoges, Camboliva, chef-lieu d'une vicairie et du pagus Cambolivensi, également érigée en fief presbytéral, possédée en partie par Pierre de Terrasson et donnée à Vigeois. En voici les termes: « Partem meam de fevo presbiterii, de ecclesia de Camboliva que ad me pertinet, quolibet modo habeo ex integre dimitto et I mansum. » (Voir charte LVI, page 34, 1098-1100).

On le voit par ces deux exemples, les églises elles-mêmes n'échappaient pas à la loi commune qui érigeait en fief toutes choses, même celles consacrées à Dieu.

 

(1) Il est bien entendu que le second testament d'Arédius, inséré aux pages 95 et suivantes du Cartulaire, est une interpollation, autrement dit, l'oeuvre d'un faussaire. Mais, comme le dit très bien Bosvieux, un acte remontant au XIIe siècle et supposé vrai par les contemporains a une certaine valeur.

 

― LXIV ―

Prénoms, noms et surnoms principalement usités

au cartulaire

 

I. Prénoms, noms et surnoms d'hommes

 

Voici la nomenclalure exacte des prénoms les plus employés.

L'on sera étonné de voir le prénom de Geraldus le plus généralement usité et celui de Petrus, cependant patron du monastère, venir qu'après lui (1):

 

Geraldus

77 fois

 

Imone

3 fois

Petrus

67 ―

 

Tetgerius

3 ―

Stephanus

26 ―

 

Almavinus

2 ―

Rotbertus

25 ―

 

Bolandus

2 ―

Ugo

22 ―

 

Engalvinus

2 ―

Gauzbertus

18 ―

 

Gaucelmus

2 ―

Joannes

18 ―

 

Otto

2 ―

Ramnulfus

15 ―

 

Radulfus

2 ―

Rainaldus

15 ―

 

Rigaldus

2 ―

Arcambaldus

15 ―

 

Umbertus

2 ―

Gauzfridus

11 ―

 

Adazius

1 ―

Ademarus

8 ―

 

Aimericus

1 ―

Wido

8 ―

 

Alboinus

1 ―

Ebulus

7 ―

 

Amardus

1 ―

Willelmus

7 ―

 

Amblardus

1 ―

Aldebertus

6 ―

 

Artemandus

1 ―

Boso

5 ―

 

Boxitus

1 ―

Rotgerius

5 ―

 

Cabols

1 ―

Galterius

4 ―

 

Ermenonus

1 ―

Guillelmus

4 ―

 

Ermenricus

1 ―

Aenricus

3 ―

 

Doitranus

1 ―

Aeustorgius

3 ―

 

Donadeus

1 ―

Asterius

3 ―

 

Duitranus

1 ―

Columbrinus

3 ―

 

Duranus

1 ―

Constantinus

3 ―

 

Fulcaldus

1 ―

Deusde

3 ―

 

Fulcherius

1 ―

Gosbertus

3 ―

 

Garnerius

1 ―

 

(1) Saint-Gérauld, seigneur d'Aurillac, avait souvent traversé le Limousin pour se rendre en pélerinage au tombeau de Saint-Martial. Geoffroy, prieur de Vigeois, dans sa chronique en parle à diverses reprises. De là nous en concluons la popularité si grande de ce saint en Limousin.

 

― LXV ―

Gibrardus

1 fois

 

Odo

1 ―

Golferius

1 ―

 

Raimundus

l ―

Helias

1 ―

 

Raterius

1 ―

Iterius

1 ―

 

Solius

1 ―

Martinus

1 ―

 

Umbaldus

1 ―

 

Ces vingt-huit derniers noms mentionnés seulement une fois.

On pourra remarquer non sans un certain étonnement que les prénoms de Martialis, d'Aredius et de Leonardus ne figurent jamais au cartulaire; ainsi que plus tard, aux prénoms de femmes, nous ne verrons figurer celui de Maria.

Faut-il en conclure que c'est par respect pour trois des saints les plus vénérés en Limousin qu'ils n'ont pas été employés? La même pensée de respect religieux paraît avoir inspiré la même abstention pour le nom de Maria, la mère du Sauveur.

Quant aux surnoms ils sont assez rares; c'est à peine si dans les 341 chartes du Cartulaire nous les rencontrons: Iratus, Tortus, Forma Dei (1), Bonus-Homo, Malamantia (2), etc., etc. Nous renvoyons à la table générale de la fin du volume pour quelques autres qui ne nous ont pas frappé.

 

II. ― Prénoms de femmes

 

Pour les prénoms de femmes nous sommes surtout frappé de la douceur des noms qui vont suivre:

 

Agnès

3 fois.

 

Margarita

1 ―

Aina.

1 ―

 

Millisendis

1 ―

Alaidis

1 ―

 

Nevera

1 ―

Almos

1 ―

 

Oda

4 ―

Almodis

1 ―

 

Pelagia

1 ―

Alpaïdis

1 ―

 

Peitavina

1 ―

Audiardis

1 ―

 

Petronilla

4 ―

Belieldis

1 ―

 

Rafaïs

1 ―

Berniardis

3 ―

 

Ragenberga

1 ―

Brunissen

1 ―

 

Raguiberga

1 ―

Emma

1 ―

 

Rainavida

1 ―

Engalsias

1 ―

 

Restibiria

1 ―

Ermengardis

1 ―

 

Richildis

1 ―

Fulchelli

1 ―

 

Rixoeu

1 ―

Gauzberga

1 ―

 

Solitia

1 ―

Girberga

1 ―

 

Stephana

5 ―

Guarnida

1 ―

 

Stevena

1 ―

Guarsenda

1 ―

 

Umberga

1 ―

Ildeardis

3 ―

 

Vierna

1 ―

Karisma

1 ―

 

 

 

 

(1) Ce singulier surnom, semblable à Dieu, est porté par Bernardus de Vilavallis, vivant entre les années 1124 et 1137.

(2) Malamantia, mauvaises menaces, qui est devenu Malmanche, nom d'une ancienne rue de Limoges.

 

― LXVI ―

Nous répèterons à la suite de ces noms la même observation faite à la suite des prénoms d'hommes: le nom de Maria qui est devenu de nos jours si fréquent n'apparaît jamais. Et ceci remonte à la plus haute antiquité, car dans le testament d'Aredius, daté en 572, nous ne voyons jamais le prénom de Maria.

 

III. ― Noms patronimiques

L'hérédité des noms patronimiques ne parait pas encore se faire sentir dans les plus anciennes chartes du Cartulaire. Cependant on commence à la voir se produire dans quelques rares chartes l'une notamment concernant les familles Ladens, Pérusse et surtout Roffignac. Citons notamment la charte concernant les Roffignac, charte XXV, page 18, ou Alaidis, mère de Rainald de Roffignac qui devint plus tard abbé du monastère, fait une donation confirmé par ses deux fils Ugo et Petrus Roffiniaci.

Citons encore la charte CLIX, page 106. où nous voyons le nom de Ugo s'affirmer comme nom patronimique, et la charte CCXLII, page 170, concerne également la même famille.

Voir à la table ces divers noms et les chartes qui les concernent.

Nous pouvons encore citer Bertrannus Laporta faisant des donations, confirmées par son frère Wido Laporta (charte CCCXXXVII, page 224).

Nous terminons enfin par la famille de Charreiras, dont le nom patronimique s'affirme comme héréditaire pendant plusieurs générations.

Les Charreiras étaient des chevaliers du château de Comborn, milites Combornenses.

Amelius de Carreiras ou Carrieris dont le nom est devenu plus tard Charriéras, fait entrer son fils Pierre comme moine à Vigeois. Il avait quatre autres enfants, issus de son mariage avec Almodis: Ademarus, Doitranus. Arbertus et Wido. Trois chartes les concernant prouvent l'hérédité du nom patronimique.

 

― LXVII ―

Prior, Armarius, Cellararius, Secretarius Grammaticus

 

Après les titres d'Abbas et de Prior (1) viennent ceux: d'Armarius, Cellararius et Secretarius.

Armarius. ― Aucun doute ne peut s'élever sur sa signification. C'est le bibliothécaire de l'abbaye, Custos librorum, le gardien des livres. Ce titre était souvent adjoint à celui de Cantor, chantre. Nous ne voyons ce dernier apparaître dans aucune charte.

Cellararius. ― Celui qui était préposé aux fournitures nécessaires à la subsistance des religieux: le pain, le vin, etc., etc.

Secretarius. ― Ce dernier titre est assez fréquemment usité; Raynald de Roffignac, plus tard abbé de Vigeois (1111-1121), est cité dans plusieurs chartes comme revêtu de cet office.

Grammaticus. ― La charte CXVIII, page 72, que l'on peut dater entre les années 1111 et 1113, nous apprend qu'outre les dignités de Prior, Armarius, Cellararius et Secretarius, il existait encore au monastère celle de Grammaticus. Dans cette charte, nous voyons une donation importante de la terre de Bouchiat par un Peirusse, en présence de nombreux témoins, parmi lesquels Pierre Béchade, abbé d'Uzerche (1110-1113); Audebert Grimoard, qui fut son successeur (1113), et Gérald, Vicarius de Celom. Nous constatons la présence d'un moine du nom de Wilhelmus, Grammaticus. Nous pouvons traduire ce surnom par le titre de Magister scholarum, maître d'école, autrement dit le religieux chargé d'instruire les enfants. Ainsi, l'on voit dès le commencement du XIIe siècle les moines de Vigeois soucieux d'instruire les enfants des familles groupées autour du monastère.

Ceci nous prouve combien les attaques qui ont été portées contre l'Eglise, accusée de favoriser l'ignorance, sont démenties par les faits (2).

 

(1) Ce titre, rendu célèbre par Geoffroy de Brol, prieur de Vigeois, n'apparait que très rarement et pour ainsi dire exceptionnellement dans le cartulaire.

(2) Voir à l'avant-propos ce qui a été dit à ce sujet au moment de la suppression des offices claustraux en 1744.

 

― LXVIII ―

Le Jongleur de Septers

JOCULARE DE SEPTEM PIROS

 

La charte CLXXXIX, page 145, nous fait connaitre une profession qui, dans la patrie des troubadours, n'a pas lieu de nous étonner. C'est cependant l'unique fois où nous la rencontrons. La charte peut être datée de 1092 à 1110, et s'il faut ajouter foi à l'opinion de l'un de nos plus éminents confrères de la Société historique et archéologique du Limousin, M. Clément-Simon, ce serait le plus ancien document authentique constatant l'existence des jongleurs au moyen Age. L'on peut deviner, du reste, de quel estime était entourée cette profession, puisque Petrus Joculare de Septem Piros assiste comme témoin à une importante donation faite au monastère en présence de l'abbé de Vigeois, Pierre, et de son juge Gualterius (Gualterio bajulo suo).

 

(1) Le village de Septers fait aujourd'hui partie de la commune de Saint-Martin-Sepert, canton de Lubersac, arrondissement de Brive. Il est aussi important, comme population, que le chef-lieu de la commune.

 

― LXIX ―

Quelques usages particuliers relatifs à Vigeois

 

Une charte très intéressante (charte LXXIX, page 46) nous fait connaitre un fait curieux. Bernardus, vicarius de Aient, donne au monastère sa borderie Tenius de Solec, actuellement Soulet, village de la commune d'Ayen: Pro matre sua quam monacham fieri fecit in monasterio Viosiensi. La vicairie d'Ayen était dans le haut moyen âge une justice très importante qui s'étendait sur plusieurs paroisses et était du domaine des vicomtes de Limoges. A la fin du XVIe siècle, Ayen fut donné par Henri IV à la maison de Noailles, qui obtint plus tard son érection en duché pairie.

L'usage d'installer dans certains monastères des femmes, avec le titre de Monacha, parait avoir été suivi assez fréquemment aux XIe et XIIe siècles. Ou en reconnut plus tard les graves inconvénients et cette coutume tomba en désuétude.

Fevum, fevalis, feudum, blestam, ces mots reviennent fréquemment dans diverses chartes. Non seulement les hommes, mais encore les femmes font des donations au monastère de propriétés allodiales qu'elles possèdaient à titre personnel et en leur nom seul. Ainsi la charte XLI, page 27, nous donne un exemple touchant de la reconnaissance d'une ancienne servante pour sa maîtresse, que nous avons déjà cité.

La charte n° 1 nous cite encore une donation faite par une simple femme, nommée Garsenda, de tout ce qui lui appartient en propre, sans aucune réserve.

Enfin la charte XXXVI, page 24, nous montre Ermengarde donnant de nombreux biens à l'abbaye en déclarant expressément que tous (cum suis appendiciis) lui appartiennent (totum ab integra).

La charte CLIX, page 106, nous fait connaitre un singulier usage, peut-être unique:

« Rainaldus Ugo et uxor sua Alaidis et frater ejus Petrus Ugo... condonaverunt se ad sepulturam in eodem monasterio et ad monachilem habitum quando eis voluntas fuerit et propter hoc, ut firma promissio esset, accepit domus abbas Rainaldus de capite Ugonis Rainaldi blestam. » Cette clause, d'une mèche de cheveux donnée en

 

― LXX ―

garantie d'une promesse d'entrée en religion, apparut si singulière à Ducange qu'il l'a rapportée toute entière dans son Glossaire, au mot Blesta (1).

Les bons religieux de Vigeois savaient, quand ils recevaient un don, en témoigner leur reconnaissance suivant la qualité du bienfaiteur ou de la bienfaitrice.

Ainsi à une noble dame, Alaidis de Roffignac, ils donnent un écheveau de soie (schellam de seda).

A un puissant seigneur, comme Pierre, prince de Pierre Buffière, en retour de ses bienfaits ils offrent une mule (unam mulam brunam).

C'est ce même prince de Pierre Buffière mentionné au chapitre XXXVIII de la Chronique de Geoffroy, prieur de Vigeois, qui, au retour d'un pèlerinage à l'abbaye de Charroux, fut attaqué par Adhémar, vicomte de Limoges, et gravement blessé.

 

(1) On connait les relations intimes de Ducange avec Baluze. C'est très certainement ce dernier qui l'a fait connaitre à son ami. Le cartulaire d'Aureil nous donne aussi un usage presque identique. Seulement, il ne s'agit plus des cheveux, mais de la barbe. (Voir note 2 de la charte CLIX, page 106).

 

― LXXI ―

ALODUM

 

Dans l'ancien droit français, le mot alleu avait une signification bien nettement déterminée: c'était la propriété foncière d'un domaine exempt de toutes redevances, droits seigneuriaux, cens, décimes, en un mot libre de toutes charges.

Ces alleus, qu'on rencontre fréquemment dans le haut moyen-âge, existaient surtout dans les provinces méridionales. On ne peut s'expliquer comment ils avaient pu échapper à la conquête des peuples successivement les maîtres de la Gaule: conquête romaine, invasion des barbares. Vandales, Wisigoths. enfin Francs.

Dans les plus anciennes chartes de notre cartulaire, notamment celles datées du roi Robert (1001 à 1031), nous voyons Robert de Sadran faire des dons considérables aux monastères en spécifiant que les biens ainsi donnés sont de alodo suo.

Remarquons que l'acte est fait en présence des plus puissants seigneurs du pays: Ebulus, vicomte de Comborn, Geraldus de Roffignac, Frodinus de la Porcherie (Porcaria), Pierre de Poenciac, Odo d'Espeiruc, qui, en assistant à cette donation et en la signant, reconnaissaient le droit d'alleu de Robert de Sadran.

La seconde, datée de 1082-1086, constate la donation faite par Stephanus Mito de ce qu'il possède à Javaudes « que est alodum meum ».

La troisième, ayant date certaine, 1092, établit les donations faites par Geraldus Boto: « Partem meam de alodo de la Boaria.» Et plus loin, dans le même acte: « Et pignus quod habeo in alodo Johanne Colombrino et de sorore ejus. »

Enfin, la quatrième donation est celle de Galterius de Varez (1092-1097), qui donne: sex denarios in alodo de Chabans.

A partir de 1100, nous voyons le mot alleu peu à peu disparaître. Le nom semble oublié, mais la chose existait encore, même vers la fin du XIIe siècle.

Un autre exemple, tiré des chartes concernant la famille des chevaliers de Charrieras, appelés quelquefois aussi Carriéris, fera bien comprendre la transition qui s'opéra au milieu du XIIe siècle entre l'alleu proprement dit et le fief qui lui succéda (chartes CCCIII et CCCV).

Dans la première (CCCIII, p. 202), Amélius de Charreiras avec le consentement de sa femme et de ses quatre fils, donne à Vigeois une terre importante faisant partie de son alleu: « unum mansum de alodo meo ». Et, chose à noter, cet alleu, nommé Alquer, est placé « super castrum de Comborn », c'est-à-dire au-dessus du château de Comborn et le dominant. Ce qui prouve la complète indé-

 

― LXXII ―

pendance de cet alleu d'Amélius, c'est que, dans l'acte, il n'est nullement question du consentement du vicomte de Comborn. Quelques années plus lard, Amélius de Charrieras et sa femme Alodis étaient décédés.

La charte CCCV, p. 204, constate une donation faite par ses quatre fils, Ademarus, Doitrannus, Arbertus et Wido, de sex sextarios frumento, duos in molendino, qui est subtus castrum de Comborn, c'est-à-dire six setiers de froment, dont deux dans le moulin placé sous le château de Comborn.

Comme on le voit, cette seconde charte ne prononce plus le nom d'alleu; mais, comme la précédente, le consentement du vicomte de Comborn à cette donation n'est pas constaté.

Le mot d'alleu n'est plus employé, cependant la propriété était, restée complètement indépendante et avait gardé tous ses privilèges.

On pourrait peut-être supposer une certaine hostilité existant entre la famille de Charrieras et les puissants vicomtes de Comborn; une charte datée de 1111-1119 (n° CCIII, p. 150) nous prouve le contraire. Nous y voyons, en effet, Bernard, vicomte de Comborn, et Archambaud, son fils, faire d'importantes donations à Vigeois en présence d'Amélius de Charrieras, et de Doitrannus, son fils. Ils sont qualifiés dans l'acte du titre de chevaliers du château de Comborn (milites Combornenses). Evidemment, cette qualification prouve les bonnes relations existant entre les deux familles,

Terminons enfin ce paragraphe des alleux en empruntant au manuscrit de Wolfenbuttel le très curieux passage suivant

« Les rois d'Angleterre, devenus les possesseurs du duché d'Aquitaine depuis le mariage d'Eléonore de Guyenne, voulurent astreindre cette province aux lois de la féodalité. Leurs agents vinrent se heurter aux privilèges des possesseurs d'alleux, qui existaient en grand nombre dans le pays bordelais. »

« Un bourgeois de Barsac, assigné devant le prévôt du roi d'Angleterre, lui fit cette fiére réponse, consignée sur le registre du magistrat anglais: « ― Quand je comparais en justice, c'est par force et non par droit. » (Nec debebat facere homagium, nec sacramentum dixit etiam, quando stabit coram preposito de Barsaco hoc facit per violentiam, item quod facerat sacramentum fidelitatis) (1).

On peut juger par là combien, en Aquitaine, les privilèges des terres allodiales étaient peu respectées et à la veille de disparaître. Ce qui eut lieu en pays bordelais aux XIIe et XIIIe siècles dut également se passer dans les provinces limitrophes soumises aux rois d'Angleterre.

 

(1) Notice du manuscrit de la bibliothèque de Wolfenbüttel, p. 43.

 

― LXXIII ―

CONLIBERTOS ET CONLIBERTAS

COLLIBERTS ET COLLIBERTES

 

La signification du mot collibert est restée et restera peut-être encore longtemps douteuse; elle a échappé même à l'illustre Ducange dans son Glossaire.

Les colliberts n'étaient ni complètement esclaves ni absolument libres, comme le dit Ducange: Ne inter omnino liberas, nec inter omnino servos. D'après nous, ils cultivaient des champs qu'ils ne pouvaient ni abandonner ni aliéner; ils n'avaient à payer qu'une certaine redevance. Nous verrons plus loin un passage du testament d'Arédius paraissant confirmer cette opinion.

Plusieurs chartes du cartulaire mentionnent les colliberts et notamment celle où Wido de Bré, mourant à Laodicée vers 1096, fait d'importantes donations à Vigeois; la charte CXIII, p. 67, 68 et 69 se termine par ces mots: Absolvit omnes conlibertos et conlibertas et ipsorum tributum Deo.

Une seconde charte de Stephanus Mito emploie ces termes: ... Unam bordariam que est alodum meum à Javandes, cum viris et feminis qui sunt mei colliberti.

Dans une troisième charte, Gautzbertus Alboinus soutient que: Quidam rusticus nomini Geraldus... dicens suum esse collibertum.

Enfin, dans une quatrième et dernière charte, datée d'environ 1160, Petrus Ugo d'Alazac donne la liberté à un collibert: Et absolvo collibertum meum P. Lachamba et omnes qui ex eo nati vel nascituri sunt.

Que pouvaient donc devoir tous ces colliberts et qu'elle était la nature de ce tribut?

Il ne nous paraît pas téméraire de penser que ce tribut auquel fait allusion Wido de Bré devait être payable tantôt en argent, tantôt en produits du sol.

Dans le haut moyen âge, ainsi que nous l'avons vu dans le passage concernant les églises de Corbier, d'Haute-Faye, de Brachar et de Burcq, les grands propriétaires de la contrée, possesseurs de domaines considérables, à peu près déserts, ayant intérêt à y attirer des habitants, construisirent des églises, comme le dit si bien la charte où sont ces mots: ubi ecclesia edificanda erat, et assuraient des terrains gratuits pour y bâtir des maisons.

 

― LXXIV ―

cette organisation ne nous donne-t-elle pas le droit de penser que ces habitants devaient en retour une redevance, soit le partage des revenus, comme cela existe encore dans une partie de la France et connue sous le nom de métayage ou colonage.

A la suite de la donation de Nonniacum et de Luciaco-Marcomonte, faite à ses moines d'Attanum, Arédius, dans son testament, a bien soin de préciser les noms des mancipii (esclaves) préposés à la culture de ses domaines, qui doivent une certaine somme d'argent payable tous les ans (decenos argenteos singulis annis), à la condition qu'ils jouissent de leur pécule (pecularia), de leurs champs (campellos), de leurs vignes (vineolas), mais sans pouvoir ni les vendre ni les aliéner d'aucune façon (ut nec vendere nec alienare).

Un peu plus loin, Arédius ajoute encore ces mots bien significatifs qui font allusion aux mancipii cités plus haut.

« Les mancipia que l'on appelle colonaria qui nous sont soumis et qui sont nos tributaires » (addimus etiam mancipia quae colonaria appellantur et nobis tributaria esse perhibentur).

Ne peut-on pas reconnaître dans ces lignes du testament d'Arédius (datant de 572), l'origine des colliberts que nous ne voyons apparaître d'une manière certaine et authentique que quelques siècles plus tard?

Rapprochons, en effet, les termes concernant les mancipii attachés à Nonniacum et Luciaco-Marcomonte, qui jouissent en toute liberté de leur pécule, de leurs champs et de leurs vignes, sans pouvoir ni les aliéner ni les vendre en aucune façon et qui doivent, en retour, une certaine somme d'argent.

Plus loin, Arédius appelle les mêmes: mancipia colonaria. Cette classe de personnes, ainsi dénommée, ne nous indique-t-elle pas que ces esclaves affranchis par Jocundus et par son fils Arédius portèrent d'abord le titre de mancipia colonaria, et quatre ou cinq siècles plus tard devinrent les colliberts (1).

La première des causes de l'affranchissement des esclaves et la plus importante est assurément l'influence libérale du christianisme. Tous nos historiens (2) s'accordent à le reconnaître aux IXe et Xe siècles. Dans le testament d'Arédius, nous avons la preuve que cette influence s'exerça en Limousin dès le commencement du VIe siècle.

Du reste, en ce qui concerne la signification du mot colonaria,

 

(1) V. aux pages XXI à XXXVII les passages du testament.

(2) Guizot, Léopold Delisle, Montalembert, Marchegay, Richard, Guillouard, etc, etc.

 

― LXXV ―

il faut nous reporter à l'interprétation qu'en donne Du Cange dans son Glossaire, au mot colonarius: Et constituimus illos homines in omnibus praedictis locis communentes illam terram et vineas et omnia ad medietatem collaborare (anno 819).

Un document authentique du VIe siècle, comme le testament d'Arédius, nous donnant l'origine probable de la classe d'hommes qui, aux IXe et Xe siècles, porta le nom de colliberts, mérite d'être reproduit tout entier et mis sous les yeux du lecteur.

Dans le cours de notre étude, nous avons dû rechercher, dans les travaux qui nous ont précédé, des documents pouvant apporter la lumière sur l'origine restée si obscure des colliberts. Le dernier écrit que nous avons consulté est celui de M. Guillouard, savant professeur à la Faculté de droit de Caen. D'après lui, le collibert est un esclave affranchi. Il a relevé en Angleterre un grand nombre de colliberts appartenant au domaine royal, aux abbayes et aux seigneurs laïques. A la fin de son ouvrage (1), M. Guillouard cite un document qui lui a été communiqué par M. Léopold Delisle, l'éminent administrateur de la Bibliothèque Nationale. Ce manuscrit d'origine française, du XIe siècle, provient de la Bibliothèque de Munich (Bavière) et jette sur la question une nouvelle lumière. Il est ainsi conçu: « Quid sit collibertus? ille collibertus vocatur qui ante mancipium et servus fuit, et postea causa devotionis a domino suo ad aliquem privatum locum, id est, ad episcopatum vel ad monasterium, sive ad aliquam consecratam ecclesiam pro redemptione peccaminum (sic) suorum libertati ecclesiastice donatur. »

De ces lignes, l'auteur parait conclure que, généralement, cette classe d'affranchis appartenait surtout aux églises. Nous avons vu le contraire par les quatre chartes citées plus haut, où Wido de Bré, Stephanus Mito, Gauzbertus Alboinus et Petrus Ugo d'Allassac donnent à Vigeois des colliberts. On le voit par ces quatre exemples bien frappants, les seigneurs laïques possédaient des colliberts.

Donc, les mancipii, affranchis par Jocundus et par son fils Arédius et donnés à l'église, ne jouissaient plus des mêmes libertés dans les années qui suivirent le VIe siècle. Très probablement, la même révolution qui s'opéra dans les alleux, convertis en fiefs par la féodalité naissante, dut s'opérer également chez les mancipii ou mancipia colonaria, affranchis par Arédius dans de si douces conditions.

 

(1) Recherches sur les Colliberts, par M. Guillouard, professeur agrégé à la Faculté de droit de Caen, président de la Société des antiquaires de Normandie (Caen, 1878).

 

― LXXVI ―

A ces époques reculées d'invasions de toutes sortes, conquêtes franques, etc., etc., leur état dut s'aggraver, et, de même que les églises étaient converties en fiefs seigneuriaux, les pauvres colliberts attachés aux églises durent subir le même sort.

Pour bien faire comprendre au lecteur la pensée d'Arédius en affranchissant ses esclaves (mancipii) et leur accordant la liberté moyennant certaines redevances, nous donnons ci-dessous les trois passages de son testament les concernant:

I. ― « ....Similiter et Luciaco-Marcomonte, cum vineis, vel omni jure suo, secundum quod a nobis est, propitio Deo possessum, monachi nostri Attanenses, ut per te, Sancti Martine, habeant volumus, et te defensante, ut possideant rogamus, cum mancipii, his nominibus, Parininio cum uxore et filiis, Leomere cum uxore et filiis, Armedio cum uxore et filiis, Rustico cum uxore et filiis, Sivio cum uxore et filiis. Hi enim similiter quaternos aripennos vinea monachis colant. Uxores vero eorum decennos argenteos singulis annis monachis suprascriptis nostris Attanensibus desolvant, et nihil amplius ab eis ullus ullo tempore exigere praesumat.

Pecularia vero eorum, campellos et vineolas, nullo inquietante, possideant, ea vero conditione ut nec vendere nec alienare praesumant. »

 

II. ― « Hi vero [mancipii] cum campellis eorum et vineolis, vel quidquid habere videntur aut adhuc venire potuerint, habere decernimus, ita ut singulis annis terna pondo cerae inferant nostro, et singulis mensibus eulogias vicissim ad missas nostras revocent, et inferant in altario quinos argenteos, et donent exenio secundum quod paupertas eorum parare potuerit: nihil amplius .... impleri debeant. »

III. ― « Et istos liberos nostros et liberas nostras, quos nobis bonae, memoriae genitor noster Jocundus per testamentum suum commendavit, similiter et illos quos pro remedio animae bonae memoriae fratis nostri Eustadii liberos fecimus, tibi sancte Martine, defensandos commendamus. Et si quis eis amplius, praeter hoc quod eis injuctum est, in quolibet inquietare aut dominare voluerit, tu, Sancte Martine, defendas (1). »

 

(1) Nous donnons la traduction de ces trois passages par M. l'abbé Arbellot:

« ... De même que Lussac, Marthon, avec leurs vignes et tous leurs droits selon que Dieu, dans sa bonté, nous en avait donné la possession, nous voulons que les moines d'Attanum les aient par vous, ô saint Martin, et nous demandons qu'ils les possèdent sous votre protection, avec les serfs dont les noms suivent: Parminius, avec son épouses et ses fils; Léomer, avec sa femme et ses fils; Armédius, avec son épouse et ses enfants; Rusti-

 

― LXXVII ―

Nous n'ajouterons rien à ces lignes si démonstratives du testament d'Arédius. Il y a lieu de remarquer seulement la presque simililude qui existe entre les causes de la libération des esclaves, telle qu'elle résulte du manuscrit de Munich, avec celle énoncée dans le troisième passage. Le manuscrit de Munich donne pour principale raison de l'affranchissement: « Causa devotionis ». Un peu plus loin: « Pro redemptione peccaminum suorum. »

Arédius, quatre siècles auparavant, use de termes similaires dans l'affranchissement de ses mancipii: « Pro remedio animae bonae memoriae fratris nostri Eustadii. »

On le voit, par ces deux formules d'affranchissement accomplies à deux époques très éloignées l'une de l'autre, le christianisme, introduit dans les Gaules au milieu du troisième siècle, exerçait son infIuence bienfaisante dès le commencement du VIe. Le Limousin peut revendiquer avec un certain orgueil d'avoir été une des premières provinces converties à la foi chrétienne, car, dès les premiers siècles, il se couvrait d'oratoires, de monastères, d'établissements religieux de toutes sortes. Et notre grand saint limousin (sanctissimus Aredius), comme l'appelle Eustorges, évêque de Limoges, dans une des plus importantes chartes de notre cartulaire, datée 1111, par les dispositions de son testament, nous en donne la meilleure preuve.

 

cus, avec sa femme et ses fils; Claudius Silvius, avec son épouse et ses enfants. Pareillement que ceux-là cultivent pour les moines quatre arpents de vignes; que leurs épouses payent tous les ans (A) dix deniers d'argent à nos moines ci-dessus nommés et que personne ne s'avise d'exiger rien de plus en aucun tempe. Qu'ils possèdent, sans être inquiétés de personne, leur pécule, leurs petits champs et leurs petites vignes, mais à cette condition qu'ils ne puissent ni les vendre ni les aliéner. »

« Mais, parmi eux, il en est quelques-uns que nous avons fait libres: nous décidons qu'on leur laisse leurs petits champs, leurs petites vignes, tout ce qu'ils possèdent actuellement, tout ce qui pourra leur venir plus tard, à la condition que, chaque année, ils portent à notre monastère trois livres de cire et que, chaque année, ils fournissent tour à tour pour nos messes les eulogies et qu'ils portent à l'autel cinq pièces d'argent et qu'ils fassent un présent selon que leur pauvreté le leur permettra. Et qu'il ne leur soit réclamé rien de plus. »

« Ces hommes libres et ces femmes libres que Jocundus, notre père (de bonne mémoire), nous a recommandés par son testament, de même aussi ceux que nous avons affranchis pour l'âme de notre frère Eustade, de bonne mémoire, nous vous les recommandons, ô saint Martin, et nous les confions à votre défense. Si quelqu'un veut exiger d'eux au-delà de ce qu'il a été adjoint, ou veut les inquiéter, ou dominer, en quoi que ce soit, c'est à vous, saint Martin, qu'il appartiendra de les protéger. »

(A) M. l'abbé Arbellot avait sous les yeux le texte du testament de saint Yrieix, par Ruinart. C'est probablement par suite d'une erreur de ce texte qu'il a pris le mot annis pour celui de mensibus, qui est le texte de Pardessus.

 

― LXXVIII ―

Liste des abbés de Vigeois titulaires et

commendataires jusqu'en 1789

(Extrait des « Mémoires sur le Limousin » de l'abbé Nadaud)

 

I. ― Sébastien, du temps de l'évéque Rorice II, vers le milieu du VIe siècle. Après la destruction du monastère et la mort de Sébastien, saint Yrieix le rétablit, y mit douze moines et leur donna pour abbé son neveu.

II. ― Astérius ou Astidius, Althérius; on ne trouve aucun de ses successeurs jusqu'à

III. ― Ringaldus, sous un des quatre Clolaire, c'est-à-dire avant 719.

On ne connaît pas les suivants jusqu'à

IV. ― Cunibert, peut-être abbé de Solignac.

V. ― Etienne, du temps de Lothaire, mort en 855.

VI. ― Bernard, en 865, peut-être abbé de Solignac (1).

VI bis. ― Pierre.

VII. ― Adazius, vers 970, peut-être abbé de Saint-Augustin de Limoges et de Saint-Martin de Tulle.

VIII. ― Arnoul.

IX. ― Gérald Ier, sous le roi Robert, entre 997 et 1031.

X. ― Pierre Ier ou II, frère du contor de Mirabel, sous Robert et Henri (lequel mourut en 1060). Legros fait observer qu'il n'y a pas de place pour Osobrit, que Baluze fait assister au sacre de l'église de Limoges en 1028.

XI. ― Gérald II de Lestrade (sic). Peut-être y en eut-il plusieurs de ce nom; mourut le 28 décembre, contemporain de Gérald, abbé d'Uzerche, mort en 1096.

XII. ― Pierre III Alboin, abbé en 1102 et 1110; il était abbé depuis vingt-deux ans, lorsqu'il mourut le 7 septembre.

XIII. ― Renald ou Rainald de Roffignac; on le trouve en 1111, mort le 3 avril 1124.

XIV. ― Adémar, dit de Bro par quelques auteurs, moine de Saint-Martial, élu le 28 octobre 1124, mort le 13 janvier 1164. Il

 

(1) Cette premère partie des abbés de Vigeois nous paraît controuvée.

 

― LXXIX ―

se rendit à Rome avec Pons, abbé de Cluny, ainsi que nous l'affirme la Chronique de Vigeois.

XV. ― Amélius des Monts, probablement des Monasteriis, élu le 25 janvier 1164; serait entré à Obazine en 1170.

XVI. ― Pierre IV Durnais, probablement Doitrannus, élu le 28 août 1170, mort le 16 octobre 1178. L'abbaye demeure vacante plus d'un an.

XVII. ― Guillaume, élu le 20 octobre 1179.

XVII bis (?). ― R..., abbé, 1200 (?).

XVIII. ― Pierre V est abbé en 1202.

XIX. ― Raimond, al. Bertrand de Longa (mal Logri); se démit le 27 ou le 30 octobre 1229.

XX. ― Philippe Hugon, élu le 30 octobre 1229. (On cite un Philippe abbé de Vigeois en 1225).

XXI. ― Guillaume II, Amalvinus, 19 janvier 1237; fut ensuite abbé de Saint-Martial.

XXII. ― P. Morcelli; mourut le 13 avril.

XXIII. ― W. de Longa; mourut le 21 mai,

XXIV. ― Arnaud, octobre 1253, 1258, 1260; mort le 16 juillet.

XXV. ― Constantin, 1261, 1263; mort le 25 novembre.

XXVI. ― Gui de la Porte, élu en 1298.

XXVII. ― Gui Rotge

XXVIII. ― Etienne siège en 1305, 1310, et le mardi après la fête de saint Pierre et saint Paul 1315.

XXIX. ― ... Guorsa, abbé en 1329.

XXX. ― Etienne, transféré en 1354 ou en 1356 ou 7 à l'abbaye Constantin (?).

XXXI. ― Gui, 1359, peut-être Gui Rotge, mort en 1375 ou 1376.

XXXII. ― Gutelmus.

XXXIII. ― Guillaume, abbé en 1424.

XXXIV. ― Jean Costini, 1428 et 1411. (Ce 1411, dit Legros, est une contradiction).

XXXV. ― Pierre Costini, Castau mal compris. 1433, 1457.

XXXVI. ― Noble Guichard de Comborn était abbé en 1463.

XXXVII. ― Guillaume III le Groing, mal de Guirigo, élu abbé régulier. Consacré par l'évéque le 24 novembre 1469. est nommé en 1498 dans un rouleau des morts.

XXXVIII. ― F. Aymeric de la Marche; est cependant pourvu par l'évêque de l'abbaye dès le 21 décembre 1493.

 

Abbés commendataires

 

XXXIX. ― Gilles de la Tour était déjà abbé de Vigeois en 1492; vit en 1521 et 1524.

 

― LXXX ―

XL. ― Geoffroi de Caumont, abbé, 1542.

XLI. ― Jacques de Poitiers, abbé en 1559, mort le 15 mai 1571.

XLII. ― Jean Roussel ou Rousset, abbé en 1554, 1564, 1578. 1587, mort vers 1594. (Jacques de Poitiers devait s'être démis).

XLIII. ― François de Vars de La Boissière, nommé le 30 octobre 1594.

XLIV. ― Jacques Treulh (?).

XLV. ― Antoine du Queyreau; obtint ses bulles le 16 mai 1601, mort en 1636.

XLVI. ― Pierre-Elie de Pompadour, abbé de Vigeois dès 1636, mort en 1710, 30 octobre.

XLVII. ― Antoine de Boisse de La Farge, nommé le 24 décembre 1710, mort le 20 ou 21 avril 1753.

XLVIII. ― Roland-François-Pierre Desclos de La Molière; obtint ses bulles le 8 septembre 1754, prit possession par procureur le 1er novembre suivant.

XLIX. ― ... de Valory, nommé en 1776 (1).

Le Gallia Christiana donne à peu près la même liste que la précédente pour les abbés de Vigeois,

Bonaventure de Saint-Amable, dans son livre sur la Vie de saint Martial, imprimé en 1676, tome III, page 198, nous donne également une liste des abbés de Vigeois.

Après avoir cité les noms de Sebastianus et d'Astidius. il s'interrompt brusquement en écrivant ces mots bien caractéristiques: « Les autres se sont éclipsés ».

Puis il continue en donnant, comme « troisième abbé en 855, Ringaldus. Le quatrième Cunibert de Solignac; d'autres mettent Bernard pour Vigeois, 865, qui l'a été aussi de Solignac. Le cinquième Pierre, moine de Solignac. Le sixième Adazius, 865. On croit que c'est le même qui a esté abbé de Saint-Augustin de Limoges et aussi de Tulle. Le septième Arnoul. Le huitième Pierre de Mirabel-Comtor, 1050, sous lequel le monastère se brûla, comme nous l'avons dit cy-devant, et demandèrent un abbé à Saint-Yrieix, qui fut le neufvième. Gérald du Lestrade, 1063; etc. »

Les trois plus anciennes chartes du cartulaire de Vigeois sont datées du régne de Lothaire, roi des Francs, qui régna de 954 à 986. L'une d'elles, que l'on peut dater entre les années 954-957, fait connaître un doyen, decannus, du nom de Stephanus, qui devint

 

(1) Cette liste nous a été communiquée par M. Louis Guibert, secrétaire général de la Société archéologique du Limousin, qui l'avait lui-même extrait des manuscrits de Nadaud, déposés à la bibliothèque du Grand Séminaire de Limoges. Notre confrère l'avait copiée textuellement et nous l'imitons.

 

― LXXXI ―

plus tard abbé de Vigeois. La première liste de Nadaud le mentionne sous le nom d'Etienne, très certainement le même Stephanus, et le fait mourir en 855, ce qui doit être une erreur.

Un document précieux, qui jette une lueur toute nouvelle sur Vigeois, est la donation consentie par Charles le Chauve, en 876, des villas de Ludignacum et de Vosias à l'abbaye de Solignac en Limousin. C'est le plus ancien document connu, d'une authenticité certaine, puisqu'il figure au recueil des anciens historiens des Gaules.

Avant cette époque, on ne peut découvrir aucun document à date certaine faisant connaître Vosias, Vigeois. Ce dernier renseignement vient à l'appui de ce que nous avons dit dans l'introduction, pages XLII-XLVIII, sur l'interpollation du second testament d'Arédius, intercalé au folio 72 du cartulaire de Vigeois, pages 95 et suivantes du présent ouvrage.

 

Nomenclature des principales charges ou offices

de l'abbaye de Vigeois avec les noms de leurs

titulaires (1741-1744).

 

A cette époque l'abbé commandataire de Vigeois était messire Antoine de Boisse, prêtre, docteur en Sorbonne, grand vicaire, institué abbé de Vigeois par Clément XI le 26 mars 1710, mis en possession le 28 janvier 1711.

Le chapitre se composait du:

1° Prieur, Dom François du Burg de Carbonnières, prêtre, prévôt de Faye Bouchiat, le 28 septembre, il fut réélu pour trois ans;

2° Chambrier, Dom Jacques Dumas de Payzac, prêtre;

3° Sacristain, Dom Joseph Puydevaud, prêtre;

4° Syndic, Dom Gabriel Châtenet, prêtre, prévôt d'Hautefaye;

5° Infirmier, Dom Antoine Leroux, prêtre, novice, fils de feu Hilaire et de Glandine de Blanchet, né à Chambéry, en Savoie, ex-capucin, entré en 1741 par bref papal aux exempts de Vigeois;

6° Dom Joseph Cheyroux, non prêtre, prévôt de Chamboulive;

7° Dom Pierre Ganilly, prêtre, prévôt de Sadrot;

8° Dom Bernard Provost Douglas de la Bonexière, prévôt de Faye-Voutezac, né en Bretagne, diocèse de Léon, de François Provost Douglas, écuyer, seigneur de la Bonexière et de dame Charlotte Hélari, ex-religieux de la Chartreuse de Paris; le 26 juillet 1743, après six mois de noviciat, il reçoit l'habit des exempts à Vigeois; le 26 janvier 1743 nommé prévôt de Voutezac pour sept ans (1).

 

(l) Ce document nous a été communiqué par M. Leroux, archiviste départemental à Limoges. Nous lui exprimons tous nos remerciements.

 

― LXXXII ―

Inventaire du mobilier de l'abbave de Vigeois

dressé en 1742

 

Les documents sur Vigeois sont si rares, que nous considérons comme une véritable bonne fortune la découverte de l'inventaire du mobilier religieux restant encore à l'abbaye au milieu du XVIIIe siècle. Nous le donnons ci-joint.

 

Aujourd'hui premier février mil sept cent quarante-deux, après-midi, dans la sacristie de l'église de l'abbaye de Saint-Pierre de Vigeois (Bas-Limousin), par devant le notaire et secrétaire de ladite abbaye soussignés et témoins bas nommés, a été présent:

Messire Antoine de Boisse de La Farge, prêtre licencié de la Faculté de Paris, vicaire général à l'Evêché de Limoges et seigneur abbé commendataire de la susdite abbaye, habitant en sa maison abbatiale d'icelle;

Lequel, en la présence de dom Jean-Joseph Suduiraud, prêtre religieux et sacristain de la dite abbaye, habitant en icelle, présent et acceptant, a remis aux soins et garde du dit sieur sacristain les vases sacrés, ornements, livres et reliques de la sacristie de la dite abbaye, vus et examinés par le dit sieur sacristain et par lui pris en charge pour le service de la dite église dont le détail en suit:

1° Trois calices d'argent avec leurs pathènes dorées en dedans.

2° Une custode sans pieds, d'argent, aussi dorée en dedans.

3° Un rayon de soleil, d'argent, sans pied, qu'on a prêté à M. le Curé.

4° Une grande croix d'argent aux armes de Pompadour (1) dont le bâton est en bois.

5° Un chapelet à filagramme d'argent ayant une figure en médaille de la Sainte-Vierge servant aux processions autour de la Sainte-Vierge.

 

(1) Après la destruction du château de Bré, au milieu du XIIIe siècle, les seigneurs de Pompadour furent investis de la plus grande partie des seigneuries de cette puissante maison. C'est ce qui nous explique la donation faite à l'abbaye par les seigneurs de Pompadour qui avaient succédé à la maison de Bré, principale bienfaitrice du monastère.

 

― LXXXIII ―

6° Une chasuble neuve avec les dalmatiques, pluvial, devant d'autel d'un très beau damas de différentes couleurs garnis partout de galons d'argent fin, avec les étoles. manipules, bourse et voile, que le dit seigneur abbé garde chez lui pour les mieux soigner qui servent aux pères religieux les fêtes solennelles.

7° Deux chasubles de damas blanc avec leurs dalmatiques et pluvial de même, avec leurs étoles et manipules et voile.

8° Une chassuble, deux dalmatiques et manteaux, pluvial, avec leurs étoles et manipules de velour rouge, avec des orfrois blancs à fleurs d'or fort anciens aux armes de Turenne (1).

9° Autre chasuble rouge de damas avec son étole manipule et voile, avec quelques bouquets d'or et galons fins.

10° Autre chasuble de taffetas rouge avec son étole manipule et voile aux armes de Pompadour.

11° Quatre devants d'autel dont deux rouges et deux blancs de damas ou de taffetas et deux de cuir doré tout neuf.

12° Deux chasubles violettes, sans voile avec leurs étoles et manipule et un pluvial et devant d'autel, le tout de camelot de poil de soie.

13° Trois chasubles d'étoffe de laine à petites fleurs dont deux garnies d'étoles et de manipule et un pluvial de même étoffe

14° Une chasuble de camelot vert avec son étole, manipule et voile tout neuf.

15° Une chasuble noire avec ses dalmatiques, étoles et manipules, pluvial et devant d'autel de damas noir, la chasuble garnie de dentelle d'argent, plus une autre chasuble de camelot noir servant tous les jours.

16° Douze nappes d'autel qui sont actuellement sur les autels, les autres au nombre de douze chez M. l'abbé, qui les remettra en lui remettant celles qui servent actuellement.

17° Trois aubes avec leurs amicts qui ont besoin d'être reparées sous les manches, sans cordons que de mauvais.

18° Un dais d'étoffe en soie rouge à fleurs d'or fin doublé de même que l'impériale d'un taffetas d'Angleterre ayant des crépines d'or faux, les bâtons ferrés en écrou.

19° Un autre dais de damas vert à fleurs blanches, la crépine de soie et l'impériale de même.

 

(1) Les Turenne sortaient des vicomtes de Comborn, principaux protecteurs de l'abbaye de Vigeois. Deux chartes du Cart. émanant de Raymond Ier, l'un des héros de la croisade 1096-1099, constatent d'importantes donations à Vigeois. L'on voit par ces détails du mobilier que de bonnes relations n'avaient cessé de subsister entre les vicomtes de Turenne et les abbés de Vigeois.

 

― LXXXIV ―

20° Plusieurs reliquaires de cuivre doré (1).

21° Quatre chandeliers de cuivre dont les pieds sont ronds qui ne conviennent pas à la beauté de l'autel.

22° Finalement deux missels nouveaux avec leurs signets de cuir, et un pour les messes de requiem, un graduel et un antiphonaire in-folio, le tout du nouveau rite du diocèse, comme neuf. Tout quoi le sieur sacristain a pris en sa charge pour les soigner ni les fournir au service de ladite église suivant les rubriques.

Et du tout a été concédé acte en présence de Jean Chimiat, marguilier et d'Etienne Chastain, praticien, témoins, habitants du présent bourg, qui ont signé avec ledit seigneur abbé et ledit sieur sacristain.

Signé à la minute: l'abbé de Boisse; Suduiraud, sacristain; Chimiat, Chastain et Boyer, notaire et secrétaire.

Contrôlé au bureau de Vigeois, le 4 février 1742. Reçu douze sols

Signé: Brugeron.

 

(1) Il existe encore (1907) dans l'église de Vigeois, trois objets qui paraissent répondre à ceux décrits à ce numéro.

1° Un petit reliquaire en forme de châsse (hauteur, largeur ) en émail cloisonné certainement de la fabrique de Limoges, XIIIe siècle; son ornementation est fort simple: elle consiste dans des têtes d'anges de chaque côté du reliquaire.

2° Un bras reliquaire en cuivre doré, se terminant par une main bénissante, beau travail du XIIIe ou du XIVe siècle. On remarque le dessin gravé d'un monument qui pourrait avoir été autrefois le clocher du monastère.

3° Une petite custode bien moins ancienne que les objets précédents (XVIe et peut-être XVIIe siècle), en cuivre ordinaire sur un petit pied surmonté d'un couvercle orné d'une croix.

On ignore malheureusement à quels saints pouvaient être appliquées les reliques renfermées dans ces objets. Aucune trace n'en est restée, ni dans le passé ni dans le présent.

 

 

― 1 ―

 

CHARTULARIUM

MONASTERII

SANCTI PETRI VOSIENSIS

LEMOVICENSIS DIOECESIS

 

 

I

1031-1060

 

* Guarsenda dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue et patris sui et matris sue et omnium parentum suorum, de rebus suis propriis I mansum in villa que dicitur Mazeiras (1), totum ab integro quantum ad ipsum mansum pertinere videtur.

Factum est donum hoc, in mense julio, regnante Aenrico rege. Doni hujus auditores fuerunt Rotbertus, Geraldus, Ramnulfus, Aldebertus, Petrus, Archambaldus, Gerbertus, Petrus.

 

* Fol. XVI, r°.

Déjà au XVIIe siècle, Baluze constatait la disparition des premières pages du Cartulaire par ces mots écrits de sa main, en tête de sa copie: « priora XV folia perierunt. » (Bib. nat., mss. F. Baluze, vol. 85). Gaignières, de son côté (Ibid., F. L. 5453), avait fait la même constatation.

Nous avons dû donner le n° XVI à ce premier folio. Il ne précédait peut-être pas immédiatement le suivant (XVII) mais très probablement occupait parmi les quinze disparus un rang qu'il est aujourd'hui impossible de déterminer.

Nous devons faire observer que ces deux premiers folios ont leur partie supérieure déchirée, ce qui rend forcément incomplètes les chartes 3 et 6.

(1) Mazières, comm. et cant. de Donzenac, arr. de Brive (Corrèze), à 2 kil. N. E. de Donzenac, 15 k. S. de Vigeois. ― En marge de l'acte on lit: Mazieras, d'une écriture postérieure au XVIe siècle.

 

― 2 ―

II

Circa 1031-1060

 

Quedam mulier nomine Belieldis dedit Deo et Beato Petro Vosiensi, pro remedio anime sue in vicaria Userscence (1), in villa que diciturr Vall, I mansum ubi Geraldus manere videbatur, cum appendiciis suis, totum ab integro.

Factum est donum istud in mense apri[li], audientibus Ebbulo Imone.

 

III

1031-1060

 

Aina dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anima sua et pro anima patris sui Radulfi et matris sue Gauzberge, et viri sui Rotberti, de rebus suis propriis in villa que vocatur Genollac (2), terciam partem de manso Stephani Makardellon (3) et terciam partem de manso del Poio (4) et bordariam ubi Geraldus (5) ......... * Rogavit quoque his omnibus scribi testamentum, propiis manibus firmavit.

Auditores doni hujus fuerunt Rotbertus Bisailmena, domnus abbas Petrus, Johannes, decanus, Geraldus de Vallada, Ramnulfus, Archambaldus.

Regnante Aenrico rege factum est donum istud.

 

* Fol. XVI, v°.

(1) Uzerche, chef-lieu de canton du département de la Corrèze, 6 kil. au N. E. de Vigeois. Antique petite ville titrée Castrum sous les Mérovingiens, vicaria sous les Carlovingiens; véritable oppidum entouré de trois côtés par la Vézère. Les nombreuses tours qui déffendaient ses remparts avaient fini par s'identifier avec la ville elle-même et avaient donné lieu à cet adage; Qui a maison à Uzerche, a château en Limousin.

(2) Genouillac, village de la commune de Donzenac, situé à 1 kil. 600 N.-E. de cette ville, à 400 mètres de Mazières, plus haut désigné.

(3) Makardellon. Ce nom est encore porté dans le Bas-Limousin: Magerlidon. Le village de Miquelaudie, comm. d'Ussac, arr. et cant. de Brive, placé à 2 kil. 500 S. de Donzenac, paraît s'identifier avec le mansus Stephani Makerdellon de notre acte.

(4) El Poio, aujourd'hui le Pouchet (petit puy, petit mont), village de la comm. de Donzenac, placé à gauche et à très petite distance de Mazières.

(5) Plusieurs lignes disparues par suite de la déchirure du folio.

 

― 3 ―

IV

1082-1091

 

Bernardus de Terrazon et fratres ejus, Geraldus et Petrus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro animabus suis et parentum suorum mansum del Poi de Paerlac et bordariam del Poi de Bracchar (1). Donum autem Bernardi audierunt G... Bernardus, Bernardus Valencia, Petrus Valencia, Petrus de Riberia, Petrus Bernardus de Malamort, Archambaldus de Las Tors (2), Geraldus Garinus.

Donum autem islud factum est in quadruvio ante fontem Brivensis (3); doni quoque Geraldi et Petri, auditores fuerunt domnus abbas Geraldus (4) Vosiensis, Boso (5), prior, Gauzbertus Malafaida (6), monacus, Gauzfredus prepositus, Gauzbertus de Vallada et Geraldus, frater ejus, Bernardus Iratus, Gerardus Gibra.

 

(1) Les Puy de Paerlac et de Bracchar, comm. d'Allassac, cant. de Donzenac, placés à 3 kil. 500 de chacune de ces deux villes; 17 kil. S. de Vigeois.

(2) Archambaud de Las Tors, paraît le même que le personnage de ce nom cité dans une charte de l'abbaye de Beaulieu (Deloche, Cart. de Beaulieu, charte XIV, p. 32).

(3) Carrefour de Brive, que nous avons vainement cherché à identifier.

(4) Gérald de Lestrade, abbé de Vigeois, 1083†1091, comme nous l'atteste la Chronique manuscrite de l'abbaye de Saint-Martial: « Anno MLXXXII, Vosienses propter guerras quas sustinebant dissoluti, ad informandum ordinem in suo monasterio, se abbati, Sancti Martialis dederunt, qui illis constituit abbatem G. de Lestrada, qui fuit canonicus Sancti Aredii. »

A rapprocher, comme confirmative de cette date, la donation en 1082 par Gérald Bernard de Bré « unus ex principibus Brennensium » de l'abbaye de Vigeois à Saint-Martial (Chartes de la Marche et du Limousin, par Leroux et Bosvieux, Limoges, 1886, p. 16).

A rapprocher encore de la donation faite en 1062 par Adémar, vicomte de Limoges, de Saint-Martial à Cluny.

(5) Boso Ladens, prieur de Vigeois, frère des chevaliers du même nom, Bernard et Hugue; tous trois fils d'autre Boso, chevalier.

(6) Gauzbert Malafaide, d'abord moine, puis sacriste à Vigeois, nommé abbé d'Uzerche 1097†1108.

 

― 4 ―

V

Circa 103l-1060

 

Guillelmus de Sadran (1) dimisit Deo et Sanrto Petro Vosiensi I capmansum in villa que vocatur Chanor (2) ubi Petrus visus est manere, accepit que propter hoc a Petro de Jalais, monaco V solidos. Hoc autem fecit tali conventu ut, si ab Ihierosolimis quo ire disponebat remeasset, V solidos quos acceperat reddidisset atque predictum capmansum quandiu vixisset teneret et post illius obitum.

Sancto Petro sine ullo contradicto remaneret. Dimisit quoque dimidium mansum de Momon, tali conventu ut in consortia pauperum in loco ejus mittetur.

Hujus rei auditores fuerunt Petrus de Jalais, monacus.

 

VI

1082-1088

 

*.... domna de Alaciac (3) super terram quandam Beato Petro Vosiensi datam, unum scilicet mansum qui dicitur de la Comba et alium mansum de Burc, ecclesiam constructam et medietatem decimationis omnium qui in cymiterio illo habitaverint habeant. Quod ortum fecerint ibi trium sextaratarum, decimationem totam illius orti

 

* Fol. XVII. r°.

(1) Sadran, Sadra, aujourd'hui Sadroc, chef-lieu de comm., cant. de Donzenac, 11 kil S. E. de Vigeois, paraît avoir été autrefois le chef-lieu d'un petit pagus appelé le Sadran. Ainsi Saint-Bonnet, aujourd'hui Lenfantier, s'appelait autrefois Saint-Bonnet-de-Sadran.

(2) Chanour, village de la comm. de Beyssac, cant. de Lubersac, 8 kil. O. de Vigeois (non mentionné au Dict. des Postes).

(3) Allassac, ancienne petite ville de la Corrèze, cant. de Donzenac, 14 kil. S. de Vigeois, où notre monastère possédait des biens considérables. A une époque très reculée, les vicomtes de Comborn avaient donné à l'évêché de Limoges les terres d'Allassac et de Voutezac. De nombreux arrêts du Parlement de Paris (le plus ancien de 1271) les ont maintenus jusqu'en 1789 dans la jouissance des revenus de ces deux terres, pendant la vacance du siège épiscopal.

 

― 5 ―

retineant. Hoc autem donum ex me recepit abbas Vosiensis domnus Geraldus, assistentibus fratribus ejus, priore ejusdem loci Bosone, et preposito Gauzfredo, in ipso cenobio, quamvis jam prius ipsum donum concessissem apud Lemovicas, in quadruvio (1) inter Sanctum Stephanum (2) et Sanctum Martinum (3) sito. His presentibus mecum Geraldo de Fraitet (4) et nepote meo Bernardo de Bren, cujus doni auditor et susceptor ex parte Vosiensium fuit supradictus ille prepositus eorum Gauzfredus. His autem mansis de Cumba et de Burc, Archambaldus, vicecomes (5), quicquid habebat, sive ipse, sive alii per eum, totum dedit Beato Petro Vosiensi, ut jus illud quod ibi suum fuerat, ipsius in reliquo foret, qui illi de hoc seculo migranti eo melius regni celestis januam aperire posset, quo claves illius teneret introitus, nam in extremis positus hanc (6) ....

 

(1) Apud Lemovicas in quadruvio. Important carrefour de Limoges, (actuellement dénommé (1886) place Jourdan). Plusieurs voies s'y entrecroisaient, notamment celles conduisant de la Cathédrale à l'abbaye de Saint-Martin (aujourd'hui Hôtel du XIIe corps d'armée), et à l'abbaye de Saint-Augustin (aujourd'hui caserne des Bénédictins).

(2) Saint-Etienne, cathédrale de Limoges, reconstruile en 1012 par l'évêque Hilduin, consacrée le 29 décembre 1095 par le pape Urbain II, reconstruite à la fin du XIIIe siècle, grâce aux legs de l'évêque Aimeric de La Serre et de ses successeurs, enfin tout récemment achevée (1886) après six cents ans de persévérants efforts!

(3) L'abbaye de Saint-Martin-lez-Limoges (c'est-à-dire auprès de Limoges, très rapprochée mais en dehors des murs du Château) fondée, dit-on, par Alicius, frère de saint Eloi. Les père et mère du saint évêque de Noyon y reposaient. Reconstruite par l'évêque Hilduin et détruite dix-huit fois, affirme l'abbé Texier. A l'entrée de l'église se voyait autrefois le curieux monument connu sous le nom de: Pierre du bon mariage. ― L'emplacement de cet ancien monastère est actuellement occupé par l'Hôtel du XIIe corps d'armée.

(4) Gérald de Fraitet, présent en l085 à la donation de Meymac par Archambaud III, vicomte de Comborn (Baluze, Histoire de Tulle, col. 872). En 1093, nous le retrouvons archidiacre de Limoges (Cartul. d'Aureil, Arch. départ. de la Haute-Vienne).

(5) Archambaud III, vicomte de Comborn, dont Baluze, dans son Histoire de Tulle, annonce la date de la mort en ces termes: « In chartulario monasterii Uzercensis reperio eum in transitu, ex hoc saeculo anno MLXXXVIII »; ce qui nous a permis de circonscrire entre 1082 date certaine du commencement de l'abbatiat de Gérald de Lestrade) et 1088 la date de cette charte importante.

(6) Dix à douze lignes du ms. entièrement disparues.

 

― 6 ―

*[Bern]ardus Ladenz (1) [in] mansis [istis] prefatis habebat, tam ipse quam alii per eum, totum Beato Petro Vosiensi concessit in manu abbatis supradicti ejusdem cenobii domni Geraldi, presentibus fratre ejus germano Bosone, priore, et Gauzfredo, preposito, audiente insuper milite quodam Stephano Ramnulfi, qui erat tunc cum ipso.

Hoc ipsum donum fecit similiter frater ejus, vir militaris ordinis Hugo Ladenz, in manu ejusdem abbatis, multis audientibus et inter ceteros Geraldo, milite de Ves.

Geraldus quoque Bernardus de Bren et filii ejus, Wido et Boso quod in predictis mansis possidebant simili modo concesserunt Beato Petro Vosiensi. Doni autem quod pater fecit, auditores fuerunt Bernardus Malamancia et Johannes frater ejus; donum Widonis filii ejus, audivit idem Bernardus Malamancia; Bosonis vero donationi interfuerunt pater ejus et Geraldus, presbyter de Bren et Rotgerius, mercator et matrona quedam nobilis, soror nimirum Archambaldi vicecomitis, Agnes (2) de Bren vocabulo.

Interea Geraldus presbiter de Coznac, et Constantinus, presbiter de Alaciac, atque Ademarus presbiter qui vocatur Juvenis ad quorum parrochiam pertinere vide**batur, idem locus videlicet de Bracchar (3) in quo ecclesia edificanda erat, concesserunt Deo et Sancto Petro Vosiensi omnem fiscum sacerdocii ex eadem ecclesia, ex baptisteriis scilicet, ex penitenciis, ex manuattrectationibus (4) et ex omnibus que ad fiscum sacerdocii pertinent,

 

* Fol. XVII, v°.

** Fol. XVIII, r°.

(1) Bernard et Hugue Ladenz, chevaliers du château de Comborn très fréquemment nommés dans notre Cartulaire, sont encore mentionnés, en 1070, comme témoins de la donation de La Chapelle-Geneste à Saint-Martin de Tulle par Archambaud III, vicomte de Comborn (Baluze. Hist. de Tulle, col, 415). Le Cartulaire d'Aureil les cite également à diverses reprises.

(2) Agnès de Comborn, femme de Pierre de Bré, est souvent mentionnée dans le Cartulaire d'Uzerche. Voici comment Baluze, dans sa copie (vol. 377, ms. Bibl. Nat. f. L.), énonce ses qualités: « Soror Archambaldi, vicecomitis et Eboli ac Bernardi... Otton Bernard et Petrus de Bré, filii sui... »

(3) Chapelle de Saint-Nicolas-de-Brocchar, et non Brochas, comme l'indique à tort le Dict. des Postes. Annexe de l'église d'Allasasc; 3 kil. 500 S.E. de cette ville; 17 kil. S. de Vigeois.

(4) Manuattrectatio. ― Nous avons sous les yeux une véritable charte de fondation d'église paroissiale, avec tous les droits qui en découlent. Ducange, dans son Glossaire, au mot manuattrectatio, donne la définition de ce droit curieux, en transcrivant une partie de la charte, Nous ne pouvons qu'y renvoyer nos lecteurs.

 

― 7 ―

promiseruntque se nichil omnino quesituros ex omnibus, preter quartam partem sepulture; statuerunt denique ut omnes viri vel femine qui ibi manserint, sive indigene sint, sive advene, sive etiam ex parrochiis ipsorum, si ibi manere voluerint, ibique obierint, ibidem sepeliantur, in cymiterio ejusdem ecclesie et omnis sepultura sit monachi vel presbiteri istius ecclesie ut dictum est, excepto quartam partem sepulture (1) ...... quod si in eodem orto vineam fecerint vel aliud quid, exceptis oleribus, reddent decimum.

 

VII

Circa 1073-1086

 

Notum sit omnibus hominibus quia ego Ademams de Sarazac, do Domino et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregacioni, pro salute anime mee, duas bordarias a Antinnac (2) et debent quatuor sextarios de segile et quatuor de frumento et decem et octo denarios et unam gallinam et unam popadam et explectum; a Sarazac (3), terciam partem de bosco et medietatem de prato quem tenebam cum nepotibus meis; a.... unum pratum; al Brolacell, quandam terram [et] totum quicquid habeo.

Hoc donum fecit Ademarus de Sarazac, in capitulo monasterii Vosiensis, audiente Petro Guillabaldo, nepote suo, qui et hoc donum concessit audiente omni congregacione.

 

VIII

954-986

 

* Tam presentes quam futuri noverint, quoniam Duitrannus del Terral (4) dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi pro remedio anime

 

* Fol. XVIII, v°.

(1) Sept lignes effacées.

(2) Antignac, village de la comm. et du cant. de Meyssac (Corrèze), à 4 kil. au N. de cette ville; 53 kil. S. de Vigeois.

(3) Sarazac, village encore mentionné sur la carte de Cassini, mais qui paraît aujourd'hui disparu; 1 kil. S. de Beynat; 4 kil. N. d'Antignac.

(4) Del Terral. ― Ces deux mots sont interlignés et écrits au-dessus de Duitrannus, d'une écriture contemporaine. Ce fait se renouvelant assez fréquemment, nous avons pris le parti d'établir en lettres cursives les mots ainsi placés.

 

― 8 ―

sue et pro anima patris sui et matris sue et pro anima uxoris sue Richildis et pro filio suo Stephano, monaco, qui post modum decanus in eodem monasterio extitit, in pago Petrogoricensi, in vicaria de Cavaniaco (1) ecclesiam suam de Gresas (2), que constructa est in honore Beati Petri apostoli tali conventu ut quandiu viveret, teneret; post obitum vero illius, Sancto Petro Vosiensi libera remaneret sine ulla contradictione. Fecit quoque ex hoc scribi testamentum.

Factum est donum istud in mense octobrio, regnante Hlothario rege Francorum. Hujus autem doni testes fuerunt Stephanus, decanus, filius ejus; Frot[erius] Aster[ius] Gibradus; Gauzfredus.

 

IX

934-986

 

R... c... et uxor ejus Karisma concesserunt Deo [et Beato] Petro Vosiensi pro filio suo Stephano et pro anima sua et omnium parentum suorum unum [mansum] in pago Petrogoricensi in vicaria Arcaniacensi (3) in villa que dicitur Lodorniac (4) dell Albuga ubi Boso visus est manere.

Facta concessio ista in mense januario, regnante Lothario rege Francorum.

Hujus rei auditores fuerunt Stephanus, abbas, Froterius, vicarius, Rotgerius, Asterius, Ugo.

 

(1) Chavagnac, ancienne vicairie du Périgord, déjà relevée par M. de Gourgues, dans son Dict. topog. de la Dordogne; actuellement simple chef-lieu de commune, cant. de Terrasson (Dordogne); à 33 kil. S. O. de Vigeois.

(2) Grèzes, chef-lieu de comm., même cant., même dép.; à 1 kil. N. de Chavagnac. Son église est encore sous la dédicace de saint Pierre,

(3) Archignac, ancienne vicairie du Périgord, actuellement chef-lieu de commune, 42 kil. S. O, de Vigeois, soupçonnée seulement par M. de Gourgues, qui avait lu: Arcamacer, tandis qu'il est indubitable qu'il faut lire: Arcanaciensi. M. de Gourgues avait pensé à Larche, ancienne châtellenie qui se trouve dans le voisinage. Mais en dehors de la lecture, qui est certaine, la mention dans la même charte de Ladornac suffirait pour lever tout doute.

(4) Ladornac, chef-lieu de comm., cant. de Terrasson, à quelques kil. au N. d'Archignac.

 

― 9 ―

X

 

Froterius de Terrazun dimisit Deo et Sancto Petro Vosiensi terram quam tenebat de Sancto Petro pro remedio anime sue et patris sui. In primis dimisit ecclesiam de Bassiaco (1) et II mansos in eodem loco et in Altafaia (2) omne quod ad terram Sancti Petri pertinet et in Javerliaco (3) III mansos et unam bordariam et in Bachallaria tres bordarias et in villa de Anglars (4) IIII mansos et dimidium et in villa de Pedreliaco* (5) unum mansum et dimidium alla Masa; et in villa de Anglaret duos mansos et in villa de Borziaco (6) sex mansos et in villa de Tellelon unum mansum incultum et in villa de Sellaur (7) unum mansum et in villa de Columbes (8) unum mansum qui est juxta Vultaziac. Universa hec dimisit Froterius post mortem suam Deo et Sancto Petro Vosiensi, jussitque fieri testamentum manuque propria firmavit ac bonis viris firmari rogavit.

 

*Fol. XIX, r°.

(1) Beyssac, chef-lieu de comm., cant. de Lubersac; 8 kil. O. de Vigeois. En marge de l'acte sont écrits ces mots, d'une écriture du XVIe siècle; « eclesiam de Beysaco ».

(2) Hautefaye, village de la comm. de Vigeois. à 3 kil. S. O. (non dénommé au Dict. des Postes. Il y a cependant une trentaine d'habitants).

(3) Javerliac, village aujourd'hui complètement disparu. Cassini même ne le mentionne pas. Il nous a fallu compulser les registres de la matrice cadastrale de la comm. de Vigeois, pour nous assurer de son ancienne situation, à côté d'Hautefaye. Sept ou huit parcelles affirment son ancienne existence par le nom inscrit au cadastre.

(4) Anglars, village de la comm. et du cant. d'Uzerche, à 9 kil. S. O. d'Uzerche: 4 kil. au N. de Vigeois.

(5) Pedreliaco parait, comme Javerliac, avoir disparu, à moins de le retrouver (par la chute du D) dans Peyrilhac, chef-lieu de comm., cant. de Carlux (Dordogne), 45 kil. S. de Vigeois, ou un autre Peyrilhac, cant. de Nieul, au N. de Limoges (Haute-Vienne).

(6) Bourzat, comm. et cant. d'Uzerche; 1 kil. 500 S. O. d'Uzerche; 4 kil. 500 au N. de Vigeois.

(7) Cellaur, village de la comm. de Chameyrat, cant. et arr. de Tulle; 3 kil. N. de Chameyrat; 2l kil. S. O. de Vigeois.

(8) Colombiey ou Columbet, village touchant le bourg de Voutezac, cant. de Juillac; 11 kil. S. O. de Vigeois. Ce lieu est mentionné dans le célèbre testament de Saint-Yrieix.

 

― 10 ―

Auditores hujus cessionis fuerunt Oda, uxor ejus, Asterius, abbas, Galterius, Stephanus, Aigfredus, Frodinus, Aeustorgius.

 

XI

1031-1060

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Stephanus de Terrazo et frater ejus Ebbulus, filii Ebbuli et mater eorum Rafais, concesserunt atque dimiserunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, consuetudines justas aut injustas quas in eodem monasterio requirebant omnino dimiserunt pro animabus suis et pro anima patris sui Ebbuli et omnium parentum suorum. Hoc autem fecerunt tali conventu ut omni anno, quandiu ipsi vixerint, fratres ejusdem loci I missas decantarent pro animabus eorum et omnium parentum eorum omniumque fidelium defunctorum. Post mortem vero illorum, ita teneretur hoc conventum successoribus eorum, ut in primo anno quo honorem (1) possederint, idem numerus missarum persolveretur a fratribus ejusdem loci.

Hec autem concesserunt in presentia domni Petri abbatis audientibus Archambaldo, vicecomite, Rotberto de Vallada, Geraldo de Vallada, Gauzberto, Audeberto.

Facta est cessio ista, regnante Aenrico rege Francorum.

 

XII

1060-1080

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Rotbertus et fratert ejus Petrus, filii Aeustorgii dell Brolio, cum consilio sororum suarum atque propinquorum videlicet Rai * naldi, Ademari, Stephane, Johanne, vendiderunt Gauzberto Alboini et uxori ejus Berniardi, vineas et omnem terram quam possidebant alla Grauleira (2), cum bordariis que culte sunt sive etiam que culte non sunt, cum pratis et silvis et cum omnibus appendiciis eorum, totum ab integro eis

 

* Fol. XIX, v°

(1) Honor nous paraît pris ici dans un sens particulièrement curieux au point de vue féodal.

(2) La Graulière, chef-lieu de comm., du cant. de Seilhac, 10 kil. S. E. de Vigeois,

 

― 11 ―

concesserunt ad possidendum. Acceperunt autem propter hoc a Gauzberto Alboino C nonaginta et I solidos. Hujus quoque vinditionis auditores fuerunt Rainaldus de la Masa et Petrus frater ejus, Petrus de Sadran, Deusde La Chalm, Petrus et Girbertus de Malamort, Artmandus Liapecs, Engalvinus, cum filiis suis Geraldus et Petrus de Coznac.

Idem Gauzbertus Alboinus dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi cum consilio filiorum suorum, omnia hec que superius nominata sunt que emit a Petro et Rotberto dell Brolio, pro filio suo Petro qui postmodum ejusdem monasterii abbas extitit,

Factum est donum istud, in festivitate Sancti Petri ad vincula, in presentia domni Petri abbatis, audientibus Johanne, decano, Geraldo de Userca, Geraldo de Vallada, Geraldo de Coznac, Geraldo de Suissac (1).

In hac autem terra manebat quidam rusticus nomine Geraldus quem idem Gauzbertus Alboinus postmodum calumpniatus est, dicens suum esse collibertum, tandem deprecante filio ejus domno Petro decano, predictum rusticum ab omni tributali servicio absolvit ac Sancto Petro Vosiensi reliquid ad serviendum ei.

Audientibus Petro decano filio ejus et Ramnulfo, monaco, cellarario Vosiensis et Geraldo de Coznac.

 

XIII

1082-1092

 

Willelmus Almavinus concessit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro filio suo Gauzfredo quem monacum monasterii Vosiensis fecit unam bordariam a las Plantadas ubi Gauzbertus de las Plantadas mansit, quam dedit ei Aymiricus Girbertus, audiente Rainaldo Rotberto. Sed * et idem Aymiricus concessit hanc bordariam prefato monasterio, audientibus abbatibus (2) ejusdem monasterii, domno videlicet Geraldo et domno Petro, ita tamen si predictus Willelmus, filium suum monacum in monasterio Vosiensi fecisset. Postea Manualdus Trenchaleon et Stephanus de Orniaco et Ugo Audebertus frater ejus, quicquid in prefata bordaria habebant totum Beato

 

* Fol. XX. r°.

(1) Gérald de Setzac, témoin à la fondation de Meymac, 1085.

(2) Abbatibus. Les termes de cette charte ont fait croire qu'il y avait a ce moment deux abbés à Vigeois, dont l'un laïque. Il n'en est rien. Les donations ont été successivement faites sous les abbatiats de Gérald de Lestrade 1082 † 1091 et de Pierre III Alboin 1092 † 1110.

 

― 12 ―

Petro Vosiensi concesserunt in capitulo videlicet monasterii Brivensis, in presentia domni Petri abbatis, audientibus canonicis; uxor quoque Bernardi de Margarita Ildeardis et mater Stephani de Orniaco et Ugonis Audeberti, similiter concesserunt Beato Petro Vosiensi quod in predicta bordaria possidebant, audiente Alboino Gauzberti. Concessit ergo Willelmus Amalvinus, hanc bordariam cum vinea et cum omnibus que ad ipsam bordariam pertinent, ante altare Santi Petri Vosiensis, coram omni populo postquam eam fecerat concedere ab his viris ac feminis supra nominatis qui fiscales erant istius bordarie.

Facta est concessio ista in presentia domni Petri abbatis, audientibus Gauzfredo, preposito, Rainaldo, monaco, Gauzberto, monaco, Geraldo, monaco, qui et testamentum ex hoc fecit et Stephano presbytero de Sancto Santino (1).

 

XIV

1082-1091

 

Berniardis, uxor Aenrici, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, cum consilio filiorum suorum Aenrici, Geraldi, Ugonis Rofinac monachi, pro filio suo Petro Aenrici quem monacum fieri monasterii Vosiensis instituit, mansum de Montel (2) alodum sui juris totum ab integro, cum omnibus redditibus suis. Concesserant que donum istud filii ipsius qui supra scripti sunt, audientibus Stephano de Coznac et Stephano Baldrici.

Factum est hoc donum apud Vosias, regnante Philippo rege.

Conventum autem habuit domnus abbas Geraldus cum Aenrico ut quandiu viveret, hunc mansum te * neret et omni anno XII sextarios sigile et XII denarios redderet; post mortem vero ejus, Sancto Petro Vosiensi liber sine ulla contradictione remaneret.

Hujus rei auditores fuerunt, Gauzfredus, prepositus, et Gauzbertus Malafaida, monacus, Raimundus, monacus, Petrus Ainardus, Guillelmus Amalvinus.

 

XV

1031-1060. ― 1082-1092

 

Girbertus de Malamort, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro

 

* Fol. XX, v°.

(1) Saint-Xantin, aujourd'hui réuni à Malemort, cant. et arr. de Brive; 25 kil. S. E. de Vigeois.

(2) Monteil, comm. de Saint-Maixent, 14 kil. S. E. de Vigeois.

 

― 13 ―

salute anime sue et patris sui et matris et omnium parentum suorum, de alodo suo II mansos ex quibus unus est a Chambons (1) ... dedit cum servis et ancillis et collibertis, alius autem mansus vocatur Jamanarnc (2) ubi Stephanus visus est manere, quem dedit ....li conventu ut quandiu viveret teneret, et omni anno censum VI denarios redderet, post mortem vero illius Sancto Petro remaneret liber sine ulla contradictione.

Facta est concessio ista in mense aprilio, regnante Aenrico rege.

Hujus doni auditores fuerunt, Petrus Alboinus, Geraldus de Longopondio, Artmandus, Geraldus Bernardi, Geraldus Marigunda, Aeustorgius, Ainardus, Johannes, decanus.

Postea vero filius ejus Aymiricus Girbertus [de Malamort] concessit Deo et Sancto Petro Vosiensi pro anima patris sui et matris sue donum quod olim fecerat pater ejus de manso de Chambons omnes que consuetudines quas in eodem manso requirebat juste aut injuste omnino dimisit, fecit que dimitti Sancto Petro Vosiensi a Willelmo Amalvino qui fiscalis ejus erat IIII sextarios sigile quos ex ipso habebat in eodem manso.

Auditores hujus rei fuerunt Ramnulfus, cellararius, monacus, Manualdus Trenchaleon, Stephanus de Rofinac, Geraldus Charboneus, Geraldus Bernardi, Bernardus de Bren, Alboinus Gauzbertus.

 

XVI

Circa 1062-1072?

 

Geraldus, vicarius, et mater ejus Restibiria, concesserunt Deo et Sancto Petro Vosiensi de rebus suis propriis vineas, de Bellomonte (3) que sunt in vicaria Brivense, totum ad integrum * concesserunt ea tamen ratione ut quandiu viverent, tenerent et omni anno IIII modios vini pro censu redderent, post mortem vero illorum Sancto Petro Vosiensi sine ulla contradictione remaneret.

Factum est donum istud in mense septembrio, audientibus

 

* Fol. XXI, r°.

(1) Chambons, village de la comm. de Vernasal, cant. de Donzenac; 24 kil. S. de Vigeois.

(2) Jammet? village à 1 kil. 500 de Saint-Bonnet-Lenfantier; 8 kil, S. E. de Vigeois.

(3) Beaumont, chef-lieu de com., cant. de Seilhac, 25 kil. N. E. de Vigeois; ou plutôt Belmont, 1 kil. N. E. de Brignac, 24 kil. S. O. de Vigeois.

 

― 14 ―

Archambaldo, vicecomite, Bernardo de Bren, Petro de Malamort (1), Willelmo, Aldeberto, Rotberto.

 

XVII

Circa 1031-1060

 

Bernardus Uncbertus dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, cum consilio filiorum suorum Petri et Geraldi, pro salute anime sue et patris sui Uncberti et matris sue Ode, boscum suum de Chassanas et II mansos ex quibus unum tenet Petrus Gascus, alius vero est ad Grecias, cum pratis et silvis totum ab integro.

Signum Johannes, decanus, Geraldus, monacus de Userca, Geraldus de Vallada, Willelmus de Vosias, Gauzbertus Albo[inus] monacus.

 

XVIII

957

 

Tetgerius, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, de rebus suis propriis unum aripentum vinee in villa que dicitur ad Aqueductu, quod est inter terram Sancte Marie et terram Geraldi, ea scilicet ratione quandiu viveret, teneret et per singulos annos tempore vindemie unum modium vini pro censu redderet.

Factum est donum istud in mense januario anno tertio regnante Lothario.

 

XIX

1031-1060

 

uillelmus de Vosias, concessit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue et patris sui et matris sue in villa que vocatur Aqueductus, dimidiam bordariam cum vineis et omnibus que adipsam dimidiam bordariam pertinent, et in eadem villa, unum aripentum vinee quod vocatur Rossa Vulp et in alio loco alla Chalm, dimidium mansum, ubi Stephanus visus est manere et in ipso loco omnem medietatem terre quam Deusde tenebat et in eodem loco dimidium mansum ubi Bernardus visus est manere et a Alaciac clausum suum de vinea et illum fiscum quem de Rotberto de Sadran habebat, hoc

 

(1) Pierre de Malemort, présent à une charte de Beaulieu, 1069-1072 (Deloche, p. 14, 31).

 

― 15 ―

sunt II mansi in Momun et in villa que dicitur Motzans, I mansum, alia Rocha II mansos et in alio loco a Jaujac (1) II sextaradas * terre et in villa que dicitur Vaissa I mansum quem dedit Arnaldus de Fillines, avunculo ejus Adazio.

Universa hec dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi de propriis suis rebus, Guillelmus de Vosias, audientibus Geraldo, monaco de Userca, Petro de Jalais monaco.

Factum que donum istud regnante Aenrico rege.

 

XX

1031-1060

 

Petrus, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue et uxoris sue Stephane de rebus suis propriis vineas suas que sunt in Aqueductu, ea scilicet ratione ut quandiu viveret teneret medietatem ipsarum vinearum, post mortem vero illius, Sancto Petro Vosiensi, omnes remanerent sine ullo contradictore. Factum est donum istud in mense januario, regnante Aenrico rege. Hoc donum concessit Geraldus filius ejus; hujus autem doni auditores fuerunt Guillelmus, Rotbertus, Geraldus, Aldebertus,

Arnaldus, Stephanus, Ermenricus.

 

XXI

1031-1060

 

Ugo de Aqueductu concessit Deo et Sancto Petro Vosiensi de rebus suis propriis unam trellam vinee de Aqueductu (2) in vita sua. Post mortem autem suam, concessit alium alodum de Aqueductu totum ab integro, Deo et Sancto Petro Vosiensi si filium ex uxore non haberet.

Facta est concessio ista in menso apriiio, regnante Aenrico rege.

Hujus rei auditores fuerunt, domnus abbas Petrus, Geraldus, monacus de Userca, Petrus del Montell monacus, Geraldus de Vallada, Archambaldus Boto, Stephanus, cellerarius, Stephanus de Calmon.

 

* Fol. XXI, v°.

(1) Jaujac, Geogeat, village, comm. et cant. de Vigeois, 4 kil. S. O. de Vigeois.

(2) Agudour, village de la comm. de Voutezac, 13 kil, S. de Vigeois.

 

― 16 ―

XXII

1031-1060

 

Ramnulfus et uxor ejus Oda, et filius eorum Umbertus vendiderunt Petro, monaco, de rebus suis propriis I aripentum vinee qui est in Aqueductu, propter V solidos.

Hujus rei auditores fuerunt Eustorgius, Ugo, Geraldus, Stephanus, Stephanus, Ramnnulfus.

 

XXIII

1074-1083-1092

 

Gauzfredus de Salanac (1), dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi pro salute anime sue et patris sui et matris, de rebus suis propriis, in vicaria de Cavaniaco * (2) III mansos alla Garriga (3), ubi Constantinus visus est manere et quicquid ad istos pertinet mansos cum pratis et silvis et servis et ancillis totum ab integro. Hujus autem doni auditores fuerunt Johannes, decanus, Geraldus, monacus de Userca, Geraldus, abbas Sancti Sori (4), Ademarus de Sollac, Tetgerius, canonicus, Bernardus de Pomers, Petrus Bernardus de Malamort et uxor ejus, Geraldus de Riberia, Rainaidus Rofinac, monacus.

Factum est donum istud regnante Philippo rege.

Postea autem Geraldus Esforzius, quicquid in his mansis della Garriga habebat, totum Beato Petro Vosiensi concessit, ante altare videlicet ejusdem loci, gestans in manibus textum Evangelii, astantibus domno Geraldo, abbate, Gauzfredo, preposito et fratribus ejusdem loci audientibus.

 

* Fol. XXII, r°.

(1) Gauzfredus de Salanac est mentionné comme neveu de Gérald de Saint-Michel, dans la donation faite à Saint-Martin-de-Tulle de l'église de Saint-Michel en Quercy. (Baluze, Hist. de Tulle, col. 445).

(2) Cavaniaco; en marge de la charte est écrit: Cavanzaco. (Voir note 1 de la page 8).

(3) Garrigue, village de la comm, de Chavagnac, (De Gourgues, Dict. top. de la Dordogne, p. 140.)

(4) Geraud de Mansac, abbé de Saint-Sour-de-Terrasson 1068-1074. (Justel, Histoire de Turenne).

 

― 17 ―

Fratres autem ipsius, Ugo Liapecs et Manualdus Trenchaleon, concesserunt post modum similiter, quod in predictis mansis possidebant, sive ipsi, sive alii per ipsos, audientibus domno Petro, abbate, Gauzfredo, preposito, Gauzberto Malafaida, monaco, Ebbulo, Alboino.

Simili modo concessit frater eorum, Gauzbertus de Bellfort, Deo et Sancto Petro Vosiensi, omne jus quod ipse vel alii per eum in prefatis mansis possidebant.

Audieutibus domno Petro, abbate, Gauzfredo, preposito, Hugone de Rofinac, Petro de Vallada, Bernardo de Sancto Aredio.

 

XXIV

Circa 1001-1031

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Rotbertus de Sadra concessit Deo et Beato Petro Vosiensi, pro anima sua et pro anima patris sui, de alodo suo, in vicaria sua, mansos qui sunt in villa que dicitur Aclian (1), ubi Geraldus et Stephanus visi sunt manere et in ipso loco I bordariam ubi Bernucius visus est manere et in alio loco vineas suas de Vaurelia (2) sicuti sunt terminate vel debornate et in villa que dicitur Rocha III mansos et tres bordarias et in villa que dicitur Motzans III mansos et alla Beza I bor * dariam et in Chanor I mansum et I capmansum et in Lupianc II mansos et I bordariam et in alio loco in Monz II mansos et in alio loco all Vern I mansum et in villa que dicitur Momun II mansos et in pago Exandonense I mansum qui vocatur Cassanio (3) et in Aqueductu I mansum et I bordariam cum pratis et silvis cum terris que culte sunt et que inculte

 

* Fol. XXII, v°.

(1) Cluzan, village de la comm. de Mallemort 3 kil N. E. de Mallemort, 20 kil. S. de Vigeois; cette identification pourrait paraître hasardée, si nous ne lisions pas en marge de l'acte le mot Cluzan, ou peut-être Cluzac (ecriture du XVIe siècle).

(2) Vareille, village de la comm. et du cant. de Donzenac, 800 mètres S. E. de Donzenac, 17 kil. S. E. de Vigeois. Comme il existe un autre Vareille, comm. de Mallemort, un doute pourrait s'élever, si nous ne lisions en marge de l'acte ces mots: Vignes de Vaurelie de la Rochette. ― La Rochette est un village de Donzenac, à 3 kil. au N. et à peu de distance de Vareille.

(3) Chassagne, village de la comm. de Segonzac, canton d'Ayen; 19 kil. N. d'Yssandon, 19 kil. S. O. de Vigeois.

 

― 18 ―

totum ab integro et ad Alaciac IIII aripentos vinearum et in alio loco a Maranciaco (1) I bordariam. Omnia hec dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi ea scilicet ratione ut quandiu vixerint ipse et uxor ejus Ildeardis tenerent; post illorum vero obitum, Sancto Petro Vosiensi remanerent sine ulla contradictione. Dedit quoque post mortem matris sue II mansos alla Masa (2) et II mansos alla Bruza (3) et in alio loco a Preissac (4) I mansum et a Maranciaco, I mansum. Jussit autem ex his fieri testamentum, manuque propria firmavit et bonis viris affirmare rogavit.

Factum est donum istud in mense junio, regnante Rotberto rege Francorum.

Hoc donum concesserunt Ebbulus, vicecomes (5), Frodinus de Porcaria, Rotbertus de Vall, Ugo de Vall, Petrus de Vall, Geraldus de Rofinac, Pelrus de Poenciac, Odo d'Espeiruc, Rainaldus, Bernardus.

 

XXV

DONUM ALAIDIS

 

Omnibus hominibus notum sit quod Alaidis, uxor Geraldi Rofiniaci, dedit domino Deo et Sancto Petro Vosiensi, in manu Rainaldi monaci filii sui, totum quod habebat, in mansum de Cliam, pro salute anime sue. Hoc audierunt et concesserunt filii ejus Ugo et Petrus Rofiniaci.

Hujus rei auditores, Bernardus, presbiter de Sadra et Geraldus Arnaldi; deditque ei Rainaldus filius suus, pro hoc, unam chellam de seda (6).

 

(1) Maransac, village de la comm. de Cosnac, cant. de Brive, 25 kil. S. de Vigeois.

(2) La Maze, village de la comm. et du cant. d'Uzerche, 4 kil. N. de Vigeois.

(3) La Brousse, village de la comm. de Sadroc; 10 kil. S. E. de Vigeois.

(4) Preissac, village à 2 kil, N. des ruines de l'antique castrum de Bré; 3 kil. N. E. de Coussac-Bonneval (Haute-Vienne), 19 kil. N. O. de Vigeois. Un autre village plus rapproché de Vigeois, Priezac, comm. de Saint-Solve, cant. de Juillac, 11 kil. S. O. de Vigeois, mais moins probable.

(5) Ebles I, vicomte de Comborn, 1001-1040, fils et successeur d'Archambaud I, surnommé « Jambe pourrie », et de Sulpicie de Turenne.

(6) Chellam de seda (écheveau de soie). Cette charte a paru si intéressante à du Cange, qu'il l'a insérée textuellement dans son Glossaire au mot seda.

 

― 19 ―

XXVI

1092-1110

 

* Sciendum quoque est quoniam Rainaldus Rotbertus, filius Rotberti de Vall, concessit donum Rotberti de Sadran et insuper dedit Beato Petro Vosiensi, hoc quod habebat in manso de Clian ea scilicet ratione ut quandiu viveret possideret, post mortem autem ejus, Sancto Petro Vosiensi remaneret.

Hujus doni auditores fuerunt, Ugo de Vall, avunculus ejus, Rainaldus de Rofinac, monacus, Archambaldus, presbiter. Post quam autem ille obisset, fratres ejus Petrus, videlicet Rotbertus et Ugo Rotbertus, donum quod olim frater eorum fecerat de manso de Clian, irritum facere voluerunt atque predictum mansum vi auferre monachis Vosiensibus conati sunt. Tandem autem deprecantibus domno Petro, abbate, et Rainaldo, monaco, eorum consanguineo, prefatum mansum ex toto dimiserunt atque conces- serunt monachis Vosiensibus, acceptis a predicto abbato XXV solidis.

Hujus cessionis auditores fuerunt domnus abbas Petrus, Rainaldus, monacus, Gauzfredus, prepositus, Girbertus de Vall, Ugo Meschins de la Garda, Petrus de Tutela, Petrus Rotgerius.

 

XXVII

DONUM RAINALDI ET HUGONIS ROFINAC

1111-1124

 

Rainaldus quoque Rofiniaci et Ugo Rofiniaci juvenior, dederunt et concesserunt totum quod habebant vel exquirebant juste et injuste in manso de Clian, domino Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute animarum suarum omnium que parentum suorum.

Auditores hujus rei fuerunt, Ademarus, presbiter, qui propter hoc eis placitum fecit et Petrus Constantini et alii multi.

Factum est hoc apud aecclesiam sancti Germani (1). Hoc ipsum donum et concessit iterum Rainaldus ipse, audiente domno Rainaldo (2), abbate, avunculo suo et promisit ei quod hoc donum

 

* Fol. XXIII, r°.

(1) Saint-Germain-les-Vergnes, chef-lieu de. comm., cant. de Tulle; 14 kil. S. E. de Vigeois.

(2) Rainald de Roffignac, abbé de Vigeois, 1111-1124.

 

― 20 ―

faciat tenere et concedere Geraldo fratri suo et audientibus Geraldo de Noallis, monaco et Petro Eschasset. Hoc autem factum est a Chanzaz (1).

 

XXVIII

1060-1108

 

* Helias Aldebertus, et mater ejus Agnes, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anima Ugonis Aldeberti et pro animabus suis ex propriis rebus dimidium mansum qui vocatur Chasluz (2), ubi Rainaldus visus est manere, tali conventu eut quandiu vixerint tenerent, et omni anno IIII sextarios tritici redderent pro censu. Dederunt etiam vineam que pertinet ad eundem mansum simili conventu ut quandiu vixerint tenerent atque omni anno IIII sextarios vini reddent et post mortem ipsorum, Sancto Petro Vosiensi remanerent, totum ab integro quicquid ad ipsum dimidium mansum pertinent, sine ulla contradictione. Rogaverunt que ex hoc fieri testamentum.

Auditores hujus doni fuerunt Ebbulus, Petrus Ugo, Bernardus Geraldus, monacus. Regnante Philippo rege francorum, factum est donum istud.

 

XXIX

Circa 1060

 

Berniardis et filii ejus Ramnulfus, Petrus, Stephanus atque Rotbertus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi cum filio vel fratre suo Geraldo, de rebus suis propriis I mansum a Peirangas (3) ubi Gauzbertus visus est manere et in alio loco ad Sanctum Bonitum (4)

 

* Fol. XXIII, v°.

(1) Chanzas ou Chauzas, village de la comm. de Perpezac-le-Noir; 5 kil. S. de Vigeois, 10 kil. N. O. de Saint-Germain.

(2) En marge de l'acte, d'une écriture antérieure au XVIe siècle, on lit: Caslas. Dans le voisinage de Vigeois, nous trouvons Chalais, comm. d'Eyburie, 10 kil. N. E. de Vigeois; Challiac, comm. de Chamboulive, 16 kil. N. E. de Vigeois. Le premier est plus probable.

(3) Purangues? village de la comm. de Vernasal, cant. de Donzenac; 18 kil. S. E. de Vigeois.

(4) Saint-Bonnet-la-Rivière, chef-lieu de comm., cant. de Juillac; 15 kil. S. O. de Vigeois,

 

― 21 ―

II mansos et in alio loco a Chanor (1) I capmansum ubi duo fratres Petrus et Johannes visi sunt manere.

Signum Berniadis; Signum Ramnulfi; Signum Petri; Signum Stephani; Signum Rotberti qui testamentum ex hoc fieri vel firmari rogaverunt.

 

XXX

Circa 1060

 

Stephanus de Rofinac et frater ejus Rotbertus dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi cum fratre suo Petro (2) et pro anima patris sui de rebus suis propriis, mansum qui vocatur Jutzal a Rofinac, ubi Geraldus visus est manere et in alio loco a Peirangas I bordariam ubi Petronilla manere visa est, cum servis et ancillis.

Signum Stephani et Rotberti, fratris sui qui testamentum ex hoc fieri rogaverunt. Signum Johanni, decani. Signum Petri de Rofinac (3).

 

XXXI

 

* Ugo Gauzfredus, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro remedio anime sue et parentum suorum, de propriis rebus suis II mansos in villa que dicitur Malanio (4) ubi Ermenonus atque Cas-

 

* Fol. XXXIV, r°.

(1) Chenour, comm. de Beyssac, déjà identifié (note 2 de la page 4). Il y a encore Chanor, comm. de Sadroc, et Chanoux, comm. et cant. de Brive.

(2) Etienne, Robert et Pierre de Roffignac, fils de Berniardis, mentionnés à la charte précédente (n° XXIX). Ils sont fréquemment cités au Cartulaire d'Uzerche, et notamment dans une pièce non datée, citée par Baluze (Bib. nat., mss. de Baluze, vol. 377, p. 86), par laquelle ils donnent au monastère de Saint-Pierre d'Uzerche, tout ce qu'ils possèdent dans la commande de Chanzas.

(3) Ici se présente une lacune de 10 folios (XXIV à XXXIII inclusivement). Les copies de Baluze, de Gaignières et du mss. 17119, F. L. (Bib. nat. de Paris) constatent également cette disparition, qui remonte, on le voit, à plus de deux siècles.

(4) Malagnoux, village de la comm. de Murat, cant. de Bugeat; 36 kil. N. E. de Vigeois. On trouve encore, dans la même direction, le moulin de Malagnoux, 21 kil. N. E. de Vigeois. ― En marge de l'acte, d'une écriture des XVIe et XVIIe siècles, on lit: Malano et Malanho.

 

― 22 ―

tucius visi sunt manere, cum omnibus appendiciis totum ad integrum.

Hujus doni auditores fuerunt domnus Bernardus, abbas ejusdem loci et Aeustorgius, Emma, Geraldus, Ermenonus, sacerdos.

 

XXXII

1092-1097

 

Stephanus de Rofinac et frater ejus Rotbertus, dimiserunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, hoc quod in manso de Malano requirebant, in quo manere videbatur Geraldus Martinus. Concesserunt quoque omnem terram quam parentes eorum Sancto Petro Vosiensi dimiserant, vel si qui ex eorum heredibus deinceps aliquam terram eidem loco dederint, similiter concesserunt.

Hoc autem fecerunt, in manu Bernardi, vicecomitis (1), in presentia domni Petri (2) abbatis. audientibus Petro de Tutela et Geraldo Malafaida, Gauzberto, monaco, fratre ejus, Gauzberto, preposito. Acceperunt autem propter hoc, XX sol. ab abbate domno Petro.

 

XXXIII

996-1031

 

Rotbertus dedit Deo et Beato Petro Vosiensi de propriis rebus suis pro remedio anime sue, I aripentum vinee in villa que dicitur Nigravallis (3).

 

(1) Bernard, vicomte de Comborn, par usurpation sur son neveu Ebles II, 1092-1119.

(2) Pierre III Alboin, abbé de Vigeois, succéda à Gérald de Lestrade en 1092.

(3) Nigravallis. Ce lieu parait avoir complètement disparu; les cartes de Cassini et de l'Etat-Major n'en font nulle mention, nous ignorerions même sa situation, sans une charte de l'abbaye d'Uzerche (vers 1061) par laquelle Archambaud III, vicomte de Comborn, et Bernard son frère, donnent une borderie située entre « Nigram Vallem et Agudor, » Agudor, aqueductus (ancienne prévoté qui payait autrefois 25 sol. 7 den.; Pouillé du diocèse de Limoges dressé en 1556, Bibl. nat., 4621, F. F.), est situé entre Voutezac et Allassac, dans un vallon étroit et sombre, où coule la Vézère, qui a bien pu donner ce nom de « Nigravallis » au village aujourd'hui disparu. (Ibidem, Baluze, 377.)

 

― 23 ―

Factum est quoque donum istud in mense aprili, regnante Rotberto rege.

Auditores hujus doni fuerunt, Frodinus, Bernardus, Otto, Archambaldus, Ramnulfus, Geraldus.

 

XXXIV

circa 1095

 

Bernardus de Corpsalez (1) dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anima patris sui et matris sue et omnium parentum suorum, de propriis rebus suis III bordarias ad Marenfresc (2) medietatem, aliam que medietatem a Paireciaguet (3) de duabus bordariis, boscum et fraus de Lanteira (4) omnem medietatem et a Lascou (5) medietatem alie bordarie et medietatem de bordaria de Blandiac, alia bordaria ubi Stephana manere visa est, super molendinum.

Auditores hujus doni fuerunt Rotgierus, presbiter, Bernardus Malamancia, Stephanus Dellacor, Johannes, presbiter.

 

 

XXXV

Circa 996-1020

 

Adazius (6) dedit Deo et Beato Petro Vosiensi pro re*medio

 

* Fol. XXXIV, v°.

(1) Coursaleix, vill. de la comm. de Mongibaud, 15 kil. N. O. de Vigeois, d'où parait avoir tiré son nom Bernard de Corpsalez; le village de Lascaux, dont il est question dans la Charte, est situé à 5 kil. seulement au S. de Coursaleix.

(2) Masfreiz, village de la comm. d'Eyburie, 11 kil. N. E. de Vigeois; deux autres villages du même nom, comm. de Peyrissac, 18 kil. N. E. de Vigeois, et d'Orliac-de-Bar, 21 kil. O. de Vigeois, mais moins probables.

(3) Pairisaguet, village de la comm, de Chamberet, 23 kil. N. E. de Vigeois.

(4) Lauteyrie, village de la comm. de Roziers, canton de Juillac, 22 kil. S. O. de Vigeois,

(5) Lascou ou Lascaux, trois villages de ce nom, comm. d'Allassac, Eyburie et Saint-Germain-les-Vergnes, tous trois dans le voisinage de Vigeois; un quatrième entre l'ancien bourg de Corbier et Saint-Pardoux (aujourd'hui réunis), à 10 kil. N. de Vigeois, 5 kil. seulement de Coursaleix, pour lequel nous inclinerions davantage.

(6) Adazius. Le Gallia Christiana le mentionne comme 7e abbé

 

― 24 ―

anime sue et patris sui Engalvini et matris sue Osae et omnium parentum suorum omnem hereditatem suam videlicet, villam de Crisciniac et in villa que vocatur Morneta (1) IIII mansos, et in villa de Ventaiol (2) I mansum ubi Rotgerius et Autgerius, frater ejus visi sunt manere et I bordariam allas Faurgas (3) et in Buscheries (4) II mansos cum servis et ancillis et in Falgeiras (5), mansum et in Trenciac (6) II mansos cum servis et ancillis universa hec dedit totum ab integro cum omnibus que ad istam hereditatem pertinent. Jussit autem ex his, scribi testamentum, propriis que firmavit manibus.

Auditores hujus doni fuerunt domnus abbas Petrus, Ebbulus, vicecomes, Tethgerius, decanus, Johannes, monacus, Wido, monacus, Johannes Garfanius, Bernardus Boto, Ramnulfus de Vallada, Berlandus, Geraldus, clericus, Rainaldus, prepositus.

Factum est donum istud regnante Rotberto rege.

 

XXXVI

Circa 1100

 

Ermengardis (7) concessit Deo et Sancto Petro Vosiensi pro salute anime sue et patris sui et matris, de propriis rebus suis

 

de Vigeois vers 970. D. Estiennot pense qu'il était en même temps abbé de Saint-Augustin-de-Limoges et de Saint-Martin-de-Tulle.

(1) Mournettas, village de la comm. de Perpezac-le-Noir, 5 kil. S. de Vigeois.

(2) Ventejoux, village de la comm. de Seilhac, 16 kil. O. de Vigeois

(3) Las Fargeas, village de la comm. de Lubersac, 8 kil. N. O. de Vigeois.

(4) Bussierre, village de la comm. de Saint-Clément, 10 kil. O. de Vigeois, ou plutôt Boisserie, à 4 kil. S. de Vigeois et à côté de Mournettas.

(5) Faugeiras, village situé entre Uzerche et Condat, 8 kil. N. de Vigeois.

(6) Transac, village de la comm. d'Yssandon, 21 kil. S. O. de Vigeois.

(7) Ermengarde de Corsso, vicomtesse de Comborn, femme de Bernard. Après l'attentat dont elle avait été l'objet de la part de son neveu et la mort de celui-ci (Voir Chronique de Geoffroi de Breuil, prieur de Vigeois), elle se retira au monastère d'Uzerche, auprès de sa mére Aina de Barmont qui y avait pris l'habit religieux. Le Cartulaire d'Uzerche constate ses nombreux bienfaits. Elle donna notamment le fief presbitéral et la 4e partie de l'église de Chamberet, aux environs de laquelle elle possédait de grands biens par son père Hugue de Corsso et sa mère Aina de Barmont (Bibl, nat. ms., Baluze, 377, p. 82).

 

― 25 ―

I mansum alla Genesta (1), ubi Donadeus visus est manere, cum omnibus appendiciis suis, terram que aliam que culta vel inculta est, totum ab integro, et in alio loco III aripentos vinee.

 

XXXVII

Circa 1060

 

Rotbertus de Brolio et fratres ejus Petrus, Rainaldus atque Ademarus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro animabus suis et patris sui et matris sue et omnium parentum suorum, II mansos alla Genesta, in parrochia Sancti Martini de Donziniaco (2) cum omnibus appendiciis, rogaverunt que ex hoc scribi testamentum propriis que manibus firmaverunt.

Doni hujus auditores fuerunt domnus abbas Petrus, Geraldus, monacus de Userca, Petrus, monacus, Geraldus Bernardus, Geraldus de Vallada, Ramnulfus Raterius, Archambaldus Boto, Petrus Columbrinus * Geraldus, vicarius, Petrus, decanus, qui ex hoc testamentum scripsit.

Factum est donum istud regnante Philippo.

 

XXXVIII

1010-1020

 

Ebbulus de Terrazo, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anima sua et omnium parentum suorum, de rebus suis propriis, I mansum alla Genesta (3) et in eodem loco I capmansum in vicaria Cambolivense, totum ab integro.

Audientibus Ramnulfo de Vallada, Berlando, fratre ejus, Rotberto del Telol, Petro Victoria,

 

* Fol. XXXV, r°.

(1) La Geneste, village de la comm. de Chamberet, 3 kil. S. de Chamberet, 20 kil. N. de Vigeois.

(2) Donzenac, chef-lieu de cant., 17 kil. S. de Vigeois. ― L'abbaye de Vigeois possédait de nombreux domaines aux environs de Donzenac: Mazières, Genouillac, Vareille, Miquelaudie, Larochette, etc. Le village de La Geneste paraît avoir disparu. Les cartes de Cassini et de l'Etat-major n'en portent pas trace. (3) La Geneste, village de la comm. de Chamboulive, 13 kil. N. O. de Vigeois.

 

― 26 ―

XXXIX

1060-1108

 

Petrus, comtors (1) de Camboliva, dedit Deo et Beato Petro Vosiensi, pro remedio anime sue et matris sue, jus illud, quod in manso della Genesta (2), ubi Bonitus visus est manere, habebat. Et illud quod habebat in tribus mansis del Mont. Et illud similiter quod habebat in manso della Saleza (3), ubi Ramnulfus visus est manere, et in alio loco, allas Bordas IIII denarios.

Hujus doni auditores extiterunt, Geraldus de Vallada, Bernardus Malamancia, Archambaldus Boto, Johannes, presbiter, Petrus, sutor, Stephanus Torencs.

Factum est donum istud regnante Philippo rege Francorum.

 

XL

996-103l

 

Geraldus Blancus de Verilz dedit Deo et Sancto Pelro Vosiensi pro remedio anime sue et patris sui et matris, de propriis rebus suis in villa que vocatur Fressingeas (4) I mansum et I capmansum et I bordariam. Audientibus Petro, monaco.

Factum est donum istud regnante Rotberto rege Francorum.

 

(1) Comtors. La lumière n'est pas encore faite sur la véritable signification du titre de Comtors. Nous pensons, quant à nous, en nous basant sur les seuls éléments fournis par notre Cartulaire qu'il était purement honorifique, servant à désigner, parmi les membres d'une nombreuse famille de grands seigneurs féodaux, l'un d'entre eux d'une manière particulière. ― Le Cartulaire d'Uzerche donne le même titre à divers membres de la famille de Terrasson. Peut-être pourrait-on dire qu'il dérive de comes, comitis, comte, petit comte, comme domicellus, petit seigneur, dérive de dominus.

(2) La Geneste, voir note 3 de la page précédente.

(3) La Salesse, village de la comm. de Saint-Germain-les-Vergnes; 11 kil. S. de Vigeois: un autre du même nom, 1 kil. S. O. d'Espartignac, 8 kil. N. E. du Vigeois.

(4) Fressingas, village de la comm. d'Orgnac; 8 kil. S. O. de Vigeois.

 

― 27 ―

XLI

1031-1060

 

Ragenberga concessit Deo et Beato Petro Vosiensi, pro remedio anime sue et domine sue Emade, de propriis rebus suis, in pago Exandonense, in villa que dicitur Caumont (1), II clausos vinearum.

Facta est concessio ista in mense maio, regnante Aenrico rege. Audientibus Ramnulfo, Ugone, Geraldo, Imone (2).

 

XLII

Circa 1080

 

Ugo Liapecs et uxor ejus Solitia, concesserunt Deo et Beato Petro Vosiensi, pro salute animarum suarum, de propriis rebus suis, I mansum a Clamoriu.

Doni hujus auditores fuerunt domnus Petrus, decanus, Rai*naldus, monacus, Geraldus Bernardus, Ugo Ladent, Archambaldus Boto et frater ejus, Petrus Columbrinus, Fulcherius Gauzfredus, Wido de Bren et Boso (3), frater ejus, Galterius Malamancia et

 

* Fol. XXXV, v°.

(1) Chaumont, village de la comm. d'Ussac; 3 kil. S. O. de la ville de Donzenac (dans le voisinage de laquelle Vigeois possédait de nombreuses propriétés); 19 kil. S. de Vigeois. ― Le pays d'Yssandon (l'ancien pagus Exandonense), s'étendait jusqu'aux portes de Brive. Il comprenait notamment les riches campagnes d'Allassac et de Donzenac comme l'atteste le Cartulaire d'Uzerche de la collection du Chesne, en ces termes: « Garsiendis dedit bordariam in fundo Exandonensi, juxta ecclesiam Donzenaci: subscripserunt donationem, Ebbolus vicecomes, Willelmus filius suus, Archambaldus filius suus, Beatrix, uxor sua, regnante Rotberto rege, » (Bib. nat., mss. coll. du Chesne, 22, p. 225, v°). Ce qui vient confirmer l'identification de Mazières de la charte n° 1.

(2) Imone. Probablement prévôt de l'abbaye. Cette qualité lui est donnée dans la Charte XLIV, remontant également aux premières années du XIe siècle.

(3) Wido et Boso de Bré, fils de Gerald Bernard, princeps de Bré, en 1082 donateur de Vigeois à Saint-Martial (Chartes de la Marche et du Limousin, par Leroux et Bosvieux).

 

― 28 ―

Johannes, frater ejus, Geraldus Boto et mater ejus et frater ejus Bonis, et uxor Petri Columbrini et Bernardus Columbrinus et frater ejus Johannes.

Facta est concessio ista, regnante Philippo rege.

 

XLIII

954-986

 

Rigaldus concessit Deo et Beato Petro Vosiensi pro salute anime sue, de propriis rebus suis, I mansum in villa que dicitur Cassanias (1), ubi Solius visus est manere. in vicaria Cambolivense quicquid ad ipsam mansum pertinere videtur, cum campis et silvis et terram que culta est vel insulta, totum ab integro concessit.

Factum est donum istud in mense decembris regnante Hlotario rege.

 

XLIV

996-1031

 

Amblardus dedit Deo et Beato Petro Vosiensi pro remedio anime sue, de propriis rebus suis, II mansos in villa que dicitur Chalaus (2) totum ad integrum.

Factum est donum istud in mense augusto, regnante Rotberto rege; hujus quoque doni auditores extiterunt, Imo, prepositus (3) Johannes, monacus, Petrus, monacus, Petrus, vicarius, Willelmus Geraldus, clericus.

 

XLV

1031-1040

 

Ugo et Willelmus Sancti Aredii, concesserunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute animarum suarum, omnium que pa-

 

(1) Chassagnas, village de la comm. de Pierrefitte (touchant celle de Chamboulive), 11 kil. O. de Vigeois.

(2) Chalaux, village de la comm. de Chamboulive, a 14 kil. O. de Vigeois.

(3) Imo, prévôt de Vigeois, 996-1031, est probablement le même que celui mentionné aux chartes II et XLI.

 

― 29 ―

rentum suorum I mansum qui vocatur Rivisun (1), in vicaria Cambolivense, ubi Johannes visus est manere; audientibus Ebbulo, vicecomite, Galterio, monaco, Deusde, presbitero.

Facta est concessio ista regnante Aenrico rege.

 

XLVI

1060-1108

 

Petrus et Garnerius dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro animabus suis ex rebus suis, II mansos, in villa que dicitur Matgas, in pago Cambolivense; audientibus Geraldo, Ramnulfo, Bernardo, Rotberto.

Factum est donum istud regnante Philippe rege.

 

XLVII

 

Boso Ladens et uxor ejus Alpaidis, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro remedie animarum suarum I mansum a Matgas, ubi Ramnulfus visus est manere (2).

 

XLVIII

1031-1060

 

* Sennur de Urtigeiras dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro

 

* Fol. XXXVIII, r°.

(1) Rivassoux, village de la comm. de Seilhac, 16 kil. O. de Vigeois, 8 kil. S. de Chamboulive. Deloche, dans ses Monnaies mérovingiennes du Limousin (Paris, 1863, in-8°), indique un tiers de sou d'or mérovingien, comme frappé à Rivisum, « lieu inconnu du Limousin ». L'identification de Rivisum, dans la vicairie de Chamboulive, avec le village actuel de Rivassoux, à une faible distance de Chamboulive, nous paraît réunir les plus graves présomptions de vraisemblance. Une tradition populaire, ayant encore cours dans le pays, rapporte que l'on y faisait autrefois de l'argent. (Renseignements fournis par le comte de Seilhac, pendant de longues années maire de Seilhac et conseiller général de la Corrèze).

(2) Les fol. XXXVI et XXXVII manquent. Baluze, Gaignière et le ms. 17119 F. L. nouv. acq. le constatent également.

 

― 30 ―

salute anime sue, de propriis rebus I ortum et pratum, de manso ejus della Valada (1), audientibus Geraldo Cramall.

Factum est donum istud regnante Aenriro rege.

 

XLIX

1031-1060

 

Bonus Homo, presbiter, dedit Deo et Beato Petro Vosiensi, pro remedio anime sue, de propriis rebus, I bordariam alla Vaissa (2) audientibus Stephano, presbitero, Radulfo, Ramnulfo, Johanne.

Regnante Aenrico rege, factum est donum istud.

 

L

Circa 1082

 

Archambaldus Boto, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anima patris sui Geraldi Bernardi, medietatem bordarie della Vaissa, cum pratis et silvis et omnibus appendidis suis ex omnibus medietatem, audientibus filiis suis. Geraldo Botone, Boni, Petro Columbrino, Petro de Montel, monaco.

 

LI

1082-1096

 

Geraldus Engalrics, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, partem suam de solario quod est ante portam monasterii et totum quod exquirebat in mansis vel in bordariis a Jeverliac (3), dedit cum consilio Geraldi Bernardi de Bré, et in manso de Blaisac (4) qui vocatur Bugin (5) II denarios, et duas partes unius sextarii avene.

 

(1) La Valade, village de la comm. de Vigeois, à 1 kil. O.

(2) La Vaisse, village de la comm. de Vigeois, 5 kil. S. O.

(3) Javerlhiac, village de la comm. de Vigeois, 3 kil. 500 sur le chemin qui mène à Hautefaye, lieu aujourd'hui complètement disparu. Voir. note 3 de la page 9.

(4) et (5) Bleygeat, village de la comm. de Vigeois, 3 kil. S., à côté de La Buginie, village de la même comm. 2 kil. S. de Bleygeat.

 

― 31 ―

Auditores hujus doni fuerant domnus abbas Geraldus, Gauzfredus, prepositus, Gauzbertus Malafaida, Geraldus Bernardi, Petrus, presbiter de Celom, Bernardus de Vallada, Rotgerius de Uzerca.

Archambaldus quoque Engalrics, filius supradicti Geraldi, dedit pro sepultura matris sue, unum ortum a la Pongaria (1): hoc donum factum est ante altare Sancti Petri, audientibus domno Petro abbate et cuncta congregatio monachorum; insuper auditores fuerunt Bonius et Bernardus de Bonastre et uxor ejus que hoc donum concessit et multi alii (2).

Petrus vero Engalrics, nepos ejus, similiter dedit Sancto Petro, tertiam partem istius solarii pro anima patris sui et matris sue.

 

LII

1080-1097

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Ildeardis et filius ejus Ramnulfus Galterius, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, totum quod habebant in manso del Bosc et hoc quod habebant in bordaria de Chanor, et II solidos in manso de Altafaia, et V denarios a Villavalles (3), et II solidos et IIII sextarios avene in manso de Javerlac * et decimum de tribus mansis de Murniac (4), et in eadem villa, in manso quo Petrus de Murniac manere videtur, XII denarios, et II sextarios sigile et II avene acessal (5). A Corber (6), IIII denarios in quodam orto, et hoc quod habebant in manso de la Corbateira qui est in parochia de Cozac (7), apud Vosias IIII denarios in quodam orto.

Hujus doni auditores fuerunt Wido de Bren, qui et hoc donum concessit, Agnes de Bren, Geraldus de Bren, presbiter, Constantinus de Maezac, Rotgerius mercator, Petrus Johannes.

Sciendum vero est quod hii tantum auditores fuerunt doni quod

 

* Fol. XXXVIII, v°.

(1) Poncharel, village de la comm. de Vigeois, 1 kil. E.

(2) Toute cette partie est écrite en marge de la charte.

(3) Villevaleix, de la comm. de Vigeois, 1 kil. 500 S. de Vigeois.

(4) Merniac, village de la comm. de Vigeois, 1 kil. 500 N.

(5) Acessal, à la mesure comble.

(6) Corbier, autrefois bourg important, réuni aujourd'hui à Saint-Pardoux, 12 kil. N. de Vigeois.

(7) Coussac-Bonneval, chef-lieu de comm. dans la Haute-Vienne, 20 kil. N. O. de Vigeois; autrefois Cossac de Brenno (Pouillé du dioc. de Limoges, Bib. nat. 4621, F. F.).

 

― 32 ―

predicta Ildeardis fecit de manso de Javerlac, Gauzbertus Malafaida, monacus, Bernardus de Corpsalez, Geraldus Golferius.

Factum est donum istud regnante Philippo rege francorum.

 

LIII

1092-1095

 

Notum sit omnibus hominibus, quoniam ego Amelius et uxor mea Almos, damus Deo et Beato Petro Vosiensi, cum filio nostro Petro et pro animabus nostris, mansum Arnulfi de Vaenas (1) et I bordariam in Agauch (2) et omnem terram que nostri juris erat a Bracchar (3), omnes que gallinas ex omni terra quam Rotbertus de Sadran Beato Petro Vosiensi dedit.

Uxor quoque mea Almos, dat cum auctoritate mea, Beato Petro Vosiensi, mansum unum al Mont (4) qui est in parrochia Sancti Johannis Ligurie, ubi Rusticus qui Vicecomes dicitur, manere visus est, ea tamen ratione ut quandiu vixerit teneat, et omni anno ad festivitatem Sancte Marie, in augusto, VI denarios reddat post ipsius vero obitum, Beato Petro ex integro remaneat.

Hujus doni auditores fuerunt, domnus abbas Petrus, Gauzfredus, prepositus, Rainaldus, monacus, Gauzbertus, monacus Doitrannus ejusdem Amelii filius * qui et hoc donum concessit, Petrus Geraldus, presbiter de Comborn (5), Willelmus Chastan, nepos predicti Amelii, Stephanus, procurator suus.

 

* Fol. XXXIX, r°.

(1) Vaynas, village situé entre Orgnac et Vigeois; 3 kil. S. O. de cette dernière ville.

(2) Gau, village de la comm. d'Allassac; 1 kil. O. de cette ville, 14 kil. S. de Vigeois.

(3) Bracchar, souvent orthographiée Brapchar, Bropchar, actuellement Brocchar, village de la comm. d'Allassac; 3 kil. 500 S. E. de cette ville, 17 kil. S. de Vigeois, déjà identifié p. 6.

(4) Le Mont, village de la comm. de Saint-Jean-Ligoure (Haute-Vienne); 15 kil. S. de Limoges, 30 kil. N. de Vigeois.

(5) Comborn. comm, d'Orgnac; 7 kil. S. O. de Vigeois, chef-lieu de la vicomté de ce nom, la plus ancienne du Limousin. Des Comborn sont successivement issus les vicomtes de Turenne, de Ventadour et de Limoges. Le château proprement dit, castellum, était placé sur un promontoire incliné, dominé par des collines élevées (d'où le nom de Comborn) et entouré de trois côtés par la Vézère. On y voit encore les ruines de la chapelle avec sa clef de voûte portant sculptées les armes de cette maison: deux lions ou léopards passants l'un sur l'autre (XIVe siècle).

 

― 33 ―

Factum est donum istud, regnante Philippo rege et Umbaldo, Lemovice sedis tenente.

 

LIV

1092

 

Omnibus notum sit quoniam ego Geraldus Boto et frater meus Bonius, cum consilio patris nostri Archambaldi, damus Deo et Sancto Petro Vosiensi, mansum de Perpeziac (1), et frauz (2) qui sunt siti juxta Comaniac (3) et decimum de Soulciac de bordaria Paravisi et hoc quod habemus a Chauzfan (4) et pro commutatione decimi de campis quod olim firmavimus Sancto Petro. Damus etiam mansum de Las Chossas. Porro ergo Geraldus, do partem meam de alodo de la Boaria (5), ubi Geraldus manere videtur et pignus quod habebam in eodem alodo de Johanne Columbrino et de sorore ejus et partem meam de tribus mansis de la Gasconia, videlicet de manso all Bon et de manso Aldeberti atque de manso Beraldis a Grezas, quos nimirum mansos fe[valiter] habebam de Petro Bernardo et ejus fratre Geraldo de Sancto Michahele. Gauzbertus pater, Bernardus Umbertus, hos mansos jam dudum Sancto Petro Vosiensi concessisset sicut carta manifestat, hec quoque omnia superius nominata, cum auctoritate fratris mei Bonii, prompta voluntate, Beato Petro eique servientibus fratribus, pro remedio anime sue, dono atque concedo atque ut mihi jam in extremo vite mee posito, pius subvenire atque regni celestis aditum pandere dignetur.

Hoc autem donum recepit ex nobis abbas Vosiensis domnus Petrus, assistentibus sibi fratribus, Rainaldo atque Gauzberto.

Factum est donum istud regnante Philippo rege, anno ab incarnatione domini millesimo nonagesimo secundo, indictione XV (6).

 

(1) Perpezac surnommé le Noir, par opposition avec une commune voisine, appelée Perpezac-le-Blanc, à 6 kil. S. de Vigeois.

(2) Frauz, fraudas, fravaterium, vastum, incultus et eremus ager, telle est la définition de du Cange. Nous verrons fréquemment ce mot revenir.

(3) Commagnac, village de la comm. de Vigeois, 2 kil. S. E. de cette ville.

(4) Chauffour, village de la comm. de Saint-Ybard, 10 kil. N. de Vigeois.

(5) La Borie-l'Abbat, village, 1 kil. O. de Vigeois.

(6) Vingt-cinq lignes du manuscrit grattées au couteau. Ce que Baluze, dans sa copie, exprime énergiquement par ces mots: « Scriptura erasa est cum cultello ».

 

― 34 ―

LV

 

* Notum sit omnibus quoniam ego Geraldus Victoria, dono Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi, pro anima mea et pro anima patris mei, et matris mee, mansum de Monchoubau (1) ex integro, aud[iente] Rainaldo Calvo.

Deinde Geraldus Assaliz, dimisit jutziam quam in hoc manso habebat, post obitum suum Deo et Sancto Petro Vosiensi, audientibus Rainaldo monaco.

Postea Stephanus de Chasarenc, filius Stephani, qui fevalis erat istius mansi, dimisit Sancto Petro Vosiensi, post mortem suam quicquid in predicto manso possidebat. Audientibus Rainaldo monaco, Bernardo de La Rocha, et Geraldo Arnaldo, soror quoque... (2).

 

LVI

1098-1100

 

** Tam presentes quam futuri noverint quoniam ego Petrus de Terrazon, do et relinquo domino Deo et Beato Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi, pro salute anime mee, partem meam de fevo presbiterii (3) de ecclesia de Camboliva, que ad me pertinet, quolibet modo habeo, ex integro dimitto et I mansum.

Factum est donum istud temporibus Philippi regis Francorum.

 

* Fol. XXXIX, v°.

** Fol. XLIX. r°.

(1) Mongibeaud, chef-lieu de comm., 18 kil. N. O. de Vigeois.

(2) Neuf fol. manquent de XL à XLVIII inclusivement. Ils manquaient déjà du temps de Baluze.

(3) Fevo presbiteri, mansus presbiteri, mansus diaconi. Charlemagne, par un de ses capitulaires, avait ordonné que les revenus d'un ou plusieurs mas seraient affectés à chaque église, pour assurer le service du culte. Sous ses successeurs, ces biens furent presque partout usurpés, ainsi du reste que ceux des abbayes elles-mêmes, et convertis, selon l'usage du temps, en fiefs. De là l'origine de ces restitutions dont les cartulaires d'Uzerche, de Solignac et le nôtre, offrent de si fréquents exemples. (V. note 7 de la page 24, où la vicomtesse de Comborn restitue le fief presbitéral de Chamberet).

 

― 35 ―

et Willelmi, episcopi Lemovicorum, in burgo de Terrazo (1), in presentia domni Petri abbatis, cui helemosinam suam, pro remedio anime sue commandavit, audientibus Gauzfredo, preposito, et uxore ejus.

 

LVII

1082-1086

 

Notum sit tam presentibus quam futuris quoniam ego Geraldus de Terrazon, relinquo ex integro, omnes consuetudines malas et omnes malos usus, quod in monasterio Sancti Petri Vosiensis habebam vel quecumque meo exquirebam, vel alii per me et gurpitionem facio. Quicumque autem absolutionem istam infringere et irritam facere ausus fuerit, aeternum Dei judicium sentiat et cum diabolo et angelis ejus infernales penas sustineat.

Hujus rei auditores fuerunt, domnus abbas Geraldus, quo presente id actum est, et Gauzfredus, prepositus, et Gauzfredus La Rocha et Fulcaldus, fraler ejus.

Hoc autem factum est apud ecclesiam de Aut-Jac (2) temporibus Philippi regis Francorum, et Widonis episcopi Lemovicorum.

 

LVIII

1092-1110

 

* Notum sit cunctis tam presentibus quam futuris, quia Petrus de Petrabufeira (3), dedit atque concessit domino Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi, ejusque congregationi, pro salute anime sue, omne quod habebat vel exquirebat in manso de Alta Faia (4), ubi ecclesia constructa est, et homines et feminas

 

* Fol. XLIX. v°.

(1) Terrasson. chef-lieu de canton (Dordogne), 18 kil. S. O. de Vigeois.

(2) Objat, chef-lieu de commune, canton d'Ayen, 15 kil. S. O. de Vigeois. Dans l'idiôme du pays, Objat se prononce encore Atjac.

(3) Pierrebuffière. chef-lieu de canton (Haute-Vienne), 8 kil. S. de Limoges, 33 kil. N. de Vigeois, a été le berceau d'une ancienne maison du Limousin qui disputait aux seigneurs de Las Tours le titre de premier baron de la province.

(4) Hautefaye ou Haute Fage. village de la comm. de Vigeois. identifié note 2 de la page 9, 3 kil. S. O. de Vigeois. On y voyait encore les restes d'une antique chapelle avant 1789.

 

― 36 ―

quos exquirebat, qui in terra Sancti Petri Vosiensis permanent in presenti tempore dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi et promisit se monasterium Vosiense, et terram Sancti Petri Vosiensis, et homines ejus tuendum.

Hoc autem fieri fecerunt Gaucelmus Bernardus et Geraldus del Brolio et Bernardus Valencia et donum istud concessit, audientibus Gauzfredo, preposito, Ottone Bernardo, Petronilla de Ribeira et Petro de Faia. Accepit autem propter hoc, unam mulam

brunam.

 

LIX

Circa 1092

 

Omnibus hominibus notum sit, quia ego Iterius Bernardus et Geraldus de Turribus (2), damus et concedimus, Deo et Sancto Petro Vosiensi, totum quicquid habemus vel exquirimus, aut alii per nos, in manso Al Roi de Alta Faia (3), ubi ecclesia edificata est.

Hujus rei auditores fuerunt, domnus abbas Petrus et Rainaldus monacus, Gauzfredus, prepositus, Geraldus de Sancto Ilario, Geraldus La Rocha, presbiter de Celom, Wido Chenez et Petrus de Grangas.

Hoc donum concessit similiter Geraldus de Petrabufeira, filius Iterii Bernardi, audiente Bernardo de Bré.

Simili modo concessit Almodis, uxor Iterii Bernardi et filii eorum Gaucelmus et Cabrols; audientibus Geraldo monaco armario, qui hoc donum ex parte eorum excepit, et Geraldo La Rocha, presbitero de Celom (4) et Widone Chenet et Stephano La Rocha et Geraldo, vicario de Celom.

 

(1) Itier Bernard de Pierrebuffière. ― Il est souvent question de lui dans la Chronique de Geoffroy de Vigeois.

(2) Gerald de Las Tours, frère de Gouffier, un des héros de la première croisade.

(3) Roc d'Hautefaye, aujourd'hui dénommé Roc de Bordas (carte de l'état-Major), au-dessus et touchant Hautefaye. L'église y avait été construite. ― En marge de l'acte, d'une écriture antérieure au XVIe siècle on lit: al Ros.

(4) Celom est devenu Salons, surnommé La Tour, chef-lieu de commune, canton d'Uzerche, 14 kil. N. de Vigeois. ― Une vicairie importante, qui a échappé aux recherches de M. Deloche, parait y avoir existé.

 

― 37 ―

Hoc donum concessit similiter Umberga, uxor Geraldi de Turribus, audientibus, Rainaldo monaco et Geraldo de Sancto Ilario.

Facta sunt hec temporibus Philippi regis Francorum,

 

LX

1092-1110

 

Notum sit cunctis hominibus quoniam uxor Ademari * de Soliaco (1)... et filius ejus Gauzbertus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, omne suum jus quod habebant in villa de La Vaissa (2).

Hujus doni auditores fuerunt, domnus abbas Petrus et Gauzfredus, prepositus, et Petrus de Terrazo et Bernardus, frater ejus et Geraldus de Sancto Michaele et Petrus de Sandron et Wido La Rocha et Petrus de Vallada.

Hoc donum concessit Ademarus de Soliaco, audientibus domno Petro, abbate et Gauzfredo, preposito, et Bernardo de Terrazo.

 

LXI

Circa 1098-1100

 

Notum sit omnibus hominibus quia Geraldus de Terrazon et Petrus frater ejus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, totum quod habebant, in manso del Poi de Paerlac, et in bordaria de Bracchar (3), audientibus Gauzfredo, preposito, et Geraldo de Vallada et Gauzberto, fratre ejus.

 

LXII

1092-1110

 

Notum sit cunctis hominibus quia Rigaldus Ugo, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue et patris sui et matris sue, hoc quod habebat in manso de Rivesun (4).

 

* Fol. L, r°.

(1) Souillac, village de la comm. et du canton sud de Tulle, 21 kil. S. E. de Vigeois.

(2) La Vaisse, village, à 5 kil. S. de Vigeois.

(3) En marge de l'acte sont écrits: Brapchar et Brochar.

(4) Rivassoux, village de la commune de Seilhac, 16 kil. O. de Vigeois.Voir note 1 page 29.

 

― 38 ―

Audientibus domno Petro abbate et fratribus ejusdem loci et nepote ejus, Rotberto de Charen.

 

LXIII

1082-1091

 

Notum sit omnibus hominibus, quia Stephanus Ramnulfus dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue mansum de Peirangas de Rofinnac et partem suam de terra del Verdier de Aqueductu. Audientibus Stephano Chevalier, frati ejus et filio ejus Petro Ramnulfo et Gauzfredo Ademaro, monaco Brantosmensis monasterii (1).

Sciendum vero est, quia Rotbertus de Rofinnac, post mortem Stephani Ramnulfi, hunc mansum de Peirangas invasit. Sed postea dedit et concessit, Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue et patris sui et matris sue.

Audientibus Geraldo, monaco, armario, et Ugone de Rofinnac et Petro et * Geraldo de Bouzac et Duranno.... accepit autem propter hoc a predicto Geraldo, monaco, XII solidos.

Similiter concesserunt hunc mansum, filii Stephani Rofiniaci, Petrus ap[ud] Sellac (2), audientibus, Geraldo, secretario et Johanne Peissun et Stephano, cellarario; et Rotbertus, ap[ud] sanctum Germanum (3), audientibus Geraldo, secretario et Geraldo Audeberto et Ugone Rofiniaci. Donum quod fecit Stephanus Ramnulfus, concessit filius ejus Petrus Ramnulfus, audientibus domno Petro abbate (4).

 

LXIV

1073-1086

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Wido de Corberio (5)

 

* Fol. L, V.

(1) Brantôme, ancienne abbaye du Périgord, 96 kil. O, de Vigeois. ― Ce monastère possédait plusieurs églises en Limousin et notamment celle de Perpezac-le-Noir.

(2) Seilhac, chef-lieu de canton, 15 kil. E. de Vigeois.

(3) Saint-Germain-les-Vergnes, chef-lieu de commune, 14 kil. E. de Vigeois. La maison de Roffignac y possédait des biens considérables.

(4) Six lignes laissées en blanc.

(5) Corbier, autrefois chef-lieu de paroisse, aujourd'hui réuni à Saint-Pardoux, 12 kil. N. de Vigeois.

 

― 39 ―

dedit et concessit Deo et Sancto Petro Vosiensi pro salute anime sue, terram ubi ecclesia et burgus de Corberio edificatus est, liberam et absolutam a suo jure, ita ut si ibi domum edificaret non nisi pro concensu haberet, audientibus Gauzfredo Delleiriz et Bernardo Valencia et Willabaldo de Sarazac.

Dedit autem idem Wido, in die benedictionis ecclesie pro filiatione, IIII d[enarios] in bordaria de Lacu (1), multis audientibus.

Facta sunt hec temporibus Philippi regis, et Widonis, episcopi

Lemovicensis.

 

LXV

 

Notum sit omnibus hominibus, quia Belieldis, uxor Stephani de Curvo Salice, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue, I bordariam a Freuls (2) que est super Melsac, quam Martinus de Altafaia (3) tenere videtur, audientibus Rotgerio, presbitero, et Geraldo, presbitero de Bré (4).

 

LXVI

 

* Breve helemosinarum Froterii (5) de terra Sancti Petri Vosiensis quam tenebat et vult dimitere Deo et Sancto Petro, pro remedio anime sue vel pro remedio anime patris sui. In primis dimitto ecclesiam de Bassiaco et duos mansos in ipso loco; et frauz de Altafaia quod pertinendum est ad terram Sancti Petri et in Javerliaco III mansos; et in villa de Anglaret II mansos, et

 

* Fol. LI, r°.

(1) Lescure, village, 1 kil. S. de Saint-Pardoux-Corbier, 7 kil. N. O. de Vigeois.

(2) Frioux, village de la comm. de Meuzac (Haute-Vienne), 3 kil. N. E. de Meuzac, 25 kil. N. de Vigeois.

(3) Hautefaye, village de la comm. de Meuzac, entre cette commune et Frioux, 23 kil. N. de Vigeois.

(4) Quatre lignes laissées en blanc.

(5) Cette charte est la répétition presque textuelle de celle du n° X (page 9), sauf pour Bacchalaria, qui n'est pas mentionné ici.

 

― 40―

in villa de Borziaco VI mansos; et in villa de Tellido (1) mansum absum (3), et in villa de Selaur I mansum; et in villa de Columbes, qui est juxta Vultiziaco, I mansum, istas res supra dictas et denominatas, dimitto Deo et Sancto Petro ut quandiu vivo, teneam, et post meum dicessum rectores ejusdem loci teneant, et si qualiscumque meus propinquus adheres contra hanc reditionem ullam calumpniam generare presumpserit, in primis iram Dei omnipotentis incurrat et omnium sanctorum simul que cum Datam et Abiron in inferno participationem habeat, et cum Juda Scariothis in profundissimum infernum demergatur. Et hanc traditionem manu propria subfirmavi et bonis viris adfirmare rogavi.

S[ignum] Froterii et uxor sue Ode. S[ignum] Asterii, abbatis. S[ignum] Galterii. S[ignum] Stephani. S[ignum] Aigfredi. S[ignum] Frodini. S[ignum] Eustorgii.

 

LXVII

1092-1110

 

Notum sit cunctis tam presentibus quam futuris, quondam ego Geraldus de Terrazon et frater meus, damus atque concedimus domino Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi, pro salute animarum nostrarum et omnium parentum nostrorum, totum quod habemus tam nos quam alii pro nobis, in manso Jutzal de Sellaur et in Frauz qui sunt inter Vertrac et Murat et Laschezas (3) el Altafaia quemadmodum * sunt determinati vel debornati, sicut nunc habemus et tenemus, vel alii per nos.

Factum est donum istud in festo Sancti Sori ante portam ipsius monasterii, audientibus Rainaldo monaco, et Geraldo Malafaida, et Ebrardo de Soliaco aliisque multis.

Petroniila uxor Bernardi de Terrazon, concessit et dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi totum quod habebat vel exquirebat vel alii per eam in terra supra nominata, audientibus domno Petro, abbate et Rainaldo, monaco, et Iterio, filio ejus et Geraldo.

 

* Fol. LI. v°.

(1) Tellido, peut-être Teillot, chef-lieu de commune, canton d'Ayen, 22 kil. O. de Vigeois (Voir Deloche, Monnaies mérovingiennes du Limousin, p. l53, qui a cru y reconnaître un atelier monétaire).

(2) Mansum absum, mas inculte, désert, abandonné.

(3) Les Chaizes, village à 5 kil. S. O. de Vigeois, assez rapproché d'Hautefaye.

 

― 41 ―

LXVIII

1092-1110

 

Sciendum est quoniam Geraldus de Petra, conventionem fecit Sancto Petro Vosiensi et monachis ejus, de terra superius nominata, de Frauz cum consilio et auctoritate Bonii qui fevales erant de hac terra eut redderet exinde omni anno in vita sua IIII sext[arios] sigiline et post mortem ejus remaneret medietas de terra ista de Frauz Sancto Petro. Post mortem vero filii ejus, omnis hec terra ex integro esset Sancti Petri et monachorum ejus.

Hujus conventionis auditores fuerunt domnus abbas Petrus, et Rainaldus, monacus, et Gauzfredus, prepositus, et Wido de Bré et Bernardus de Terrazon et Petrus de Friac et Bernardus Audebertus et Rotgerius mercator et Petrus de Vallada et Galterius, procurator, et Petrus Galterius.

Facta sunt hec temporibus Philippi regis.

 

LXIX

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam ego, Ugo Dens do domino Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime mee totum quod habeo vel alii per me in manso Chatbaldi de Grezas et partem meam de IIII den[arios] de vicaria de manso de Transrivo (1).

Hujus doni auditores fuerunt, Rainaldus, monacus, et * Gauzfredus, prepositus et Petrus Gariz, monacus, et Petrus de Vallada et Aimiricus de Celom et Galterius de Castris. Bonius dedit similiter Deo et Sancto Petro Vosiensi, totum quod habebat in predicto manso de Grezas et quod habeo in manso de Transriu, audientibus Rainaldo, secretario, et Galterio et Geraldo Johanne.

 

LXX

Circa 1082

 

Notum sit omnibus hominibus quia Archambaldus Boto et filius

 

* Fol. LII. r°.

(1) Trarieux ou Trarioux, village de la comm. de La Graulière, 6 kil. S. E. de Vigeois.

 

― 42 ―

ejus Geraldus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi pro salute animarum suarum, decimum de la Brugeira (1) et decimum quod habebant in villa de Tauzac (2) et decimum de terra Alla Badun. Hujus doni auditores fuerunt, Petrus, decanus, et Rainaldus monacus, et Bernardus Malamancia et Bonius. ― Geraldus autem de Vosias, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, totum quod habebat, iu his decimis. Audientibus, Petro, decano, et Rainaldo Rofiniaci, monaco.

 

LXXI

1092-1110

 

Notum sit cunctis hominibus quia Bernardus Malamancia et Johannes, frater ejus, fecerunt gurpicionum Deo et Sancto Petro Vosiensi, ejusque congregationi, de vicaria quam exquirebant in burgo de Vosias. Et hoc quod habebant vel exquirebant in manso de Vetger. Et in manso de Paerlac. Et quicquid exquirebant de terra Sancti Petri, monachis Vosiensibus, excepta bordaria de Chanor et decimatione. Et fecerunt donationem de fevo quem habent de Sancto Petro et abbate, scilicet, domos et ortos et solares, ut post mortem eorum ex integro remaneant Sancto Petro et mo * nachis ejus.

Hujus rei, auditores fuerunt, domnus abbas Petrus et Rainaldus monacus, et Ganzfredus, prepositus, et Petrus de Vallada et Bernardus Iratus.

 

LXXII

1092-1110

 

Bernardus Malamancia et Johannes frater ejus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi duos solidos in manso de La Buginia del Baissac (3), audientibus, Rainaldo, monaco, et Galterio, bajulo ejus.

 

* Fol. LII. v°.

(1) La Brugère, village de la comm. de Vigeois, à 3 kil. E.

(2) Taussac, village de la comm. de Vigeois, à 3 kil. E. ― La Brugère et Taussac se touchent.

(3) La Buginie del Baissac, La Buginie de Bleygeat, déjà identifié, à 3 kil. S. de Vigeois. Voir notes 4 et 5 de la page 30.

 

― 43 ―

LXXIII

1092-1110

 

Omnibus hominibus notum sit, quoniam ego Archambaldo de Borzolas, dono Deo et Sancto Petro Vosiensi, cum filio meo Gauzfredo, apud Briva (1), unum solarium qui debet IIII denarios a la Condamina que est juxta aquam; VI denarios et dimidium modium de sigile et II sextarios de civada et II gallinas et unam trogam eldesme (2); a Paisseiras (3) IIII denarios et unam gallinam; a Peirafumada (4) la meitaz del quart de duos mansos; a Chabannas, in duos mansos XII denarios ad Sanctum Hylarium.

Auditores fuerunt domnus abbas Petrus, qui hoc ipsum donum accepit. Geraldus, monacus, Guido, Petrus de la Vallada, Raimundus de la Planca et multi alii.

 

LXXIV

1111-1124

 

Cunctis hominibus in presenti vita degentibus, notum fore volumus quoniam Galterius de Castra et Johannes et Stephanus, fratres ejus, dederunt Deo hac beatissime Madalgodi virgini (5), IIII denarios in manso de Noallaguet, ubi Geraldus Laplanca visus est manere, qui semper sunt reddituri in mense martio.

Hoc donum factum est in manu domni Rainaldi abbatis, in capitolio ejusdem monasterio. Auditores fuerunt cuncta congregatio ejusdem loci.

 

(1) Brive-la-Gaillarde, chef-lieu d'arrondissement (Corrèze), 24 kil. S. de Vigeois.

(2) Unam trogam eldesme, probablement le dixième d'une truie, ou plutôt du produit d'une truie.

(3) Paissiras. village de la comm. de Condat, à 10 kil. N. de Vigeois.

(4) Peyrefumade, village de la comm. et du cant. de Larche, 32 kil. S. de Vigeois.

(5) Beatissime Madalgoldi virgini. ― Sainte Madalgode ou Madelbode ou Badalbode, fut portée dans ce monastère, dit le Gallia christiana vet. t. 4, p. 958, de la Grande Bretagne. Peut-être, dit le P. Bonaventure, t. III, p. 320, à cause des ravages des Normands. Elle opérait des miracles du temps de Bernard Guidonis. Labbe, t. I, Nov. bib., p. 632. On ignore le jour de son culte. (Chastel, Martyrologe universel, p. 816.) Ailleurs il est mis le 23 août. (Mém. mss. du Limousin, t. III, p. 103.)

 

― 44 ―

Factum est donum istud regnante Ludovici rege Francorum et sedis episcopatu tenente Eustorgio Lemovicine urbis.

 

LXXV

1082-1091

 

* Notum sit tam presentibus quam futuris quoniam Rotbertus de Vallada, dimisit Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi et monachis ejus pro salute anime sue partem suam de exactione quam habebat de Sancto Petro et monachis monasterii Vosiensis, audientibus Rainaldo, monaco, et Petronilla uxore ejus, Petrus autem de Vallada et fratres ejus Geraldus et Gauzbertus, dimiserunt Deo et Sancto Petro Vosiensis, pro salute animarum suarum, et patris sui Geraldi, partem suam de exactione, quam habebant de Sancto Petro et monachis Vosiensis monasterii. Audientibus domno Geraldo, abbate, et Gauzberto Malafaida, et Gauzfredo, preposito, et Archambaldo Botone et Geraldo, filio ejus, acceperunt propter hoc ab abbate LX solidos et II modios de segi.

Bernardus de Vallada reliquit similiter Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue, partem suam de exactione, quam habebat de Sancto Petro et monachis ejus. Audientibus domno Geraldo, abbate, et Gauzberto Malafaida et Gauzfredo, preposito, et Petro de Vallada et Archambaldo Botone et Geraldo, filio ejus accepit que pro hoc ab abbate X solides.

 

LXXVI

Circa 1082

 

Notum sit omnibus hominibus, quoniam Rotbertus de Vallada et Bernardus, frater ejus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi cum consilio Geraldi Bernardi de Bré, partem suam de solariis et ortibus qui fuerunt quondam Petri, vicarii, audientibus Petro decano, et Geraldo de Userca, et Petro del Montell, monaco, et Rainaldo de Rofiniaco, monaco, et Petro de Rofiniaco, monaco, et Gaufrezdo Delleiriz qui divisionem fecit de hoc solario inter monachos et Geraldum de Vallada et filios ejus, accepe ** runt que propter hoc, a monachis XL solidos.

 

* Fol. LIII, r°.

** Fol. LIII, v°.

 

― 45 ―

LXXVII

1092-1110

 

Petrus Audebertus, frater Bernardi Irati, dedit et concessit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue et patris sui et matris sue, omniumque parentum suorum, totum quicquid habebat vel exquirebat in honore (1) et terra Sancti Petri que tenetur a monachis Vosiensibus vel aliis hominibus per eos.

Factum est donum istud ante altare Sancti Petri apostoli, presente domno Petro, abbate. Audientibus fratribus ejusdem loci et Bernardo Irato et uxore ejus, qui hoc donum concesserunt. Audierunt autem hoc ipsum donum Petrus Archambaldus et Arnaldus Delver; uxor autem Geraldi de la Porta, concessit hoc donum similiter Deo et Sancto Petro Vosiensi, audiente fratre suo Petro Audeberto et Bernardo Irato.

 

LXXVIII

1092-1110

 

Notum sit omnibus hominibus quia ego Aimiricus Ramnulfus do domino Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi, pro salute anime mee, et patris mei, et matris mee, totum quicquid habeo vel alii per me in manso del Bez et facio donationem de terra de Abriac (2) et della Faifullia (3), ut post mortem meam vel uxoris mee Sancto Petro Vosiensi remaneat quicquid ibi habeo in dominio. Quod si fevales mei, de hac terra, Sancto Petro dare voluerint placitum vel donum quod ipsi fecerint, et ego concedo permanendum et tenendum.

 

(1) In honore et in terra Sancti Petri. A rapprocher de la note 1, page 10.

(2) Habriat, village de la comm. de Saint-Pardoux-Corbier, 8 kil. N. de Vigeois. ― Un atelier monétaire mérovingien y aurait existé, d'après Deloche, qui mentionne un tiers de sou d'or frappé à Aprianco. Seulement il place Habriat à très peu de distance au nord de Chabrignac, canton du Juillac. Le seul Habriat connu du département de la Corrèze est celui de Saint-Pardoux-Corbier, à 17 kil. N. E. de Chabrignac. (Deloche, Mon. mér., p. 132-133).

(3) Farfouillac, village de la comm. de Saint-Pardoux-Corbier, 8 kil. N. de Vigeois, placé à côté d'Habriat, ce qui en rend l'identification absolument certaine.

 

― 46 ―

Factum est donum istud ante altare Sancti Petri apostoli, presente domno Petro, abbate, et fratribus ejusdem loci et Rotgerio mercatore et Seguino de Surgeiras et Ramnulfo. nepote ejus, et Willelmo, presbitero sancti Pardulfi (1). Hoc donum concessit Audiardis uxor ejus et propter hoc accepit ab abbate XX solidos (2).

 

LXXIX

1092-1110

 

* Notum sit cunctis hominibus quia Bernardus, vicarius de Aient, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi pro matre sua quam monacham fieri fecit in monasterio Vosiensi, bordariam Temus de Solec (3), ubi Gauzbertus visus est manere. Hujus doni auditores fuerunt, domnus abbas Petrus et avunculi ipsius Bernardi, Raimundus, monacus, et Bernardus Amalvinus et Gauzfredus, prepositus, et Ugo Ladenz.

Hoc donum concesserunt frater ejus Arbertus et Geraldus Boso, audientibus Raimundo, monaco, et Bernardo Amalvino et Gauzfredo Bernardo.

 

LXXX

1092-1110

 

Notum sit omnibus hominibus quia Bernardus Adulterinus Sando, et Petrus, filius ejus, dederunt domino Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anima filii sui Geraldi Bernardi, tertium de vinea que est subtus ecclesiam de Sando (4), quam habebant de Geraldo Golferio et Stephano fratre ejus.

 

* Fol. LIV, r°.

(1) Saint-Pardoux a été réuni à Corbier, chef-lieu de comm.; 7 kil. N de Vigcois.

(2) Sept lignes laissées en blanc; sur la troisième, d'une écriture postérieure de plusieurs siècles à notre manuscrit (fin du XVIe siècle), on lit:

« Erat conventus monialis in monasterio Vosiarum. » Cette annotation s'applique à la charte suivante où Bernard, vicaire d'Ayen, fait prendre le voile à sa mère.

(3) Soulet, village de la comm. et du canton d'Ayen; 20 kil. S. O. de Vigeois.

(4) Yssandon, chef-lieu de comm., canton d'Ayen, 21 kil. S. O. de Vigeois; Yssando, Sando, Dessando, Sandun, telles sont ses différentes dénominations dans notre cartulaire. Hissandone, dans Fredegaire,

 

― 47 ―

Auditores hujus doni, fuerunt domnus abbas Petrus et fratres ejusdem monasterii et Bernardus Amalvinus et Gauzfredus Bernardus et frater eorum Ademarus, presbiter et Petrus de Antizac (1) et Geraldus de La Valleta. Accepit autem idem Bernardus pro hoc ab abbate V solidos. Geraldus autem Golferius et Stephanus, frater ejus dederunt et concesserunt domino Deo et Sancto Petro Vosiensi, hoc quod habebant in vinea supranominata, quam Geraldus Bernardus habebat de eis.

Audientibus domno Petro, abbate et fratribus ejusdem monasterii.

 

LXXXI

1101-1104

 

* Notum sit cunctis presentibus et futuris quia ego Petrus Archambaldus et Geraldus frater meus, damus et relinquimus Deo et Sancto Petro apostolo ad Vosiensem locum, pro salute animarum nostrarum III mansos; mansum del Pontell; et mansum del Tell et mansum Verni; quicquid in his mansis habemus vel tenemus totum damus atque relinquimus. Quod si stagnum vel molendinum inter mansum Verni et mansum del Tell et mansum nostrum della Peireira (2) fecerint monachi Vosienses, damus ripatge (3) de eodem manso nostro.

Hoc donum factum est ante altare Sancti Petri apostoli, in presentia domni Petri, abbatis, audientibus Rainaldo Rofiniaci, monaco, et Geraldo, armario, nepote ejus et ceteris fratribus ejusdem loci et Bernardo Larocha et Ademaro Rotberti. Hoc

 

mal à propos traduit Issoudun par Guizot; Issandone castro, Testament de Saint-Yrieix, en 573: un atelier monétaire y est signalé par Deloche, dans ses Monnaies méroningiennea du Limousin (p. 161-162). Chef-lieu d'une vicairie importante et du Pago Exandonense (Cartulaire de Beaulieu, charte X, ann. 886-887). Yssandon a joué un rôle considérable dans les soulèvements de l'Aquitaine contre les Francs. Pepin-le-Bref livra sous ses murs, en 763, un combat sanglant, où périt Blandinus, comte des Arvernes, et qui décida du sort de l'Aquitaine. Ses remparts furent plus tard démantelés et le siège de la vicairie transporté à Ayen.

 

* Fol. LIV, V.

(1) Antissac, village de la comm. de Louignac, dans l'ancien Pago Exandonense, 25 kil. S. de Vigeois.

(2) La Peyrére, village de la comm. de Donzenac.

(3) Ripaticum. Voir au Glossaire de du Cange, le sens de ce mot.

 

― 48 ―

donum fecit atque concessit uxor Petri Archambaldi Engalsias apud Porcariam (1). Audientibus Geraldo, armario, et Johanne de Vilavalles et Petro de Nigraguta.

Factum est donum istud, temporibus Philippi regis et Paschalis pape, et Petri, Lemovicensis episcopi.

 

LXXXII

1108-1110

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Fruinus Arberti et uxor ejus Rixoen et Amelius Daneda, dederunt Deo et Sancto Petro apostolo ad Vosiensem locum, pro salute animarum suarum et pro filio suo Raimundo, quem monacum fieri voluerunt, totum quod habebant in manso Verni et pratum crassum de Charvics de bordaria Fruini Arberti de quo exeunt XII denarios in martio. Et ego Rixoen, do domino Deo et Sancto Petro in consortia ejus, in uno manso de Pardinas, IIII denarios in martio.

Factum est donum istud ante altare Sanctorum Petri et Pauli et in festivitate eorum qui est in mense junio (2), regnante Lodovico rege et Eustorgio, episcopo Lemovice sedis presidente.

Auditores hujus rei fuerunt domnus abbas Petrus et cuncta congregatio monacorum et Hugo Laden et Boso, filius ejus et Ber nardus de La Vila et Bernardus Deprat et multi alii.

 

LXXXIII

DONUM GAUZFREDI DE LA GENEBREIRA.

1092-1110

 

* Omnibus hominibus notum sit quia ego Gauzfredus de La Genebreira, do domino Deo et Sancto Petro apostolo ad locum Vosiense, pro salute anime mee et pro filio meo Aimirico, quem in eodem loco, monacum fieri volo, VI dinairadas de vinea, a Bauzarua et totum quod habeo in bordaria a Ligiral et vineam meam ubi Geraldus de Segur manere videtur et mansum Garnaldi

 

Fol. LV. r°.

(1) La Porcherie, chef-lieu de comm. (Hte-Vienne), 23 kil. N. de Vigeois.

(2) 29 juin.

 

― 49 ―

de La Rocha, sicut habeo et teneo, ita dono Sancto Petro ad habendum et tenendum. Hoc donum factum est apud Vosias, in manu domni Petri abbatis ipsius loci, audientibus Rainaldo de Rofinac, secretario et mona- chis ipsius monasterii et Geraldo, presbitero de Turenna.

 

LXXXIV

1074-1082

 

Scripsimus cunctis viventibus quomodo abbas Lemovicensis A[demarus] (1), Usercenses monachos ac Vosienses, inter se decertantes pro abitantibus terram que las Bordas (2) vocatur, non videntibus sed morientibus mitigavit. Cum autem jam supra- dictorum dissensio in tantum seviret, ut unus ex eis portans feretrum cum corpore gladio percussus, mortuus esset. Auditu tremefactus venerabilis pastor Ademarus, qui jam Vosiensium cenobio ejusque rebus preerat, pater et domnus condolens, ad se Geraldum (3) bone memorie abbatem Usercensem convocavit, cum quo suisque furorem tante malitie hoc modo sedavit. Hoc pater, aït dulcissime: pro certo scitote, quia periculum animarum nulla tenus evadere possumus, nisi illius terre defuncti sicut moriuntur, vicissim inter eccleaias dividuntur. Nulla ergo

 

(1) Adémar de Laurière, premier abbé de Saint-Martial, de la réforme de Cluny, 1064-1114, gouverna cinquante ans et neuf mois cette célèbre abbaye et l'on peut même dire tout le diocièse. Son rôle fut en effet prépondérant sous les épiscopats successifs d'Ithier, Gui, Humbald, Guillaume, Pierre et Eustorge. Il fit déposer par le pape Urbain II, en 1095, Humhald, qui, malgré son opposition, s'était fait introniser évêque de Limoges, à l'aide, il est vrai, de fausses bulles (Voir la Chr. de G. de Vigeois). Jusqu'à ce jour on avait pensé qu'Adémar était étranger au Limousin et avait été envoyé par Cluny pour réformer l'abbaye de Saint-Martial. Une charte du Cartulaire d'Aureil, nous apprend son nom: « Aiba, que nata fuit de vicariis de Lauriera, soror Ademari abbatis Sancti Martialis, uxor Stephani de Jaunac ». Nous en devons la communication à l'obligeance de M. de Senneville qui se propose de publier prochainement le cartulaire d'Aureil.

(2) Lasbordas. Il existe tant de villages de ce nom aux environs de Vigeois, que nous hésitons pour son identification. Cependant en songeant à la petite distance qui séparait les deux monastères (6 kil.), l'on peut s'arrêter à deux villages qui offrent le plus de vraisemblance; le premier à 2 kil. S. d'Uzerche, 4 de Vigeois; le second à 5 kil. S. O. d'Uzerche, 4 N. O. de Vigeois.

(3) Gérald, abbé d'Uzerche, 1068-1095.

 

― 50 ―

equitatis causa dividendi adversitas insurgat, sed quicunque seu pauper vel dives, sive magnus aut parvus prior finierit, subsequenti defuncto coequalis fiat, itaque una queque ecclesia propter pacis federa, ut dictum est illum qui sibi forte pauper * vel dives accederit, cum redditibus suis, in sua vice habeat et sic inter utrosque monachos, pax in eternum permaneat. De multis qui huic concordie, presentes affuerunt que regnante Philippo rege atque episcopo Widone cathedra Lemovicensium sedente, facta videtur esse tres tantum modo Gauzbertum. Lemovice sedis archi- diaconum, qui mediator hujus rei fuit, Stephanum, Usercensem prepositum, Gauzfredum (1) quoque prepositum Vosiensium pre- notavimus, ut veritate, attestante in ore duorum vel trium testium, stet firmum hujus pacis testimonium.

 

LXXXV

DONUM OTONIS BERNARDI ET PETRI.

1101-1104

 

Noverint omnes tam futuri quam presentes, quod ego Oto Bernardus et Petrus, frater meus, Breenenses principes (2), Beato Petro Vosiensi, apostolorum principi, pro animarum nostrarum utriusque parentis nostri remedio, IIII mansos in perpetuum damus scilicet mansum Lascrotas et duos ad villam que vocabulo dicitur Curciac, in quorum uno videtur manere Stephanus Agrefolz, altero quoque Petrus, ipsius terre agricole, hos vero jure hereditario oblatos fratres illo in loco viventes Deo ac predicto apostolo servientes ita in pace habeant, ut absque hominis interdicto semper teneant hoc donum quod regnante rege Philippo ac vivente Petro, Lemovice sedis episcopo fieri videtur, in presentia domni Petri abbatis Vosiensium ejusque monacorum, Rainaldi, scilicet secretarii et Gauzfredi, prepositi, aliorum que laïcorum Stephani Durnays, Bernardi Aimirici, Stephani Clavigeri, atque Duranni perficitur, ne per seculorum secula oblivioni tradatur.

 

* Fol. LV. v°.

(1) Gauzbert, prévôt de Vigeois. L'intervention d'Adémar dût avoir lieu quelque temps avant la nomination de Gérald de Lestrade, appelé en 1082 pour réformer l'abbaye.

(2) Oton Bernard et Pierre, princes de Bré, tous deux fils de Pierre et d'Agnès de Comborn, soeur du vicomte Archambaud III.

 

― 51 ―

LXXXVI

DONUM BERNARDI DE BRE.

1092-1096

 

Sciendum est vero quod Bernardus, unus ex Breenensium principibus, cum jam iter Hierosolimitanum incipere vellet, in quo obiturus debitum mortis persolvit (1), Beato Petro Vosiensi pro anime sue salute, duos mansos ad villam de Javerliac (2) dedit, mansum videlicet * Rufe et mansum de Piro (3), quos etiam Geraldum Bernardum (4), post ejus obitum dedisse apostolo predicto presciebat, nec in merito quoniam uno eodem que modo quo antea predictus princeps eos dederat et iste in suo fine Sancto supradicto se daturum promisit, quod quidem modo audientibus his perfecit, domno licet Petro, abbate Vosiense, Gauzberto, preposito, et uxore ipsius Titburc, Petro Valentia et Petro Geraldo ejusdem que famulo. Omnis quicumque hoc donum violaverit, nisi legitime in presenti emendaverit sine dubio, in inferno manebit.

 

LXXXVII

DONUM BONII

1101-1104

 

Sciant omnes viventes quod ego Bonio, Beato Petro Vosiensi sex sextarietates de terra que videntur esse inter terram de Vitres

 

* Fol. LVl, r°.

(1) Bernard de Bré dut périr à la première croisade, 1096-1099. Notre charte nous permet d'ajouter ce nom de plus aux trois chevaliers limousins de la première croisade, Raimond de Turenne, Gouffier de Lastours et ... Malafaide.

(2) Javerliac, village de la comm. de Vigeois, 3 kil. S. O., d'une certaine importance et qui cependant a disparu depuis des siècles. Le cadastre seul a gardé trace de ce nom inscrit sur plusieurs parcelles.

(3) Le mas de Piro, qui a disparu comme habitation, figure encore au cadastre de Vigeois, à 400 mètres du lieu où était Javerliac, sous le nom de Champ du Poirier.

(4) Gérald Bernard, prince de Bré, (3 kil. E. de l'ancienne paroisse de Coussac-de-Brenno, actuellement Coussac-Bonneval Haute-Vienne), l'auteur de la donation de Vigeois à Saint-Martial en 1082. (Chartes du Limousin et de la Marche, par Bosvieux et Leroux, déjà cités.)

 

― 52 ―

et publicam viam in terra del Mas, pro anime sororis mee Petronille, patris matrisque et mee salute, in perpetuum dono. Si quis autem, hoc donum quod facio, regnante rege Philippo, et vivente Petro, Lemovice sedis episcopo, in presentia Petri, abbatis, ejus- que congregationis, laïcorumque Petri de la Vallada, Umberti judicis, Stefani del Poi, Stephani Johannis, Stephani Guitardi violaverit, dei judicium sustinebit, nisi fratribus hoc in loco viventibus, legitime emendaverit.

 

LXXXVIII

DONUM GALTERII DE VAREZ.

1092-1097

 

Notum sit omnibus hominibus quod Galterius de Varez et uxor ejus et Petrus de Sandro, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro filio suo Geraldo, quem monacum fieri fecerunt in eodem loco totum quod habebant, in manso del Poi Albell et ipse Galterius et fratres ejus, Jordanus et Amelius, VI denarios in alodo de Chabanz (1) et in ortilibus et vinealibus Sancti Petri Vosiensis qui sunt apud Capellam de Liginiac (2), dederunt decimum et cuncta que habebant vel exquirebant Beato Petro apostolo.

Hoc donum factum est ante altare Sancti Petri, in presentia domni Petri, abbatis, audientibus Gauzberto Malafaida * et fratribus ejusdem monasterii.

 

LXXXIX

ITEM DE EODEM GALTERIO.

1092-1110

 

Iste Galterius de Varez, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, cum consilio et auctoritate uxoris sue, et filiorum suorum, Willelmi et Guidonis, et fratrum suorum Jordani et Amelii, pro salute anime sue X et octo denarios, in manso del Vilar, in terra ubi G. Malianus manet; VI denarios in consortia Sancti Petri qui sunt

 

* Fol. LVI, v°.

(1) Chabanz? village de la comm. de Chasteaux, cant. de Larche 28 kil. S. de Vigeois, 11 kil. seulement de Varetz.

(2) Liginiac? chef-lieu de comm., cant. de Neuvic, arrondis. d'Ussel, 53 kil. O. de Vigeois.

 

― 53 ―

reddendi in festivitate Sancti Martini et in manso de Lastrada (1) in quo Willelmus manet, VI denarios, et in manso de la Vila, in quo Stephanus manet, VI.

Auditores hujus doni fuerunt domnus abbas Petrus et Galterius, prior, et Gauzfredus, prepositus, et Geraldus, armarius et Bernardus Milo, monacus.

 

XC

1092-1110

 

Tam presentes quam futuri noverint quia Ugo Laden, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue et patris sui et matris sue totum quod habebat in manso Granet de Murnac (2) et concessit domno Petro abbate et monachis Vosiensibus totum quod acquirere potuerint a fratre suo Bernardo et a fevalibus suis.

Hujus doni auditores fuerunt domnus abbas Petrus, Rainaldus, monacus, Amelius de Carreiras et Petrus de Vallada.

 

XCI

DONUM RAMNULFI DE GAETA.

 

Notum sit tam presentibus quam futuris, quoniam Ramnulfus de Gaeta, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi pro salute anime sue, totum fevum, quem habebat de Sancto Petro Vosiensi, et totum quod habebat in manso de Baiac (3), audientibus fratribus suis Ademaro de Gaeta et Geraldo, presbitero.

 

XCII

DONUM BERNARDI MALAMANTIA.

 

Bernardus Malamantia et Johannes, frater ejus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute animarum suarum, totum quod

 

(1) Lestrade. Il n'y a pas moins de quatorze villages de ce nom dans le département de la Corrèze. Celui qui se rapproche le plus de Varetz est situé dans la comm. de Brignac, 7 kil. de Varetz, 24 kil. S. O. de Vigeois.

(2) Mergnac, village à 2 kil. N. O. de Vigeois, déjà identifié.

(3) Baiac, village de la comm. de Varetz, 20 kil. S. O. de Vigeois.

 

― 54 ―

habebant in bordaria de Chanor (1), audientibus Galterio, filio Andree, Stephano del Poi, Rainaldo, monaco, secretario.

 

XCIII

KARTA RAINALDI NATEZ.

1092-ll10

 

* Notum sit omnibus hominibus quia Rainaldus Natez, gurpivit et dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi pro salute anime sue, et patris sui et matris sue totum quod habebat vel exquirebat in duabus bordariis de Chanzuls (2), eo conventu ut monachi Vosienses participem eum facerent totius beneficii quod in monasterio Vosiensi actum fuerit et uxorem ejus honorifice sepelirent cum mortua fuerit firmavit per fidem suam in manu Geraldi, armarii, quod hanc terram denominatam ab omnibus hominibus tueretur ac salvaret per rectum.

Auditores hujus rei fuerunt, Gauzfredus, prepositus, Bernardus de Bré, Rotgerius, mercator, Stephanus del Poi, Rotbertus de Turre, Geraldus de Petra. Quale donum fecit in manu Geraldi, armarii, apud Loberciac; de hac terra tale fecit, in manu domni Petri, abbatis, apud Vosias. Auditores fuerunt isti, Geraldus armarius, Gauzfredus, prepositus, Rainaldus, monacus, Bernardus de Bré, Rotgerius, mercator, Petrus Johannes de Bré, et Rainaldus, presbiter de Bré, et alii multi, propter hoc accepit a predicto Geraldo, armario, V solidos.

 

XCIV

DONUM FULQUELLIS

 

Tam presentes quam futuri noverint quoniam Fulquellis, mater Petri de Vallada, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue, medietatem de decimatione ex omnibus que habebat ad ecclesiam de Dozennac et quandam vineam quam habebat in

 

* Fol. LVII, r°.

(1) Chanor, village de la comm. de Sadroc, 10 kil. S. de Vigeois. Il y a encore Chenour, comm. de Beyssac et Chanoux. comm. et cant. de Brive.

(2) Chanzu, village de la comm. de Chanteix, 12 kil. S. E. de Vigeois.

 

― 55 ―

eadem parrochia, et Petrus, filius ejus, dedit pro ea IIII sextarios frumenti in decimatione ecclesie de Spartinnac (1).

Hec omnia dederunt in capitulo, predicta matrona et filius ejus Petrus, ut ipsa in vita et post mortem particeps esset omnium beneficiorum, que in monasterio Vosiensi facta fuerint et pro justi * cia sua, audientibus domno Petro, abbate, fratre ejus, et fratribus ejusdem monasterii et Petro filio ejus, cum cujus consilio et auctoritate, factum est donum istud.

 

XCV

1092-1110

 

Notum sit omnibus hominibus quia Petrus de Vultazac (2), obtinuit pro fevo, mansum de Columbes (3), de domno Petro, abbate, et fuit homo ejus et fecit fidutias ejus tali conventu, ut omnibus annis redderet ipse Petrus in eodem manso IIII sextarios frumenti et IIII sigiline et dimidium modium vini usque ad festivitatem Sancti Martini et fecit donum de vinea de Prunol (4), ut post mortem ejus, esset Sancti Petri Vosiensis et promisit quod elemosinam quam mater ejus fecerat Sancto Petro, salvaret ac tueretur.

Hujus rei auditores fuerunt, domnus abbas Petrus, Rainaldus, monacus, Gauzfredus, prepositus, Bernardus Ladenz, Geraldus de Senil (5), Geraldus de Tell, et Stephana de Senil, et Bernardus de Bonastre, et Stephanus de Aqueductu (6).

 

* Fol. LVII, v°.

(1) Espartignac, chef-lieu de commune, cant. d'Uzerche, 9 kil. N. E. de Vigeois.

(2) Voutezac, chef-lieu de commune, 12 kil. S. O. de Vigeois.

(3) Colombeix, village de la commune et touchant Voutezac. Ce lieu est fort ancien et mentionné, en 573, dans le testament de Saint-Yrieix.

(4) Prugne? village de la commune et touchant Ussac, 20 kil. S. de Vigeois.

(5) Senil ou Seuil, village de la comm. de Mansac, 8 kil. S. O. d'Ussac, 23 kil. S. O. de Vigeois.

(6) Agudour, village de la comm. de Voutezac, 13 kil. S. de Vigeois, (Voir note 2 de la page 15 et note 3 de la page 22.)

 

― 56 ―

XCVI

DONUMUM BERNIARDIS.

1092-1110

 

Omnibus notum sit hominibus quia Berniardis, uxor Petri Valentia, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue, I mansum a Rofinac (1), ubi Constantinus manebat, et censum de bordaria de eadem villa de Rofinnac, in qua Sanctus Petrus, habebat suum explectum et boscum qui est ultra domum Geraldi Panatarii (2). Quod si hanc helemosinam aliquis ex eredibus ejus invaderet et auferret dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi ex hereditate patris sui in decimatione de parrochia de Loberciac (3), medietatem de miliis et paniciis, cum mercede seniorum de quibus habebat, si ipsi concederent.

Auditores fuerunt Gauzfredus, prepositus, Petrus Valentia, vir ejus. Hanc autem helemosinam, sicut supra scripta, ostenderunt Gauzfredus, prepositus et Petrus Valentia filii ejus (4), Petro de

Vultazac et Bernardo, fratre ejus, qui et concesserunt etiam audientibus istis supradictis (5).

 

(1) Roffignac. Il existe trois lieux de ce nom dans la Corrèze, communes de Lanteuil, d'Orgnac et de Lubersac. En nous appuyant sur le Cartulaire d'Uzerche, nous pensons que la villa de Roffinac, doit s'identifier avec le lieu de Rouffignac, 2 kil. N. de Lubersac, 12 kil. S. de Vigeois.

(2) La Paneterie, village, 3 kil. N. E. de Lubersac, 1 kil. seulement de Rouffignac, 10 kil. N. de Vigeois, qui pourrait bien avoir pris son nom du Geraldus Panatarius de la Charte.

(3) Lubersac, chef-lieu de canton du département de la Corrèze, 13 kil. N. O. de Vigeois, souvent orthographié Loberzac et Loberciac.

(4) Cette charte nous apprend que le nom de famille de Geoffroi, prévôt de Vigeois pendant plus de vingt ans, était Valentia.

(5) Quatorze lignes du commencement du folio LVIII ont eté grattées avec un couteau.

 

― 57 ―

XCVII

DE FEVO BERNARDI DE TERRAZO,

QUEM DEBET HABERE DE ABBATIBUS VOSIENSIS.

1102

 

* Tam presentes quam futuri noverint quia Bernardus de Terrazo obtinuit fevum suum de domno Petro, abbate, quem jure debebat habere de sancto petro Vosiensi, et concessit omnia dona que ipse et avus ejus et pro avi et fratres ejus fecerant Sancto Petro et fuit homo ejus propriis manibus et fecit ejus fiducias.

Hoc autem factum est, in festivitate omnium sanctorum anno dominice incarnationis millesimo C° II°, audientibus Rainaldo, monaco, secretario, Gauzfredo, monaco, preposito, et Petro, milite de Vallada.

Simili modo (1) etiam fuit homo isdem Bernardus de Terrazo, domno Rainaldo, abbati, propriis manibus et fecit ejus fiducias. Auditores fuerunt Geraldus, Doitrannus, Petrus La Vallada, Ramnulfus de Verlac (2).

 

XCVIII

DONUM BERNARDI DE TERRAZO ET UXORIS ET FILII EJUS

DE MANSO DEL LAUCHA.

1092-1110

 

Notum sit cunctis tam presentibus quam futuris quoniam ego Bernardus de Terrazun et filius meus Ebbolus et uxor Petronilla, damus atque concedimus domino Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi, pro salute ani**marum nostrarum et patris mei et matris mee omnium que parentum nostrorum, mansum

 

* Fol. LVIII, r°.

** Fol. LVIII, v°.

(1) Cette charte étant, par exception, datée 1102, se rapporte à l'abbatiat de Pierre III Alboin, 1092-1110. Le renvoi commençant par ces mots: simili modo, est écrit tout entier en marge de l'acte. Il a du être ajouté à une date postérieure, sous l'abbatiat de Rainald de Roffignac, 1111-1124, successeur immédiat de Pierre Alboin.

(2) Verlhac, village de la comm. de Saint-Ferréol, 2 kil. N. E., 16 kil, S. de Vigeois.

 

― 58 ―

del Laucha de Sandun (1) omnes que homines et feminas hereditarios de hoc manso, sicut habemus et tenemus et concedimus ego et filius meus Ebbolus, fevum qui de nobis habetur non solum de hoc manso, sed quicumque de nobis fevum vel terram habent et tenent, vel habere debent, totum quicquid dederunt vel daturi sunt Sancto Petro, vel monachi ejus, aliquo modo adquirere potuerint et nos concedimus ad habendum et tenendum et filiis nostris vel posteris qui futuri sunt, precipimus ut ita teneant atque concedant Deo et Sancto Petro Vosiensi et monachis, sicut et nos concedimus et in perpetuum damus.

Fecerunt autem donum istud ante altare Sancti Petri apostoli, Bernardus et Ebbolus, filius ejus, textum evangelii gestantes manibus, in presentia domni Petris, abbatis, audientibus fratribus ejusdem loci et Petronilla della Riberia, uxore sua, et Iterio della Riberia et Petro de Vallada.

 

XCIX

DONUM JOHANNIS MALAMANCIA DE MANSO DELLA FAURGA.

1092-1110

 

Notum sit omnibus hominibus, quoniam Johannes Malamancia, do domino Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi, pro salute anime mee et patris mei et matris mee et fratrum meorum, totum quod habeo in manso de la Faurga (2).

Hoc donum factum est ante altare Sancti Petri apostoli, in presentia domni Petri, abbatis, et aliorum fratrum suorum et audientibus Raimundo Laplanca et Stephano del Poi.

 

(1) Yssandon, chef-lieu de commune du cant. d'Ayen, 21 kil. S. O. de Vigeois, déjà identifié note 4 de la page 46. Sandun, est une nouvelle variante de l'orthographe du célèbre castrum Yssandone, du testament de Saint-Yrieix (573). En marge de l'acte, on lit ces mots, d'une écriture du XVIe siècle: de Lauca de Sando, ce qui lève tout doute sur l'identification. Le seul village, voisin d'Yssandon, dont le nom aurait quelque rapport avec Lauca, serait le Puy de Leix, à 1 kil. 500 S. E. d'Yssandon, placé au milieu des possessions de notre monastère Calviac, Transac, (Voir note 6 de la page 24 (charte XXXV).

(2) La Farge et La Forge. Dix-huit villages de ce nom dans le département de la Corrèze. Nous inclinerions pour Les Farges, 3 kil. N. de Vigeois.

 

― 59 ―

C

ITEM DE BONIO.

1092-1110

 

Bonius autem dedit et concessit domino Deo et Sancto Petro Vosiensi, totum quod habebat in supradicto manso de la Faurga vel alii per eum. Audientibus domno Petro, abbate, et Petro Garit monaco, et Ugone, monaco, et Duranno de Solario et Raimundo Laplanca.

 

CI

DONUM ADEMARI VICECOMITIS.

1092-1110

 

* Notum sit omnibus hominibus quoniam Ademarus vicecomes Lemovicensis (1), dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi unum mansum qui vocatur Barole, qui est in villa de Anglars (2). Dedit etiam III bordarias, quarum una est a La Vallada, que dicitur Estrechers et alia in Vall, aliam que vero que appellatur a la Bachallaria (3), istas terras supra nominatas cum pratis et silvis et frauzis, que ad ipsam terram pertinent, dedit et concessit supradictus Ademarus, vicecomes, domino Deo et Sancto Petro Vosiensi et monachis ibi degentibus, pro anima sua et pro animabus patris sui et matris sue et omnium parentum suorum.

Hujus rei auditores fuerunt, domnus abbas Petrus, qui hoc donum accepit et Gauzfredus de Peiruza (4), Petrus Bernardus de Sancto Aredio,

 

* Fol. LIX, r°.

(1) Adémar III, vicomte de Limoges, 1090-1130, fils d'Adémar II et d'Humberge.

(2) Anglars, village de la comm. et du cant. d'Uzerche, 4 kil. au N. de Vigeois (déjà identifié, note 4 de la page 9).

(3) La Bachellerie, village de la comm. de Salons-La-Tour, 12 kil. N. de Vigeois. ― Les vicomtes de Limoges possédaient le castrum de Celom et beaucoup de fiefs dans le voisinage.

(4) La famille de Pérusse, tige de la maison des Cars, demeurait dans l'enceinte du castrum de Ségur, résidence favorite des vicomtes de Limoges. Elle était investie de leur confiance. Dans le Cartulaire d'Uzerche, on voit un membre de cette famille revêtu, vers la même époque, des fonctins de bajulus.

 

― 60 ―

Hoc donum factum est in castro de Segur (1).

Hoc donum supra scriptum quod fecit vicecomes de istas terras concessit Petrus de Glangas (2) Deo et Sancto Petro, cum esset ad ecclesiam de Corberio (3), in domo Sancti Petri, audiente Geraldo Ramunlfo.

 

CII

DONUM PETRI JUDICIS.

1092-1110

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam ego Petrus Judex de domino Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque congregationi pro salute anime mee omnem fevum jutzie, quicquid habebant in dominio de vicecomite Lemovicensi, in manso Barole, et in tribus bordariis, hoc est in bordaria a la Vallada et in Vall et in alia a la Bachallaria. Hujus doni auditores fuerunt, Geraldus, Johannes, judex Sancti Petri.

Si quis contra hunc donum insurrexerit in primis iram Dei omnipotentis et omnium sanctorum incurrat et cum Datan et Abiran et Juda, traditore, qui dominum suum tradidit, in inferno penas eternales lugeat.

 

CIII

1111-1124

 

* Notum sit omnibus hominibus, quoniam Gauzfredus La Genebreira, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque congregationi pro salute anime sue cum consilio et auctoritate uxoris sue Berniardis et filii sui Gauzberti Dallac et fratris sui Rainaldi

 

* Fol. LIX. v°.

(1) Ségur chef-lieu de commune, cant. de Lubersac, 18 kil. O. de Vigeois. Les vicomtes de Limoges y avaient installé une juridiction supérieure d'appel pour toutes les justices de leur ressort, qui a subsisté jusqu'au XVIIIe siècle, sous le nom de: Cour des Appeaulx de Ségur. On y voit encore, assez bien conservées, les ruines de la chapelle du château, pittoresquement situé sur un promontoire élevé, entouré par la haute Vezére.

(2) Glanges, chef-lieu de commune du département de la Haute-Vienne, 37 kil. N. de Vigeois.

(3) Corbier, village de la comm. de Saint-Pardoux-Corbier, 12 kil. N. de Vigeois.

 

― 61 ―

bordariam que vocatur Anglada (1), que est in parrochia de Colongas, ubi Johannes stare videtur totam ex integro quicquid ad istam bordariam pertinet.

Hoc donum factum est, in manu domni Rainaldi, abbatis, audientibus Petro Garito, monacho, Bernardo de Balada, Archambaldo de Sarazac, Stephano, judice, et aliis multis.

Factum est donum istud in mense maio, regnante Ludovico rege Francorum et Eustorgio tenente episcopatum urbis Lemovicine.

 

CIV

1106-1108

 

Tam presentibus quam futuris notum sit quoniam Willelmus Alboin dedit Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi pro salute anime sue et patris sui et matris sue omnium que parentum suorum, si memoratam mortem non habuisset, partem suam de decima et de omnibus rebus que habebat ad ecclesiam de Dozennac (2). Hoc donum fecit Willelmus, in manu domni Petri abbatis, fratris sui (3), apud castellum de Malamort (4), in turre in qua jacebat(5), audiente Gauzfredo, preposito. Postea firmavit hoc donum apud Vosias hisdem Willelmus audiente eodem Gauzfredo, preposito, et aliis senioribus. Sciendum vero est, quoniam post mortem hujus Willelmi Alboini, comparavit Gauzbertus Alboinus nepos ejus quemdam equum de domno Petro abbate, avunculo suo propter L solidos, misit que ei in pignore partem

 

(1) Langlade, village de la comm. de Collonges, canton de Meyssac. 3 kil. N. O. de Collonges. 35 kil. S. de Vigeois.

(2) Donzennac, chef-lieu de canton du département de la Corrèze, 17 kil. S. de Vigeois. Petite ville, autrefois fortifiée et entourée de remparts, ayant le titre de baronnie. ― La puissante maison des sires, souvent appelés princes de Mallemort, la possédait depuis un temps immémorial.

(3) Cette charte nous fait connaître d'une manière certaine le nom de famille de Pierre III Alboin, abbé de Vigeois 1092-1110.

(4) Mallemort, chef-lieu de commune, aujourd'hui réuni à Saint-Xantin, 22 kil. O. de Vigeois. On y voit encore les ruines de l'antique castrum de ce nom, dont relevaient autrefois quatorze paroisses.

(5) La famille Alboin, comme celle de Pérusse pour Ségur, avait sa résidence dans l'enceinte du château de Mallemort. Elle possédait les dixmes de Donzennac, dont la seigneurie supérieure appartenait aux barons de Mallemort, ce qui autorise à penser qu'elle appartenait à une branche de cette maison.

 

― 62 ―

suam de decima et de omnibus que habebat pater suus ad ecclesiam de Dozennac, quousque redderet L solidos firmavit que eos per fidem suam quod ita ei et monachis ejusdem loci teneret. Dedit que post se fiducias Gauzbertum de Malamort et Manualdum Trencaleonem et Heliam de Cornil.

Deprecatus est autem hisdem Gauzbertus Alboinus, domnum Petrum abbatem, avunculum suum, ut partem Willelmi Alboini de decima et de omnibus que juris ejus erant de Dozennac que Sancto Petro dederat, ei permitteret habere quandiu viveret, quod et fecit licet invitus tali conventu ut pars ipsius Gauzberti Alboini, Sancto Petro remaneret post mortem ejus cum parte Willelmi Alboini. Mentitus est autem omnia hisdem Gauzbertus et non reddidit L solidos.

Postea cum vellet ire Ierusalem, venit ad domnum Petrum abbatem, avunculum suum, et cognovit quod male fecisset contra eum, et dedit partem suam de ista ecclesia Deo et Sancto Petro et gurpivit aliam quam Willelmus Alboinus dederat Sancto Petro et dedit quamdam scluzalem (1) et in novem bordariis de Cluzon (2). in una quaque IIII denarios, et domnus abbas Petrus dedit illi XX solidos et I suariam que valebat V solidos.

Hujus rei auditores fuerunt Ademarus Alboinus, cujus consilio hoc factum est et Willelmus Alboinus, frater ejus, monacus.

* Auditores fuerunt domnus abbas Petrus et Rainaldus monacus et ceteri monachi et G. Capellanus.

 

CV

1092-1110

 

Notum sit omnibus hominibus quia ego Rainaldus de La Genebreira facio donum domino Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque congregationi pro salute anime mee, de parte mea de manso Garnaldi de la Rocha, ut post mortem meam sit ex integro Sancti Petri et monachis ejus et in vita mea do per recognitionem, partem meam de porco et de moutun et de duobus caponis et partem meam de vineis de eodem manso et do totam bordariam meam de Digiral post meam mortem et per recognitionem in vita mea II sextarios

 

* Fol. LX, r°.

(1) Scluzalem, petite écluse.

(2) Cluzon, Cluzan, Clian, village de la comm. de Mallemort, 20 kil. S. de Vigeois; précédemment identifié, note 1, page 17.

 

― 63 ―

avene ad natale domini et post mortem meam, do partem meam de Baudarua. Do etiam in vita mea partem meam de decimo de manso Garnaldi La Rocha et de vineis et partem meam de sue et similiter totum decimum de bordaria mea G. Rainaldi, in vita et cetera post mortem meam.

Hujus doni auditores fuerunt domnus abbas P[etrus], Rainaldus, monachus, et Petrus Audebertus, et Rainaldus Ugo.

 

CVI

KARTA RAIMUNDI VICECOMITIS.

1101-1108

 

Convenit uni cuique christiano oblationes offerre Deo Sanctis que ejusdum vivit in hoc seculo ut ipsis intercedentibus pro eo vitam eternam possideat in futuro. Quamobrem ego Raimundus, Torenensium vicecomes (1), dono Deo et Beato Petro Vosiensi, presentibus quoque ejus monachis et futuris, illas duas bordarias de Tarrazac (2), quas Rotgerius de Cruce et frater ejus Geraldus tenent; audientibus his in perpetuum, domno scilicet Petro, abbate, Rainaldo, secretario Vosiense, decano de Solac, Gauzfredo de Genebreiria, Rainaldo fratre ejus, Ademaro Fulcualdo, Stephano de Vacinaco, Bernardo Galterio, Geraldo Tocabove, ceteris que plurimis qui adsunt, a modo ut abitantes ac servientes Deo predicto que apostolo in Vosiensi cenobio, eas ex integre abeant et pro mee utriusque parentis mei anime omnium que salute semper abentes intercedant.

Hoc autem donum scitote per actum Philippo regnante rege Francorum et sanctissimo domini nostri Ihesu Chrisli sepulcro jam ab infidelium potestate erupto, fidelium que Christianorum dominatione eo dominante.

 

(1) Raymond I, vicomte de Turenne 1091-1137; fils de Boson I, mort en pèlerinage à Jésusalem en 1091, et de Gerberge, surnommée Comtors; prit une part active à la première croisade, 1096-1100, dans le corps d'armée commandé par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, et s'y distingua par de nombreux exploits. De son mariage avec Mathilde, fille de Rotrou, comte du Perche, et de Mahaut d'Angleterre, il laissa Boson II, tué au siège de La Roche-Saint-Paul en Périgord en 1143.

(2) Tarrazac, Traversat? comm. de Ligneyrac, cant. de Meyssac, 2 kil. de Turenne.

 

― 64 ―

CVII

Circa 1097

 

* Notum sit omnibus hominibus quoniam Gauzfredus et frater ejus Wido de Broll (1), concesserunt et dederunt Sancto Petro Vosiensi et Bernardo, presbitero de Sadran, partem suam del Broll. Propter hoc, Gauzfredus LX solidos et dimidium modium sigile et Wido quadraginta septem solidos et VI denarios et sex sextarios sigile acceperunt ab ipso Bernardo. Donum autem quod fecit Gauzfredus, concesserunt Wido et Guillelmus, et donum quod fecit Wido, concesserunt Gauzfredus et Willelmus. Willelmus autem de Brolio, frater eorum, misit in pignus Sancto Petro Vosiensi, et Bernardo, presbitero de Sadran, partem suam del Broll, propter L solidos, audientibus Petro Baudrico et Petro Blanquet et aliis multis. Postea cum vellet ire in hoste de Ierusalem, dedit ei Bernardus, presbiter XVIII solidos minus uno denario et dedit ipse Guillelmus domino Deo et Sancto Petro Vosiensi et Bernardo, presbitero de Sadran, totum quod habebat in Brolio. Auditores fuerunt Petrus Baudricus et Petrus Blanquet et Bernardus, presbiter et Bernardus alius, presbiter.

 

CVIII

Circa 1097

 

Omnibus hominibus notum sit quia Petrus Geraldus de Melet (1) dedit Sancto Petro Vosiensi et Bernardo, presbitero de Sadran, bordariam de Brolio, propter XVIIII solidos et sex denarios.

Auditores fuerunt, Gauzfredus de Brolio et fratres sui Wido et Willelmus, qui hoc donum concesserunt.

 

* Fol. LX, v°.

(1) Le Breuil, village de la comm. de Sadroc, 3 kil. 500 S. du bourg de Sadroc, 13 kil. S. de Vigeois. Il n'y a pas moins de dix-huit villages de ce nom dans le département de la Corrèze. Nous penchons pour celui situé dans la commune de Sadroc, autrefois Sadran, a raison de la donation faite à Bernard, prêtre du lieu de ce nom.

(2) Mialet, village de la comm. d'Orgnac, 2 kil. N., 7 kil. O. de Vigeois, 10 kil. N. O. de Sadroc.

 

― 65 ―

Propter hoc donum, misit fidejussores Petrum Blanquet et Petrum Baudric, ut ita teneret.

 

CIX

1092-1110

 

Notum sit cunctis presentibus et futuris quoniam ego Odo comes (1), do domino Deo et Sancto Petro, apostolo Vosiensi, pro salute anime mee totum quod habeo vel alii per me, in manso de la Chauzada (2), qui est in parrochia Sancti Hylarii de las Corbas et concedo ut hi qui fevales mei sunt de hoc manso de Sancto Petro et ejus abbate optineant et habeant sicut de me optinuerant.

Hoc donum fecit Odo comes, * Deo et Sancto Petro in capitolio Vosiensi, audientibus domno Petro, abbate, et omni congregatione et insuper a Geraldo della Riberia et Petro de Vernia, qui tunc erant cum ipso.

 

CX

1092-1110

 

Sciendum est quod ego Wido et fratres mei, Geraldus scilicet et Arbertus, Ademarus quoque, vicarii Celomenses (3), damus Deo et Beato Petro Vosiensi, omne quod habemus in gallina,

 

* Fol. LXI, r°.

(1) Eudes, comte de La Marche, 1088-1134, second fils de Bernard Ier, comte de la même province, et d'Amélie sa femme. Il succéda dans ce comté à son neveu Boson II, fils d'Audebert II, frère d'Eudes (Cartulaire d'Uzerche, cité par Bonaventure de Saint-Amable, t. III, p. 341). En 1134, Eudes ayant été élu archevêque de Tours, céda son comté à sa nièce Almodis, soeur de Boson, et mourut lui-même en 1149. Les Cartulaires de Bénévent (Arch. départ. de la Creuse) et d'Uzerche constatent plusieurs donations faites par le même comte de La Marche.

(2) Les Chaussades, village de la comm. de Saint-Hilaire-les-Courbes, cant. de Treignac, 40 kil. N. E. de Vigeois.

(3) Vicarii Celomenses, vicairie de Celom, actuellement Salons-la-Tour, chef-lieu de comm., cant. d'Uzerche, 12 kil. N. de Vigeois, Nous retrouverons plusieurs fois, dans les chartes suivantes, les noms des vicaires de Celom. Cette vicairie, nous parait être restée inconnue jusqu'à ce jour à tous ceux qui se sont occupés de la géographie ancienne du Limousin.

 

― 66 ―

que nobis usque nunc per decimam redditur de domo quam monachi ipsius habent et tenent in dominio, ad ecclesiam de Corberio (1), simili modo eaque nobis adveniunt de conjuncto orto ad predictam domum condanamnus. Si ego Wido et Geraldus, dum in hac vita vivimus, porciunculas vini, que nobis eveniunt de vinea predicti orti retinemus, quas profecto post finem nostrum, supra dicto dono simul conjungi in perpetuum precipimus.

Ego quoque Arbertus, jam supradictus, dono post mortem matris mee, sex denarios in manso de Setpers (2), qui Molo (3) vocatur, ut oblati per unum quemque annum, ad consortiam ejusdem apostoli reddantur in eternum. Si vero tanti denarii ad partem meam non exeunt de ceteris redditibus mihi inde advinientibus, senarius hic perficiatur numerus.

Hoc autem donum quanto diversis locis factum, aspicimus tanto magis auditoribus plurimis salubrius confirmatum credimus; nam a duobus Widone atque Arberto, audiente capitolio coram domno abbate Petro, perficitur, a Geraldo ad castrum Celome, audientibus his Geraldo, Widone, Geraldo, sacerdote de La Rocca Widone, fratre ipsius, atque Arberto ab Ademaro quoque audiente Arberto, atque Geraldo presbitero de La Rocca, completur.

 

CXI

DONUM GAUZFREDI [DE PEIRUZA].

Circa 1092-1100

 

* Notum sit cunctis presentibus hac futuris quoniam Gauzfredus de Peiruza, dedit Deo et Beato Petro Vosiensi, quicquid in manso de Jaujac (4) abebat, vel querere poterat, audiente Rainaldo

 

* Fol. LXI, v°.

(1) Corbier, autrefois chef-lieu de paroisse, aujourd'hui réuni à Saint-Pardoux, placé à une assez faible distance de Salons, 6 kil. O. En marge de l'acte, d'une écriture du XVIIe siècle, sont écrits ces mots: Maison Corbier.

(2) Setpers, septem piros, village de la comm. de Saint-Martin, 9 kil. N. E. de Vigeois.

(3) Maumon, village de la comm. de Saint-Martin-Setpers, 1 kil. 500 S., 8 kil. N. de Vigeois.

(4) Geogeat ou Jaugeat, village de la comm. de Vigeois, 4 kil. S. O.; déjà identifié, note 1 page 15.

 

― 67 ―

secretario, Petro de Glanjas, Geraldo La Rocha, accepit que pro hoc quadraginta solidos et uxor sua, decem que.

Hoc donum concessit pro anima patris sui omnium que parentum suorum.

 

CXII

DONUM CONSTANTINI.

1092-1097

 

Sciant omnes presentes et futuri quoniam Constantinus, decimarius, ad finem usque productus, dimisit Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque congregationi, pro anima sua, quartam partem de fevo, quam de Sancto Petro habebat.

Hoc autem audierunt domnus abbas Petrus et Gauzbertus Malafaida et Gauzfredus, prepositus et Petrus de Celom, presbiter, et Stephanus del Poi et Geraldus Johannes.

Hoc donum concessit Deo et Sancto Petro, Gauzbertus de Cirset, frater ipsius Constantini, audientibus domno Petro abbate, Gauzfredo, preposito; Gaucelmo Bernardi; et Otone Bernardi; et Geraldo Galterii, bajulo ejusdem Gaucelmi Bernardi, et aliis multis.

 

CXIII

DONUM WIDONI DE BRE

1096-1103

 

Sciant omnes viventes quod Wido de Bré, jam incipiens ire Ierosolimam, dedit Beato Petro Vosiensi, decimam de La Rocheta (1), quam ante longe pro centum solidis ipsi predicto apostolo in pignere miserat et omnia que abebat in manso de Blasiaco (2), quem Rotgerius mercator, eodem modo ob pignera- tum tenebat, si illuc moreretur.

 

(1) La Rochette, village de la comm. et du cant. de Donzenac, 15 kil. S. O. de Vigeois. Il existe un autre village du même nom, 3 kil. au N. de Lubersac, 3 kil. S. du castrum de Bré.

(2) Bleygeat, village de la comm. de Vigeois, 3 kil. S., qui paraît avoir eu autrefois une assez grande importance. C'était le chef-lieu de la paroisse de Saint-Victor de Bleygeat. Deux parcelles de la matrice cadastrale de la commune de Vigeois, section de Bleygeat, portent encore les noms caractéristiques de l'Eglise et de Cimetière.

 

― 68 ―

Audientibus Iterio de Born, Geraldo Macriforte, Aimirico Ramnulfo, Rotgerio mer * catore, quos etiam sicut istius doni ipsos fecit auditores, sicut lfide dictores, ut et ipsi testes hujus rei, semper efficerentur, si illuc ipse Deo permittente, morte preventur. Quo etiam dono itaque peracto, mox iter Ierosolomitanum ipse cepit et usque ad civitatem Laodiciam pervenit, ubi defunctus, Deo largiente, requiescit (1).

Ibi etiam inter multa que dixit erga monasterium Vosiense, non se bene fecisse, memoravit ideoque predicta dona vel elemosinae ei iterum crescere complacuit, hec talia que subsequuntur, consilio Petri, principis Petrabuphariensis, Petri que de Afriac, videlicet donum, quod vic Laodicie memoriter addidit et fecit ipse Wido de Bré, Sancto Petro de Vosias et presentibus et futuris monachis Deo ibidem famulantibus, pro salute anime sue, genitoris et genitricis sue, omnium que parentum suorum, in manu Petri de Petrabuferia, Aimirici Bernardi, Petri de Afriac, Ademari de Gaeta, Jordani de Brol, Ademari, presbiteri Sancti Germani, Raimundi, camerarii et multorum aliorum.

Dedit etiam totum quicquid habebat in terra de Carlac (2) et bordariam de Mespol (3) et mansum Barole de Anglars et quod habebat in bordaria de Vall et in bordaria de Sunciac (4), et omne quod habebat apud Moncolo (5) et mansum de La Mazeira (6), quem illi de Montenucario (7), habent pro XXXta solidis in pignoria.

 

* Fol. LXII, r°.

(1) Guy de Bré dut périr de la peste qui décima les chrétiens de l'arrière croisade de 1101-1103. Guillaume, duc d'Aquitaine, quitta la France le 7 septembre 1101. Ce fut en mnrs 1102 que les croisés Aquitains arrivèrent à Antioche (renseignements fournis par le comte Riant, membre de l'Institut).

(2) Charliac, qui après avoir été, comme dans la charte ci-jointe Carlac, est devenu Charlac, dans une charte subséquente, et enfin actuellement Charliac, village de la comm. de Vigeois, 2 kil. N. E.

(3) Nespouls, village de la comm. d'Espartignac, 7 kil. N. E. de Vigeois.

(4) Sioussiac, village de la comm. de Vigeois, 3 kil. S. E.; mal à propos orthographié Fiaussac, par Cassini, dans sa grande carte, généralement si exacte, ce qui a été servilement copié par la carte toute récente de l'Etat-Major. Il n'est même pas relevé sur le grand atlas du département de la Corrèze, publié sous les auspices du Conseil général. C'est cependant l'antique Siciaco, du testament de Saint-Yrieix.

(5) Mont-Coulomb, village de la comm. d'Estivaux, cant. de Vigeois, 7 kil. S. de Vigeois.

(6) La Mazière, village de la comm. d'Eyburie, 13 kil, N. de Vigeois.

(7) Montneyger, village de la comm. de Sarran, cant. de Corrèze, 32 kil. O. de Vigeois.

 

― 69 ―

dedit mansum de La Ceperia (1) et omne quod habebat ad Murat (2) et ipsius terre hereditarios et omnia que abebat in bordaria del Poi ad Spulcias (3) in qua habitat Arnaldus, et fratres ejus, in opere Monasterii (4).

Dedit et illud totum quod habebat ad Estivals (5), quod est de osculo sue uxoris, post mortem dico uxoris sue, et filie sue si infantem non habuerit filia de marito. Eodem namque modo dedit post mortem filie sue, si infantem non habuerit de * marito, vineas de Voltazac (6) et bordarios et quicquid habebat dedit et vineam quam habuit mater sua ad ecclesiam Sancti Cipriani (7). dedit in ecclesia Sancti Galli (8), unum modium sigile in decima et si filia ejus infantem non habuerit de marito, totum quod habebat. Iterum in ecclesia Cambolive (9) dedit proferenz sine conventu. Dedit vineam in manso de Las Cumbas, tunc dico si filia ejus infantem non habuerit de marito.

Precepit namque, ut ille qui terram suam habuerit, omnem terram que est in pigneria de elemosina Sanctis redimeret.

Absolvit vero, omnes conlibertos et conlibertas et ipsorum tribatum Deo.

 

* Fol. LXII. v°.

(1) La Cipière, village de la comm. de Chamberet, cant. de Treignac. 30 kil. N. de Vigeois, à 2 kil. 500 de La Geneste (Voir note 1 de la page 25).

(2) Murat, village de la comm. de Vigeois, 4 kil. O.

(3) Espioussas, village de la comm. de La Graulière, 5 kil. S. E. de Vigeois. Nous reviendrons sur cette identification qui parait certaine.

(4) In opere monasterii. L'abbaye avait été entièrement détruite par un incendie, comme nous l'apprend Geoffroy de Breuil, prieur de Vigeois, dans sa chronique (ch. XVII). Cet incendie avait eu lieu avant 1082, moment ou Adémar, abbé de Saint-Martial, sur la demande des religieux, leur envoya Gérald de Lestrade pour les réformer. On voit que l'une des premières pensées de l'abbé Gérald et de son successeur Pierre Alboin fut de reconstruire le monastère; des chartes subséquentes nous apprendront que cette reconstruction était à peine terminée vers 1124.

(5) Estivaux, chef-lieu de comm., 8 kil. S. de Vigeois.

(6) Voutezac, chef-lieu de comm., cant. de Juillac, 11 kil. S. de Vigeois, appelé Vultazac, Vultizac; le monastère y possédait des vignobles très estimés.

(7) Saint-Cyprien, chef-lieu de comm., cant. d'Ayen, 19 kil. S. O. de Vigeois.

(8) Saint-Jal, chef-lieu de comm., cant. de Seilhac, 10 kil. E. de Vigeois.

(9) Chamboulive, chef-lieu de comm., cant. de Seilhac, 15 kil. E. de Vigeois.

 

― 70 ―

CXIV

CONCESSIO OLIVERII.

1103-1110

 

Omnia enim dona que jam sepe dictus Wido, dedit et fecit Beato Petro ceteris que etiam Sanctis, ego Oliverius (1), puerulam ejus filiam in conjugam ducturus, in ea auctoritate qua prevaleo, audiente capitolio, coram domno abbate Petro atque Geraldo de Turribus (2), concedo et confirmo (3).

 

CXV

KARTA PETRI DE RINAC, DE TERRA A LA VINZELLA.

1073-1086

 

* In nomine domini, ego Petrus de Rinac, dono Deo et Sancto Petro Vosiensi et abitatoribus ejus, pro anima mea et pro anima patris mei et matris mee, terram quam habeo a La Vinzella (4) sicut teneo et possideo, ita dono et concedo totum ex integro Sane siquis ergo immutata voluntate mea ad filii mei vel ullus ex heredibus vel propinquis meis ullam calumpniam inferre presumpserit contra hanc donationem in primis iram Dei omni- potentis in Baratro et Sanctorum omnium simul que cum Datan et Abiran et cum Juda traditore in inferno participationem habeat.

 

* Fol. LXIII, r°.

(1) Olivier de Las Tours, épousa Etiennette de Bré, fille de Gui, petite fille de Gérald, qui en 1082, fit don à l'abbaye, de la moitié des droits perçus sur la vicairie de Vigeois. Après la mort d'Olivier, tué à Yssandon (note de M. Bosvieux), Etiennette se remaria avec Guy Flamenc, fils d'Hélie (Chron. de Geoffroy de Vigeois, chap. XVIII).

(2) Gérald de Las Tours, oncle d'Olivier, frère du célèbre chevalier croisé Gouffier de Las Tours, l'un des héros de la première croisade. En 1114, il donna à l'abbaye de Dalon, de concert avec son frère, tout ce qu'il possédait dans la forêt de ce nom.

(3) Dix-neuf lignes grattées au couteau.

(4) Vinzella, village de la comm. d'Alassac, 8 kil. N.; 12 kil. S. de Vigeois.

 

― 71 ―

hujus rei auditores fuerunt Geraldus de La Vallada, Ramnulfus Raterius, Archambaldus Boto, et multi alii.

Facta est cessio ista tempore Philippi regis Francorum, et Widone, episcopatum Lemovice urbis tenente.

 

CXVI

KARTA GERALDI DE LESPINAZ.

1073-1086

 

Similiter ego Geraldus de Lespinaz hoc quod requirebam in hac terra supra nominata videlicet de La Vinzella, juste aut injuste, similiter do Deo et Sancto Petro Vosiensi et monachis ibi degentibus tali conventu ut post mortem meam, ibi sepeliar. Sane si aliquis ex heredibus meis aut propinquis contra hanc donationem calumpniam inferre presumpserit, in iram Dei omnipotentis incurrat si non emandaverit.

Auditores et confirmatores hujus doni fuerunt Petrus Rainaldus, Bernardus Ladenz, Johannes de Castris et multi alii.

Factum est donum istud in Castro de Comborn (1), tempore Philippi regis Francorum et Widone episcopatum Lemovice sedis tenente.

 

CXVII

Circa 1073-1086

 

Simili modo ego Titburg et Geraldus de Perpezac, omne jus quod habebamus in terra de La Vinzella, damus et concedimus Deo et Sancto Petro Vosiensi et monachis ejus.

Factum est donum istud ante altare Sancti Petri Vosiensis, audientibus, cunctis monachis ejus insuper, Stephano, archipresbitero de Perpezac, et Petro archipresbitero, et Archambaldo Botone.

 

(1) Comborn. Les ruines de l'antique castrum de ce nom, chef-lieu de la vicomté, se voient encore sur les bords de la Vézère, comm. d'Orgnac, 7 kil, S. de Vigeois. (Voir note 5, p. 32).

 

― 72 ―

CXVIII

KARTA GAUZFREDI DE PEIRUZA, DE ROCHIAC.

1111-1113

 

* Cunctis presentibus et futuris, notum esse volumus quoniam Gauzfredus de Peiruza et Stephanus Durnasz et Bernardus Aimiricus, venerunt, in corcordiam cum domno Rainaldo, abbate. de contentione quam habebant propter terram de Bochiac (1), quam Petrus de Garmaza (2), Sancto Petro Vosiensi dederat et concesserunt hanc terram Sancto Petro Vosiensi tali conventu ut quandiu vixerint medietatem hujus terre tenerint et monachi Vosienses aliam post mortem vero illorum sicut unus quisque eorum obierit pars unius cujusque Sancto Petro remoneat. Gauzfredus autem de Peiruza, in sua parte dedit XII denarios, et Bernardus Aimiricus, in sua parte VI denarios.

Auditores vero fuerunt domnus abbas Petrus Usercensis (3), Audebertus Grimoardus (4), Petrus de Carreiras, Willemus, gramaticus, Wido Jenesz, Geraldus, vicarius de Celom.

 

CXIX

DONUM PETRI RAINALDI ET FRATRUM EJUS.

1111-1124

 

Omnibus hominibus notum sit, quoniam ego Petrus Rainaldi et Willelmus et Raimundus et Audiardis, soror nostra, damus atque concedimus domino Deo et Sancto Petro apostolo ad Vosiensem locum, totum quicquid habemus vel exquirimus, in villa de Brunz (5) sicut modo habetur et tenetur a monachis Vosiensibus, ita damus et concedimus.

 

* Fol. LXIII, v°.

(1) Bouchiat, village de la comm. de Saint-Ybard, 5 kil. N. de Vigeois.

(2) Garamaze, village de la comm. de Saint-Martin-Sépert, 3 kil. N. O. de Bouchiat, 7 kil. N. O. de Vigeois.

(3) Pierre Béchade, abbé d'Uzerche, 1110-1113.

(4) Audebert Grimoard, qui succéda à Pierre Béchade, 1113.

(5) Broussou? village de la comm. d'Yssandon, 3 kil. S. 20 kil. S. O. de Vigeois. Tout en hésitant sur cette identification nous ferons remarquer

 

― 73 ―

Factum est hoc temporibus Ludovici regis et Aeustorgii Lemovicensis episcopi.

Hujus rei auditores fuerunt domnus abbas Rainaldus et Petrus Gariz, monacus et Geraldus Guido, monacus et Rotbertus Rofiniaci et Johannes Peissuns et Geraldus Lamasa, et Wido de Foiaza et Petrus de Vallada et Stephanus et Galterius de Castris et Bernardus de Lopianc et Stephanus Lacheza et Geraldus Minnuns et Geraldus Delpeirun.

 

CXX

DONUM STEPHANI DURNAIS, DE MANSO DE MURNAC

1092-1110

 

* Manifestum sit omnibus viventibus quod ego Stephanus Durnais, dono Beato Petro Vosiensi, medietatem de manso de Murnac (1), in quo stat Geraldus de Bar, post finem vite mee. Similiter decimam de uno manso de Anglaret (2), quam mihi ita domnus abbas Petrus permittit habere dum ego vivo, ut supra dictum est, post mortem meam absque calumnis omnium hominum medius scilicet mansus, et predicta decima, monachis in monasterio Vosie, Deo et predicto apostolo servientibus, in perpetuum remaneant.

Hujus etiam doni sunt testes hi Rainaldus, monacus, secretarius, Galterius, prior (3), Gauzfredus, prepositus, Hugo, Petrus, monachi, Petrus de Vallada, Bonius, Petrus Valentia, Geraldus de la Brugeira, Petrus de Sudena (4).

 

que ce lieu est placé à 400 mètres de Chauviac (Calviac) et de Transac, possessions certaines de l'abbaye. En marge de l'acte, d'une écriture du XVIIe siècle, on lit: Brous.

 

* Fol. LXIV, r°.

(1) Mergnac, village de la comm. de Vigeois, 1 kil. 500 N. Déjà identifié.

(2) Anglier, village, de la comm. d'Uzerche, 2 kil. 500 S., 3 kil. 500 N. de Vigeois.

(3) C'est la première fois, sous l'abbatiat de Pierre Alboin, qu'apparaît le nom d'un prieur, précédant immédiatement le prévôt.

(4) Soudaine-la-Vinadière, chef-lieu de comm., cant. de Treignac, 32 kil. N. E. de Vigeois.

 

― 74 ―

CXXI

DONUM PETRI DE GLANIAS, DE MANSO CAVOL DE MURNAC.

1092-1110

 

Sciant omnes tam futuri quam presentes, quod ego Petrus de Glanjas (1) dono Deo et Beato Petro Vosiensi presente Bernardo filio meo et concedente, VIII denarios in manso Cavaol de Murnac (2) et medietatem jutzie ejusdem mansi, pro salute utriusque parentis mei anime. Unberge quoque uxoris mee, filiorum que meorum et mee, ut eos fratres, tam futuri quam presentes, in monasterio predicti apostoli sibi servientes absque calumnio ullius heredis mihi succedentis, in perpetuum abeant et obtineant. Si quis autem forte vicio cupiditatis inflatus, hoc donum suadente diabolo violaverit, cum eodem diabolo cui male operando adhesit, quando res sanctorum invasit, semper sine dubio, ardens in inferno manebit, si vivens in hac vita legitime non emandaverit.

Auditores hujus doni sunt hi, domnus abbas Petrus, in cujus manu hoc dederunt pater et filius, Johannes quoque de Alairac (3), Galterius, prior, Petrus prepositus, Hugo, monachus.

 

CXXII

DONUM PETRI DE CARMAZA.

1092-1110

 

Igitur ego Petrus de Garmaza (4), do domino Deo et Sancto Petro Vosiensi et monachis ibi degentibus, unum mansum a Bochiac (5) et duas bordarias et duos ortos et unam vineam que est juxta istam terram quam teneo in dominio. Do etiam in manso * Cavol de Murnac XIIcim denarios quos habeo in domi-

 

* Fol. LXIV, v°.

(1) Glanges, chef-lieu de comm,, départ. de la Haute-Vienne, 40 kil. N. de Vigeois.

(2) Mergnac, voir note de la page précédente.

(3) Alayrac, village de la comm. de Saint-Ybard, 8 kil. N. de Vigeois.

(4) Garamaze, village de la comm. de Saint-Marlin-Sépert, 7 kil. N. de Vigeois, déjà identifié, note 2, p. 72.

(5) Bouchiat, village de la comm. de Saint-Ybard, 5 kil. N. de Vigeois, déjà identifié, note 1, page 72.

 

― 75 ―

nio; alium vero censum quem tenet Stephanus Cavol ex me fevaliter pro quo debet dare V solidos, volo ut deinceps de Sancto Petro et de ejus abbate obtineat et possideat et fiat homo ejus propriis manibus et non solum ille, sed et omnes qui in istam terram supradictam, ex me aliquid actenus fevaliter possident, deinceps de Sancto Petro et ejus abbate obtineant et habeant sicut ex me obtinere consueverant et ejus homines fiant. Hoc totum ego Petrus de Garmaza, do cum filio meo Petro, pro anima mea et omnium parentum meorum.

Donum autem istud factum est ante altare Sancti Petri apostoli, audientibus domno Petro abbate, Rainaldo, secretario, et aliis fratribus ejusdem monasterii et Ademaro Rotberto et Petro de Glanjas.

Mansus iste supradictus reddit VI denarios in martio et VI ad Sanctum Martinum et jutzia, I sextarium de sigile et III capones et I trogam et suem et explectum per totam terram supradictam (1).

In isto manso abent fevaliter Petrus Guillabaldus et Petrus de Gaeta, frater ejus, VI sextarios de sigile et IIII de civada et dare abent V solidos accaptamenti.

De ista bordaria exeunt II sextarios et aimina de sigile et III de civada et III capones et VIIII denarios.

In ista bordaria, abet Bonius fevaliter, IIII denarios in martio, et dare [debet] II solidos accaptamenti.

Alia bordaria reddit IIIIor sextarios de sigile et IIIIor de civada et X denarios in feria, Vta Rogationis, ad Sanctum Martinum I denarium et III capones et de duos ortos V denarios et III capones.

 

CXXIII

DONUM ROTBERTI DE VALL, DE TRIBUS MANSIS A LA GARRIGA.

1092-1110

 

Notum sit cunctis tam presentibus quam futuris, quoniam ego Rotbertus de Vall, do domino Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque congregationi pro filio meo Petro et pro salute anime mee, totum quod habebam vel exquirebam, in tribus mansis a la Garriga (2).

(1) Ici sont intercalés des fragments du Polyptyque de l'abbaye qui ne commencera, à proprement parler, que quelques folios plus loin.

(2) La Garrigue, village de la comm. de Chavagnac (Dordogne), déjà identifié, note 3, p. 46.

 

― 76 ―

Hujus doni au * ditores fuerunt domnus Petrus abbas et congregatio ejusdem Sancti Petri, in capitolio ejusdem monasterii (1).

 

CXXIV

DONUM STEPHANI MITONIS.

1082-1086

 

Sit notum cunctis tam presentibus quam futuris quoniam ego Stephanus Mito, dono Deo et Sancto Petro Vosiensi et monacchis ejusdem loci, totum quod habeo in manso de Cambos (2), tali conventu ut in vita mea fevales mei teneant de me, post mortem vero meam, de Sancto Petro et abbate ejusdem loci. In alio quoque unam bordariam que est alodum meum a Javaudes (3), cum viris et feminis qui sunt mei conliberti pro simili conventu. Item in alio loco, unum mansum a Calviac (4), dono Deo et Sancto Petro, post mortem meam, totum quod ego ibi habeo in vita mea; post mortem vero meam hoc quod meus fevalis abet de me, abeat de Sancto Petro et ejus abbate. De quoque medietatem de bosco de Cassannas.

Auditores hujus doni fuerunt domnus abbas Geraldus et Gauzfredus, prepositus, Gauzbertus Malafaida, Geraldus Bernardus, Gauzfredus d'Agumont, Ramnulfus, cellararius, Umbertus, judex.

Ego quoque in Dei nomine Geraldus qui vocor Rufus de Cambaret, dono Deo et Sancto Petro Vosiensi, jutziam quam habeo et teneo de predicto Stephano Mitone, in eodem manso supra dicto de Calviac, cum consilio ipsius Stephani Mitonis pro anime mee utriusque parentis mei remedio, ut omnes abitantes in Vosiensi monasterio predicti apostoli in perpetuum abeant et obtineant.

Hoc donum factum est, regnante rege Philippo, et in cathedra

 

* Fol. LXV, r°.

(1) Sept lignes laissées en blanc.

(2) Chambous? village de la comm. et du cant. d'Uzerche, 7 kil. 500 N. de Vigeois.

(3) Javaude? village de la comm. de Tarnac, cant. de Bugeat, 56 kil. N. de Vigeois.

(4) Chauviat, village de la comm. d'Yssandon, 21 kil, S. O. de Vigeois.

 

― 77 ―

Lemovicensi Widone episcopo sedente * ad ecclesiam que vocatur Alachiac (1), audientibus his Gauzfredo, preposito, Stephano Brivensi canonico.

 

CXXV

DONUM GERALDI BERNARDI DE COMBORN.

1106-1108

 

Notum sit cunctis hominibus quia Geraldus Bernardus de Comborn, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi pro salute anime sue bordariam Leuter, que est in parrochia d'Estival (2). Hoc donum concessit Wido Bernardi, frater ejus et promisit quod ab omnibus hominibus tueatur, accepit que pro hoc Vque solidos.

Hujus doni auditores fuerunt domnus abbas Petrus qui hoc donum accepit et cuncta congregatio monasterii Sancti Petri Vosiensis insuper et Petrus Geraldus, capellanus de Comborn.

Factum est donum istud in claustra monasterii Vosiensis, in mense martio, regnante Philippo rege et Eustorgio episcopo, Lemovice sedis tenente.

Hoc donum concesserunt juxta ecclesiam Sancti Boniti (3), Gauzfredus de Salanac (4), et avunculus ejus, Geraldus de Sancto Michaele, in manu domni Petri abbatis, audientibus Rainaldo, monaco, secretario, et Geraldo, monaca, armario et Willelmo Alboino, monaco.

 

CXXVI

DONUM PETRI VALLADA ET GERALDI FRATRIS EJUS.

1108-1110

 

Notum sit omnibus hominibus quia Petrus de Vallada, concessit donum quod Geraldus de Vallada, clericus, frater ejus, fecit

 

* Fol. LXV, r°.

(1) Allassac, chef-lieu d'une commune très importante du canton de Donzenac (4000 habitants).

(2) Estivaux, chef-lieu de comm., cant. de Vigeois, 8 kil. S. de Vigeois, placé presqu'en face (à 1 kil.) du château de Comborn.

(3) Saint-Bonnet-la-Rivière, chef-lieu de comm., cant. de Juillac, 15 kil. S. O. de Vigcois.

(4) Geoffroy de Salagnac, dont il a été déjà question page 16 note 1.

 

― 78 ―

Beato Petro apostolorum principi Vosiensis cenobii de ecclesia de Spartiniaco (1) in capitulo ejusdem monasterii in manu domni Petri abbatis, avunculi sui, audientibus fratribus ejusdem loci, regnante Ludovico rege Francorum et Eustorgio presule presidente in Lemovica urbe.

 

CXXVII

DE CAMERA SANCTI PETRI VOSIENSIS.

1092-1110

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Petrus de Vallada et Geraldus, frater ejus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, solarium quod erat juxta ecclesiam Sancti Victoris (2) et ortum et omnem terram que inibi est, sicut pater eorum Geraldus de Vallada tenuit et illi habebant, totum concesserunt Deo et Sancto Petro apostolo ejusque congregationi pro salute anima * rum suarum et patris sui et matris sue, et domnus abbas Petrus avunculus eorum, dedit eis, pro commutatione, decimum de Blaisac et tertiam partem de la Vallada (3).

Hoc donum factum est, in manu domni Petri abbatis, audientibus Gauzfredo, preposito, Bernardo Malamancia et Bonio et multis aliis.

 

CXXVIII

DE EADEM RE.

1092-1110

 

Similiter Gauzbertus de Vallada, frater eorum, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, totum quod habebat in ista terra et in isto

 

* Fol. LXVI, r°.

(1) Espartignac, chef-lieu de comm., cant. d'Uzerche, 9 kil. N. E. de Vigeois, déjà identifié note 1, page 55, charte XCIV.

(2) Saint-Victor de Bleygeat, ancienne paroisse, aujourd'hui simple village de la comm. de Vigeois, déjà identifié, notes 4-5 de la page 30, charte LI.

L'église de Saint-Victor a complétement disparu. Le cadastre seul de Vigeois en a gardé la trace par les noms de Eglise et de Cimetière, encore inscrits sur deux de ses parcelles, à côté de Bleygeat.

(3) La Valade, village de la comm. de Vigeois, 1 kil. S. E. Déjà Identifié, note 1, page 30.

 

― 79 ―

solario et orto et domnus abbas Petrus dedit ei pro commutatione, unam domum que est juxta nostrum cimiterium, tali conventu, ut post mortem ejus, remaneret Sancto Petro ipsa domus.

Hoc donum factum est ante altare Sancti Petri, in manu domni Petri abbatis, audientibus Johannes Malamancia et omni congregatione fratrum.

 

CXXIX

1092-1110

 

Geraldus Magrisfortis requisivit dona et placitus que fecerunt Rotbertus de Vallada et Bernardus, frater ejus et aliquantis annis litigavit cum domno Petro abbate et postea habuit placitum cum eo et fecit et hominium et fecit ei fiducias et firmavit per fidem suam ut omni tempore fidelis esset Sancto Petro et abbati et monachis et firmavit ut juraret, quando abbas voluisset et domnus abbas Petrus dedit ei fevum quod erat juris uxoris sue. Audientibus Gauzfredo, preposito, Petro de Vallada et Petronilla, mater uxoris ejus et alii multi.

 

CXXX

1092-1110

 

Similiter et Bonius concessit dona et placitus que pater ejus et mater et frater Petrus quoque vicharius fecerant Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque congregationi, accepit que pro hoc a domno Petro abbate Xcem solides.

Hujus doni auditores fuerunt domnus abbas Petrus, Gauzfredus, prepositus, Rainaldus, secretarius, Petrus de Vallada, Bernardus Malamancia et multi alii.

 

CXXXI

DONUM EBOLI VICECOMITIS, DE DUOS MANSOS VILLA QUE VOCATUR SEGELIN.

Circa 1031-1040

 

* Igitur ego in Dei nomine Ebbolus (1) vicecomes, dono atque

 

* Fol. LXVI, v°.

(1) Ebles I, vicomte de Comborn, 1001-1040, fils et successeur d'Ar-

 

― 80 ―

concedo Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi pro remedlo anime mee et omnium parentum meorum duos mansos in villa que vocatur de Segelin: mansum de la Guta (1), ubi Geraldus visus est manere et mansum de la Cresa (2), ubi Stephanus et Rotbertus, frater ejus visi sunt manere; quicquid videlicet ego in dominio habeo et quicquid alii de me fevaliter in eis possident, totum ex integre dono Deo et Sancto Petro apostolo, ea tamen ratione, ut quandiu vixero, teneam et omni anno VIII deriarios pro recognitione cultores horum mansuum monachis Vosiensibus reddant. Post obitum autem meum, ex integro Sancto Petro Vosiesnsi remaneant. Concedo etiam ut hii qui de me aliquid in his mansis fevaliter habent, post mortem meam, de Sancto Petro et de abbate illius obtineant et habeant, sicut de me optinuerunt. Quicumque ergo ex heredibus nostris, donum istud usurpaverit, sibi que subjecerit et elemosinam istam irritam fecerit, in iram Dei omnipotentis et omnium sanctorum incurrat, et cum diabolo et angelis ejus, in inferno participationem habeat.

Factum est donum istud regnanti Aenrico rege Francorum. Signum domni Petri abbatis; signum Johannis, decani; signum Geraldi, monachi, de Userca; signum Archambaldi (3), vicecomitis, cujus consilio et auctoritate hoc factum est; signum Willelmi de Sancto Aredio; signum Rainaldi de Maurangas.

 

CXXXII

1092-1110

 

Factum est in diebus domni Geraldi abbatis (4) Vosiensis.

Venit Geraldus de Sancto Michael Vosias et in manu ejusdem

 

chambaud I, surnommé Jambe-Pourrie, et de Sulpicie de Turenne. Voir note 5 de la page 18.

(1) La Goutte? village de la comm. d'Ussac, 1 kil. S., 21 kil. S. de Vigeois.

(2) La Gresa de Bropchar, tels sont les mots écrits en caractères du XVe siècle, en marge de l'acte. Il s'agit ici d'un village actuellement disparu, situé dans le voisinage de La Chapelle de Brochar, comm. d'Allassac, 4 kil. 500 d'Ussac, 16 kil. S. de Vigeois.

(3) Archambaud II, vicomte de Comborn, successeur d'Ebles I. Circa 1040-1060.

(4) Gérald de Lestrade, premier abbé de Vigeois de la réforme de Cluny, 1082-1091.

 

― 81 ―

abbatis, concessit et dimisit Deo et Sancto Petro Vosiensi, bordariam de Genollac (1) quam calumniabatur; audientibus Gauzfredo, preposito, et Ramnulfo, cellarario.

Postea venit ipse et Petrus Bernardus (2) frater ejus, ad eumdem locum et ante altare Sancti Petri, coram domno Petro abbate et fratribus ejusdem monasterii, concesserunt dona et placitus que genitor eorum fecerat; audientibus Constantino, presbitero, et Ademaro La Genebreira et Petro Geraldo de Cornill.

 

CXXXIII

KARTA DE VILLA DE ORGUOT.

1106-1108

 

* Sciendum vero est quoniam Gauzbertus de Malamort dereliquit Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi, in vita et in sanitate sua, totam comandiam quam in villa que vocatur Orgot (3) habebat et omne quicquit(?) juste vel injuste in ea querebat; audientibus istis, Petro abbate Vosiensi; Girberto de Malamort; Petro de Vallada; Raimundo de Vosias; Carbonello.

Similiter quoque Girbertus jam predictus, uno eodemque modo eandem comandiam Beato Petro Vosiensi et omnia quecumque in eadem villa justa et injusta obtinebat, pro anima sua utrorumque parentum suorum, audiente Gauzberto supradicto et audientibus his supradictis dimisit.

Deinde quidem Elias postremus supradicti Gauzberti nepos, hujus comandie particeps et pardominus, cognoscens se eam male tenuisse, fecit gurpicionem de ea ex integro predicto Petro apostolo, simulque donationem de omnibus his que juste et injuste in villa de Orgot requirebat aut tenebat.

 

* Fol. LXVII, r°.

(1) Genouilhac. ― Deux villages de ce nom, le premier, comm. de Donzenac, déjà identifié, note 2, page 2; le second, comm. de Saint-Bonnet-L'Enfantier, 10 kil. S. de Vigeois.

(2) Pierre Bernard et Gérald de Saint-Michel, oncles de Geoffroy de Salanac, présents à la donation de l'église Saint-Michel en Quercy (Hist. Tutelensis, Baluze, col. 445); ils sont encore mentionnés au Cartulaire d'Uzercbe (Bib. nat. Baluze, 377) comme témoins de la donation faite à ce monastère, par Guy et Gauzbert de Malemort, du lieu de Valleira, paroisse de Saint-Marcel.

(3) Argaut, important village de la comm, de Malemort, 21 kil. S. E. de Vigeois.

 

― 82 ―

Hoc idem audierunt Petrus abbas, in cujus manu conligatum est, Petrus Ainardus et uxor sua, Hugo de Sancto Exuperio, Rotlandus de Longopodio (1), Willelmus, monacus, Durannus de Solario, Stephanus, presbiter de Sancto Santino (2), Raimundus, Geraldus, Rainaldus.

Itaque tres viri isti hanc comandiam cognoscentes injuste et in dolo tenuisse ad deliberationem animarum suarum, vivi et sani profecto deliberaverunt, quia ea omnino liberam cum ceteris injustis in supradicta villa dolose obpositis, Beato Petro Vosiensi et monachis ejus tam futuris quam presentibus, ad abendam et tenendam in eternum dimiserunt.

Si quis autem hanc gurpitionem irritam fecerit aut violaverit, gloriam Dei non videbit, quia in inferno manebit, propter vim quam in terra Sanctorum fecit.

Factum est hujus rei donum, regnante rege Philippo, et in catedra Lemovice sedente, Aeustorgio episcopo.

 

CXXXIV

DONUM RADULFI DE CHASTRIS

 

* Omnibus hominibus notum sit quoniam ego Radulfus de Castris, do domino Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anima mea in manso a la Vila IIos modios de segle acessal (3) et IIos de civada acessal; et duos sextarios asestairal et XII denarios et in tribus bordariis a Blaisac (4) XXXta solidos quos habebat in pignore de Hugone Laden, quos concessit hisdem Hugo Laden Sancto Petro, audientibus Hugone Rotberto et Galterio de Castris et Geraldo, armario monaco.

Dedit etiam hisdem Radulfus de Castris Sancto Petro, medieta-

 

* Fol. LXVII, v°.

(1) Roland de Longpuy figure à diverses reprises au Cartulaire d'Uzerche, notamment à le donation faite en 1108, par Adémar III, vicomte de Limoges, de la moitié de l'église de Celom (Salons-la-Tour), en présence de Raymond, vicomte de Turenne, et de Geoffroy de Salanac.

(2) Saint-Xantin, chef-lieu de comm., aujourd'hui réuni à Malemort, 15 kil. S. E. de Vigeois déjà identifié, note 1, p. 12.

(3) Acessal, mesure comble; dans des contrées voisines, le Perigord notamment, on dit encore: la mesure pointue.

(4) Bleygeat, ancienne paroise Saint-Victor de Bleygeat, déjà identifié, notes 4 et 5, p. 30; 2, p. 67 et 2, p. 78.

 

― 83 ―

tem de quanda terra que est ad Aqueductum (1), quam tenebat de eo et de Galterio de Castris, Petrus de Sudenna. Hoc donum concesserunt fratres ejus Stephanus (2).

Auditores hujus doni fuerunt Galterius de Castris, Amelius de Carreiras (3), Rainaldus Hugo, Hugo Rotbertus de Sancto Gallo (4), Geraldus, armarius monacus, et multi alii.

Factum est donum istud in mense decembrio regnante Ludovici regis et Eustorgio episcopo Lemovice sedis tenante.

 

CXXXV

Circa 1100

 

Tam presentes quam futuri noverint quoniam ego Geraldus, vicarius et filii mei Bernardus et Petrus et Wido, frater meus, damus et concedimus domino Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque congregationi pro salute animarum nostrarum omnium que parentum nostrorum relliatge de decimo de manso de la Condamina et quicquid in ipso decimo exquirere poteramus de intus et de foris ipsius mansi.

Auditores fuerunt Petrus Rainaldi, monacus, in cujus manu factum est; Bernardus Rotgerius, presbiter; Willelmus, presbiter.

Simili modo ego Stephanus Fulcherii et nepo[tes mei] Elias et Wido, damus et concedimus relliatge de decimo de la Condamina, de intus et de foris mansi, auditores Petrus Rainaldi, monacus, Wido de Mannac et Geraldus Bernardi. Et ego Arbertus, vicarius de Celom (5), et Ademarus, frater meus, sicut Geraldus et Guido fratres nostri, ita damus et concedimus quicquid exquirere possumus in decimo.

 

(1) Agudour, village de la comm, de Voutezac, 13 kil. S. de Vigeois; déjà identifié, note 2, p. 15; 3, p. 22 et 6, p. 55.

(2) Une ligne et demie laissée en blanc.

(3) Charieyras, village de la comm. d'Objat, 1 kil. 500 N.; 13 kil. S. O. de Vigeois, a donné son nom à une ancienne famille qui possédait de nombreux alleux dans le voisinage de Comborn.

(4) Saint-Jal, chef-lieu de comm., cant. de Seilhac. 10 kil. E. de Vigeois; c'est l'ancien Sanctus Gallus du testament de Saint-Yrieix. A été le berceau de l'ancienne famille de Robert de Saint-Jal de Ligneyrac.

(5) Vicairie de Celom, actuellement Salons-la-Tour, chef-lieu de comm., cant. d'Uzerche, 12 kil. N. de Vigeois (voir note 3, p. 65).

 

― 84 ―

Auditores fuerunt Petrus Rainaldus, Geraldus Ramnulfi, Bernardus Fabri et Stephanus Gauzfredi.

 

CXXXVI

DONUM GERALDI DE ROEIRA

1092-1110

 

* Apertum sit semper monachis Vosiensibus, tam futuris quam presentibus, quod ego Geraldus de Roeira (1) dono Beato Petro Vosiensi, eorum domino, Stephanum Rainaldum de Brols (2), filias ejus et filios omnes quoque ab his exituros et omnia que juste vel injuste in eis abebam seu requirebam ut fratres cenobium Vosiense abitantes ibi Deo et predicto apostolo servientes in dominio, me auctore, perhenniter abeant et obtineant.

Deinde quale donum do predictis hominibus fecisse videtur pater meus Geraldus, tale ego Ursus filius ejus, facio et concedo, in presentia Petri abbatis et omnium circumastantium, scilicet Rainaldi, monachi, secretarii; Petri, monachi, prepositi; Ottonis Bernardi, qui fuit mediator hujus placiti; Stephani Durnais; Petri de Vallada; Petri Galterii; Galterii de la Plancha, isti de plurimis collecti sufficiant qui testes hujus doni usque in finem seculi fiant.

Sed hoc sciendum est, quod domnus abbas Petrus, jam predictum Otonem Bernardum, Breenensium principem (3), habet in fidejussorem, ut ab omnibus calumpniantibus ipsemet Geraldus sic eos eripiat ut locus Vosie dominicos atque liberos in perpetuum habeat.

 

CXXXVII

1130-1143

 

Notum sit omnibus quoniam ego Bernardus de Sellaur (4), dono atque concedo Deo et Beatis apostolis Petro et Paulo Vosiensis

 

* Fol. LXVIII. r°.

(1) Royère, village de la comm. de Saint-Ybart, cant. d'Uzerche, 5 kil. N. de Vigeois.

(2) Le Breuil, village de la comm. de Vigeois, 2 kil. 500 de Royère, 2 kil. 500 N. de Vigeois.

(3) Othon Bernard, prince de Bré, fils ainé de Pierre et d'Agnès de Comborn.

(4) Cellaur, village de la comm. de Chameyrat, cant. de Tulle, 21 kil. S. E. de Vigeois, déjà identifié, note 7, p. 9.

 

― 85 ―

monasterii, totum quod habebam aut requirere poteram in alodo de Chansaz (1), in manu domni Ademari (2), abbatis ipsius loci, audientibus monachis, Fruino de Bré, Petro Milone. Geraldo Ballarc, et laicis Andrea, judice, Stephano, bajulo, et filio ejus Petro, Geraldo Rainaldi quoquo, Geraldo de Sancto Aredio, temporibus Innocencii pape.

 

CXXXVIII

1130-1143

 

Notum sit quoniam ego Wido Fulcherii, dono Deo et Sancto Petro Vosiensi, relliatge de decimo de la Condamina de intus et de foris mansi.

Hoc factum est in manu Fruini de Bré, prepositi de Corberii, audientibus Gaucelmo de Corberii, Geraldo Bernardi et Rotberto la Tor, et in capitulo Vosiensi, coram domno Ademaro abbate, audiente supradicto Rotberto la Tor.

 

CXXXIX

DONUM AGNETIS DE BRE.

1092-1110

 

* Quoniam gesta hominum oblivioni tradit successio posterorum, notum facere volumus tam presentibus quam futuris quia ego Agnès de Bré (3), dono atque concedo domino Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi, omne quod habeo in manso de La Mannania (4), et omne quod habeo in villa de Charlac (5) et omne quod habeo in villa de Chanor; et omne quod

 

* Fol. LXVIII, v°.

(1) Chansaz, village de la comm. de Perpezac-le-Noir, 5 kil. S. de Vigeois, déjà identifié, notes 1, p. 20 et 2, p. 21.

(2) Adémar, élu abbé de Vigeois le 28 octobre 1124, mort en 1164. C'est la première charte passée sous son abbatiat.

(3) Agnès de Comborn, femme de Pierre de Bré, mère d'Othon Bernard et de Pierre de Bré.

(4) La Moneille, village de la comm. de Voutezac, 500 m. N.; 11 kil. S. de Vigeois.

(5) Charliac, village de la comm. de Vigeois, 2 kil. 500 N., appelé Carlac, ch. CXIII, p. 68. Pierre et Guy de Bré devaient être proches parents, peut-être même frères, car ils possédaient d'importantes propriétés dans les mêmes localités: Charliac, Espioussas.

 

― 86 ―

habeo in manso de Crotas, et omne quod habeo in manso de Lavaur (1), et quartam partem de molendino et stagno de Rofiniaco (2), et pratum de Issidolea et do ad opus monasterii (3) quod habeo in manso Stephani de Podio Despunzans (4), hec omnia dono et concedo, sicut habeo et teneo, post mortem meam domino Deo et Sancto Petro Vosiensi pro saluto anime mee et viri mei Petri de Bré et patris mei et matris mee et fratris mei Archambaldi vicecomitis et filiorum meorum et filiarum et omnium parentum meorum.

Hujus doni et hujus helemosine auditores fuerunt domnus abbas Petrus et Gauzfredus, prepositus, et Geraldus, presbiter, et Bernardus Valentia et Rotbertus de Turre et Petrus Johannes.

Factum est donum, istud, temporibus Philippi regis. Hoc donum concesserunt filii ejus, audientibus istis.

Sciendum vero est quia ipsa Agnès de Bré, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, omne quod habebat in manso al Brun Despunzans, pro Bernardo quem misit monachum in eodem monasterio, pro anima viri sui Petri de Bré et sua et filiorum suorum omniumque parentum suorum, audientibus domno Petro abbate et fratribus ejusdem monasterii et Bernardo Valentia et Petro Johanne et Fucherio de Curvosalice.

Dedit quoque ipsa Agnès de Bré, Sancto Petro Vosiensi, omne quod habebat in manso de Transrivo (5), pro se et pro viro suo Petro de Bré, et in vita * et post mortem mittantur in consortia Sancti Petri.

Petrus autem decanus, cum consilio fratrum ejusdem loci, commendavit et in obedientiam apud Vosias, unam domum et unum ortum, tali conventu, ut post mortem ejus remaneret Sancto Petro et fratribus monasterii Vosiensis, cum omnibus que in ea inventa fuerint.

Hoc autem promiserunt et concesserunt Petrus de Bré, vir ejus, et filii Otto Bernardus et Petrus de Bré ut sicut denominatum est, teneretur, audiente Gauzfredo Delleiriz.

 

* Fol. LXIX, r°.

(1) Lavaux, village de la comm. de Vigeois, 1 kil. N. O.

(2) Rouffignac, village de la comm. de Lubersac, 2 kil. au N.; 12 kil. N. de Vigeois; déjà identifié, note 1 de la page 56.

(3) Ad opus Monasterii. Comme Guy de Bré, Agnès de Comborn, femme de Pierre de Bré, donne pour la reconstruction du monastère incendié au milieu du XIe siècle. (Chr. de G. de Vigeois, ch. XVII.)

(4) Le Puy-d'Espioussias, petite colline dominant l'important village d'Espioussas, 3 kil. S. E. de Vigeois.

(5) Trarieux, village de la comm. de La Graulère, 6 kil. S. E. de Vigeois; déjà, identifié, note 1, p. 41.

 

― 87 ―

DE REDITIBUS HUJUS TERRE.

 

In manso de Lavaur (1) II solidos in augusto et IIIIor sextarios de civada alla ferrat de Comborn (2) et suem.

In manso Stephani d'Agrefolz a Corzac (3), II solidos in augusto et I popadam et I gallinam et explectum et alius mansus a Corzac a Lavernia, similiter II solidos in augusto et I gallinam et explectum.

In manso de Mantem (4), XII denarios et V sextarios de sigile et IIIIor de frumento.

In manso de Crotas II solidos ad Sanctam Mariam in augusto, et IIII denarios et IIIIor sextarios de sigile et IIII de civada al ferrat de Comborn et I gallinam et popadam et explectum et suem.

In manso al Bru Despunzas (5), I modium de sigile et II solidos in augusto et IIIIor sextarios de civada et VI denarios de vinada et explectum et trogam et I gallinam.

In tribus mansis a Charlac et I bordariam, totum quod habebat Agnès de Bré et Wido de Bré (6) est Sancto Petro.

In manso della Manania (7) a Vultazac XII sextarios; IIIIor de sigile, et IIIIor tririci et IIIIor de civada et XII denarios.

In II mansis de Charlac, videlicet in manso Borget VI denarios, et explectum Sancti Johannis et talliam, in augusto II solidos et sextarium de sigile et I avene; in manso Geraldi simililer.

 

(1) Lavaux, 1 kil. N. O. de Vigeois.

(2) Le jour de la fête ou de la frairie de Comborn, ancien chef-lieu de la vicomté de ce nom, comm. d'Orgnac, 7 kil. S. O. de Vigeois; déjà identifié notes 5, p. 32 et 1, p. 71.

(3) Goursac? village de la comm. de Sainte-Ferréole, cant. de Donzenac. 4 kil. S. de Sainte-Ferréole, 18 kil. S. de Vigeois.

(4) Mantet? village 1 kil. S. O. de la comm. de Saint-Clément, 12 kil. E. de Vigeois.

(5) Al Bru Despunzas, se rapproche du Poi ad Spulcias, de la charte CXIII (p. 69), qu'on pourrait traduire par les Pousses, lieu ardu, difficile à monter (il y a encore à Limoges les rues montueuses des Petites-Pousses et des Grandes-Pousses); avant de devenir l'Espioussas actuel, ce nom a successivement dégénéré en Espunzas, puis Espunzans, enfin Espioussas.

(6) Cette possession, commune à Agnès et Guy de Bré, confirme nos suppositions sur la proche parenté qui devait les unir (note 5, p. 85).

(7) La Moneille, voir note 4, p. 85.

 

― 88 ―

CXL

1092-1110

 

Notum sit omnibus dominibus quoniam Petrus Specioso Oculo de Sancto Clemente (1), acceptavit mansum de Mantel (2) de domno Petro abbate, et fuit homo ejus, et domnus abbas Petrus dedit illi mansum, tali conventu ut quandiu vixerit, teneat, et omni anno XII denarios et V sextarios de sigile et IIIIor frumenti reddat. Post mortem vero suam, hic sepeliatur et mansus Deo et Sancto Petro remaneat sine ulla contradictione, cum omni substancia et omnibus rebus que in eo invente fuerint.

Auditores hujus rei fuerunt Geraldus de Aneda, Bernardus de Praz, Rainaldus, secretarius, Petrus Guillabaldus (3), monacus * Petrus Garit, monacus, Petrus de Carreiras, monacus.

 

CXLI

Circa 1108-1110

 

Sciant omnes tam fuluri quam presentes quod Galterius de Montenujerio (4), tollebat Deo et Beato Petro Vosiensi, medietatem de civada de VIItem bordariis que dicuntur bordaria ad Mazfres (5), bordaria a Pairizaguet (6), bordaria a Lascouz (7), bordaria a La

 

* Fol. LXIX, v°.

(1) Saint-Clément, chef-lieu de comm., 12 kil. S. E. de Vigeois.

(2) Mantet, village de la comm. de Saint-Clément, déjà identifié page précédente, note 4.

(3) Petrus Guillabaldus, neveu d'Adémar de Sarazac, déjà mentionné ch. VII, p. 7.

(4) Montneyger, village de la comm. de Sarran, cant. de Corrèze 33 kil. O. de Vigeois, parait avoir donné son nom à une ancienne famille du nom de Monte Nucherio (ch. du fol. CXI du Cartulaire), Monte Nucario (ch. CXIII), Monte Nujerio (ch. CXLI), qui est devenu Montneyger.

(5) Masfreiz, village de la comm. d'Eyburie, 11 kil, N. E. de Vigeois, appelé Marenfresc, dans la charte XXXV de la page 23; pourrait être aussi un autre Masfreiz, commune de Peyrissac, 18 kil. N. E. de Vigeois.

(6 et 7) Pairizaguet et Lascouz, villages des communes de Chamberet et de Saint-Pardoux-Corbier, 23 kil. et 10 kil. de Vigeois; déjà identifiés page 13, notes 3 et 5.

 

― 89 ―

Fauria (1). Tandem cum consilio Gaucelmi Bernardi et Arnaldi de Luire, dimisit Sancto Petro Vosiensis et fratribus ibidem Deo servientibus, totum quod exquirebat in his VIItem bordariis, ipse vel alii per eum.

Fratres quoque ipsius, Petrus, Bernardus et Willelmus, hunc donum concesserunt, accepitque pro hoc hisdem Galterius, X. solidos, ab Geraldo, monaco, de Benaguas, qui hoc donum suscepit.

 

CXLII

1108-1110

 

Noverint omnes tam presentes quam futuri quod Petrus (2), comtors de Camboliva, misit in pignore Petro Torenc et Andree fratre ejus, medietatem de alodo de manso et de capmanso de La Genesta (3) per III solidos. Postea vero Geraldus, monacus, de Benagas, reddidit istos tres solidos Petro Torenc et Andree fratre ejus, dimiseruntque pignus quod tenebant Sancto Petro Vosiensi, deditque XII solidos Petro Ramnulfo de Camboliva, cujus voluntate et auctoritate hoc factum est. Deinde isdem Petrus Ramnulfus, veniens in Vosiensi monasterio, dimisit Deo et Beato Petro, totum quod exquirebat in manso predicto et capmanso de La Genesta, ipse vel alii per eum audiente Petro abbate et fratribus ejusdem loci, et Geraldo Lacapra; hinc de capitulo progressus, testum evangelii tenens super altare Sancti Petri donum quod fecerat, firmavit * accepitque pro hoc X solidos.

Pater quoque ejus Ramnulfus et filius suus Stephanus, frater supradicti Petri, postea ante altare Sancti Petri, similiter concesserunt, audiente domno Petro abbate, et cuncta congregatione monachorum, et Stephano, presbitero de Camboliva, Geraldo Lacapra, multisque aliis.

Facta sunt hec temporibus Ludovici regis Francorum, et Eustorgio episcopo Lemovicorum.

 

* Fol. LXX, r°.

(1) La Faurie, village de la comm. de Chamboulive, 2 kil. N., 16 kil. N. E, de Vigeois, 3 kil. S. du Masfreiz, de la commune de Peyrissac.

(2) Pierre Ramnulfe, comtors de Chamboulive, parait être le même que celui de la charte XXXIX (p. 26).

(3) La Geneste, village de la comm. de Chamboulive, 3 kil. S., 13 kil N. E. de Vigeois; déjà identifié notes 3 de la page 25 et 3 de la page 26.

 

― 90 ―

CXLIII

1108-1110

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Bernardus Dessando dimisit Deo et Beato Petro apostolo Vosiensis, unam bordariam que appellatur a La Plancha a La Chalm (1) que est inter castrum de Comborn et eccclesiam de Orniaco. Istam bordariam supradictam dedit pro salute anime sue. Si aliquis contra hunc donum ullam calumpniam inferre presumpserit, inprimis in iram Dei omnipotentis et Sanctorum omnium incurrat, et cum Datan et Abiron et cum Juda traditore, in infernum participationem habeat.

Auditores hujus doni fuerunt Arnaldus, presbiter de Orniaco, Petrus Gibraldus, capellanus de Comborn, Stephanus de Castra et Willelmus, frater ejus.

Facta sunt hec temporibus Ludovici regis Francorum, et Eustorgio episcopo Lemovicorum.

 

CXLIV

1100-1110

 

Presentibus atque futuris notum esse volumus, quoniam Petrus Dafriac (2) obtinuit fevum suum, quem jure debebat habere de domno Petro abbate, fuit que homo ejus propriis manibus, hac fecit ei suas fiducias. Unum tamen mansum qui dicitur de Cauzfurns (3), quem Wido de Bré reliquit Sancto Petro in Vosiensi monasterio, quem isdem Petrus Dafriac querebat, domno abbati Petro minime et concedere voluit. Alium tandem mansum qui vocatur mansus Lagraula de Josmaizos (4), tali convectu relinuit

 

(1) La Planche-de-la-Chaume, vaste étendue de terrains incultes, s'étendant entre le château de Comborn et le chef-lieu de la commune d'Orgnac, 8 kil S. O. de Vigeois.

(2) Pierre d'Afriac ou de Afriac, croisé de l'arrière croisade (1101-1103), témoin des donations de Guy de Bré (ch. CXIII, p. 68), mentionné au Cartulaire d'Aureil (p. 145), comme témoin d'une donation de Guy de Bren.

(3) Chauffour, village de la comm. de Saint-Ybart, 1 kil. 500 N. O., 8 kil. N. de Vigeois; village placé au milieu des possessions de l'abbaye.

(4) Jouméjoux ou Juméroux, village de la comm. de Saint-Pardoux- Corbier, 1 kil. N., 8 kil. 500 N. O. de Vigeois.

 

― 91 ―

ut quandiu ambo fratres vixerint, Petrus videlicet et Ademarus Dafriac, omni anno VI sextarios frumenti reddant, * post mortem vero illorum, Sancto Petro solutus remaneat.

Hujus rei auditores fuerunt, domnus abbas Petrus, Rainaldus, secretarius, Gauzfredus, prepositus, pluresque alii.

 

CXLV

DONUM AIMIRICI.

1110

 

Sciendum vero est quod ego Aimiricus, Geraldi (1) de Pomroi filius, dono ac derelinquo Deo et Sancto Petro Vosiensi et habitatoribus ejusdem loci, tam futuris quam presentibus, frumentum quod habeo in ecclesia Cambolive, scilicet X sextarios et duas partes unius sextarii, quos jure hereditario de proferencia (2), jam predicte ecclesie, ad festivitatem Omnium Sanctoram mihi reddendos, per unum quemque annum recipio ut sine alicujus hominis interdicto, pro amime mee, totiusque generis mei remedio libere habeant, et a modo in perpetuum libere teneant. Quod quidem frumentum testifico fratrem meum Bernardum uno eodemque modo unoque desiderio quo ego dedisse ac derelequisse predicto apostolo Petro jam olim in lecto egritudinis positum, me audiente, Hugone (3) quoque fratre meo presente, et matre mea Agnès, Alupo etiam presbitero ordinante.

Hoc donum etiam perficitur anno millesimo CX, indictione III, regnante Ludovico rege, sedente in cathedra urbis Lemovice Eustorgio episcopo, ac vivente Combornense Bernardo vicecomite, coram domno Petro abbate, toto capitulo audiente et quodam laico nomine Rotgerio.

 

* Fol. LXX, v°.

(1 et 3) Gérald et Hugues de Pomroi (de Ponte Rubeo) figurent au Cartulaire de Saint-Jean-d'Aureil à diverses reprises, et notamment aux pages 11, 99, 161 et 332.

(2) Proferent, proferentia, « Hoc est totum fevum presbyterale et proferentiam de tota parrochia de annona et de vino et totum profertum, que ad celtarios venit (1) ». On appelle encore ainsi, en Limousin, les objets déposés sur l'autel en signe d'offrande à Dieu.

(1) Cartulaire de Conques en Rouergue.

 

― 92 ―

CXLVI

DONUM BONII.

1111-1124

 

Omnibus notum sit quoniam Bonius dedit Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi, pro salute anime sue, IIos solidos in manso de Blaisac (1), qui vocatur Bugin (2), et in villa de Bochiac (3) IIIIor denarios quos habebat de Petro Garmaza (4).

Auditores hujus rei fuerunt domnus abbas Rainaldus, Petrus Gariz, monacus, Bernardus, monacus, cellararius, Geraldus Guillabaldus, monacus, Petrus de Vallada, Petrus Galterius (5),

................

* li sunt colliberti Sancti Petri Vosiensis.

Petrus (6) Stephanus et mater ejus Rainavida (7).

Petrus Girbertus et uxor ejus (8).

Geraldus Martinus del Espinaz (9).

Stephanus sutor de Crosa Villa (10).

Petrus et Stephanus, frater ejus, de Crosa Vila, et uxor ejus filia Constantii, Cabrol de Sejanc.

 

* Fol. LXXI, r°.

(1 et 2) La Buginie, ancienne paroisse de Bleygeat, actuellement commune de Vigeois, 3 kil. S. de Vigeois; déjà identifié notes 3, p. 42; 2 p. 67; 2, p. 78.

(3) Bouchiat, village de la comm. de Saint-Ybart, 5 kil. N. de Vigeois; déjà identifié notes 1, p. 72, et 5, p. 74.

(4) Pierre de Garmaze, déjà mentionné charte CXXII, p. 74,

(5) Deux lignes et demi laissées en blanc,

(6) Au-dessus du nom de Petrus, en interligne figure le signe |- que nous interprétons par un demi-denier. Le même signe au-dessus des mots: Petrus Stephanus, Petrus Girbertus, Geraldus Martinus, Petrus, Stephanus, Constantia, Benedictus et Girberga de Crosa Vila, Geraldus et Petrus Constans.

(7) Au-dessus du nom de Rainavida, en interligne, écrit; I. D., ce que nous interprétons par un denier.

(8) Au-dessus de: uxor, en interligne le chiffre .I. placé entre deux points qui doit avoir la même significalion que celui placé au-dessus de Rainavida.

(9) Lespinas, village placé à côté de Jouméjou, comm. de Saint-Pardoux-Corbier, 8 kil. 500 N. de Vigeois.

(10) Crouzevialle, village de la comm. de Voutezac, 11 kil. S. de vigeois.

 

― 93 ―

Constantia de Crosa Vila.

Benedictus de Crosa Vila, et filii ejus.

Girberga de Crosa Vila et soror ejus et filii sui Benedicta de Vultazac et III filie ejus Geraldus Constans et frater ejus Petrus et soror eorum.

 

CXLVII

DONUM ELIE DAIEN

1111-1118

 

Universis tam presentibus quam futuris notum sit quoniam Helias de Aient (1), do domino Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi, pro salute anime mee omniumque, parentum meorum, totam quod habeo vel exquirere possum in fevo presbiterii (2) ecclesie Spartiniaco (3) et quod habeo in manso qui appellatur diaconi et in stagno aque qui est juxta ipsum mansum totum quod habeo vel alii per me, taliter ut si fevales mei qui in fevo istius ecclesie aut in isto manso aliquid de me fevaliter habent, si Sancto Petro aliquid dare voluerint, aut monachi ullo modo adquirere potuerint donum et placitum que ipsi fecerint, ego concedo permanendum.

Hujus doni auditores fuerunt domnus abbas Rainaldus et Bernardus vicecomes (4), in quorum manu factum est, et Hugo Ladenz et Boso filius ejus et Gauzfredus Bernardus de Aient et Gauzfredus de Peiruza. Hoc donum sicut suppadictum est, dedit et concessit Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque congregationi pro salute anime sue, uxor Helie nomine Cervia, apud Castellum d'Aient (5),

 

(1) Ayen, chef-lieu de canton, 20 kil. S. O. de Vigeois.

(2) Le fief presbitéral, le mas du diacre; ces deux dénominations confirment ce que nous avons dit note 3, p. 34.

(3) Eglise de Saint-Martin d'Espartignac, actuellement chef-lieu de comm., cant. d'Uzerche, 9 kil, N. E. de Vigeois, figure au testament de saint Yrieix; déjà identifié, note 1, p. 55.

(4) Bernard, vicomte de Comborn, 1092-1119.

(5) Castellum est ici bien caractéristique de la différence existant entre le Castrum, bourg fortifié, habité par un assez grand nombre de familles, venant immédiatement après la civitas, et le donjon proprement dil, résidence du seigneur principal, appelé parfois princeps, comme différentes chartes nous l'ont appris pour les familles de Bré, de Pierrebufière, de Malemort et de Las Tours.

 

― 94 ―

in manu Petri Guarit monacho, tenens ipsam cartam quam vir ejus Helias concesserat.

Auditores hujus concessionis fuerunt Helias d'Aient et Galterius Johannes, procurator eorum * et filius ejus Peirogorcus et Geraldus de la Valleta, presbiter.

 

CXLVIII

DONUM GERALDI DE JAU ET FILII EJUS

1111-1124

 

Presentibus et futuris notum esse volumus quoniam ego Geraldus de Jan et filius meus Wido, damus Deo et Sancto Petro Vosiensi totum quod habebamus vel exquirebamus in manso de Lafauria (1), in manu domni Rainaldi abbatis. Et si aliquis homo hoc aliqua occasiono inquirere voluerit, promittimus ut salvum manere faciamus.

Auditores vero fuerunt Petrus Garitus. monacus, Arbertus de la Ribeira et uxor ejus, Audiardis, Itherius de la Ribeira, Petrus Bernardus, Stephanus, judex, Geraldus Paravisus.

 

CXLIX

1124-1164

 

Notum sit omnibus hominibus quod ego Boso de Jau, filius supradicti Geraldi, dono et concedo Deo et Sancto Petro Vosiensi totum quod habebam vel exquirere poteram juste aut injuste in manso de Lafauria de Javerlac in manu domni Ademari abbatis, audientibus Petro Durnasio, sacrista, Widone Magrefort, monaco, Petro Bernardi, milite, Gauberto, bajulo meo, Geraldo Ausaprat, Petro de Marses, Geraldo et Stephano de Javerlac.

Similiter ego Geraldus, frater supradicti Bosonis, dono Deo et Sancto Petro totum quod habebam in supradicto manso, in manu

 

* Fol. LXXI, v°.

(1) La Faurie de Javerliac, village à côté de Javerliac, comm. de Vigeois, 3 kil. S. O., et qui a disparu comme lui. On trouve encore à la matrice cadastrale de Vigeois une parcelle inscrite sous le nom de Les Farges dont la situalion parait correspondre au mas ici mentionné.

 

― 95 ―

Aimirici la Genebreira, monachi, audientibus fratre meo Sosone, Raimnulfo de Peiruza, Archambaldo Meschi, Willelmo Lafullia, Petro Pannell, Gauzberto Torto, bajulo nostro. Hoc factum est ante ecclesiam Sancti Jacobi de Albischers.

 

CL

DE ORTO AUDITORII

1124-1164

 

Tam presentibus quam futuris notum sit quoniam Ego Petrus de Jutzia Geraldi et soror mea Petronilla, damus Deo et Beato Petro apostolo Vosiensis, pro anima matris nostre et pro nostris animabus, octo denarios qui sunt reddendi in vigilia Natalis domini et unum sextarium frumenti, ad festum Sancti Martini in domo et in orto quem tenent Garnerii qui vocantur Auditorii, ita ut a monachis possideatur in perpetuum. Hanc oblacionem facimus in presencia domni Ademari abbatis, audientibus et videntibus Geraldo de Sancto Cirico et Geraldo Milone, presbiteris; Geraldo de Blaisac; Petro Pestorel et uxore ejus; Geraldo Lamasa qui hoc concesserunt; Geraldo de Manso; Stephano de Aqueductu; Archambaldo et Geraldo filio ejus Enjalrico; Bernardo de Viilanes.

 

CLI

572-573?

 

* ..... (1) .... et ..... [Are]dius, presbiter et ge[nitrix] mea Pelagia cedimus et condonamus Deo et Sancto Petro apostolo ad monasterium Vosidense (2), apud Lemovicas, monasterinm Sancti Michaelis (3), et ecclesiam

 

* Fol. LXXII, r°.

(1) Toute la partie supérieure de ce folio a été déchirée transversalement de gauche à droite.

(2) Vosidense est la plus ancienne forme connue du nom de Vigeois. La lettre D qui n'était pas encore tombée en est la preuve

(3) Saint-Michel de Pistorie (de pistoria, quartier des boulangers), pour le distinguer de Saint-Michel-des-Lions. C'était un ancien monastére, situé entre le pont Saint-Martial et la Cité de Limoges, plus tard une cure qui a subsisté jusqu'à la Révolution. L'église, qui était très ancienne, est aujourd'hui absolument détruite; il n'en reste aucune trace. Jocundus, père de saint Yrieix, y était enterré.

 

― 96 ―

Sancti Petri de Naves (l), et ecclesiam Sancti Martini Spartiniaco (2), et ecclesiam Sancti Galli (3), et ecclesiam de Camboliva (4), et ecclesiam de Baissiaco (5). Si autem monachi Vosidensis monasterii nobis solatia prebuerint, damus Texitoialo (6) portionem nostram et centum aripentos vinearum et curtim de Siciaco (7), et mansum de Columbes (8) de Vultaziaco, et mansum de Faorgiis (9) de Alaciaco (10), istas res denominatas sana mente et integre consilio judices cerciores rerum nostrarum metuentes casus fragilitatis humane ne nos subito mors provenire incantos valeat, condonamus atque concedimus Deo et Sancto Petro apostolo pro salute animarum nostrarum omniumque parentum nostrorum.

Facta sunt hec subdie pridie kalendas novembris XI anno regni

 

(1) Naves, chef-lieu de comm., cant. nord de Tulle, 20 kil. S. E. de Vigeois.

(2) Espartignac, chef-lieu de comm., cant. d'Uzerche, 9 kil. N. E. de Vigeois; déjà identifié, note 1, p. 78.

(3) Saint-Jal, chef-lieu de comm., cant. de Seilhac, 10 kil. E. de Vigeois; déjà identifié, note 4, p. 83.

(4) Chamboulive, chef-lieu de comm., cant. de Seilhac, 15 kil. N. E. de Vigeois; déjà identifié, note 9, p. 69.

(5) Beyssac, chef-lieu de comm., cant. de Lubersac, 8 kil. O. de Vigeois; déjà identifié, note 1, p. 9.

(6) Serait-ce Excideuil, chef-lieu de canton (Dordogne), lieu fort ancien et où l'abbaye de Saint-Yrieix a possédé jusqu'à la Révolution des biens importants.

(7) Sioussiac, village, de la comm. de Vigeois, 3 kil. S. E.; déjà identifié, note 4, p. 68.

Saint Yrieix y possédait une église qu'il met sur la même ligne, dans son testament, qu'Attanum. Il lui lègue: « Simul et de Sisciaco oratoria tribunalia dua valentia solidos II, vela ad ostia III, valentia solidos VI, turres, calices, pallas et coopertoria paerdictis martyriariis ad custodiendum tradimus » ... « et tectos sanctorum reparari cum necesse fuerit, jubeatis, hoc est Attano et Sisciaco ... » Dans les Chartes et Diplômes publiés par Pardessus, on lit lectos, au lieu de tectos!

(8) Colombeix ou Colombiey, important village de la comm. de Voutezac, 13 kil. S. O. de Vigeois; déjà identifié, note 3, p. 55.

(9) La Faurie, village de la comm. d'Allassac, 4 kil. S. O., 16 kil. S. O. de Vigeois.

(10) Alaciaco, comme Vosidense, est la plus ancienne forme connue du nom d'Alassac, déjà identifié, note 3, p. 4.

 

― 97 ―

domni nostri Segeberti (1) regis. Quicunque actem dona ista que de rebus propriis sub testamento fecimus sibi violenter vendicaverit, excommunicatus sit et anatematizatus.

Hoc monasterium Sancti Petri quod Vosias appellatur, post mortem Sebastiani abbatis, Beatus Aredius destructum restauravit et innumeris beneficiis celeberrime ditavit. Predictus vero Sebastianus ipsum Beatum Aredium in puericia litteris imbuerat; post cujus discessum, restaurato monasterio monachis XIIcim ibi collectis, nepotem suum Astidium virum illustrem, abbatem prefecit.

Dedit etiam huic monasterio alias ecclesias aliaque predia, sicut in preceptis Beati Martini Turonensis plenissime invenitur (2).

 

CLII

 

* Notum sit omnibus hominibus (3) ... concessit domno Petro .... ru, quod cumque adquirere potue[runt] Vosiensis monasterii ex terra qu.... retinent fevales ejus, audientibus Rainaldo, monaco, Gauzfredus, prepositus et Aimiricus de Celom.

 

CLIII

1092-1110

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Wido de Turribus (4), misit in pignore Sancto Petro Vosiensi et abbati Petro, mansum

 

* Fol. LXXII, v°.

(1) Sigebert I, roi d'Austrasie, IIIe fils de Clotaire, commença à régner en 561; assassiné en 575. La onzième année de son règne nous donne par conséquent l'année 572 pour la date du testament de saint Yrieix que l'on met souvent 573. L'orthographe du nom de Segebert comme celle de Vosidense et d'Alaciaco, démontre l'ancienneté de ce curieux document historique. Quelques auteurs l'ont crû cependant interpolé.

(2) Mabillon, dans ses Analecta vetera (col. 622, p. 211), a donné la copie de ce testament avec quelques variantes. Ainsi il débute par ces mots: Ego Aredius ... et mater Pelagia, ajoutant ego et supprimant presbiter et genitrix, auxquels il substitue mater, Texitoialo a été lu Fexitoialo.

(3) Toute la partie supérieure du fol. LXXII ayant été déchirée, on ne peut lire cette charte que très imparfaitement.

(4) Guy III de Las Tours, fils aîné de Guy II et d'Agnès de Chambon Sainte-Valerie, petit-fils d'un frère de Guy I, surnommé le Noir, seigneur

 

― 98 ―

de las Faurgas (1) et fodrum (2) de sex mansis de Altafaia (3) propter LX solidos. Tali conventu fecit hoc pignus, ut post mortem ejus esset Sancti Petri Vosiensis .... pro anima sua et pro anima patris sui et matris sue et ut nomen ejus inter fratres scriberetur.

Audtitores hujus rei fuerunt domnus abbas Petrus, Gauzfredus, prepositus, et Petrus de Bré.

 

CLIV

DONUM GOLFERII DE TURRIBUS

1092-1110

 

Golferius autem de Turribus frater ejus, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anima sua partem suam de fodris de mansis supradictis de Altafaia, audientibus domno Petro abbate, Gauzfredo, preposito, Otone Bernardo, Girberto Malafaida.

 

CLV

 

Rainaldo de Bochiac (4) fuerunt filii Archambaldus de Bochiac et Wido d'Aissa et Ermengardis. Ermengardis ista habuit tres filios, Petro de Garmaza (5) et Geraldo Chabatza et Widone de Garmaza. Wido autem d'Aissa divisit terram suam cum fratre suo Arcambaldo de Bochiac et de ista terra dedit isdem Wido totum quod habebat in Bochiac Petro de Garmaza, nepoti suo in heredi-

 

de Las Tours, Hautefort et Terrasson, marié à Engalcias de Malemort. M. Bosvieux, le premier, par le rapprochement des dates de plusieurs chartes du Cartulaire de Beaulieu, a établi ce fait historique (Arch. dép. de la Haute-Vienne, manuscrits Bosvieux).

 

(1) Las Fargeas, village de la comm. et du cant. de Lubersac, 8 kil. N. O. de Vigeois, déjà identifié, note 3, p. 24.

(2) Fodrum, terre inculte (voir note 2, p. 23).

(3) Hautefaye, village de la comm. de Vigeois, 3 kil. S. O., déjà identifié note 2, p. 9.

(4) Bouchiat, village de la comm. de Saint-Ybart, 5 kil. N. de Vigeois déjà identifié notes 1, p. 72 et 5, p. 74.

(5) Garamaze, village de la comm. de Saint-Martin-Sept-Pers, 7 kil. N de Vigeois, déjà identifié notes 2, p. 73 et 4, p. 74.

 

― 99 ―

tate. Petrus iste de Garmaza dedit hanc terram de Bochiac Deo et Sancto Petro Vosiensi pro anima sua et pro animabus omnium parentum suorum (1).

* (2) ..... mansus de Brolio (3) debet vinata VI denarios et I popadam et I gallinam. Foire I sextarium tritici et I sigile et II avene et explectum.

Mansus de la Noalia (4), I popadam et I gallinam. Foire, I sextarium tritici et I sigile et II avene et explectum.

Mansus Ragaudencs in martio III denarios et omne quod egreditur excepte fisco judicis.

Ortus qui juxta bordariam del Prat situs est, in martio IIII denarios.

 

DE FAIA

 

Bordaria del Prat, in martio IIII denarios et inter duos annos I propadam et I gallinam. Foire, dimidium sextarium tritici et dimidium sigile et I avene et explectum.

Bordaria a Alball, inter duos annos I popadam et I gallinam et explectum.

Mansus Deschezador, I popadam et I gallinam et foire, I sextarium tritici et I sigile et II avene et explectum.

Mansus al Eschazer, similiter et vinata VI denarios.

Mansus Mesclivencs, similiter, excepta vinata.

** [Mansus del] Chassan, I popadam, I gallinam; ad Sanctum Martinum, IIII denarios.

Mansus de la Polga (5), I popadam et I gallinam. Foire, I sextarium frumenti et I sigile et II avene et explectum.

 

* Fol. LXXIII, r°.

** Fol. LXXIII, v°.

(1) Un signe à l'encre rouge, correspond à un renvoi ainsi conçu: « Verte retro VIIII folios et invernies donum supradicti Petri de Carmazae. » Si en effet on tourne IX fol. du manuscrit original, on trouve au bas de la page LXV, r° (charte CXXII p. 74) la donation faite à Vigeois, par Pierre de Garmaze.

(2) Toute la partie supérieure du fol. LXXIII a été déchirée (environ neuf lignes), c'est le véritable commencement du Polyptyque qui va se continuer dans les XV folios suivants.

(3) Le Breuil, village de la comm. de Sadroc, 12 kil. S. de Vigeois, déjà identifié note 1, p. 64.

(4) La Noaille, village de la comm. de Beyssat, 8 kil. O. de Vigeois.

(5) La Pieuse, village de la comm. d'Allassac, 1 kil. 500 N.; 12 kil S. de Vigeois.

 

― 100 ―

Mansus de la Boaria, vinata VI denarios in martio et I popadam et I gallinam et foire et explectum.

De Sejauc. Bordaria Geraldi Cabrol, in martio XII denarios et II sextarios sigile.

Bordaria Rotgerii de Gaeta de Malmont, in martio IIII denarios.

Bordaria Varvassor, in martio VIII denarios et III sextarios et III avene et I sextarium vini aut I avene ad Judicis.

Bordaria de Lafont, I denarios.

Pro bordaria que fuit Martini, presbiteri, debet Geraldus Cabrols II sextarios sigile et Constancius similiter II sexiarios sigile.

De manso que vocatur Faures et de bordaria reddit Constancius ad festivitatem Sancti Martini X denarios et in martio X, et explectum.

Propter modicum terre quam Umbertus tenet, reddit * in martio VIII denarios.

De orto quem Bernardus Painna tenet II sextarios frumenti et II sigile et in martio VI denarios; ad missam Sancti Martini VI.

Mansus de Abriac (1) dimidium modium sigile et IIII sextarios frumeuti; vinada VI.

Mansus de La Faifoilla (2), vinada III denarios et agrer.

Mansus Sparsilac (3), I modiom sigile et dimidium modium avene; in martio VI denarios; ad missam Sancti Martini, II solidos et dimidium,

Mansus de Roeira (4), IIII sextarios sigile et IIII avene; in martio V denarios, ad missam Sancti Martini VI et explectum.

Mansus del Mont (5) V sextarios sigile et IIII avene; vinada I denarium.

De Bochiac (6). De terra quam Geraldus de Cantaluba (7) tenet; in martio II denarios; ad missam Sancti Martini VIII [denarios] et Geraldus Cauzenelz reddit vinada II denarios et agrer.

 

* Fol. LXXIV, r°.

(1, 2 et 3) Habriat, Farfouillac et Spartillac sont trois villages placés à côté les uns des autres, au N. de Saint-Martin-Sep-Pers, 9 kil. N. de Vigeois, déjà identifiés notes 2 et 3, p. 45.

(4) Royère. village de la comm. de Saint-Ybart, 5 kil. N. de Vigeois; déjà identifié note 1, p. 84.

(5) Actuellement Le Puy, 500 mètres N. E. d'Habriat et Farfouillac, 9 kil. N. de Vigeois,

(6) Bouchiat, voir notes 1, p. 72; 5, p. 74, et 3. P. 92.

(7) Chanteloube, village de la comm. de Salons-La-Tour, 12 kil. N. de Vigeois.

 

― 101 ―

De alia terra quam Geraldus Girbertus tenet, VI sextarios sigile et explectum.

Mansus de La Boaria, dimidium modium sigile et ad missam Sancti Martini XII denarios.

De molendino de Bochiac, XII sextarios sigile.

De molendino de Nonal, VIIII sextarios sigile.

De dominio de Bochiac, I sextarium frumenti.

Geraldus Macrifortis debet IIII sextarios de vino propter solarium Richardi, fiducie sunt propter hoc, Geraldus de Faia, presbiter, et Johannes de Selaur.

* Mansus de Chanzols (1) debet, I modium sigile et VI sextarios avene; ad missam Sancti Martini VI denarios.

Bordaria que est juxta ipsum mansum, medietatem de agrer.

De orto quem Geraldus de La Brujeira tenet, ad missam Sancti Martini IIII denarios.

De La Rocheta (2), III modios frumenti et IIII sextarios de fabis et dimidium modium avene et II solidos et IIII denarios et de quodam orto que est a La Rocheta, medietatem.

De duobus mansis qui sunt in parrochia Sancti Juliani de Vendones (3), VI sextarios frumenti et VI avene et vinada XII denarios.

Mansus de Rofinac (4), dimidium modium sigile et II sextarios frumenti et IIII avene et XVI denarios.

De manso Baudric, dimidium modium sigile et II sextarios frumenti et IIII avene. Vinata XII denarios.

Bordaria de Chastanet, que est juxta ipsum mansum II solidos de explecto.

Mansus Capellan, dimidium modium sigile et IIII sextarios frumenti et IIII avene et XII denarios.

De IIIIor mansis al Tell, I modium sigile et XI sextarios et VI sextarios avene et II solidos.

Bordaria de Abriac, IIII sextarios sigile et IIII avene et vinada, V denarios; in martio IIII et III capones et I suem.

 

* Fol. LXXIV, v°.

(1) Chanzu, village de la comm. de Chanteix, 12 kil. S. E. de Vigeois; déjà identifié note 2, p. 54.

(2) La Rochette, village, comm. et cant. de Donzenac, 15 kil. S. O. de Vigeois; déjà identifié note 1, p. 67.

(3) Saint-Julien-le-Vendonnois, chef-lieu de comm., canton de Lubersac, 18 kil. N. O. de Vigeois.

(4) Rouffignac, village, comm. et cant. de Lubersac, 12 kil. N. de Vigeois; identifié note 1, p. 56.

 

― 102 ―

In bordaria que est a Josmaisos (1), tertiam partem de agrer.

De orto quem Archambaldus presbiter, dimisit Sancto Petro, a

Garmaza a Muntanac (2), * egreditur agrers.

Mansus de Josmaisos (3).

Bordaria quam Stephanus Chaubez tenet, IIII denarios ad missam Sancti Martini.

Bordaria Petri Cellararii, XII denarios.

De orto quem Geraldus d'Afriac dimisit Sancto Petro a Setpers, VI denarios ad missam Sancti Martini.

Mansus Lanter de dabs (4).

Mansus de Las Vernias qui vocatur Bordas (5).

De uno capmanso, in martio VIII denarios, ad missam Sancti Martini VIII; ad Natale domini IIII.

Pro medietate istius capmansi, redditur medietas de agrer, et pro alia medietate, IIII sextarios sigile et II avene.

Pro duobus mansis quos Petrus Guillabaldus tenet de Sancto Petro, reddit omni anno, I modium sigile.

Bordaria de La Rocha, agrer et in martio IIII denarios.

De quodam orto al Verne, ad missam Sancti Martini VII denarios.

Mansus de la Mannania (6), dimidium modium sigile et VI sextarios avene. Vinada VI denarios.

Mansus de Lascolz (7), qui est in parrochia Sancti Eparchii X sextarios sigile et in martio V denarios. Vinada V.

Mansus de Chauzforn (8).

Mansus de Antinnac, VII sextarios sigile.

Mansus Odolrici, XII sextarios sigile et IIII avene; ad missam

Sancti Martini XII denarios; in martio XII.

 

* Fol. LXXV, r°.

(1) Jouméjoux, village de la comm. et à 1 kil. N. de Saint-Pardoux-Corbier, 8 kil. N. O. de Vigeois; déjà identifié note 4, p. 90.

(2) Montagnac, village, à 1 kil. N. de Garamaze, commune de Saint-Martin-Sept-Pers, 8 kil. N. O. de Vigeois.

(3) Deux lignes et demie en blanc.

(4) Une ligne et demie en blanc.

(5) Une ligne et demie en blanc.

(6) La Moneille, village de la comm. de Voutezac, 14 kil. S. O. de Vigeois, déjà identifié notes 4, p. 85, et 7, p. 87.

(7 et 8) Lascoux et Chauffour, villages placés à 2 kil. l'un de l'autre, déjà identifiés notes 5, de la p. 23 et 4, p. 33.

 

― 103 ―

* Mansus de Chastanet, IIII sextarios sigile et de alia terra, agrer.

Bordaria del Per (1) II sextarios sigile et II avene; in martio III denarios; ad missam Sancti Martini II.

De orto qui est juxta ipsam bordariam, ad missam Sancti Martini, II denarios.

Bordaria de Lascossiza, in martio IIII denarios.

De Chastan Forat IIII sextarios sigile et II frumenti; in martio II denarios.

Bordaria del Pom, in martio IIII denarios et inter duos annos, I gallinam et I popadam.

Allas Forcellas, una bordaria debet ad missam Sancti Martini XII denarios.

Alia bordaria Girberti (2).

Alia bordaria Rotberti (3).

Mansus Garembosc, XII sextarios sigile et IIII avene; vinada, VI denarios; ad Natale VII (4).

Mansus al Jove, IIII sextarios sigile et II avene. Vinada, II denarios; in martio V; ad Natale, III.

Bordaria Bernardi Constantini I sextarium vini et I panem.

De orto Baudran, I sextarium vini et I panem.

Bordaria Fonta similiter.

De orto quem Geraldus presbiter tenet, I denarium.

De alia bordaria, vinada VI denarios et I sextarium avene.

De Mazairolas; bordaria Malsabrer ad missam Sancti Martini V denarios.

De domo Petri de Laspinaza (5) III denarios.

Propter modicum terre, quam idem Petrus tenet, reddit V denarios.

De domo Stephani Boschairescha; ad missam Sancti Johannis,

III denarios.

 

* Fol. LXXV, v°.

(1) Mas du Poirier, de Piro. lieu aujourd'hui disparu comme Javerliac, qui n'a laissé trace qu'à la matrice cadastrale de Vigeois sous le nom de champ du Poirier, à côté du lieu où était autrefois Javerliac, déjà identifié note 3, p. 51.

(2) Ligne laissée en blanc.

(3) Idem.

(4) Idem.

(5) Laspinaza, village, à 500 mètres N. de Saint-Pardoux, 8 kil. N de Vigeois.

 

― 104 ―

De domo Stephani Rascher ad missam Sancti Johannis * V denarios; ad missam Sancti Martini V denarios.

De orto Constantini vicarii, ad missam Sancti Johannis V denarios, ad missam Sancti Martini V.

De orto quem Geraldus Rex tenet, reddit ad missam Sancti Johannis VI denurios; ad missam Sancti Martini V denarios.

Bordaria Restizia, ad missam Sancti Martini VI denarios.

De villa de Chanzeiras (1), I modium et dimidium sigile et I sextarium avene et III solidos et IIII denarios ad missam Sancti Martini; in augusto XI denarios et I minutum; in martio XI; et XIII cappones in augusto. Foire, II sextarios avene et explectum et sues.

 

CLVI

DONUM BERNARDI VICECOMITIS.

DE ECCLESIA DE COMBORN.

(F.B. Combron dans le texte)

1101-1104

 

Quoniam multa predecessores meos Beato Petro apostolo monasterii Vosiensis dedisse cognovi; ob hoc exemplo provocatus, ego Bernardus vicecomes (3), in Dei nomine, dono Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi, pro salute anime mee et patris mei et matris mee et omnium parentum meorum, capellam de chastello de Comborn (3) et quidquid ad eam pertinet ita ut ab hodierna die in manu abbatis sit et clericus qui in eam cantaverit.

Hoc donum facimus ego Bernardus vicecomes et filius meus Archambaldus, in manu domni Petri abbatis, cum consilio et auctoritate militum et hominum nostrorum, scilicet Hugonis Laden, Amelii de Carreiras et filii ejus Doitranni; Bernardi La Vila, Rainaldi Hugonis, Stephani de Castris et aliorum multorum.

 

* Fol. LXXVI, r°.

(1) Changieras, village de la comm. de Benayes, 2 kil. S; 13 kil. N de Vigeois.

(2) Bernard, vicomte de Comborn (1092-1119)

(3) Nadaud, dans son Pouillé du diocèse de Limoges, donne la date de 1102 comme celle de la donation de la chapelle de Comborn à Vigeois (Grand Séminaire de Limoges, manuscrits.)

 

― 105 ―

Ego Petrus (1) Lemovicensis episcopus, dono Deo et Sancto Petro Vosiensi capellam de Comborn et concedo alias ecclesias quas Beatus Petrus et locus Vosiensis donum habuit et in cartis monasterii retinetur. Audientibus domno Petro abbate et omni congregatione et clericis et archidiaconibus nostris Petro Bruschardo (2) et aliis multis in capitulo ipsius monasterii Vosiensis.

 

CLVII

DONUM UGONIS LADEN.

1104-1110

 

* Notum sit omnibus quoniam Ugo Dens dedit domino Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi pro salute anime sue in capitulo ejusdem loci, in presentia domni Petri abbatis, partem suam de manso de la Vallada post mortem suam et dedit IIII sextarios frumenti in proferentia (3) ecclesie d'Estival (4) in opere monasterii quandiu monasterium edificabitur (5) et posteain dominio fratribus ibi Deo serventibus, audientibus fratribus ejusdem monasterii.

 

CLVIII

 

Sciendum est quoniam Audebertus de Lopiac in extremis positus, monachus effectus est dedit que et concessit domino Deo et Sancto

 

* Fol. LXXVI, v°.

(1) Pierre Viroals, évêque de Limoges (1100-1104).

(2) Pierre Bruschard, archidiacre de Limoges. Il est fréquemment question de lui dans la vie de Saint Geoffroy, fondateur du Chaslard, publiée par Bosvieux. Il fut d'abord le persécuteur du Bienheureux; puis devint son protecteur.

(3) Proferentia, proferent, voir note 2, p. 91.

(4) Estivaux, chef-lieu de comm., cant. de Vigeois, 8 kil. S.; déjà identifié, note 2, p. 77.

(5) C'est la troisième charte constatant la reconstruction du monastère qui dût commencer immédiatemcnt après la nomination de Gérald de Lestrade (1081), se continuer sous son successeur Pierre Alboin (1091-1110) et enfin se terminer pendant l'abbatiat de Rainald de Roffignac (1111-1124). Nous ne voyons, en effet, sous le long abbatiat d'Adémar (1124-

 

― 106 ―

Petro Vosiensi ejusque congregationi pro salute anime sue, fevum quem de Sancto Petro habebat et fevum Ugonis de Aqueductu.

Hujus doni auditores fuerunt Rainaldus, secretarius, et Petrus, monachus, magister, et Stephanus, diaconus, multi que alii.

 

CLIX

DONUM RAINALDI UGONIS

1111-1124

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Rainaldus Ugo (1) et uxor ejus Alaidis et frater ejus Petrus Ugo, venerunt ad monasterium Vosiense et in capitulo condonaverunt se ad sepulturam in eodem monasterio et ad monachilem habitum quando eis voluntas fuerit et propter hoc, ut firma promissio esset, accepit domnus abbas Rainaldus de capite Rainaldi Ugonis blestam (2) et concesserunt et dederunt totum quod pater eorum vel parentes dederunt Sancto Petro Vosiensi sicut habetur in cartis monasterii et tenetur a monachis et insuper ortum de Aqueductu quem tenebat Petrus Johannes monacus.

Factum est hoc in capitulo monasterii audientibus fratribus monasterii (3).

* (4) ... [Mansu]s de Altafaia (5) debet XX.... sigile et IIII fru-

 

1164), aucune charte mentionnant des donations; « ad opua monasterii ». Il faut en conclure que la belle abside romane de l'église actuelle de Vigeois, remonte d'une façon certaine au premier quart du XIIe siècle.

 

* Fol. LXXVII, r°. Le coin de ce folio, dans sa partie supérieure, a été déchiré.

 (1) Rainald Ugo, l'un des « milites Combornenses » du vicomte Bernard, descendait d'Hugues d'Agudour (Ugo de Aqueductu), donateur d'« unam trellam vinee de Aqueductu » vers 1030-1060, sous le règne d'Henri Ier (voir charte XXI, p. 15). Nous voyons ici le petit-fils confirmer la donation de son aïeul, « ortum de aqueductu ».

(2) Blesta, Lemovicensibus, Bleite vel Bleste, dit du Cange dans son Glossaire à ce mot, Gall. toupet. Cet usage singulier parait spécial au Limousin, car nous lisons dans le Cartulaire d'Aureil (Arch. départ. de la Haute-Vienne, mss.): a pro emendatione injuriaram quae fecerat, cincinnum vel blestam barbae suae tradidit, in manu Gaucherii domini ».

(3) Sept lignes en blanc.

(4) Le polyptyque, qui avait été interrompu par les chartes CLVI à CLIX, reprend ici.

(5) Hautefaye, village de la comm. de Vigeois, 3 kil. S. O.; déjà identifié. notes 2, p. 9; 4, p. 35; 3, p. 36.

 

― 107 ―

menti et I .... modium avene; in augusto XII denarios.... vinada XII, ad Natale Domini XII, in martio (1).

Mansus del Poi, XII sextarios sigile et II sextarios frumenti et XII avene. foire, III sextarios; vinada VI denarios; ad missam Sancti Martini XIII; ad Natale X; in martio IIII (2).

Mansus de Vilavalles (3), dimidium mod. sigile. foire III sextarios; in augusto VI denarios; vinada VI denarios; ad Natale X; in martio VI (4).

Mansus Maurel, dimidium mod. sigile et dimidium avene; foire III sextarios; in augusto VI denarios; vinada VI; ad missam Sancti Martini XIIII; ad Natale X; in martio IIII.

Mansus del Cultura, dimidium mod. sigile et dimidium avene; foire III sextarios; vinada XII denarios; ad missam Sancti Martini XX; ad Natale XII; in martio XII (5).

De duobus mansis de Solviniac (6) II modios sigile et II avene; in augusto XII denarios; vinada XII; ad missam Sancti Martini XII; ad Natale XII; in martio XII.

* Mansus de Chaniac (7); II modios sigile (8)... foire III sextarios; in augusto VI.... ad missam Sancti Martini XIIII; ad [Natale].... in martio VI (9).

Mansus Guarnaldi; I mod. sigile et I avene; foire, III sextarios. Pro isto manso reddit Andreas judex dimidium mod. sigile et IIII sextarios avene; vinada VI den.; in martio VI.

Mansus Jutzals, II mod. sigile et I avene et IIII sextarios frumenti; foire III sextarios; in augusto VI den; vinada, VI den.; ad missam Sancti Martini XIII; ad Natale. X; in martio IIII (10).

Mansus Ratfre; II mod. sigile et avene et IIII sextarios frumenti; foire III sextarios; in augusto VI denarios; vinada, VI; ad missam Sancti Martini XIIII; in martio IlII.

 

* Fol. LXXVII, V.

(1) Trois lignes en blanc.

(2) Idem.

(3) Villevaleix, village de la comm. de Vigeois, 2 kil. S. O.

(4) Trois lignes en blanc.

(5) Idem.

(6) Sauvignac, village de la comm de Vigeois, 2 kil. N. O.

(7) Chiniac, village de la comm. de Vigeois, à 500 mètres seulement de Sauvignac, 2 kil. N. O. de Vigeois.

(8) Trois lignes disparues par suite de la déchirure du folio LXXVII dans sa partie supérieure.

(9) Deux lignes et demie en blanc.

(10) Idem

 

― 108 ―

Pro uno orto qui est de hoc manso, reddit Geraldus de Sellaur, ad missam Sancti Martini, IIII denarios, in martio IIII, et pro alio orto reddit Ildeardis, ad missam Sancti Martini VI denarios.

Pro alio quoque reddit Stevena, ad missam Sancti Martini VI denarios (1).

Mansus de Lavall, I mod. sigile, et I avene; foire, III sext. in augusto, VI den., vinada VI; * ad missam Sancti Martini XII; ad Natale X; in martio IIII. De hoc manso reddit Petrus Lavall, II sext. frumenti, ad missam Sancti Martini IIII den., et vinada et marcescha (2).

Pro uno orto qui est de manso de Lafont, reddit Constancia, ad missam Sancti Martini VI denarios.

Pro alio orto, reddit Andreas judex in martio, IIII den.

Bordaria Ballarc, I sext. vini in augusto et II asinos; foire, I sext. et I gallinam, in martio V den.

Bordaria Rausola, similiter.

Bordaria Arnaldi de Bosco, similiter.

Bordaria Raimbaldi, similiter.

Bordaria Rainaldi de Plazac (3), II asinos et I gallinam et explectum.

Bordaria Pelamell, I sext. vini in augusto et II asinos et I gallinam; in martio. II den.

Bordaria Geraldi Gauzberti, in augusto I sext. vini, et II asinos et I gallinam; in martio, VI den., foire, I sext.

Bordaria Malardella, similiter,

Bordaria de La Polga (4) III sext. frumenti et III den. (5).

De IIIIor mansis del Plantadiz (6), mansus Constantini presbiter, II mod. sig. et I avene et IIII sext. frumenti; in augusto, VI den.; vinada, VI; ad missam Sancti Martini, VI; ad Natale, X; in martio, IIII.

De hoc manso reddit Constantinus, XII sext. ** sigile et IIII fru-

 

* Fol. LXXVIII, r°.

** Fol. LXXVIII, v°.

(1) Deux lignes et demie laissées en blanc.

(2) Marcescha, le blé semé en mars. Le mot marèsche est encore usité dans une partie du Limousin.

(3) Plazac, comm. de Montgibeaud, 2 kil. S.; 16 kil. N. O. de Vigeois.

(4) La Pleuge, comm. d'Allassac, 12 kil. S. de Vigeois, déjà identifié note 5, p. 99.

(5) Trois lignes laissées en blanc.

(6) Le Plantadis, comm. du Lonzac, 2 kil. 500 N. O.; 16 kil. N. E. de Vigeois.

 

― 109 ―

menti et dimidium mod. avene; vinada, VI den.; ad Natale, X et in martio, IIII.

Mansus Petri del Planc, II mod. sig. et I avene et IIII sext. frumenti; in augusto, VI den.; vinada, VI; ad missam Sancti Martini, VI; ad Natale, X; in martio, IIII.

De hoc manso reddit Petrus I mod. et dimidium sigl., et I mod. avene et II sext. frumenti; in augusto, VI den.; vinada, VI den.; ad missam Sancti Martini, VI den.; ad Natale, X; in martio. IIII.

Mansus del Per (1), II mod. sig. et I avene et IIII sext. frumenti; in augusto, VI den,; vinada, VI; ad missam Sancti Martini, VI; ad Natale, X; in martio, IIII.

De hoc manso reddunt inter Petrum del Planladiz et Petrum, I mod. sig.; in augusto, VI den.; vinada, VI den.; ad missam Sancti Martini, VI den.; in martio, IIII; ad Natale, X (2);.

Mansus Alraz, II mod. sig. I avene; in augusto, VI den.; vinada, VI; ad missam Sancti Martini, VI; ad Natale, X; in martio, IIII.

De hoc manso reddit Stephanus Ras, I mod. et dimid. sigile et dim. mod. civada; in augusto, VI den.; vinada. VI den.; ad missam Sancti Martini, VI den.; ad Natale. X: in martio, IIII.

Mansus de La Beza (3). II mod. sigile acessal et I avene; in augusto, VI den.; vinada, VI den.; ad missam Sancti Martini, VI; ad Natale, X; in martio, IIII.

De hoc manso redduntur, XII sext. sigile; vinada, VI den.; in martio, VI den.

De manso de Trasmont (4), I mod. et dimid. mod. sigile.

De Mazeiras (5), I mod. et II sext. sigile; vinada, IIII den.; ad Natale, XVI; in martio, IIII.

* Sciendum est quoque quia census de his, VII mansis supranominatis debetur ad mensuram Vosiensis.

A Manfrez et al Lascoutz (6), de medietate de sex bordariis, VI sext.

 

* Fol. LXXIX, r°.

(1) Le mas de Piro, aujourd'hui disparu, à côté de Javerliac également disparu, comm. de Vigeois, déjà identifié notes 3, p. 51 et 1, p. 103.

(2) Deux lignes et demie laissées en blanc.

(3) La Vaisse, comm. de Vigeois. 5 kil. S. O.; identifié note 2, p. 30.

(4) Trasmont, deux lieux de ce nom, comm. de Naves et de Bar, 19 kil. S. E. de Vigeois.

(5) Mazieras, comm. de Peyrissac, 16 kil. N. E. de Vigeois.

(6) Masfreiz et Lascouz, déjà identifiés notes 2 et 5 de la page 23 et 5 et 7, p. 88.

 

― 110 ―

sigile et VI sext. civida; vinada IIII d., in martio V et I minutam ad Natale.

De una bordaria al Lascoutz, agrer.

De manso del Chairun (1), dimid. mod. sigile et IIII civada; vinada V den.; in martio VI den.

De manso de Lespinaza (2), dimid. mod. sigile; vinada, IIII den., in martio IIII den., alius mansus, similiter.

De manso de Matgas, VI sext. sigile et IIII civida; vinada, IIII den., in martio IIII.

De duobus mansis de Chalausol (3), I mod. sig. et IIII sext. frumenti; ad festum Sancti Martini XII den., in martio XII den.

De manso de Lagorza (4), II sext. frumenti et medietatem de agrer et explectum.

De Canzeiras (5), I mod. et XV sext. sigile; ad [missam] Sancti Martini III solidos et IIII den., in martio XI den., et I minatam; in augusto XI den., et I minutam; et XV capones et V trogas et med[ietatem]; mol[endini] de Fregols in augusto V den.

De Maizairolas del Cassan, in martio III minutas.

Del Chaslar (6), in martio, III den., vinada, III den., X den., del Brol IIII den., martio, IIII den. Sancti Johannis.

De la bordaria Malsabrer ad [missam] Sancti Martini, V den.

Del Barriler ad missam Sancti Martini et in martio, XVIII den.

De Geralo Rege, ad missam Sancti Martini, XII den., et in martio, XII den.

De alia bordaria Audeberti, II den. et I minutam et III gallos et dimid. sext. de civada et I jornal.

De bordaria alla Cumba ad Sanctum Johannem, VIII den. in augusto, III gallos.

 

(1) Le Cheyroux, comm. de Montgibeaud, 3 kil. S. E., 15 kil. N. O. de Vigeois; entre Plazac et Coursaleix. Un autre comm. d'Espartignac, 2 kil. S., 7 kil. N. E. de Vigeois. Ce nom parait provenir de quadrudiam, carrefour, qui par la chute du D est devenu el Quarum, el Chairum, Le Cheyroux, Le Queyroy.

(2) Lespinassas, déjà identifié note 5, p. 103; à 500 m. N. de Saint-Pardoux, 8 kil. N. de Vigeois.

(3) Chalaux? comm. de Chamboulive, 15 k. N. E. de Vigeois.

(4) La Gorze; treize villages de ce nom, dont quatre; communes de Chanteix, Condat, Eyburée, Espartignac, toutes situées dans le voisinage de Vigeois.

(5) Changieras, comm. de Benayes, 2 k. S., 13 kil. N. de Vigeois; identifié note 1, p. 104.

(6) Le Chalard, comm. de Vigeois. Deux autres comm. de Chamberet et d'Yssandon, mais moins probables.

 

― 111 ―

Del Claus. III sext. de frum., et II de sig.

De la Bordaria Rascher ad [missam] Sancti Martini, X den., ad Sanctum Johannem, X den.;

De la Vernia, XII den.;

De Cantaluba (1), IIII den., in martio.

De Castanforat II sext. de * frum. et IIII sext. sig. et II de civada; in martio, II den.; et vinada III minutas.

De Antinnac; de la bordaria del Poi, II sext. sig. et II de civada; in martio, I gallinam et dimid. popad. aut II den. in augusto, II den. ad [missam] Sancti Martini III den.

De manso P, de Antimac, VII sext. de segl.

De manso del Castanet, agrer, de orto II den.

De las Cossiza, in una bordaria, IIII den. in martio; de duobus ortis, in martio III den., vinada, II den.

De manso Aolric, XII sext. segl.; in augusto, VI den. Vinada, VI den.

De manso de Cauzfurnz (2), similiter.

De manso de La Mannania (3), dimid. mod. segl. et in augusto VI den.; in martio, VI den. et IIII sextaradas terre a agrer.

De manso del Vern, I mod. de segl. et II sol. in augusto.

In ipso loco, in una bordaria VII d. vinada.

In ipso loco in bordaria alla Rocha, IIII vind[emiis] et IIII sext. segl.

A Claps del mas Lanter, IIII sext. segl. et VIII den.

De bordaria P.; I sext, segl.

De la Chabaceira (4), XII den. et III capos et explectum.

Del Poiet, II sext. segl. et II civada et VI den.

De bordaria del Pom, in martio IIII den.

De bordaria Estraboit, III den. in martio.

Al Cassan, II den. [ad missam] Sancti Martini.

De la bordaria Stephani Johanni, vinada III den.

De orto Eschirper, vinada III den.

De bordaria al Pom, II sex. frum., vinada VI den.

 

* Fol. LXXIX, v°.

(1) Chanteloube, comm. de Salons-la-Tour, 12 kil. N. de Vigeois; déjà identifié note 7, p. 100.

(2) Chauffour, comm. de Saint-Ybart. 10 kil. N. de Vigeois; déjà identifié notes 5, p. 23; 4, p. 33 et 8, p. 102.

(3) La Moneille, comm. de Voutezac, 11 kil. S. O. de Vigeois; déjà identifié note 3, p. 102.

(4) La Chabasserie? comm. de Rogiers de Juillac, 10 kil. S. O. de Vigeois

 

― 112 ―

Del mas de las Forcellas, VI sext. segl. et dimid. et VI den. vinada ad Natale, V den.

De mas G. Lauter, IIII sext. segl. et [ad] Natale V denarios.

De bordaria all Jove, agrer,

In bordaria B. Constans. I sext. de vini et I panem in augusto.

De bordaria del Lac IIII den. vinada.

Al Cassan, IIII den. in martio.

Al Verdier (1), II den. in martio et mediet. de agrer et mediet. de prato.

De Abriac (2), IIII sext. segl., in martio V den.. vinada. IIII den. et III capos et I trogam.

De mas de la Vernia, in martio V den., vinada, VI den. et agrer.

De bordaria al la Rua (3), allas Bordas a agrer.

De manso Gauzfredi VIII sext. segl. et VIII den. ad [missam] Sancti Martini et XII den. in martio.

De Tello, agrer.

In manso C. Domeg, dimid. mod. de segl. et II sext. frument. et XVI den. [ad missam Sancti Martini].

In manso Capellano, dimid. mod. du segl. et IIII sext. frument. et XII den. [ad missam Sancti Martini].

In bordaria Castanet, XII den. ad festum * Sancti Aredii (4) et XII den. ad [missam] Sancti Martini.

In manso Baudrie, dimid. mod. segl. et IIII sext. frument. et XII den. ad [missam] Sancti Martini.

In manso S. Lacalm, IIII sext. segl. et VI den. ad [missam] Sancti Martini.

In manso del Poi alla Cruc (5), dimid. mod. segl. et XIII den. ad [missam] Sancti Martini.

A Paulac (6), de tribus mansis VI sol.

De manso Martini, dimid. mod. frument.

De manso al la Crespa, dimid. mod. frum. et I mod. segl.

 

* Fol. LXXX, r°.

(1) Le Verdier, deux villages de ce nom, comm. de Lubersac et d'Eyburie, 10 kil. N. O. et N. E. de Vigeois.

(2) Habriat, comm. de Saint-Martin-Setpers, 8 kil. N. de Vigeois; identifié notes 9, p. 45, et 1, 2 et 3, p. 100.

(3) La Rue, trois villages de ce nom, comm. d'Uzerche, Sadroc et Montgibeaud, dans le voisinage de Vigeois.

(4) Le 23 août se célébrait autrefois la fête de saint Yrieix. Proprium Sanctorum qui ritu speciali coluntur in ecclesia regali B. Aredii de Athano (petit in-8°, 1742. s. l. bibliothèque Bosvieux).

(5) Le Puy de La Croix, comm. de Vigeois. 500 m. N. E.

(6) Pauillac, comm. de Lubersac, 10 kil. N. O. de Vigeois.

 

― 113 ―

De manso del Per (1), XII sext. segl.

A la Rocheta (2), III mod. frum. et IIII sext. fabarum; II sol. (3).

De terra de Tremula, VII sext. frum.

A la Cundamina, I mod. frum.

In parrochia Sancti Juliani (4) alla Jarrua XIIII sext. frum. et VI de segl. et XVIII den.

A Albicher (5) a Montala quartum de terra et VIII den.

Al Lascouz (6), VI sext. segl. et XX den.

A Sparsillac (7), I mod, segl. et II sol.

De manso a Faifullia (8), IIII sext. segl. et VIII den.

A Abriac (9), IIII sext. frum. et VI sext. segl. et VI den., ad [missam] Sancti Martini.

In orto P. Viridell, XII den., ad [missam] Sancti Martini, VI den.

De bordaria Caube, VI den.

In alio loco, IIII den.

De manso alla Graula, VI sext. frum.

De manso de Josmanso (10), IIII sext. frum.

De bosco Sancti Pardulfi, VIII den.

De manso a la Corbateira ....

Mansus de la Beceira (11), debet IIos sol. ad Sanctum Martinum et I mod. de segl. et IIII sext. et XII sext. de civada.

Alla Cartula, IIII den. ad Sanctum Martinum.

El Claus, debet Geraldus de Briva, de sua portione, X den.

De ipso Clauso, Stephana La Pestorezza, X den.

In ipso Clauso, Petrus sutor della Bacaria, X den.

De ipso Clauso, S. Constantinus, X den.

In ipso loco, Geraldus, X den.

 

(1) Le mas du Poirier, à côté de Javerliac, deux villages aujourd'hui disparus, déjà identifiés, notes 3, p. 51, et 1, p. 103.

(2) La Rochette, comm. de Donzenac, 15 kil. S. O. de Vigeois, déjà identifié notes 2, p. 17 et 1, p. 67.

(3) Au-dessus de II sol. en interligne, sont écrits: IIII den.

(4) Saint-Julien-le-Vendomois, chef-lieu de comm., cant. de Lubersac, 16 kil, N. O. de Vigeois. ― La Jarousse? 4 kil. S. de Saint-Julien, 15 kil. O. de Vigeois.

(5) Les Bischers? comm. de Juillac, 15 kil. O. de Vigeois.

(6, 7, 8, 9) Lascouz, Sparsillac, Farfouillac et Habriat, villages placés à côté les uns des autres, 8 kil. au N. de Vigeois, déjà identifiés notes 2, 3, p. 45, et 1, 2, 3, p. 100.

(10) Jouméjoux, comm. de Saint-Pardoux-Corbier, 8 kil. N. O. de Vigeois, déjà identifié notes 4, p. 90, et 1 p. 102.

(11) La Beceyrie, comm. de Saint-Clément, 12 kil. S. E. de Vigeois, et un autre, La Beysserre, comm. d'Allassac, 13 kil, S. de Vigeois.

 

― 114 ―

De ipso Clauso, Guarnes Guaanola, in sua partida, X den., et medietatem fructuum de arboribus.

Vivianus presbiter, X den.

Garneria, III den. donec terra fiat plantata.

Geraldus de La Jarriga (1), III den. et II sext. de segl.

P. de La Chassanna (2), VI den.

In manso al Motell, VI den., et I agrer.

De manso del Chassan ultra aquam, medietatem del agrer.

In manso al Chassan, XII den. et II sext. frum. et II de civada.

De orto quem tenet Geraldus Texandarius et Andreus, X den., et IIII sext. frum. et tercium de la vinna.

El agrer de orto Foiso.

De orto * quem Hugo de Aqueductu (3) tenebat, I sext. frum. post mortem vero clerici IIos porciones.

Auditores hujus rei fuerunt Geraldus Malafaida, Gauzfredus Bernardus, Rainaldus, secretarius, Petrus Gariz, prepositus, Amelius de Carreiras.

De la terra quam Hugo de Aqueductu tenebat, que est super

domum Tornatori, IIos sext. de segl., quando erit seminata.

De Petro de Granschams, I sext. de segl.

De manso Milmanda quem S. de Bronz tenet, dimid. mod. de segl. accessal, et dimid. mod. de civada, et IIII den. ad Stum Martinum, et IIII in aug. et IIII in martio.

De manso Baronenos per omnia similiter, sicut de manso Milmanda.

In ipso loco a Bronz, Geraldus Minos, I sext. de segl.

De terra quam Amelius de Carreiras dedit pro filio P., debet Constantinus Locapols VI den. et II sext. de segl.

 

CLX

DONUM WILLELMI DE COMBORN.

Circa 1097.

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam ego Willelmus de

 

* Fol, LXXX, v°.

(1) La Jarrige, comm. d'Eyburie, 1 kil. O.; 13 kil. N. E. de Vigeois.

(2) La Chassagne, comm. de Condat, 1 kil. S.; 10 kil. N. de Vigeois.

(3) Voir chartes XXI, page 15 et CLIX, page 106.

 

― 115 ―

Comborn, dono Deo et Sancto Petro Vosiensi pro me et pro patre meo Rainaldo partera meam de bordaria de Bracchar que vocatur de La Polga (1), audientibus Gauzberto Malafaida et Willelmo Alboino et Rainaldo Hugone.

 

CLXI

DONUM HUGONIS RAINALDI.

Circa 1097.

 

Ego Hugo Rainaldi et uxor mea, et filius meus Rainaldus Hugo, damus Deo et Sancto Petro Vosiensi partem nostram de bordaria La Polga de Bracchar, audientibus Gauzberlto Malafaida et Constantino, presbitero de Alaciac (2).

 

CLXII

1108-1110

 

Omnibus hominibus notum sit quod ego Almodis, uxor Geraldi Autgerii, dono domino Deo et Beato Petro apostolo Vosiensi, pro anima mea et filiorum meorum et patris mei Petri Radulphi de Castris, terram de Bracchar que est subtus viam, quam dedit mihi in matrimonio.

Hoc donum audierunt Rainaldus, sacrista, et Geraldus, armarius, nepos ejus, et Galterius, bajulus, et multi alii.

Factum est donum istud in festivitate Sancti Petri ad vincula temporibus Ludovici regis et domni Petri abbatis.

 

(1) La Pleuge, comm. d'Allassac, 2 kil. N.; 4 kil. au N. de Bracchar, 12 kil. S. de Vigeois. Déjà identifié notes 5, p. 99, et 4, p. 108.

(2) En marge de l'acte sont écrits ces mots: bordaria de La Polga de Brapchard, d'une écriture du XVe siècle.

 

― 116 ―

* (1) ..... os mansus de Borzac

..... [man]sus Ramnulfi debet duas

..... duodecies segl. accessal de Userca

...... et duas duodecies avene ad

..... [vigiliam] Natalis domini. Foire, III sext.

avene; in aug., XV den. vinada VI; ad missam Sancti Martini, XIIII; ad Natale domini, XII; in martio, X et XIIII gerbas. Pratum debet secare et claudere (2).

Mansus Fulcuzu similiter.

Sed de hoc manso tenet Ramunlfus medietatem et reddit unam duodeciem sigl. et unam avene ad vigiliam Natalis domini; foire, III eminas; in augusto. VII den. et I minutam; vinada VI; ad missam sancti Martini, VII den.; ad Natale. VI; in martio, III.

Alia autem medietas hujus mansi est a agrer.

De manso Ermingau, reddit Ramnulfus in martio. VIII den.; in augusto, III. et alia est a agrer.

In hoc manso misit judex, II. den. pro prato quodam parvo.

Mansus de la Masa (3) debet II. mod. sigl. et I avene; vinada, VI den.; in augusto, II sext. vini; ad missam Sancti Martini, XIV den.; ad Natale X; foire. III sext. avene; in maio, IIII den.

Bordaria de la Masa, V sext. sigl.; in martio. II den.; pratum debet secare et claudere habitator hujus bordarie et XIIII gerbas ** et unam suem.

Mansus de Petra, II. mod. sigl. et I... in augusto, II. sext. vini; vinada, V... ad missam Sancti Martini, XIII: ad Natale domini, X; foire, III sext. avene; in maio, IIII den.

Agricola hujus mansi debet pratum secare et claudere et debet XIIII gerbas et I. suem.

De hoc manso reddit Geraldus Rusticanus, XII. sext. sigl. et dimidium mod. avene; foire, III sext.; vinada, VI den; ad Natale, XII; in martio, VI.

De hoc eodem manso, reddit Ildeardis de Petra, in martio, IIII

 

* Fol. LXXXI, r°.

** Fol. LXXXI, v°.

(1) Le commencement du folio LXXXI a été déchiré de gauche à droite, dans sa partie supérieure.

(2) Le polyptyque reprend ici et se continue du fol. LXXXI au fol. XCI.

(3) La Maze, comm. d'Uzerche, 3 kil. S.; 4 kil. N. E. de Vigeois, déjà identifié note 2, p. 18.

 

― 117 ―

den.; et Stephanus de Borzac (1), II. sext. frumenti, frater quoque ejus Martinus, I. sext.

Mansus de Roairola (2), I. mod. sigl. et dimidium avene; ad Natale, XX den.; in martio, XII.

De hoc manso reddit Stephanus de Roairola, dimidium mod. sigl. et un sext. avene; ad Natale, XII den.; in martio, XII.

De duobus mansis de Comainac (3), mansus all Pages, I. mod. sigl. et dimidium avene; in augusto, II sext. vini; vinada, VI den., ad missam Sancti Martini, XIIII; ad Natale, X; foire, III sext. avene; in martio, IIII den. Debet pratum secare et claudere et XIIII gerbas.

* Mansus al Ros (4), I. mod. sigl. et dimidium avene; in augusto, II sext. vini; vinada, VI. den.; ad missam Sancti Martini, XIIII; ad Natale, X; foire, III sext. avene; in maio, IIII den. Pratum debet secare et claudere et XIIII gerbas.

De manso la Chapolia (5), in martio, XVIII den.; [ad missam]

Sancti Martini, XVI. den.

S. Lafon, [in] martio, VI. den.; [ad missam] Sancti Martini VI; in augusto, II. den.

De Fraus, in maio, II den.; in Natale domini,II sext. vini.

De duobus mansis à Laornac (6).

Mansus Frauner, II. mod. sigl. et I. avene; in augusto, II. sext. vini; vinada, VI den.; [ad missam] Sancti Martini, XIIII; ad Natale, X; in maio, IIII; pratum debet secare et claudere.

Propter medietatem mansi hujus, reddit Johannes de Laornac, XII sext. sigl. et IIII avene; foire, III eminas; vinada, III den.; ad missam Sancti Martini, VII; ad Natale, V; in maio, II.

 

* Fol. LXXXII, r°.

(1) Bourzat, comm. d'Uzerche, 1 kil. 500 S. O.; 4 kil. 500 N. de Vigeois, déjà identifié note 6, p. 9.

(2) Reyrole, comm. de Vigeois, 3 kil. O., 300 m. au N. de Sioussac, l'antique Siciaco du testament de Saint-Yrieix. L'on montre encore, dans le village de Reyrole, une vieille construction où les religieux de l'abbaye célébraient autrefois les offices.

(3) Commagnac, comm. de Vigeois, 2 kil. S. E.; déjà identifié note 3, p. 33.

(4) Probablement l' « al Roi de Alta Faia » de la charte LIX (voir note 3, p. 36).

(5) La Chapoulie, comm. d'Orgnac, 4 kil. S., 8 kil. S. O. de Vigeois.

(6) Lornac, comm. de Perpezac-le-Noir, 4 kil. 500 S. de Vigeois.

 

― 118 ―

Propter medietatem vero aliam, reddit Stephanus de Boilac (1), dimidium mod. sigl.; foire, III eminas: et aliam.

Mansus a la Clavella, II. mod. sigl. et I avene; in augusto. II sext. vini; vinada, VI den.; ad missam Sancti Martini, XIIII; ad Natale, X; in maio, IIII; pratum debet secare et claudere et gerbas.

De hoc manso reddit la Clavella, dimidium mod. sigl. et III sext. foire.

* Mansus de Chanzaz (2), I. mod. sigl. et dimid. avene; vinada, VI. den.; ad missam Sancti Martini, XIIII; ad Natale, X; in martio VIIII. Pratum debet secare et claudere agricola hujus mansi et debet XIIII gerbas.

De hoc manso reddit Petrus Constantinus, VI sext. sigl.; in martio, X den.; ad missam Sancti Martini, X; et Geraldus Mainada, II sext. frumenti.

De alodo Mainada, reddit Geraldus Mainada, III sext. frumenti et I sigl.

Stephanus quoque de Roairola, reddit similiter de hoc alodo, III sext. frumenti et I sigl.

De V bordariis alla Grelleira (3).

Bordaria Constancii, in martio, VI den.; in augusto, I sext. vini; foire, I. sext. avene et asinum ad vinum deportandum de Bracchar vel de Urgout (4).

Bordaria Maljuger, in martio, IIII den.; in augusto, I. sext. vini; foire, I. sext. avene. Asinum similiter.

Bordaria de Lafont, in martio, IIII den.; in augusto, I. sext. vini; foire, I. sext. avene. Asinum similiter.

Bordaria Geraldi La Grelleira, V sext. sigl.; ad Natale, XVI den.

Bordaria Duranni de La Grelleira, in martio **, IIII den.

Bordaria della Bachallaria.

 

* Fol. LXXXII, v°.

** Fol. LXXXIII, r°.

(1) Bouilhac, comm. de La Graulière, 4 kil. S. O., 8 kil. S. E. de Vigeois.

(2) Chanzas, comm. de Perpezac-le-Noir, 6 kil. S. de Vigeois, déjà identifié notes 1, p. 20, 2, p. 31 et 1, p. 85.

(3) La Grellière, comm. de Saint-Ybart, 8 kil. N. de Vigeois, peut-être aussi La Graulière, chef-lieu de comm., 8 kil. S. E. de Vigeois.

(4) Les villages de Bracchar, comm. d'Alassac et d'Argaut, comm. de Mallemort étaient assez éloignés de l'abbaye de Vigeois, le premier 17 kil., le second 21 kil. Le droit de Vinade était réduit aux plus modestes proportions, à cause de la pauvreté des habitants, à un simple transport par âne au lieu de boeufs.

 

― 119 ―

Bordaria della Poncharia (1) Alegre, in martio, IIII den.; in augusto, I sext. vini, et asinum (2).

Bordaria Frauner, in martio, IIII den.; in augusto, I sext. vini; foire, I sext. avene; et asinum (3).

Bordaria Auzcrosers, in martio, IIII den.; in augusto, I sext.

vini; foire, I sext. avene et asinum (4).

De orto de Frauz, quem Petrus Johannes tenere videtur, ad missam Sancti Martini, VI den.

Bordaria Malet.

Bordaria Baudicurt, ad missam Sancti Martini, VI den.

Bordaria Mazellariorum, in martio, V den.; in augusto, II sext. vini; foire, 2 sext. avene et asinum (5),

Bordaria Geraldi Judicis, in martio, III den.; in augusto, I sext. vini; foire, I sext. avene et asinum (6).

Bordaria del Poi, in augusto, I sext. vini; foire, I sext. avene; et asinum (7)

Bordaria de Carceribus, ad Natale, XII den.

Bordaria de la Plancha, in martio, VII den.

* Sciendum vero est quod Petronilla de Comaniac et Ramnulfus Abollons et Galterius de Comaniac et Stephana Ballador, habent, domos in hac bordaria.

Petronilla reddit ad missam Sancti Martini, VI den.

Ramnulfus, ad missam Sancti Martini, III den.

Galterius, ad missam Sancti Martini, VII den.

Stevena, VII ad missam Sancti Martini.

Bordaria Geraldi Boer, II sext. sigl.

De orto a la Branduza, II sext. vini. et ad missam Sancti Martini, I sext. frumenti.

De alio orto quem Galterius de Comaniac tenet, ad missam Sancti Martini, VI den.

Bordaria Constancii sutoris, ad missam Sancti Martini, III den. et III sext. vini.

De orto Bernadi Irati, ad Natale, VI den.

De mansis, mansus al Pages, II mod. sigl. et I avene et XIIII gerbas; vinada, VI den.; in augusto, II sext. vini; ad missam Sancti Martini, XIIII den.; ad Natale, X; foire, III sext. avene; in maio, IIII den. Pratum debet secare et claudere (8).

 

* Fol. LXXXIII, v°.

(1) Poncharet, comm. de Vigeois, 1 kil. E., déjà identifié note 4, p. 31.

(2, 3, 4, 5, 6 et 7) Evidemment, les mots: ad vinum deportandum, sont ici sous entendus.

(8) Cinq lignes laissées en blanc.

 

― 120 ―

* Mansus Johan. du Vall, XII sext. sigl., in augusto. II sext. vini; vinada, VI den.; ad Natale, VIII.

Al Plantadis, XII den. in augusto.

In domo al Ras, VI.

A Nobiliaco. VI den.

Bordaria a Vernac, VI.

In manso a La Genesta, XII den.

AI Plantadis. in domo al Ras, II mod. sigl. Geraldus del Plantadis, II mod. sigl. et II sext. frumenti.

In manso de Nobiliaco, XII sext. sigl. et IIII sext. frumenti.

A la Besaria, XII sext. sigl.

In duobus mansis de Jarauzol, unum modium sigl. et IIII sext. frumenti.

In manso del Cauro (1), dimid. mod. sigl.

A Laspinaza (2), dimid. mod. sigl.

In alio manso, similiter dimid. mod. sigl.

In manso de Matguas, VI sext.

A Trasmunt (3), unum modium et dimidium sigl.

A La Mazeira (4), unum modium et duos sext. sigl.

A la Cabella, II sext. frum. et esplectum et dimidiam partem de agrer.

In manso G. de La Corssa, similiter.

De septem bordariis de Pairizaguet et al Matfres, dimid. mod. sigl.

In manso del Poi, VI sext. sigl. et II sext. frum.

In ecclesia de Camboliva (5), de proferens (6) unum mod. frum. et V. sext.

In ecclesia d'Espartignac (7) IIII sext. frum, et tertiam partem de agrers de Comtors.

 

* Fol. LXXXIV, r°.

(1 et 2) Le Cheyroux et Lespinaza, déjà identifiés notes 5 de la p. 103 et 1, p. 110.

(3) Trasmont, précédemment identifié note 4, p. 109.

(4) Mazieras? comm. de Peyrissat, 16 kil. N. E. de Vigeois. ― Les redevances dues au monastère par ces deux villages avaient été constatées précédemment, du moins pour une partie, voir p. 109 (fol. LXXVIII, v°) in fine et notes 4 et 5, même page.

(5) Chamboulive, chef lieu de comm., canton de Seilhac, 16 kil. N. de Vigeois, déjà identifié notes 9, p. 69, et 4. p. 96.

(6) Proferens. A rapprocher de la charte CXLV, p. 91, qui constate la donation au monastère, en 1110, par Aymiric de Pomroy, de dix setiers de froment qu'il avait de proferentia, dans l'église de Chamboulive.

(7) Saint-Martin d'Espartignac, actuellement chef-lieu de comm., cant.

 

― 121 ―

In manso de La Genesta (1), dimid. mod. sigl. et IIII. sext. frum. Rasus debet XII. den. [ad missam] Sancti Martini. Al Per, XII. den. Geraldus del Plantadis, XII. den. Noalac, XII. den. A la Beza, VI. den. A Jaraizol, XII. den. Al Cauroi (2), V. den. A Laspinaza, IIII den. et in alio similiter. A Matgas, IIII den. A La Mazeira, IIII den. In bordaria a Pairizaguet III den. Al Poi, VI den. A La Genesta, XII den. In Capmanso (3), II den.

Ad Natalem d[ebet] Rasus, X. den. Al Per, X. Geraldus, X. A Noalac, X. A La Genesta, XIII: A La Mazeira, sexdecim den.; a Pairizaguet, X. A Spartinnac, IIII sol.

In martio, Rasus [debet], IIII. Al P[er], IIII; Geraldus, IIII; à Noalac, IIII; à La Beza, VII; à la Genesta, IIII; à Jaraizol, XII; al Cairu, VI; à Laspinaza, IIII et IIII in alio loco; à Matguas, IIII; à Mazeira, IIII; à Pairizaguet, VI; à Vernac, VI.

* Bordaria Arlabauda, IIII den.

Bordaria Johannis de Vall, IIII den.

De .... bordariis de Comaniac;

Bordaria Almairegler, in martio, V den; in augusto, I, sext. vini; foire, I. sext, avene et asinum (4).

Bordaria Bernardi sutoris; in martio, IIII den; in augusto, I. sext. vini; foire, I sext. avene et asinum (5).

Bordaria Stephani de la Costa, in martio, VI den; in augusto, I. sext. vini; foire I. sext. [avene] et asinum (6).

Bordaria a La Gata, in martio, VI. den; in augusto, I. sext. vini; foire, I. sext. avene; et asinum.

Bordaria .... asinum, explectum et operarium.

Bordaria .... similiter.

Bordaria Garnerii similiter et medielatem censi.

 

d'Uzerche, 9 kil. N. E. de Vigeois, déjà identifié note 3, p. 93. Hélie d'Ayen (1111-1118), dans la charte CXLVII, avait donné à l'abbaye tout ce qu'il avait dans le fief presbytéral et le Mas du diacre de l'église d'Espartignac (notes 3, p. 34 et 2, p. 93).

 

* Fol. LXXXIV. v°.

(1) La Geneste, commune de Chamboulive, 13 kil. N. E. de Vigeois. Déjà identifié note 3, p. 25.

(2) Al Cauroi. Cette transformation du nom de Cheyroux confirme notre note 1, p. 110.

(3) Capmanso, à rapprocher de la charte XXXVIII, p. 26, par laquelle Ebles de Terrasson, (1010-1020), donne le mas de la Geneste, vicairie de Chamboulive et le Capmas du même lieu.

(4-5-6) Ad vinum deportandum, sous entendus. Voir note 4, p. 118.

 

― 122 ―

Bordaria de Laornac (1) quam Johannes tenet, III. den. in martio.

Bordaria Rufi de Laornac; in martio, IIII den.

Bordaria Ringarda .... II. sext. sigl. ad Natale, XII. den; in martio, II.

* De VI mansis et V. bordariis de Chauzans.

Mansus del Poi, II mod. sigl. et dimid. avene; vinada, VI. den. de recepto; XII ad missam Sancti Martini; in martio, V et I popadam.

De hoc manso reddit Stephanus del Poi, VIIII sext. segl. de recepto, VI den. et vinadam et marcescam et popadam.

Mansus à La Goira, similiter.

Mansus Manrencs, similiter.

Mansus Audebertencs. similiter.

Mansus de Subturrua, similiter.

De manso à La Goira reddit Geraldus Goires VI sext. sigl. et II avene; vinadam; de recepto VI den; et marcescam et popadam.

 

CLXIII

1124-1164

 

Igitur ego Golferius de Rinac (2) concedo et dono Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensis, totum quod parentes mei dederunt in mansis de Chauforns et d'Espartillac aut ego ipse requirere poteram in manu Ademari abbatis, audientibus Petro, monaco, Rainaldi, monaco, Willelmo Calvo, monaco, Aimirico Macriforte, milite, Geraldo Ausaprat.

 

De manso de Subtusrua, reddit pro medietate Geraldus Abajalups, III sext. sigl. et I avene; vinada, III den; de recepto, III; et in martio, II minutas. Propter medietatem vero aliam, reddit Alaardis, V sext. sigl. et I. avene; vinada, III den; de recepto, III; in martio, II minutas et popadam.

De manso .... reddunt inter Petronillam el Geraldum Martinum, X. sext. sigl. ; ** de recepto, VI. den. et vinadam et marcescam et popadam.

 

* Fol. LXXXV, r°.

** Fol. LXXXV. v°.

(1) Lornac, comm. de Perpezac-le-Noir, 4 kil. 500 S. E. de Vigeois, déjà identifié note 6, p. 117,

(2) Quatre lieux de ce nom, communes de Larche, Lissac, Noaillac et Salons-la-Tour. Le dernier plus probable, à raison de la situation de Chaufour et de Sparsiliac, assez rapprochés de Salons (7 kil.).

 

― 123 ―

Bordaria de manso del Poi, III. den.

De duobus bordariis quas tenet Geraldus Goires, VIII. den.

Bordaria Vidal, II. sext. frumenti; ad missam Sancti Martini, IIII den.

Bordaria (1).

De quatuor mansis et quatuor bordariis de Crizinac, mansus Bernardi de Crizinac, II. mod. sigl. et IIII avene; vinada, VI den; de recepto, VIII; in martio, IIII.

De hoc manso reddit Petrus Bernardus propter terciam partem mansi, XII sext. sigl. et III avene et vinadam, receptum et marcescam.

Propter quartam partem aliam reddit Geraldus Benedictus III sext. sigl. et I avene (2).

Mansus de La Polga, XIIII sext. sigl. et IIII avene, vinada, VI den.; de recepto, II sol.; in martio, IIII den.

De hoc manso reddunt inter Geraldum de La Polga et Girbertum, dim. mod. sigl. et II sext. avene; et vinadam; de recepto, VI den. et marcescam.

Mansus al Asner, I mod. sigl. et IIII avene * vinada, VI den.; de recepto, II sol.; in martio, IIII den.

De hoc manso reddunt inter Geraldum Autger et fratrem suum, dim. mod. sigl. et II avene; et vinadam, receptum et marcescam.

Mansus del Verdier, II mod. sigl. et I avene, vinada, VI den.; de recepto. II sol.; in martio, IIII den.

De hoc manso reddunt inter Geraldum de Crizinac et Johannem fratrem ejus, I mod. et V sext. sigl. et IIII avene; et vinada; de recepto, VI den. et marcescam.

Bordaria de Lafont, in martio, III den.

Bordaria del Verdier, in martio, III den.

De orto del Chasal, VI den. (3).

Bordaria della Vallada(4), in martio, VI den.; vinada, III (5).

De mansis de Morneta (6).

Mansus Als Donzels, I mod. et dim. sigl. et dim. avene; vinada, VI den.; de recepto, II sol.; in martio, IIII den.

 

* Fol. LXXXVI, r°.

(1) Cinq lignes en blanc.

(2) Deux lignes en blanc.

(3) Deux lignes et demie en blanc.

(4) Valadas, comm. de Perpezac-le-Noir, 500 m. de Mournetas, 5 kil. S. de Vigeois.

(5) Deux lignes en blanc.

(6) Mournetas, à côté de Valadas, même distance de Vigeois, déjà identifié note 1, page 24.

 

― 124 ―

De hoc manso reddunt Rainaldus et Stephanus, dim. mod. sigl. et VI sext. avene; et vinadam; de recepto, VI den.; et marcescam.

Mansus Bernadesc, II mod. sigl. et dim. avene et cetera supradictus mansus.

De hoc manso reddunt Geraldus et Stephanus Chatgardis, dim. mod. sigl.; de recepto, VI den.; * et vinadam et marcescam.

Mansus Aimonis (1) X sext. sigl. et II avene; vinadam. I den.; in martio, IIII (2).

Mansus Ariall, II mod. sigl. et I avene; vinada, VI den.; de recepto, II sol.; in martio, IIII den.

De hoc manso reddunt Stephanus Arnaldus et frater ejus Geraldus, XII sext. sigl.; et IIII avene; et vinadam; de recepto. V den.; et marcescam.

Mansus Odolrici, VI sext. sigl.; vinada, III den.; in martio, IIII (3).

Bordaria Chadadias (4), III sext. sigl. et III avene; in martio. VI den.

Mansus Pelaprat, VI sext. sigl. et IIII avene; vinada. IIII den.; in martio, IIII.

Mansus Stephani monachi, VI sext. sigl. et II avene; ad missam Sancti Martini, XII den.

Propter medietatem unius capmansi, redditur medietas de agrer et in martio, II den.

Mansus Elpirici, VI sext. sigl. et IIII avene; vinada, IIII den.; in martio, IIII.

Bordaria a Leschantit, in martio, IIII den. (5).

** De duobus mansis de Perpeziac mansus Ramnulfi de la Vallada, I mod. sigl et IIII avene; in martio, VI den.

De hoc manso reddunt Constancius et Geraldus Bufil, XII sext. sigl. et IIII avene et marcescam.

Mansus de Monte Colono (6), IIII den. in martio; vinada, IIII; et agrer.

Mansus de La Faiola tenet Constancius Augonencs et reddit

 

* Fol. LXXXVI. v°.

** Fol. LXXXVII, r°.

(1) Ou: Annonis.

(2) Deux lignes en blanc.

(3) Deux lignes en blanc.

(4) Chadadias, à côté de Mournetas et de Valadas, 6 kil. S. de Vigeois.

(5) Deux lignes laissées en blanc.

(6) Mont-Coulomb, comm. d'Estivaux, 1 kil. N. O.; 7 kil. S. de Vigeois, déjà identifié note 5, p. 68,

 

― 125 ―

IIII sext. frumenti tali conventu ut post mortem ejus Sancto Petro ad integrum remaneat.

 

CLXIV

DONUM GERALDI ET PETRI DE TERRAZON.

1092-1110

 

In nomine summi Dei, ego Geraldus et frater meus Petrus de Terrazon, donamus Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro animabus nostris omnium que parentum nostrorum, duos mansos, unum videlicet de Buisseiras (1) et alterum del Chassan de Urzel. Hoc facimus et concedimus ut hec helemosina nostra, sit monachis ibi Deo servientibus ante altare Sancti Petri, in presentia domni Petri abbatis et monachorum ejusdem loci, audientibus Gauzfredo, preposito, Rainaldo, sacrista, Radulfo La Roca, Bernardo Lamarca, Begono La Ribeira, Gauzberto Labranda, Stephano de Couz, Petro Vallada, Bernardo Malamancia.

 

CLXV

DONUM BERNARDI DE TERRAZON

1092-1110

 

Ego Bernardus de Terrazon, dono et concedo Deo et Sancto Petro Vosiensi totum quod abeo aud alius per me in duobus mansis superius nominatis, audiente domno Petro abbate, Gauzfredo, preposito, Rainaldo, monaco, Petro Vallada, Bernardo Malamancia.

 

CLXVI

DONUM BERNARDI LAVILA

1111-1119

 

Omnibus hominibus notum sit quod ego Bernardus Lavila, dono atque concedo domino Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque con-

 

(1) Boisserie, comm. de Perpezac-le-Noir, 2 kil. N.; 4 kil. S. de Vigeois, déjà identifié note 4, p. 24.

 

― 126 ―

gregationi, pro salute anime mee omniumque parentum meorum censum de manso del Chassan de Orzel et quecumque in eo habebam vel alii per me.

Hoc donum concessit Eufemia, uxor mea.

Factum est donum istud in presencia domni Rainaldi abbatis et Bernardi vicecomitis (1), audientibus Geraldo Widone monaco, et Ugone Laden et Petro de Vallada et Rainaldo Hugone et allis multis, regnante Ludovico Francorum rege et Eustorgio, Lemovicensi episcopo.

Propter hoc donum accepit a Geraldo Guidone monaco L et VIIII sol.

 

* Mansus de La Genesta (2), I mod. sigl. et IIII sext. avene et I. gallinam; in martio, XII den.

Bordaria de Trolio, in martio, IIII den.

Mansus de la Rocha, VIII sext. sigl. et dim. mod. avene; in augusti, XII den.; vinada, IIII; in martio, IIII den.

Bordaria de la Rocha, in martio, IIII den.

Bordaria Ramnulfi de la Rocha, in martio, IIII. den.

Mansus de Acrifolio de Motzans, dim. mod. sigl. et IIII sext. avene; vinada, VI den; in martio, VI (3).

De duobus mansis de Malaino, unus mansus debet in martio, IIII den; vinada, IIII. Alius mansus similiter.

Mansus de La Chalm, vinada, V den.; in martio, II et agrer.

Bordaria de Lavall, in martio, IIII den.

Mansus de Momo Geraldi Ramnulfi, dim. mod. sigl. et IIII sext avene, vinada, IIII den. **; in martio, IIII et I gallinam.

De capmanso quem Stephanus Pellaterius tenet, IIII sext. sigl; et II avene; in martio, IIII den et I gallinam; vinada, I den.

Mansus Stephani de Lopianc, X sext. sigl, et IIII avene; vinada, IIII den; in martio IIII et I gallinam.

Mansus Constantini de Lopianc, I mod. sigl. et VI sext. avene; vinada, IIII den; in martio, IIII; et I gallinam.

Mansus del Cairoi, X. sext. sigl. et IIII avene; vinada, IIII den; in martio, IIII et I gallinam.

Bordaria de Lopianc, quam Ramnulfus tenet, in martio, IIII den. et I gallinam.

 

* Fol. LXXXVII. v°.

** Fol. LXXXVIII, r°.

(1) Bernard, vicomte de Comborn, 1092-1119.

(2) En marge du: Mansus de la Genesta, sont écrits ces mots: de Sadranes.

(3) Six lignes en blanc.

 

― 127 ―

Mansus de Monz, XII sext. sigl. et IIII avene; vinada, IIII den. in martio, IIII.

Mansus de Ortigeiras, decem sext. sigl. et X sext. avene; vinada, IIII den; in martio, IIII; in octavis Natalis domini, VIII.

Mansus de Sellaur, I. mod. sigl. acessal et dim. avene; vinada, VI den.; in martio, VIII.

Mansus de Fressingas (1), dim. mod. sigl. et IIII. sext. avene; vinada, IIII den; in martio, XII; et II Capones et I gallinam; et I popadam.

Mansus de Clamoriu (2), X. sext. sigl. et dim. mod. avene; vinada, VI den; ad Natale, XII; in martio, XII et I gallinam.

* De tribus bordariis de Sunzac (3).

Bordaria Gauzall, IIII. sext. sigl. et II avene; vinada, VI den; in martio, VI et I gallinam.

Bordaria Restibirie, similiter, excepta gallina.

Bordaria Paravis (4), X den .... et agrer.

De terra al Abbadon, III den. et agrer.

De alodo de La Brugeira (5), IIII sext. sigl. et IIII avene.

Mansus de Tauzac (6) et bordaria ail Eschazer et bordaria Masclet, I mod. sigl. et I avene; vinada, VI den.; in martio, II sol. et II gallinas.

Bordaria Rairol (7), medietatem de agrer.

 

* Fol. LXXXVIII, v°.

(1) Fressingas, comm. d'Orgnac, 8 kil. S. O. de Vigeois, déjà identifié, note 4, p. 26.

(2) Clamoriu, village aujourd'hui complètement disparu, comme Javerliac, Lafaurie, etc., etc. Un ancien plan topographique de la commune de Vigeois, constate l'existence d'un ruisseau de ce nom, qui sépare les communes de Vigeois et de Perpezac-le-Noir. Le ruisseau de Clamourieux paraît prendre sa source près de Geojac, passe au pied des coteaux de Sioussac et de Commagnac et se réunit à celui de Poncharat. Ils se jettent ensemble dans le Brésou pour aller rejoindre la Vézère, 1 kil. au-dessous de Vigeois. On voit encore, sur les rives du Clamourieux, des débris nombreux de pierres taillées, indices certains d'anciennes constructions, aujourd'hui disparues.

(3) Sioussac, l'antique Siciaco du testament de Saint-Yrieix, 3 kil. S. E. de Vigeois, déjà identifié notes 4, p. 68 et 7, p. 96.

(4) Bordaria Paravisi, à rapprocher des termes de la charte LIV (p. 33) où Gérald et Bernard Boto, fils d'Archambaud, donnent en 1092, au monastère: decimum de Soulciac de bordaria Paravisi.

(5, 6, 7) La Brugère, Tauzac et Reyrol sont trois villages qui se touchent, à 300 m. de Sioussac, à 3 kil. E. de Vigeois, déjà identifiés notes 1 et 2, p. 42 et 2, p. 117.

 

― 128 ―

CLXVII

DONUM ADEMARI EBRARDI

1060-1108

 

Tam presentes quam futuri noverint quoniam ego Ademarus Ebrardi, dono Deo et Sancto Petro Vosiensi et monachis ibi degentibus duos mansos a Bronz, quorum unus vocatur mansus Bernart Barril et alius mansus Rainaudenc et XIIcim sestairadas de terra. Hoc totum, dono et concedo ego Ademarus ad locum Vosidensem (1) pro salute anime mee.

Hoc donum concessit uxor mea nomine Stephana, audientibus Rainaldo monaco secretario, Petro Audeberto, presbitero de Alaciac, qui hoc donum receperunt et Geraldus Johannes, et Stephanus de Bronz et multi alii, fuerunt auditores et confirmatores de hoc dono.

Factum est donum istud in mense junio, temporibus Philippi regis Francorum.

 

 

ANNO AB INCARNATIONE DEI MILLESIMO XCV, DEDICATA EST ECCLESIA BEATI MARTIALIS LEMOVICENSIS A DOMNO URBANO PAPA ET ANNO EJUSDEM INCARNATI MILL. C. XXII, CONCREMATA SUNT IGNE OMNIA EDIFICIA IPSIUS ECCLESIE.

 

 

CLXVIII

1140-1164

 

* Presentibus atque futuris notum sit quoniam ego Bernardus .... relinquo atque concedo et dono Deo et Beato Petro apostolo Vosiensi omnem querelam quam .... sibi succedentium quicquid in eorum mutatione juste aut injuste requirebam et omnes consuetudines malas in pace dimitto.

 

* Fol. LXXXIX, r°.

(1) Cest la seule fois, avec le testament de Saint-Yrieix, où nous voyons l'orthographe de Vigeois s'affirmer sous sa forme la plus ancienne: Vosidense.

 

― 129 ―

Hoc autem facio ante portam monasterii Beate Marie in die veneris, in presentia domni Ademari abbatis ipsius loci, audientibus Martino, priore (1) et ceteris fratribus et Petro archipresbitero, Rotberto et Geraldo La Vallada, Hugone Baudrico, militibus, temporibus Ludovici regis Francorum et Geraldi episcopi Lemovicensis (2).

 

CLXIX

KARTA DE MANSO DE COLUMBES GERALDI DE VULTAZAC.

Circa 1096.

 

* Sciant omnes presentis temporis et futuri quoniam Geraldus de Vultazac, tenebat et habebat mansum de Columbes (3), quem Sanctus Aredius quondam dederat Sancto Petro Vosiensi. Post mortem vero ipsius Geraldi de Vultazac, cum allatum esset corpus ad sepeliendum, conquesti sunt domnus abbas Petrus et monachi Vosienses de hoc manso, quam injuste jam dudum tenuerat. Aderat tunc Bernardus, vicecomes (4), cujus homo erat predictus Geraldus, fecit que talem institutionem et laudationem ante quam sepeliretur, cum domno Petro abbate et monachis et filiis et filiabus predicti Geraldi, videlicet cum Petro et Bernardo et Petronilla et Berniarde, ut quandiu vixerint haberent et tenerent et omni anno IIIIor sext. frumenti et IIIIor sigl. et IIIIor sext. vini redderent et post mortem illorum et illarum, pars unius cujusque istius mansi Sancto Petro et monasterio ipsius remaneret et ibi corpora eorum sepelirentur.

Hanc institutionem et laudationem concesserunt filii et filie ipsius Geraldi, ante altare Sancti Petri in presentia domni Petri, abbatis et Gauzfredi, prepositi et Gauzberti Malafaida, sacriste (5),

 

* Fol. LXXXIX, v°.

(1) Martin, prieur de Vigeois, le prédécesseur immédiat du célèbre Geoffroy de Breuil, l'auteur de la chronique de ce nom.

(2) Seize lignes grattées au couteau.

(3) Colombey ou Colombet, comm. de Voulezac, 13 kil. S. O. de Vigeois, déjà identifié, notes 3, p. 55, et 8, p. 96.

(4) Bernard, vicomte de Comborn, 1092-1119.

(5) Gauzbert Malafaido, abbé d'Uzerche (1097-1108), était sacriste de Vigeois avant sa nomination comme abbé d'Uzerche. C'est la seule charte où nous voyons Gauzbert Malafaide prendre cette qualité.

 

― 130 ―

et aliorum monachorum monasterii et Bernardi vicecomitis et Stephani Audeberti, prepositi de Charvircs (1) et Petri de Vallada et Bernardi Laden et Bernardi de Bonastre et Geraldi de Sejus et aliorum multorum.

Factum est hoc temporibus Philippi regis et Willelmi Lemovicensis episcopi.

 

CLXX

DONUM BERNARDI DE BRE.

1092-1110.

 

* Notum sit omnibus hominibus quoniam Bernardus de Bré juvenior, filius Geraldi Bernardi (2), dedit Deo et Sancto Petra Vosiensi pro salute anime sue et omnium parentum suorum quatuor modios de segle in decima de Loberciac (3).

Hoc donum calumniatus est domnus abbas Petrus fratribus supradicti Bernardi Widoni et Bosoni (4) et dederunt commutationem pro istis quatuor modis, medietatem de duobus mansis del la Vallada (5).

Hoc donum fecerunt Wido de Bré et frater ejus Boso, in manu domni Petri abbatis, audientibus Bernardo Malamantia, Rotgerio mercatore.

 

* Fol. XC, r°.

(1) Charveix, comm. de Château-Charveix (Haute-Vienne), prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Augustin du Limoges.

(2) Gérald Bernard, princes de Bré, qui en 1082, donna à Saint-Martial de Limoges, l'abbaye de Vigeois, probablement en vertu du même droit qu'Adémar, vicomte de Limoges en 1062, s'était arrogé celui de donner Saint-Martial à Cluny.

(3) Lubersac, chef-lieu de canton, 10 kil. N. O. de Vigeois, souvent orthographié Lobersiac, Lupercac.

(4) Cette charte nous apprend que Gérald Bernard avait laissé trois fils: Guy, Boson et Bernard de Bré; la charte VI, p. 6, ne nous en avait fait connaître que deux: Guy et Boson.

(5) La Valade, commune de Vigeois, 1 kil. 300 S. E.; à 1 kil. N. de Commagnac.

 

― 131 ―

CLXXI

COMMUTACIO GERALDI BERNARDI.

Circa 1082.

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Geraldus Bernardus de Bré fecit comutationem cum domno Geraldo abbate et Gauzfredo preposito, de manso de Rivo Sancti Cipriani (1), qui mansus erat Sancto Petro et dedit isdem Geraldus Bernardus pro isto manso, mansum de Bosco de Comaniac que habebat de Sancto Petro, tali conventu, ut mansum de Rivo teneret quandiu viveret, post mortem vero ejus remanerent mansus videlicet de Rivo et mansus de Bosco, Deo et Sancto Petro.

Auditores hujus rei fuerunt Geraldus, senior de La Vallada (2) et Bernardus Malamancia.

 

CLXXII

DONUM BONII DE VOSIAS.

1108-1110.

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam ego Bonius, do domino Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi, pro salute anime mee et omnium parentum meorum, totum quod habeo vel alii per me in mansum de La Vaissa. Do etiam bordariam de La Bachallaria totum quod habeo vel alii per me * post mortem meam quacumque morte moriar, Deo et Sancto Petro et habitatoribus hujus monasterii.

Hoc donum factum est mense Januario, in manu domni Petri abbatis, regnante Ludovico rege et Eustorgio Lemovice sedis tenente, audientibus Petro de Carreiras, monaco, Hugone de Pomroi, monaco, Geraldo, monaco, Petro Galterio, Garnerio, Stephano, Bernardo.

* Fol. XC, v°.

(1) Saint-Cyprien, chef-lieu de commune, canton d'Ayen, 16 kil. S. O. de Vigeois.

(2) C'est la première fois où nous voyons s'affirmer nettement le titre devenu plus tard si commun et si répandu de seigneur, senior de La Vallada.

 

― 132 ―

Verte XXXVIIII folios et invenies donum Archambaldi Botonis (1).

 

CLXXIII

DONUM ITERII EPISCOPI.

1053-1073.

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Iterius (2) episcopus dedit Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi ejusque congregationi, pro salute anime sue et omnium parentum suorum mansum Jutzal de Pardinas et duas bordarias in ipso loco. Si quis contra hunc donum insurrexerit inprimis iram Dei omnipotentis incurrat et sanctorum omnium et cum Datan et Abiran et Juda traditore in inferno participationem habeat, si in hoc seculo non peniteat.

Auditores hujus doni fuerunt Johannes, decanus, et Petrus, et Rigaldus, et Willelmus de Pardinas et multi alii.

Hoc donum factum est apud castrum de Segur (3).

 

CLXXIV

BONIUS

1092-1110.

 

Sciendum vero est quoniam Bonius misit in pignore domno Petro abbati, bordariam della Bachallariam propter XXV sol., ex quibus V sol. dedit Raimundus La Plancha, qui tenebat ortum de hac bordaria de supradicto domno Petro abbate; fecitque ei conventum ut si in vita sua ipse redemerit, post mortem suam Sancti Petri Vosiensi sit.

 

(1) Charte LXX, p. 41 (Circa 1082).

(2) Ithier Chabot, élu évêque de Limoges, le 4 janvier 1053, sacré le même jour, mort en 1073. Il était frère du seigneur de Châlucet, et transporta le château de ce nom, du lieu de Fressangues au lieu où il est aujourd'hui. Sa soeur, dit Geoffroy de Breuil, dans sa chronique, avait épousé le comtor de Leron, d'où descendent les seigneurs de ce nom.

(3) Ségur, château, comm. de ce nom, 18 kil. O. de Vigeois, principale résidence des vicomtes de Limoges; déjà identifié note 1, p. 60.

 

― 133 ―

Hoc audierunt Petrus Galterius cujus consilio factum est et Hugo, monacus.

 

* De duobus mansis de Borzac, II sol. et IIII. den. ad Sanctum Martinum et XII vinada; II sol., ad Natale; in augusto, II sol. et dimidium in martio.

In manso Constant, X den.

In manso Fulcozu, in martio VI den.

In istis duobus mansis, census, I mod. segl. IIos secatores debent.

Mansus de la Cumba de Borzac, debet VIII den., in martio; III den., in augusto; II den. vinada; agrerium.

[Mansus] de La Masa, I mod. frum. et in una bordaria, IIII sext. frum. et II den., in martio; XIIII den., ad Sanctum Martinum et VI vinada; et X, ad Natale; II sext. vini in augusto; IIII

den. in maio; unum secatorem,

Mansus de la Peira, I mod. frum; XIIII den. ad Sanctum Martinum; VI den. vinada; X ad Natale; IIII den, in maio; II sext, vini in augusto; unum secatorem,

Bordaria del Poi, IIII den. in martio; I sext. vini in augusto; unum sext. civade foire ad Natale.

Bordaria Constavuli, IIII den; in martio; I sext, vini in augusto; I sext. civade ad Natale.

In orto ad Carceres, XII den. ad Natale.

Due bordarie ad Mazellers, X den. in martio; II sext. vini in augusto; II sext. civade ad Natale.

Bordaria Croserii, IIII den. in martio; I sext. vini in augusto; I sext. civade.

Bordaria Malet, similiter.

Bordaria Frauner, similiter.

Bordaria Andree al Roi de Poncharia, IIII den. in martio, I sext. vini in augusto.

In orto a la Branuza, quem Petrus Delmas tenet; I sext. vini; I frumenti, ad Sanctum Martinum.

In alio orto similiter à La Branuza quem isdem Petrus tenet, VI den. ad Sanctum Martinum.

Bordaria de la Planca, quem isdem Petrus tenet, XIIII den, ad Sanctum Martinum; in orto, V den. in martio.

De ista bordaria de domo a La Bellun, II den.

De isla bordaria de domo Stephani Guillelmi, VI den.

 

* Fol. XCI, r°.

 

― 134 ―

De ista bordaria de orto quem tenet Stephanus Guillelmus, II sext. frumenti et de domo Petri de Blaisac, II sext. frumenti.

Bordaria al Maina, II sext. frumenti.

In domo a La Raimunda, II sext. frumenti.

De ortis quos Raimundus tenet qui fuerunt fevus Uncberto Judice et Rotgerio de Userca, XII den.

Bordaria Maljugeirt, IIII den. in martio; I sext. vini in augusto. I sext. civade ad Natale.

Bordaria Constant La Grelleira, V den. in martio: I sext. vini in augusto; I sext. civade ad Natale.

Bordaria de la Fon, IIII sext. frumenti.

De prato quem tenet Stephanus La Grelleira, I sext. frumenti.

Bordaria Petri Geraldi de La Grelleira, V sext. segl., XVI den. ad Natale.

De orto Flamall, I sext. frumenti.

Mansus Stephani de Vall, VI den. vinada; XII sext. segl., VIII den. ad Natale domini: VI vinada; II sext. vini in augusto; II gallinas.

Et de la bordaria de la Planca, II sext. segl.

De uno orto quem tenet Stephanus de Vall, II sext, frumenti.

Filii Petri Johannis debent dels Frauz de la Costa, VI den, ad Sanctum Martinum.

Et de bordaria Malet, II sext. frumenti et III den.

A Roairola, dim. mod. segl. XII den. in martio * et XII in Natale domini.

A Comainac, in mansum presbiteri, XII sext, de segl.. XIIII den. ad Sanctum Martinum; X in Natale domini, II sext. vini in augusto; IIII den. in maio; I secatorem.

Bordaria La Gata, IIII sext. frumenti.

Bordaria Vetule, III den. in martio.

Bordaria Lafon, III den. in martio; dim. sext. vini, in augusto; dim. sext. civada in Natale domini.

Bordaria del Poi, II den. in martio; I sext. vini in augusto; dim. sext. civada in Natale domini; II d. sext. frumenti del Frauz. In alio loco, I sext. frumenti del Frauz.

Bordaria Costet, V den. in martio; I sext. vini in augusto; I sext. civade ad Natale; I sext. frum. del Frauz.

Bordaria a La Mairicleira, II sext. frumenti.

Bordaria al Maina, talladam et operarium.

Bordaria Pauce, similiter.

 

* Fol. XCI, v°.

 

― 135 ―

Mansus del Poi, XIIII den. ad Sanctum Martinum; VI den. vinada; X ad Natale; IIII in maio; II sext. vini in augusto; I secatorem.

Mansus Frauners, I mod. segl. XIIII den. ad Sanctum Martinum; VI vinada; X ad Natale; II sext. vini in augusto; IIII den. in maio; I secatorem.

Mansus al Pages de Comainac, XIIII den. ad Sanctum Martinum; X ad Natale; II sext. vini in augusto; IIII den. in maio; I secatorem; XII sext. segl.

Mansus del Poi al Ros, XIIII den. ad Sanctum Martinum; X ad Natale; II sext. vini in augusto; IIII den. in maio; VI vinada.

Bordaria Sutoris de Comainac, IIII den. in martio; I sext. vini in augusto; I sext. civade ad Natale.

Mansus Frauner de Laornac, XIIII den. ad Sanctum Martinum; VI vinada; II gallinas; X den. ad Natale; II sext. vini in augusto; IIII den. in maio; I secatorem; I mod. segl.

De orto quem tenet Stephanus Johannes à Laornac, III den.

Bordaria Cullairer, IIII den.

Mansus Clavell de Laornac, XIIII den, ad Sanctum Martinum; VI vinada; X ad Natale; II sext. vini in augusto; II gallinas; IIII den. in maio; dim. mod. segl.

De orto quem tenent illi de Bollac, de una listra, debent III den. in martio.

Bordaria Amanni, debet II den. ad cocum de quoquina.

Bordaria que est juxta bordariam Cullairer, debet alios IIos den. ad cocum.

Bordaria Tingarda de Laornac, XII den. ad Natale; II sext. segl; II den. in martio.

Mansus de Canzaz (1), VIIII den. in martio; XIIII ad Sanctum Martinum; VI vinada; VI sext. segl., I secatorem. Geraldus Mainada de terra istius manso debet II sext. frum. et debet ad portare.

Alos Mainada et Stephani de Roairola (2), debent VI sext. frumenti, II segl.

De ista terra dedit Deo et Sancto Petro, presbiter de Perpeziac,

 

(1) Chanzas, comm. de Perpezac-le-Noir, 5 kil. S. de Vigeois, déjà identifié notes 1, p. 20; 2, p. 91; 1, p. 85 et 2, p. 118.

(2) Alos Mainada et Stephani de Roairola, sont la répétition de l' « Alodo Mainada et Stephanus de Roairola, » de la page 118. Ce sont absolument les mêmes redevances. La fin du polyptyque est écrite d'une autre main que le commencement. Le copiste, peu expérimenté, a répété plusieurs fois les mêmes redevances dues au monastère. De là double emploi pour les mas d'al Peric, d'al Per, Elperic, Leschantit, Chadadias, etc., etc.

 

― 136 ―

IIII den.; II ad Sanctum Martinum; II in martio et de alia terra et de bosco, expletum et agrerium.

Mansus monachi de Morneta, XII den. ad Sanctum Martinum; VI sext. segl.

Mansus al Peric, VI sext. segl. et IIII civade, IIII den. ad Sanctum Martinum; IIII in martio.

Bordaria a Leschantit, IIII den., III minutas vinada.

Mansus Martini de Chauzas. XII den. de recet et I sext. vini ad Sanctum Martinum; VI vinada; V in martio ad mand; X sext. segl. et I ponnada de lino.

Mansus Audeberti, XII den. de recet ad Sanctum Martinum et I sext. vini; VI den. vinada; V in martio; ad mandat, dimid. mod. sigl. et una ponnada de lino.

Mansus de Subtusrua, X sext. segl. et cetera sicut alius.

* Mansus Maurex, dim. mod. segl. et cetera.

Mansus a la Goira, similiter.

Mansus Peironensc, VIIII sext. segl. et cetera.

Bordaria Umberti, III den.

Bordaria al Per, III den.

Bordaria Petri Vitalis, IIII den. ad Sanctum Martinum; II sext. frumenti.

Bordaria Aucher, III den.

Bordaria del Castan, III den., II vinada.

Mansus Brocart, VI sext. segl. et IIII [d] in martio; III vinada.

Bordaria Chadadias (1), III sext. segl. et VI den. in martio.

Mansus Benedicti monachi, VI sext. segl., III den. vinada in martio.

Mansus Arlal, XII sext. segl. et XII den. de recept ad [missam] Sancti Martini; vinada VI [den.] IIII [den.] in martio.

Mansus al Genre, dimid. mod. sigl. XII den. de recept.; VI vinada; IIII martio.

Mansus Aolric, VI sext. sigl. VIII den. ad [missam] Sancti Martini IIII [in] martio.

Mansus al Pelat, debet per omnia, sicut mansus al Genre.

De illa terra que est juxta mansum S. Arnaldi, de qua est medietas Sancti Petri Vosiensi et alia medietas aut Rotgairencs de Tulela; dell agrer medietatem.

 

* Fol. XCII, r°.

(1) Chadadias, comm. de Perpezac-le-Noir, 6 kil. S. de Vigeois, déjà identifié note 4, p. 124,

 

― 137 ―

A Munculo (1), IIII den. in martio et IIII vinada qui sunt judici; de uno manso, et de una bordaria, l'agrer.

De alium pratum quem Stephanus de Munculo tenet, IIII den. vinada et de terra que est juxta pratum l'agrer.

B[ordaria] a Leschantit de La Vallada, VI den. in martio; IIII vinada.

Mansus Bernardi de Crezinnac, XII sext, sigl., VIII den. recept; ad [missam] Sancti Martini VI vinada; IIII, martio.

Mansus a Engalbert, a la Puiga, dim. mod. sigl. XII den. recept. VI vinada ad [missam] Sancti Martini; IIII, in martio.

Et in orto del Noier, VI den.

Et el Verdier, I den.

Bordaria Mauran, III den.

Bordaria Lafont, IIII den.

Alla Vaissa (2), VI sext. sigl. VI den. in martio; VI vinada.

Del Frauzs de La Vaissa (3) debet, Stephanus de Blaisac, I den. vinada et de alia terra que culta erit, agrer.

Et de bosco del Frauzs (4) quem Stephanus de Blaisac (4) et conganguineus ejus Adalbertus tenent, debent II sext. civade.

 

CLXXV

1124-1164

 

Sciant omnes quoniam domnus Ademarus abbas, assessavit Stephano, bajulo, stabulum cum fenestris que conjuncte sunt domui ejus, ut ormi anno ad festum Sancti Martini unum sext. de vino reddat. Hoc Stephanum concessit et promisit rediturum.

Audientibus Fruino de Bré, Petro Durnais, Widone Magriforte, monachis, Geraldo Paradiso, Andrea judice, Petro Eschaset, Geraldo Lachassaina, presbitero, Gauzfredo de Valle.

 

(1) Mont-Coulomb, comm. d'Estivaux, 7 kil S. de Vigeois, déjà identifié notes 5, p. 68 et 6 p. 124.

(2) La Vaisse comm. d'Orgnac, 5. kil. S. de Vigeois déjà identifié note 2, p. 30.

(3 et 4) Frauz de La Vaissa et Bosco del Frauz, vaste étendue de bois et de bruyères, garnissant les côteaux de la rive droite de la Vézère, encore dénommée à la matrice cadastrale sous le nom significatif de: Les Feuillades.

(5) Bleygeat, Saint-Victor de Bleygeat, paroisse aujourd'hui disparue, 3 kil. S. de Vigeois, déjà identifié notes 3, p. 42; 2, p. 67; 3, p. 78; 1 et 2, p. 92.

 

― 138 ―

CLXXVI

1130-1143

 

Presentibus atque futuris sit notum quoniam ego Johannes de Castris, dono Deo et Sanctis Apostolis Petro et Paulo, pro salute anime mee et pro anima patris mei Galterii, totum meum jus quod ego et pater meus habebamus in manso de Planos (1). Hoc facio in manu domni Ademari abbatis ipsius loci, audientibus Petro archipresbitero, Bosone Deschando, presbitero atque Petro de Chabanas, Petro Rainaldo atque Geraldo Ballarc, monachis, Ebolo et Golferio, ejus consanguineo Dessando.

Actum est hoc die festo Sancti Petri ad vincula, temporibus Innocencii pape.

 

CLXXVII

DONUM EUSTORGII EPISCOPI.

1111

 

* Cum cunctis dubius sit vite terminus hujus,

Nec aliquit vivit mortem quod spernere possit,

Tendit ad interitum quicquit jam venit ad hortum,

ut vere dicam non est durabile quicquam?

 

Idcirco cunctis hominibus tam futuris quam presentibus apertum fore volumus quoniam domnus Eustorgius (2) Lemovicine sedis episcopus, cum consilio et auctoritate clericorum suorum

 

* Fol. XCII, v°.

(1) Les Plas? comm. de Saint-Clément, 14 kil. S. E. de Vigeois. Deux autres villages de ce nom, comm. de Lubersac et de Sadroc.

(2) Eustorge, évêque de Limoges (1106-1137), pendant son long épiscopat, s'efforça de supprimer les abus que ses faibles prédécesseurs avaient laissé établir. Aussi fut-il en butte aux persécutions du duc d'Aquitaine. A peine installé, nous voyons Gauzbert Malafayde, abbé d'Uzerche, se rendre à Limoges, pour tenter d'apaiser les dissentiments élevés entre l'évêque et son suzerain. Sous son épiscopat fécond en bonnes oeuvres furent fondés les monastères de l'Artige, Dalon, Bonlieu et Beuil.

 

― 139 ―

Aimirici (1), archidiaconi et Petri, archipresbiteri, Audeberti quoque decani Sancti Aredii (2) et Helie de Gimell, concessit Deo hac Beato Petro apostolo aecclesiam d'Espartiniaco quam Sanctis simus Aredius holim Beato Petro donaverat cum omnibus rebus ad ipsam ecclesiam pertinentibus in manu domni Rainaldi (3) abbatis Vosiensis et in manu domni Stephani (4) abbatis Sancti Augustini (5), in manu quoque Ramnulfi (6), abbatis del Daurat (7) et Bernardo de Limanna, Petro quoque Garit monaco et aliis multis.

Quod si quis contra hunc donum aliqua occasione insurgere voluerit, hac irritum facere presumpserit, iram Dei omnipotentis simul que omnium sanctorum incurrat et cum Juda, traditore, in inferno participationem habeat, nisi in hac vita legitime peniteat.

 

(1) Aymeric de Jaunac, archidiacre de Limoges, 1104-1128. La charte CLXX du cartulaire de Beaulieu nous fait connaître son nom patronymique, qui était celui d'une noble famille de chevaliers du château de Châlucet. Deloche a daté cette charte 1106-1119. Aymeric était déjà archidiacre de Limoges en 1104 et l'était encore en 1126-1128. (Bibl. nat. de Paris, mss. L. 17118, fol. 27 et 28. D. Pradillon).

(2) Audebert, doyen de Saint-Yrieix, 1111-1114, figure comme témoin à la charte de fondation de l'abbaye de Dalon en 1114, par Gérald et Gouffier de Las Tours. (Arch. dép. de la Haute-Vienne, mss. Bosvieux),

(3) Raynald de Roffignac, abbé de Vigeois, 1111-1124.

(4) Etienne II, quatorzième abbé de Saint-Augustin-lès-Limoges, 1110-1137, fit des biens infinis à ce monastère, construisit l'église « Beatae Mariae Carvicensis », donna de nombreux ornements à son abbaye et notamment: « textum Evangeliorum ex lapidibus preciosis ornatum. » (Bibl. nat. mss de Baluze, 262. p 161).

(5) Abbaye de Saint-Augustin, hors les murs de la ville de Limoges, fondée par saint Rorice au Ve siècle. Aujourd'hui absolument détruite, sauf l'église; depuis 1871, sert de caserne pour l'infanterie.

(6) Ramnulfe de Nieul, abbé du Dorat, 1092-1135? d'abord prévôt de Saint-Junien, puis archidiacre de Saint-Etienne. Il fut nommé évêque de Limoges vers 1131 par la faveur de Guillaume, duc d'Aquitaine et de Gérard, légat de l'anti-pape Anaclet, à la place d'Eustorge. Ramnulfe prit son rôle au sérieux et Geoffroy de Breuil, dans sa chronique, non sans une pointe de malice, nous le fait voir faisant des ordinations à La Souterraine, tandis que Eustorge en faisait de son côté à Uzerche. (Chr. de Vigeois, ch. XLVI).

(7) Le Dorat, chef-lieu de canton, arrondissement de Bellac (Haute-Vienne), autrefois nommé Scortorium. Le dernier historien du Dorat, M. Aubugeois de la Ville-du-Bost (Poitiers, Oudin, 1880, in-8°) pensait que la première appellation authentique de l'abbaye, sous le nom de Dorat, remontait à une bulle du pape Lucius III en date du 4 mai 1185. L'on voit ici le contraire, puisqu'elle est antérieure de trois quarts de siècle !

 

― 140 ―

Factum est hoc, regnante Ludovico rege Francorum, papa quoque Pascasio presidente in urbe Roma, anno millesimo centesimo XI°, indiccione IIIa.

 

CLXXVIII

1124-1164.

 

Ego Bernardus de Benaias, miles, dono domino [Deo] .... et Sancto Petro Vosiensi, in manu domni Ademari abbatis, unum ortum apud ecclesiam de Benaias (1), qui est juxta viam; audientibus Bernardo, monaco, avunculo meo, Petro Rainaldi, preposito, Raimundo, sacrista.

Hoc donum factum est apud Vosias, in camera abbatis, et postea iterum apud ecclesiam de Benaias, audiente Bernardo, avunculo suo et Ademaro, presbitero ipsius ecclesie et Johanne Deustels, presbitero.

 

CLXXIX

KARTA GERALDI DE TERRASSON.

1082-1086.

 

* Notum sit tam presentibus quam futuris quoniam ego Geraldus de Terrazun, relinquo ex integro totum quicquid in monasterio Sancti Petri Vosiensis habebam, vel quecumque in eo exquirebam vel alii per me et gurpicionem facio pro anima patris mei et matris mee, omnium que parentum meorum et concedo atque instituo quecumque fevales mei actenus supradicto monasterio dederunt vel daturi sunt ex terra et fevo quem de me tenent.

Hujus rei auditores fuerunt domnus abbas Geraldus et Gauzfredus prepositus, et Geraldus La Roca et Fulcadus, frater ejus.

Hoc autem factum est apud ecclesiam de Autjac (2), temporibus Philippi regis Francorum et Widonis episcopi Lemovicorum.

 

* Fol. XCIII, r°.

(1) Benayes, chef-lieu de comm., cant. de Lubersac, 16 kil. N. de Vigeois.

(2) Objat, chef-lieu de comm., cant. d'Ayen, 15 kil. S. O. de Vigeois, déjà identifié note 2, p. 35. Dans l'idiome du pays, Objat so pronooce encore: Atjac,

 

― 141 ―

CLXXX

ITEM GERALDI.

Circa 1096.

 

Tam presentes quam futuri noverint quia ego Geraldus de Terrazun, do et concedo Deo et Sancto Petro Vosiensi totum quod habeo vel alii per me in manso Jutzal et in manso de La Faiola, quem presbiter Arnaldus tenet.

Hujus doni auditores sunt Rainaldus, monacus, Gauzbertus Malafaida, et Ebrardo de Solac et Geraldus de Petra.

 

CLXXXI

ITEM GERALDI.

1092-1110.

 

Quale donum fecit Geraldus de Terrazun, de mansis supranominatis, talem fecit Manoaldus de Salaniac Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue, tenens textum Evangelii in manibus, ante altare Sancti Petri.

Auditores domnus abbas Petrus, Rainaldo monaco, Petro de La Vallada et Bernardo de Bonastre.

 

CLXXXII

UXOR EJUS.

1092-1110.

 

Hoc donum concessit uxor ejus, nomine Cervia, apud castrum de Salaniac (1), audientibus domno Petro abbate Vosiensi et

 

(1) Salignac, chef-lieu de cant. (Dordogne), 40 kil. S. O. de Vigeois. Nous pensons être ici en présence de la plus ancienne mention du Castrum de Salanhiaco, chef-lieu de la châtellenie de ce nom, comprenant onze paroisses, parmi lesquelles Archignac. Dès 936, nous voyons Vigeois posséder la villa de Ladorniac, in vicaria Arcaniacensi (chartes IX et XXIII). Féodalemrnt, Salignac relevait de la vicomté de

 

― 142 ―

Manoaldo viro ejus de Salaniac, et Gauzfredo, preposito et Petro de La Vallada et Fulcherio.

 

CLXXXIII

KARTA BERNARDI VICECOMITIS.

1111-1119.

 

* Cunctis viventibus presentibus atque futuris notum fore volumus quoniam Bernardus vicecomes dedit Deo et Beato Petro Vosiensi et monachis ibi famulantibus mansum de Blaizac quicquid ipse in suo dominio tenebat et quicquid adquirere de suis fevalibus poterint.

Hoc donum concessit in manu domni Rainaldi, abbatis, ante altare Sancti Petri, textum Evangelii manibus tenens et super venerandum altare deponens. Audiente omni congregatione fratrum et Widone Flamenc (1) Rainaldo Hugone, Petro d'Afriac, Petro de Vallada.

Ibi quoque Wido Flamencs concessit Deo et Sancto Petro Vosiensi bordariam de Sutzac (2), quam Rotgerius tenet quicquid ipse

 

Turenne (Voir Lacoste, Histoire du Quercy. t. II, p. 105), et religieusement faisait partie du diocèse de Cahors. ― Clérambault, dans sa Généalogie de la maison de Salignac, lui donne comme premiers auteurs Geoffroy et Manuel de Salagnac, d'après deux chartes des Cartulaires de Tulle et d'Uzerche, mais sans point de jonction avec Masfres de Salagnac qui vivait au XIVe siècle. Condominus Castri et Castellianae de Salanhiaco ancêtre direct des Salignac-Fénelon. (Bibl. nat., fonds Clérambault, 1181).

 

* Fol. XCIII, v°.

 (1) Guy Flamenc, seigneur de La Roche-Saint-Paul, en Périgord, comm. de Saint-Paul-la-Roche, cant. de Jumilhac (Dordogne), Château ruiné dont les restes se voient à 800 mètres du bourg, au lieu encore nommé Le Chalard. D'une famille plusieurs fois alliée aux vicomtes de Comborn. Le Nobiliaire du Limousin, par Nadaud, (t. III, p. 581), raconte qu'il revendiqua à main armée l'héritage de son aïeul maternel, Archambaud de Comborn. C'est peut-être l'explication du siège qu'il eût à subir en 1143 dans son château, siège où Boson, vicomte de Turenne, fut tué d'un coup de flèche. La châtellenie des Flamencs, seigneurs de Bruzat, commune de Saint-Pierre-de-Cole, en Périgord, comprenait 12 paroisses, partie en Limousin et partie en Périgord. Elle relevait féodalement des vicomtes de Rochechouart, qui eux-mêmes relevaient du comté de Poitou.

(2) Sioussiac? 3 kil. E. de Vigeois, l'ancien Siciaco du testament de Saint-Yrieix, voir notes 4, p. 68, et 7, p. 96.

 

― 143 ―

habebat similiter textum Evangelii tenens et super altare deponens, audientibus his supra nominatis.

 

CLXXXIV

ALIA KARTA

1119-1140

 

Postea Archambaldus vicecomes (1), filius ipsius Bernardi, concessit donum quod pater suus fecerat de isto manso de Blaizac ad habendum et tenendum Sancto Petro Vosiensi et monachis sibi servient ibus. Audiente Petro Garit, monaco, Widone Flamenc, Hotone Bernardo, Hugone de Bouzac, Hugone Ramnaldo, Petro Augerio.

 

CLXXXV

KARTA RAINALDI UGONIS

1111-1124

 

Notum sit omnibus presentibus et futuris quia Rainaldus Ugo dedit Deo et Beato Petro Vosiensi, pro filio suo Petro Geraldo bordariam de Salamun (2) et vineam et omnem terram que ad ipsam bordariam pertinet.

Petrus quoque Ugo, frater ejus, dedit terram de La Garda Duira (3) et post mortem suam, XII den. et II sext. frumenti in manso de Sallen (4).

Factum est hoc * donum in capitolio ipsius monasterii, in presentia domni Rainaldi abbatis, audiente omni congregatione fratrum.

 

* Fol. XCIV, r°.

(1) Archambaud IV, vicomte de Comborn, fils aîné et héritier de Bernard et d'Ermengarde de Corpso, marié à Brunissen, fille d'Adémar III, vicomte de Limoges.

(2) Salamond, comm, d'Ussac, cant. de Brive, 23 kil. S. de Vigeois.

(3) La Garde? comm. de Saint-Viance, 16 kil. S. de Vigeois.

(4) Le Saillant? comm. de Voutezac, 12 kil. S. de Vigeois,

 

― 144 ―

CLXXXVI

KARTA UGO LADEN

1111-1124

 

Cunctis presentibus et futuris notam fore volumus quoniam Hugo Denz, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, totum quod exquirere poterat, juste aut injuste, in ejus terra. Dedit in manso del Fraisse hoc quod habebat et in manso del Monlell, fasciculum quod exquirebat et mansum de Vallada, post suum obitum.

Hoc fecit in manu domni Rainaldi abbatis et Boso filius suus cum eo; audientibus Doitranno de Carreiras, Rainaldo Hugone, Ademaro Meschir et aliis multis.

 

CLXXXVII

KARTA CHAPDAHZ

1111-1124

 

Notum sit cunctis viventibus quoniam Capdahz de Terrazo, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi quicquid poterat exquirere in ecclesia Sancti Martini Spartiniacensi et in manso diaconi (1) et totum quod pater suus dedit Sancto Petro et fevum quod sui fevales Sancto Petro dederunt vel daturi sunt.

Factum est hoc donum in manu domni Rainaldi abbatis, audiente omni congregatione fratrum et Bernardo Aymirico, Petro de Vallada.

 

CLXXXVIII

KARTA ADEMARI BARDUN.

1092-1110

 

Sit notum omnibus presentibus et futuris quoniam Ademarus

 

(1) A rapprocher de la charte CXLVII (p. 93) qui ferait supposer que les familles de Terrasson et d'Ayen avaient une origine commune.

 

― 145 ―

Bardun, dedit Deo et Beato Petro Vosiensi, mansum de La Boaria, quem pro fevo de Sancto Petro tenebat totum ex integro.

Hoc fecit in manu domni Petri abbatis, et in manu Rainaldi monachi, Geraldi La Roca, presbiteri de Celom, Petro Guillabaldo, Galterio bajulo.

 

CLXXXIX

ALIA KARTA.

1092-1110.

 

Eumdemque mansum Bernardus Iratus (1) quicquid in eo habebat vel exquirere poterat, similiter concessit Beato Petro Vosiensi, in manu domni Petri abbatis et in manu Rainaldi monachi, audiente Petro Gualterio, Petro joculare de Septem Piros (2), Gualterio bajulo.

 

CXC

KARTA PETRONILLE DE VALRIAC.

1111-1124.

 

Notum sit cunctis presentibus atque futuris quoniam ego Petronilla de Valriac et filii mei Ram * nulfus et Geraldus et Uncbertus, Ademarus et Petrus, relinquimus Deo et Sancto Petro Vosiensi, mansum del Bez, quicquid juste aut injuste exquirere poteramus in eo.

Factum est hoc in manu domni Rainaldi abbatis, et in manu Golferii de Turribus (3), audientibus Petro Garit, monaco, Petro

 

* Fol. XCIV, v°.

(1) Le nom de Bernard Irat revient très fréquemment au Cartulaire d'Aureil (Arch. dép. de la Haute-Vienne).

(2) Le jongleur de Setpers, C’est la première et unique fois où nous voyons cette profession apparaître. Septpert, comm. de Saint-Martin-Septpert, 7 kil. N. de Vigeois.

(3) Gouffier de Las Tours, le héros de la première croisade. cette charte donnerait lieu de supposer qu'à la fin de sa vie, le célèbre croisé, suivant en cela l'usage du temps, s'était retiré à Vigeois et y avait pris l'habit religieux. (Voir charte CLIII et CLIV).

 

― 146 ―

de Carreiras, monaco, Arberto de La Ribeira, Stephano de Vascinac, Iterio de La Ribeira (1), Willelmo de Marenzac.

 

CXCI

KARTA BERNARDI DE BREN ET FRATRE EJUS.

1111-1124.

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Bernardus de Bré et Wido, frater ejus, concesserunt Sancto Petro Vosiensi, donum quod pater eorum Bernardus du Bré, fecerat de duobus mansis de Javerlac (2), mansum videlicet Rufe et mansum del Per, in manu domni Rainaldi abbatis, audiente Widone Flamenc, Hotone Bernardo, Petro d'Afriac, Ademaro d'Afriac (3).

 

CXCII

KARTA FULCHERII GAUZFREDI.

1111-1124.

 

Manifestum sit cunctis viventibus quoniam Fulcherius Gauzfredus et filius suus, dereliquerunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, in manu domni Rainaldi abbatis, quicquid in terra Sancti Petri juste aud injuste exquirere poterant, quicquit Sanctus Petrus in suo dominio tenebat et vestitutus erat et alii per eum.

Auditores fuerunt Geraldus, secretarius, monacus, Geraldus Varez, monacus, Petrus de Vallada, Geraldus Raimundus, Geraldus de Sejur, Petrus Guido de La Porcaria, Petrus Geraldus de Condat, Raimundus de La Planca.

 

(1) Itier La Ribeira, présent avec Gouffier de Las Tours, Pierre et Othon de Bré, frères, Hélie d'Ayen et Foucher de Pérusse, dans un acte de l'évêque Eustorge daté de 1128 (Bibl. nat., mss. L. 17118).

(2) Javerliac, 3 kil. S. de Vigeois, village qui parait avoir été assez considérable et aujourd'hui entièrement disparu. (Voir notes 3, p. 51; 1 p. 103, et 1, p. 113, où le mas du Poirier (el Per, el Perici), est identifié.

(3) Pierre et Adémar d'Atriac sont souvent cités au Cartulaire d'Aureil (Voir la plaquette de M. L. Guibert, Quelques notes extraites du Cartulaire d'Aureil. ― Tulle, 1880, In-8°, p. 26).

 

― 147 ―

CXCIII

KARTA PETRI DE GAETA.

1111-1124.

 

Tam presentes (1) quam futuris notum sit quoniam Petrus de Gaeta et uxor ejus dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi pro filio suo Ademaro, bordariam Al Mainna de la Mazeira et aliam bordariam a Liniac (2) et medietatem de manso Chanuden de Comainnac et partem suam de decimi de La Mainnania (3).

Hoc fecit in manu domni Rainaldi abbatis, audiente omni con- gregatione fratrum, et Willelmo presbitero Sancti Pardulfi, Geraldo Ramnaldo, Bernardo Rotgerio et Geraldo Audeberto * et multis aliis.

 

CXCIV

KARTA AUDEBERTI DE LOPIAC.

 

Notum sit omnibus hominibus quia Audebertus de Lopiac in extremis positus, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anima sua et pro sepultura sua, omnem fevum quem de Sancto Petro habebat, et fevum quem habebat de Widone de Bré.

Hoc fecit audiente Rainaldo, monaco, Gauzfredo, preposito, Bernardo Irato, Stephano, diacono.

 

CXCV

KARTA HOTONIS BERNARDI ET UXORIS EJUS.

1111-1124.

 

Omnibus presentibus atque futuris hominibus, apertum esse

 

* Fol. XCV, r°.

(1) Tam presentes, évidemment il faut lire: presentibus.

(2) Lignac? comm. de Saint-Sornin, cant. de Lubersac, 9 kil. O. de Vigeois.

(3) La Moneille, comm. de Voutezac, 11 kil. S. O. de Vigeois. (Voir notes 4, p. 85; 7, p. 87; 6, p. 102 et 3, p. 111).

 

― 148 ―

volumus quoniam Hoto Bernardus (1) et uxor ejus Peitavina fecerunt donum Deo et Sancto Petro Vosiensi, totum quod exquirebant in manso de Rofinac (2) et sex mansos, duos a Basalgor (3) et IIII a Conils (4), tali conventu quo post mortem uxoris sue, tres mansi Sancto Petro remaneant et post mortem suam, alii tres. Absolvit etiam Deo et Beato Petro quendam servum nomine Narbonellum.

Hoc totum fecit in manu domni Rainaldi abbatis, audiente Petro de Carreiras et Petro Valencia, monachis et Arberto de Camairac et Geraldo Panatario.

 

CXCVI

KARTA PETRI RAINALDI

1111-1124.

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam ego Petrus Rainaldus et Willelmus et Raimundus et Audiardis, soror nostra, damus atque concedimus domino Deo et Sancto Petro apostolo ad Vosiensem locum, totum quicquid in villa de Brunt habemus vel exquirimus, sicut modo tenetur et habetur a monachis Vosiensibus ita concedimus atque damus.

Hujus rei auditores fuerunt domnus Rainaldus abbas, et Petrus Garit, monacus, et Geraldus Guido et Rotbertus de Rofinac et Johannes Peissun, et Geraldus La Masa, et Galterius et Stephanus de Castris.

 

CXCVII

KARTA STEPHANI DE CASTRIS

1111-1124

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Stephanus de Castris,

 

(1) Othon Bernard, l'un des « principibus Breenensium » fils de Pierre et d'Agnès de Comborn. (Voir charte LXXXVI, p. 51).

(2) Rouffignac, comm. de Lubersac, 12 kil. N. de Vigeois. Voir notes 1 p. 56, et 4, p. 101.

(3) Bazagour ou Bazangour, comm. de Chamboulive, 16 kil. E. de Vigeois.

(4) Connil, comm. de Lonzac, 6 kil. au N. de Bazagour, 22 kil. N. E. de Vigeois.

 

― 149 ―

dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi totum quod habebat in mansum de Planos, pro anima fratris sui Galterii, tenens in manibus textum Evangelii, ante altare Sancti Petri.

Hoc donum factum est temporibus Ludovici regis Francorum et Eustorgio episcopo tenente Lemovice sedis, audiente domno Rainaldo abbate et Rainaldo Hugone et Petro fratri suo et Malbernardo et Geraldo de Sejur et omni congregatione ejusdem monasterii.

 

CXCVIII

KARTA BERNARDI IRATI

 

* Notum sit omnibus hominibus quia Bernardus Iratus, misit in pignore Agnes de Bré quod habebat in manso d'Espunzans (1) propter XII sol; quem mansum dedit ipsa domino Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue.

Postea vero ipse Bernardus Iratus, accepit a Geraldo, armario, VIII sol; deditque domino Deo et Sancto Petro Vosiensi totum quod habebat in eodem manso, firmavit que per fidem suam quod ab omnibus hominibus tueretur, deditque fidem Petro de Vallada.

 

CXCIX

ALIA KARTA

 

Igitur Bernardus Iratus misit olim in pignore Bernardo de Bré, totum quod habebat in duobus mansis de Javerlac (2), propter III mod. segl. et XIII sol. Ad estremum vero positus, iste Bernardus Iratus, dedit domino Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anima sua quecumque in his mansis dare poterat.

Auditores fuerunt Rainaldus, secretarius, et Geraldus, armarius, et Petrus Guido, presbiter et Petrus Galterius et Galterius bajulus.

 

* Fol. XCV, v°.

(1) Espioussas ou Espieussas, comm. de La Graulière, 5 kil. S. E. du Vigeois, déjà identifié notes 3, p. 69, et 5, p. 87.

(2) Javerliac, 3 kil. S. de Vigeois (voir notes 2-3, p 51; 1, p. 103; 1, p. 109; 1, p. 113, et 2, p. 146.)

 

― 150 ―

CC

KARTA GERALDI PUNCHET

 

Ergo Geraldus videlicet Punchet, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi in mansi Arnulfi de Vaenas IIII den. de jutzia quos habebat de Bernardo Irato; dedit que ei Rainaldus, secretarius, IIII sol. et ut hoc concederet Bernadus Iratus, dedit ei Rainaldus, secretarius, III sol.

Auditores Paravisa et Audebertus, gener ejus.

 

CCI

ALIA KARTA

 

Isdem Bernardus Iratus dedit Sancto Petro Vosiensi bordariam de Sutzac, accepit que pro hoc, VI sol et IIII sext. segl.

Auditores fuerunt, Rainaldus, secretarius, et Petrus Guido, Raimundus La Planca, Stephanus Bernardus.

 

CCII

ALIA KARTA

 

Bernardus Malamancia et Johannes frater ejus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, IIos sol. in manso Charlun, quos habebant de Bernardo Irato, et Bernardus iste concessit accepitque pro hoc a Rainaldo, secretario, duos sol.

 

CCIII

KARTA BERNARDI VICECOMITIS

1111-1119

 

Cunctorum presentium hoc sit omnibus notum subsequentium

 

― 151 ―

quoniam Bernardus vicecomes (1), misit in pignore domno Petro abbate totum quod abebat in villa de Murat (2) pro LX. sol.

Postea vero in manu domni Rainaldi abbatis, ipse Bernardus et Archambaldus (3) filius ejus propter Bosonem Laden, dederunt Deo et Beato Petro Vosiensi totum quod abebant in hac terra de Murat.

Auditores fuerunt Hugo Dentz, Amelius de * Carreiras, Doitrannus, filius ejus, Rainaldus Hugo et ceteri milites Combornenses.

Hugo quoque Denz et Bernardus filius ejus et uxor ipsius Petronilla, dederunt quicquid in hac terra abebant, vel alii per eos in capitolio monasterii Vosiensis, in manu domni Rainaldi abbatis, pro anima Bosonis Laden et suorum omnium parentum.

Hujus rei fuit auditor et prolocutor Amelius de Kareiras et Ademarus filius ejus et Petrus de Vallada.

 

CCIV

KARTA RAINALDI UGONIS

1111-1124

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Rainaldus Hugo, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi et duos sextarios frumenti in terra que est juxta Magnania (4) quam tenet G. Bernardus pro anima uxoris sue Berniardis.

Factum est donum istud temporibus Ludovici regis Francorum, Eustorgio tenente episcopatu Lemovice sedis. Auditores fuerunt domnus abbas Rainaldus, P. Guariht, P. de Kareiras, G. Camararius, P. Bernardus de Salesa.

 

* Fol. XCVI, r°.

(1) Bernard, vicomte de Comborn (1092-1119).

(2) Il existe deux villages de ce nom dans le voisinage de Vigeois; le premier, 3 kil. S. O., et 4 kil. N. du château de Comborn; le second, comm. de Voutezac, 12 kil. S. O. de Vigeois.

La charte de fondation de La Chartreuse de Glandier en 1219 porte donation par Archambaud VI, vicomte de Comborn, du tènement de Murat, paroisse de Voutezac. Nous inclinerions cependant pour le premier.

(3) Archambaud IV, vicomte de Comborn, 1119-1137 (voir note 1, p. 143).

(4) La Moneille, comm. de Voutezac, 11 kil. S. O. de Vigeois (voir notes 4, p. 85; 7, p. 87; 6, p. 102; 3, p. 111, et 3, p. 147).

 

― 152 ―

CCV

KARTA AUDIARDIS LA RIBERIA

1111-1124

 

Presentibus atque futuris notum sit quoniam Audiardis, uxor Arberti de La Reibeira, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi unum mansum alla Beceira (1), in quo Constantinus et frater suus habitant, totum ex integro post mortem suam, et in vila sua omni anno recognoscentia ad festivitatem Sancte Marie in Augusto, XII den. redendos.

Hoc donum factum est in manu domni Rainaldi abbatis, audiente omni congregatione ejusdem monasterii, insuper Willelmo de Maensac et Petro de La Ribeira.

 

CCVI

KARTA GERALDI CAPELLANI.

1111-1124

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Geraldus, capellanus de Torenna (2), dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi apud ecclesiam de Sarazac (3), unam domum et unum ortum et unam vineam, in manu domni Rainaldi abbatis.

Factum est hoc donum temporibus Ludovici regis Francorum, Eustorgio tenente episcopatu Lemovice sedis, in capitolio ejusdem monasterii, in die festivitatis Sancti Andree, audiente domno Rainaldo abbate, qui hoc donum accepit insuper et omni congregatione fratrum.

 

(1) La Beceyrie ou la Besseyrie, comm. de Saint-Clément, 12 kil. S. E. de Vigeois. ― Un autre La Beysserre, comm. d'Allassac, 13 kil. S. de Vigeois. Voir note 11, p. 113.

(2) Turenne, chef-lieu de comm., cant. de Meyssac, autrefois capitale de la célèbre vicomté de ce nom, 35 kil. S. de Vigeois. ― Les relations étroites de parenté existant entre les vicomtes de Comborn et ceux de Turenne, qui en étaient une branche cadette, expliquent les libéralités faites à diverses reprises au monastère de Vigeois.

(3) Sarazac, chef-lieu de comm. 5 kil. S. de Turenne, 40 kil. S. de Vigeois.

 

― 153 ―

CCVII

KARTA GAUZFREDI ADEMARI.

1111-1124

 

Notum sit omnibus in hoc seculo degentibus quoniam Gauzfredus Ademarus de Segur et uxor ejus Petronilla, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi apud ecclesiam Vendonensem (1), IIIIor sextarios tritrici in terra quam Johannes Iverns tenet, audientibus Bernardo presbitero Sancti Aredii, et Petro, Sancti Juliani.

Post mortem Petronille, dedit ipse Gauzfredus pro anima ejus tres eminas de tritrici cum IIIIor sextarios supra nominatos.

Hoc donum factum est in capitulo * ejusdem monasterii, audientibus domno Rainaldo abbate et omni congregatione fratrum, insuper et Stephano de Vascinac.

 

CCVIII

KARTA GERALDI DE SAJUR.

1111-1124

 

Presentibus atque futuris notum sit quia Geraldus de Sejur et Petrus presbiter, filius ejus, dederunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, medietatem de bordaria del Rit que est à La Maiania ubi est vinea Christofori, pro anima uxori sue Stephana et pro anima nepoti sue, uxoris Bocher de Cumborn.

Hoc donum factum est in manu domni Rainaldi abbatis.

Auditores fuerunt Hugo del Poi, monacus, Bernardus Laden, Petrus Galterius. Fecerunt autem conventum ut ab omnibus hominibus hoc donum salvum facerent.

 

CCIX

KARTA PETRI DE SANCTO JULIANO.

1111-1124

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Petrus de Sancto Juliano

 

* Fol. XCVI, v°.

(1) Saint-Julien-le-Vendomois, chef-lieu de comm., placé à une faible distance de Ségur (4 kil.), 18kil. N. O. de Vigeois. Voir note 3, p. 101.

 

― 154 ―

et filii ejus Petrus et Helias, dederunt Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi, in parrochia Sancti Juliani, in terra alle Chesa quam Baruta tenet, IIIIor sextarios frumenti.

Hoc donum factum est in monasterio ante altare Sancti Petri, in manu domni Rainaldi abbatis, audientibus ejusdem fratribus monasterii.

 

CCX

DONUM ROTBERTI ROFINIACI.

1116

 

Tam presentes quam futuri noverint quoniam Rotbertus Rofiniaci concessit Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque congregationi terras et honores quas parentes ejus dederant vel quas ipse exquirebat, quas monachi Vosienses habebant et tenebant vel alii per eos, totum quicquid exquirere poterat, ex toto dimisit et gurpitionem fecit pro anima sua et patris sui et matris sue omnium que parentum suorum et spopondit se ulterius nichil quesiturum in rebus quas monachi Vosienses tenebant eodem tempore vel alii per eos.

Hoc autem factum est in villa de Chanzaz (1) in manu domni Rainaldi abbatis (2), quem propter hoc ipse deosculatus est; videntibus et audientibus Bernardo vicecomite (3) et Otone Bernardo (4) et Geraldo, monaco, et Petro de Vallada et Bonio et Geraldo Deusde et Bernardo Fulcherio et Johannes de Vilavalleix.

Postea venerunt ipse Rotbertus et filius ejus Stephanus Rofiniaci apud monasterium Vosiense, in capitulo ejusdem monasterii, et dederunt et concesserunt placitum sicut supra scriptum est Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute animarum suarum, audientibus, et videntibus fratres ejusdem monasterii et Hugone de Sancto Exuperio et Petro de Vallada.

Annus erat dominice incarnationis millesimo C. XVI; regnante

 

(1) Chanzas, comm. de Perpezac-le-Noir, 5 kil. S. de Vigeois, dont les Roffignac possèdaient la Commande. ― Voir notes 1, p. 20, 2, p. 21 et 1, p. 85.

(2) Rainald de Roffignac, abbé de Vigeois, 1111-1124, proche parent des donateurs.

(3) Bernard, vicomte de Comborn, 1092-1119. ― Voir notes 4, p. 93, 2, p. 104, 1, p. 126, 4, p. 129.

(4) Othon Bernard, l'un des princes de Bré, neveu par sa mère, Agnès de Comborn, de Bernard.

 

― 155 ―

Ludovico rege et Eustorgio Lemovicense presulo, acceptis ab abbate XXV sol.

 

CCXI

DONUM PETRI DE NOALIIS

 

* Notum sit cunctis tam presentibus quam futuris quoniam Petrus de Noaliis (1) antequam vellet ire Ierosolimam, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi pro salute anime sue post mortem suam, mansum de La Cumba de Mouzac (2) et gurpivit terram quam tenebat de Sancto Petro scilicet bordariam du Sancto Germano (3) et terram del Coral (4) et terram del Mun (5).

Hoc donum factum est, audientibus domno Rainaldo abbate, avunculo ejus et Geraldo, monaco, fratre ejus et Stephano, archipresbitero de Noaliis et aliis multis.

Post mortem Petri de Noaliis, Geraldus de Rofinac et Rainaldus et Hugo, predictum mansum invadentes, vi sua auferre monasterio Vosiensi conati sunt. Postea vero deprecante eorum consanguineo Geraldo, monaco, mansum istum de La Cumba, ex toto dimiserunt et concesserunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, audientibus ipso

 

* Fol. XCVII. r°.

(1) Noailles, chef-lieu de comm., cant. de Brive, 30 kil. S. de Vigeois, berceau de l'illustre famille de ce nom.

(2) Moutzat, comm. de Chanteix, 2 kil, N. de Saint-Germain-les-Vergnes, 12 kil. S. E. de Vigeois.

(3) Saint-Germain-les-Vergnes, chef-lieu de comm., 14 kil. S. E. de Vigeois, où les Noailles et les Roffignac possédaient de nombreux alleuds.

(4) Coural, comm. de Saint-Germain-les-Vergnes, 1 kil. N., 14 kil. S. E. de Vigeois.

(5) Le Mont, même comm. La charte XXIV du cartulaire de Saint-Martin-de-Tulle, en cours de publication dans le Bulletin de la Société archéologique de la Corrèze (Brive, année 1887, p. 668, par M. Champeval), nous apprend que le même mas a été donné à ce monastère entre 1060 et 1084, par Gérald (et non Gérard, qui doit être une faute de copiste) de Roffignac et Alaiz, sa femme, Hugues, Pierre et Guillaume, leurs enfants. Voir aussi la charte XXV, p. 18 du présent cartulaire, où la même Alaiz, femme de Gérald de Roffignac, donne Clian à Vigeois, avec le consentement de ses deux fils, Hugues et Pierre.

 

― 156 ―

Geraldo, monaco, et Ademaro presbitero Sancti Germani (1) et Johanne Peissun et Johanne de Serun et Petro Constantino.

 

CCXII

DONUM HUGONIS ROFINIACI ET GERALDI ET RAINALDI

1111-1124

 

Sciendum est quoniam Hugo de Rofinac et Geraldus et Rainaldus, dederunt et concesserunt Deo et Sancto Petro Vosiensi totum quod habebant in manso del Tell, audientibus Geraldo, monaco, eorum consanguineo, qui hoc donum fieri fecit, acceptis ab eo XII sol; et Ademaro, presbitero Sancti Germani et Johanne de Serun et Petro Constantino.

 

CCXIII

GERALDI LA RIBERIA DONUM

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Geraldus La Riberia, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue, mansum de Montemeano (1), sicut habebat et tenebat.

Hujus doni auditores fuerunt Audiardis, uxor ejus et Petrus de Grandimonte et Petrus Paba.

 

CCXIV

DE EODEM

1092-1110

 

Hunc mansum Hugo Dens invasit et abstulit Deo et Sancto Petro Vosiensi. Sed postea venit ipse et Boso filius ejus ad monasterium Vosiense, cum Galterio de Castris et cum ejus consilio predictum

 

(1) Adémar, presbiter Sancti Germani, est mentionné avec la même qualité dans la charte CXIII (voir page 67 et 68), comme témoin des nombreuses libéralités faites par Guy de Bré, chevalier Limousin de l'arrière croisade, 1101-1103, au moment de sa mort à Laodicée, en Syrie.

(2) Puy-Mège? comm. de Brive, 27 kil. S. de Vigeois.

 

― 157 ―

mansum de Montemeano gurpiverunt ex toto et concesserunt Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro anime patris sui et matris sue.

Hoc donum excepit domnus Petrus abbas, ante Bernardum vice- comitem, audientibus et videntibus Geraldo, monaco, armario, et Petro Garit, monaco, et Galterio de Castris et Petro de Vallada. Propter hoc accepit a Geraldo armario iste Hugo, tam ipse quam filius ejus Boso, XV sol. et Galterius de Castris, II sol.

Hoc donum concessit Petronilla, uxor Hugonis Laden, audiente ipso et audientibus Geraldo, armario, et Petro Davi et Petro Constantino Barbachat.

 

CCXV

DONUM ROTBERTI DE VALL.

 

* Tam presentes quam futuri noverint quoniam Rotbertus de Vall, cum consilio uxoris sue Aina dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue et pro filio suo Petro monaco, pratum quod Geraldus Odolricus tenet cum terra quam ipse quondam dederat Sancto Petro et dedit bordariam de Charrols (1) de qua reddentur I sext. frumenti et III den. et II sext. civada, in vigilia Natalis domini.

Hoc donum concesserunt uxor ejus Nevena (2) et filii ejus Archambaldus et alii fratres ejus, audientibus Petro monaco, filio suo et Geraldo, monaco et Petro Coco Rainaldo, et Bernardo del Bosc et aliis multis.

 

CCXVI

DONUM UMBERTI LA PORTA.

1111-1124

 

Sciendum est tam presentibus quam futuris quoniam Umbertus La Porta et Petrus Umbertus frater ejus, dimiserunt et concesserunt

 

* Fol. XCVII, v°.

(1) Charraux? village placé à proximité du castrum de Bré, 1 kil. 500 mètres S. E.; 15 kil. N. de Vigeois.

(2) Le ms. porte bien Aina et Nevena. Il faut en conclure que Nevena était la femme de Gérald Odolric, et qu'elle confirme la donation qu'avait faite son mari.

 

― 158 ―

Deo et Sancto Petro Vosiensi ejusque congregationi pro anima patris sui et matris sue bordariam de Chalviac (1) que est in parrochia de Sando, quam Stephanus Mitto et Geraldus de Sancto Michaele olim dederant Sancto Petro Vosiensi.

Hujus doni auditores fuerunt domnus abbas Rainaldus, Geraldus, monacus, secretarius et Petrus Rotbertus et Bernardus de Sallen (3) et Stephanus de Castris; accepit a Geraldo, monaco, VI sol.

 

CCXVII

KARTA AMELII DE CARREIRAS.

Circa 1110.

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Amelius de Charreiras (3) et Droitrannus filius ejus, dederunt et concesserunt Deo et Sancto Petro Vosiensi totum quod habebant vel exquirebant in manso Verni.

Audientibus Geraldo, monaco, armario, et Johanne, presbitero de Castris. Promiserunt autem quod de Rotberto de Rofina et ab omnibus hominibus tueantur et defendant, acceptis ab eodem Geraldo monaco VI sol.

 

CCXVIII

KARTA SEGUINI LA PORCARIA.

1111-1124.

 

Notum sit omnibus hominibus quoniam Seguinus La Porcharia (4) apud monasterium Vosiense, concessit Deo et Sancto PetroVosiensi ejusque congregationi, donum quod Petrus Archambaldus pater ejus et Geraldus avunculus ejus fecerant de terra Sancti Petri quam injuste tenuerant.

 

(1) Chauviat, comm. d'Yssandon, 21 kil. S. de Vigeois. Voir charte CXXIV, p. 76, qui nous donne l'ancienne orthographe Calviac et la donation de Stephanus Mitto.

(2) Le Saillant? comm. de Voutezac, 12 kil. S. O. de Vigeois.

(3) Charieyras, comm. d'Objat, 2 kil. N.; 15 kil. S. O. de Vigeois, a été le berceau d'une ancienne famille possèdant de nombreux alleuds à Objat, Comborn, etc.

(4) La Porcherie, chef-lieu de comm., canton de Saint-Germain-les-Belles (Haute-Vienne); 24 kil. N. de Vigeois. Un autre simple village, comm. de Vigeois.

 

― 159 ―

Audientibus domno Rainaldo abbate et Geraldo de Noaliis, monaco, et Petro de Carreiras, monaco, et Gaucelmo de Corberio et Ainardo de Fraissenet (1) et Petro Blanquet. Accepit XXXVII sol.

 

CCXIX

DONUM JOHANNIS DE CASTRIS.

1092-1110.

 

Tam presentes quam futuri noverint quoniam Johannes de Castris, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, pro salute anime sue, cum consilio filiorum suorum in manso de Pairac (2), IIIIor sext. segl. et IIIIor de civade et II den. vinade et II den. in martio. Post modum vero die quo monacus est effectus, dedit Deo et Sancto Petro Vosiensi, ejusque congregationi, pro salute anime sue totum quod habebat in eodem manso et dedit partem suam de manso delz Plans d'Estivals (3) et concesserunt filii ejus dona et placitus quos ipse fecerat Sancto Petro Vosiensi.

Hoc autem audierunt domnus abbas Petrus omnisque congregatio monachorum.

 

CCXX

DONUM DOITRANNI DE CARREIRAS ET FRATRUM EJUS.

1111-1124.

 

* Notum sit omnibus hominibus presentibus et futuris quoniam Doitrannus de Kareiras, Arbertus et Wido et Ademarus, fratres ejus, cum in Ispania (4) vellent profiscisci, venientes in capitolio

 

* Fol.XCVIII, r°.

(1) Fraissenet, comm. d'Estivaux, 7 kil. S. de Vigeois.

(2) Peyrat? comm. de Saint-Bonnet-Lenfantier, 3 kil. S. E. d'Estivaux, 8 kil. S. de Vigeois.

(3) Les Plas? comm. de Sadroc, 9 kil. S. de Peyrat, 6 kil. S. d'Estiveaux, 8 kil. S. de Vigeois.

(4) En 1116, c'est-à-dire à une époque comprise entre les deux dates extrêmes de notre charte (1111-1124). Le roi d'Aragon, Alphonse-le-Batailleur, voulant chasser les Maures de Saragosse, fit appel à tous les seigneurs de France pour l'aider à en faire le siège. Une véritable croisade

 

― 160 ―

Vosiensi, in presentia domni Rainaldi abbatis, dederunt Deo et Beato Petro VI den. in manso de Blaisac (1) audiente omni congragacione fratrum.

 

CCXXI

DONUM PETRI PESTORELL.

1111-1124

 

Universis viventibus presentibus et futuris notum fore volumus quoniam Petrus Pestorellus, reliquit Sancto Petro Vosiensi mansum de Vall, quem habebat fevaliter de Beato Petro Vosiensi, totum quod habebat vel ei evenire ulla occasionne poterat, audiente omni congregacione in capitolio fratrum et audiente domno Rainaldo abbate, Petro Galterio, Johanne de Vilavalles.

 

CCXXII

DONUM GERALDI HUGONIS DE VALL.

1111-1124

 

Omnibus notum sit hominibus, quoniam Geraldus Hugo de Vall et fratres ejus, calumpniaverunt donum quod pater et mater eorum facerant de terra de Chanor (2). Tandem habuerunt placi-

 

fut organisée par les grands feudataires du midi et du centre de la France, Gaston IV, vicomte de Béarn, Centulle II, comte de Bigorre, Bernard, comte de Comminges, enfin, Rotrou II, comte du Perche, beau-frère de Raymond, vicomte de Turenne. Dans ces circonstances, peut-être ne serait-il pas téméraire de supposer que le comte du Perche, se rendant en Aragon, dut passer par Turenne, son chemin le plus direct et le plus court et put y recruter un certain nombre de chevaliers limousins, parmi lesquels nos quatre frères (*). Une seconde hypothèse serait également admissible. Un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice. Mais dans ce dernier cas, la charte l'aurait probablement mentionné comme nous le voyons dans le cartulaire d'Aureil et dans notre propre cartulaire aux chartes CCCIV et CCCV, et encore dans celui d'Uzerche.

(*) Le comte du Perche se signala par ses exploits au siège de Saragosse, au point d'inspirer de l'envie aux chevaliers Aragonais. Les chroniqueurs espagnols sont unanimes à ce sujet.

 (1) Bleygeat, comm. de Vigeois. 3 kil. S. de Vigeois. Voir notes 4, 5, p. 30; 3, p. 42; 2, p. 67; 2, p. 78, et 1, 2, p. 92.

(2) Chanor, comm. de Sadroc, 5 kil. N. de Donzenac, 12 kil. S. de Vigeois, Voir notes 2, p. 4; 1, p. 21; 1, p. 54.

 

― 161 ―

tum cum domno Rainaldo abbate apud ecclesiam de Donzenac (1), et concesserunt Geraldus Hugo et Stephanus Hugo, donum istius terre.

Audiente domno Rainaldo abbate, Petro Constantino, monaco, Petro del Cireus, Helias de Malamort, Helias Liapet, Ramnulfo de Verlac, Bernardo Lopianc.

 

CCXXIII

ITEM DE EODEM

1111-1124

 

Guillelmus minor, frater eorum apud ecclesiam Sancte Ferreole (2), concessit donum istud, audiente Petro del Cireus, Bernardo de Lopianc.

 

CCXXIV

ITEM DE EODEM

1111-1124

 

Ademarus quoque frater eorum a La Valeta (3), concessit donum istud, audiente Arberto La Valeta, Geraldo Ramnulfo, Stephanus quoque frater Ademari; acceperuntque pro hoc LXta solidos.

 

CCXXV

DONUM ROTBERTI DE VALL

1118

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Rotbertus de Vall et filius ejus Archambaldus et Helias, dederunt Deo et Sancto Petro

 

(1) Donzenac, chef-lieu de canton, 17 kil. S. de Vigeois (Note 2, p. 61).

(2) Saint-Ferréol, chef-lieu de comm., 4 kil. O. de Donzenac; 17 kil. S. E. de Vigeois.

(3) La Valette. On ne compte pas moins de douze villages de ce nom dans la Corrèze, dont cinq sis dans les communes de Lonzac, Saint-Eloy, Saint-Ybard, Yssandon et Seilhac, dans le rayon ordinaire des possessions de l'abbaye.

 

― 162 ―

apostolo Vosiensi ejusque congregationi pro salute animarum suarum mansum Chaboz de Coinas, ubi Bernardus Chaboz visus est manere, totum quod ad ipsum mansum pertinere videtur extra decimum.

Hoc donum factum est in mense augusto in capitulo monacorum Vosiensi, audiente domno Rainaldo abbate et omnis congregatio monacorum. Insuper auditores fuerunt Stephanus de Vascinac, cognatus ejus et Bernardus del Bosc et Rotbertus Seroll, regnante Ludovico rege Francorum et * Eustorgio episcopo Lemovice sedis tenente anno ab incarnatione domini millesimo centesimo XVIII, indiccione XI.

 

CCXXVI

ITEM

1118

 

Dedit itaque Rotbertus de Vall, jutziam de ipso manso, ut judices habeant de abbate sicut de ipso abere consueverant.

 

CCXXVII

DONUM PETRI RAMNULFI

1111-1124

 

Notum sit omnibus hominibus Petrus Ramnulfus de Cureiras (1) dedit totum Sancto Petro Vosiensi quod habebat in mansum de La Genesta (2) et in capmanso, omnes fevales suos et jutziam.

Hunc donum factum est in manu domni Rainaldi abbatis. Auditores fuerunt Geraldus de Benagas, monacus, Petrus Garith,

 

* Fol. XCVIII, v°.

(1) Cureiras devrait nous donner Courières, nom qui n'existe pas dans la Corrèze (plusieurs, il est vrai, dans la Haute-Vienne). Comme noms se rapprochant, nous trouvons: Chouras, comm. de Perpezac-le-Noir, et La Courie, comm. de Salons-la-Tour, qui serait plus acceptable à cause du voisinage de Benayes (4 kil.) et de Chamboulive (14 kil.).

(2) La Geneste et le capmas de La Geneste, comm. de Chamboulive, 13 kil. N E. de Vigeois. Voir notes 3, p. 25; 2, p. 26, et 3, p. 89.

 

― 163 ―

monacus, Petrus Constantinus, monacus, Stephanus, presbiter de Camboliva, Petrus Torens (1), et alii multi.

 

CCXXVIII

ITEM

1111-1124

 

Hunc donum supradictum concessit frater ejus Stephanus apud Cambolivensem aecclesiam, in manu Geraldi de Benagas, monaci.

Audierunt Stephanus, presbiter, Bernardus, presbiter, Bonus Homo, Petrus Torens et Geraldus filius ejus et alii multi.

 

CCXXIX

KARTA AUDIARDIS DE CHABANNAS

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam ego Audiardis de Chabannas do domino Deo et Sancto Petro Vosiensi quendam alodum meum de Joves pro anima mea et pro animabus omnium parentum meorum cum consilio filiorum meorum, Bernardo Amalvino, Gauzfredo Bernardo, Helias Bernardo, Petro Bernardo qui et ipsi auctorizaverunt.

Auditores hujus doni fuerunt Raimundus, filius ejus qui hunc donum accepit et Petrus Stephanus homo suus.

 

CCXXX

KARTA GERALDI DE FAIA

1111-1124

 

Notum sit fidelibus universis quod Geraldus de Faia Deo et Sancto Petro Vosiensi dedit suam partem, videlicet medietatem de orto et

 

(1) La Charte CXLII (page 89), nous avait déjà appris que Pierre, comtors de Camboliva, avait donné in pignore, au même Pierre Torencs, la moitié du mas et du capmas de La Geneste.

 

― 164 ―

de domo quam hahebat a Vitrac (1) cum Geraldo de Peira (2), in manu domni Geraldi abbatis.

Hujus rei testes sunt ipse domnus abbas Rainaldus et Geraldus Davarez et Petrus Guarith et Petrus de Sajur capellanus, et Geraldus de Benais qui eo tempore tenebat obedientiam de Vitrac (3), qui etiam propter hoc, decem solidos Geraldo de Faia (4) donavit.

 

CCXXXI

 

Omnibus hominibus notum sit quod ego Arbertus et frater meus Ademarus Celomenses (5) vicarii, damus et concedimus Deo et Sancto Petro apostolo Vosiensi totum quod abemus aut alii per nos in tota decima de manso de La Condamina de Corber (6), audiente Petro Rainaldi, monaco, preposito, Bernardo Fabro, Petro Geraldo Chauferio.

 

CCXXXII

DONUM GAUZFREDI BERNARDI

1111-1124

 

Gauzfredus Bernardus in extrema sua infirmitate positus, dedit Deo et Beato Petro Vosiensi totum quod abebat in bordariam que

 

(1) Vitrac, comm. de Chamboulive, 13 kil. N. E. de Vigeois.

(2) Peyrat, comm. de Chamboulive, 2 kil. N. de Vitrac.

(3) Vitrac, donné en 1072 par Archambaud III, vicomte de Comborn, au monastère d'Uzerche. Baluze, dans ses Extraits du Carlulaire d'Uzerche, a écrit en marge de l'acte: Vitrac, dans la paroisse de Chamboulive (Bib. nat. ms., Baluze, 377, f° 77). Cette donation fut plus tard confirmée par Bernard, vicomte de Comborn, et Ermengarde de Corsso, sa femme; enfin par Gérald, évêque de Limoges. ― Une chapelle y fut édifiée, comme nous le verrons dans une charte subséquente.

(4) La Faye, comm. de Vigeois, et La Faye, comm. de Pierreffite, 3 kil. S. de Vitrac, 12 kil. N. E. de Vigeois.

(5) Salons-La-Tour, chef-lieu de comm., toujours écrit avant 1789: Salon et non Salons: chef-lieu d'une vicairie qui paraît avoir eu une certaine importance; en dernier lieu Castrum, appartenant en propre aux vicomtes de Limoges. (Voir notes 4, p. 36; 3, p. 65, et 5, p. 83.)

(6) Corbier. autrefois chef-lieu de paroisse, aujourd'hui réuni à Saint-Pardoux, 12 kil. N. de Vigeois, à 7 kil. S. O. de Salons-la-Tour. A été au moyen-âge le siège d'une seigneurie importante. (Voir note 5, p. 38).

 

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vocatur Berengaria (1), in parrochia Exandonensi dedit et III nummos in domo quam olim Agnus edificavit.

Hoc autem factam est temporibus Ludovici regis Fran * corum et Eustorgio episcopo Lemovicensi. Auditores fuerunt domnus Rainaldus abbas, Bernardus, prior, Petrus Exandonensis, monacus, Bernardus de Cabanas, nepos suus; Amalvinus et Petrus et Stephanus filii sui qui donum istud concesserunt.

 

CCXXXIII

DONUM ARCHAMBALDI VICECOMITIS

1119-1124

 

Cunctis presentibus atque futuris manifestum esse volumus, quoniam Archambaldus vicecomes (2) dedit Deo et Beato Petro Vosiensi pro patre suo Bernardo vicecomite, unum mansum qui vocatur Grimal.

Hoc fecit in castro de Comborn (3), cum sua uxore Brunissen (4) qui hoc concessit. Audiente domno Rainaldo abbate, Petro Garito, monaco, Geraldo de Varez, monaco, Rainaldo Hugone, Stephano de Castris, Petro, capellano de Sajur, Andrea, judice, Petro Escasset, judice, aliis que multis.

 

CCXXXIV

DONUM STEPHANI DE CHASTRIS

1111-1124

 

Omnibus hominibus notum sit quoniam Stephanus de Castris dedit Deo et Beato Petro Vosiensi vineam suam de Agauock (5) totam ex integre in manu domni Rainaldi abbatis pro anima Johannis, presbiteri de Castris et omnium parentem suorum, audien-

 

* Fol. XCIX, r°.

(1) La Belengarias, comm. d'Yssandon, 21 kil. S. de Vigeois, à côté de Chauviat et de Transac.

(2) Archambaud IV, vicomte de Combom, 1119-1137.

(3) Comborn, comm. d'Orgnac, 8 kil. S. de Vigeois. (Voir note 5, p. 32)

(4) Brunissen de Limoges, fille et héritière d'Adémar III, qui apporta la vicomté de Limoges dans la maison de Comborn.

(5) Gau, comm. d'Allassac, 14 kil. S. de Vigeois, célèbre par la bonté de ses vignobles. (Voir note 2, p.